Ramana Maharshi

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Ramana Maharshi
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Sage oriental hindou

Époque contemporaine

Ramana 3 sw.jpg
Naissance
30 décembre 1879
Tiruchuli Inde
Décès
École/tradition
Œuvres principales
Talks with Ramana Maharshi
Célèbre pour
Advaïta védanta, Sagesse traditionnelle indienne
Citation
« Vous êtes Cela en cet instant même. »

Ramana Maharshi est un jñāna-yogin, célèbre guru indien, maître de l'Advaita Vedānta, né le 30 décembre 1879 sous le nom de Venkataramana Aiyer et mort le 14 avril 1950. Son enseignement, dans la tradition de la non-dualité, est essentiellement centré sur la notion du Soi et la question « Qui suis-je ? ». De nombreux hindous le considèrent comme un saint et son rayonnement en Occident fut considérable[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Venkatarama est né à Tiruchuli (en) près de Madurai, dans le sud de l’Inde, au Tamil Nadu en 1879. Son père était magistrat. Enfant il apprend l’anglais à l’école de missionnaires américains. À 16 ans, en parfaite santé, il est saisi d'une profonde peur morbide. S'allongeant sur le sol il mime sa mort et l'état de cadavre. Le choc de cette expérience provoque une libération et Ramana Maharshi réalise que la mort ne concerne que son corps et :

« Donc je suis Esprit transcendant le corps. Le corps meurt mais l'Esprit qui le transcende ne peut être atteint par la mort. Cela signifie que je suis l'Esprit qui ne meurt pas[2]. »

Il entre alors dans une extase profonde à travers l'immersion de l'âtman dans le brahman. Cette expérience mystique le transforme et lui fait comprendre la nature de la vie. Il se rend alors dans un temple à Tiruvannamalai et restera, pendant plus de deux ans, presque immobile, dans un état de total détachement. On doit lui donner à manger pour qu'il ne meure pas de faim[1].

En 1899, il se retire dans une grotte de la colline sacrée d'Arunachala. En 1922, il s'installe dans l'ashram géré par sa mère puis son frère, et attire à lui de nombreuses personnes en quête spirituelle.

La rencontre avec le pandit Ganapati Shastri marque le début de sa vie publique. C’est à partir de ce moment que le titre de Maharshi commença à être donné à Ramana. Il est alors devenu, sans l'avoir voulu ni refusé, un maître spirituel pour de nombreux disciples.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Il a très peu écrit et certains de ses enseignements oraux ont été retranscrits et publiés.

Pour lui, le corps physique est sans importance. Seul le Soi, pure conscience, doit être trouvé grâce à la question : « Qui-suis-je ? » (Atma Vichara)[3]. Selon cette vision, le Soi (Ātman) est imperceptible par les sens et inconcevable par l'intellect. Tandis que tout se forme, se transforme et se déforme dans l'univers, "Cela" ne meurt pas, ne nait pas et demeure en chacun.

À des questions de visiteurs, il répond « Qui pose cette question ? », afin de pousser à la méditation et à la recherche d'une véritable identité au-delà de l'illusion de l'ego[1].

Il est considéré par certains, tels Jean Herbert et Alexandre Astier, comme un des plus grands mystiques de l'Inde du XXe siècle. Les pères Henri Le Saux et Jules Monchanin ont reçu le darshan de Ramana Maharshi en 1950, peu avant sa mort[4].

Jean Herbert décrit ainsi son enseignement : « Ce qui le rend particulièrement intéressant, ce n’est pas sa qualité indiscutable de jîvan-mukta, qu’il partage avec bien d’autres sages contemporains [...]. En plus de l’immense profit spirituel que rapporte un séjour, même bref, auprès de lui, il donne à ses hôtes une occasion inattendue et fort exceptionnelle de se plonger dans l’Inde d’il y a une vingtaine de siècles. On voit, par un exemple vivant, authentique et réel, comment "enseignaient" les rishis de l’époque upanishadique et aussi comment naissaient leurs œuvres. Se contentant de "rayonner" dans le silence, ne paraissant la plupart du temps conscient de rien de ce qui se passe autour de lui, ne parlant le plus souvent que de sujets indifférents, semblant attacher une importance considérable à la perfection de chacun de ses actes, même s’il s’agit de défaire un paquet, d’en replier le papier et d’en enrouler la ficelle, il passe ses journées dans une immobilité presque complète, étendu sur un divan au pied duquel, en défilé continu, disciples et admirateurs viennent se prosterner à plat ventre et brûler de l’encens. [...] Et pourtant, si invraisemblable que cela paraisse pour un Occidental, dans de telles conditions, les disciples qui viennent s’installer auprès de lui, pour quelques jours ou pour quelques années, reçoivent une étonnante impulsion spirituelle. Un seul regard de lui peut changer complètement la vie d’un homme, une parole en apparence insignifiante peut ouvrir de vastes horizons, un signe de lui peut être plus convaincant que de longues explications. »[5]

Œuvres relatives à l'enseignement de Ramana Maharshi[modifier | modifier le code]

Ramana Maharshi a publié plusieurs traités doctrinaux en tamoul. Un seul a été traduit en sanscrit : "Upadesha-sâram"[6]. Recevant de nombreuses personnes, les réponses aux questions posées ont été publiées dans différents livres.

La pièce où Ramana est mort ( aussi appelé Mahanirvana), le 14 avril 1950 à 20h47
  • Bhagavan Shri Ramana Maharshi, "La connaissance de l'être. (Ulladu Narpadu ou Sad-Vidya)" Traduit et annoté par Henri Hartung. 2e édition. turuvannamalaï. 1952.
  • Arthur Osborne, "Ramana Maharshi et le Sentier de la Connaissance de soi". Éditions Victor Attinger, 1957, 223 pp.
  • Râmana Maharshi, "Qui suis-je ?" (Koham). Version française par Françoise Duquesne et Christian Couvreur. Études Traditionnelles, no 396-397, 67e année, juillet-août et septembre-octobre 1966.
  • "L'évangile de Ramana Maharshi". Le courrier du livre, 1970, 140 pp.
  • "Sri Ramana Gita. Le chant de Sri Ramana". Dervy Livres 1985. 132 pp.
  • "Qui suis-je ?". On trouve ce texte traduit en français dans plusieurs éditions. Henri Hartung, "Présence de Ramana Maharshi", Dervy Livre, 1987, 160 pp. (texte p. 134-144).
  • David Godman, "Sois ce que tu es", Enseignements de Ramana Maharshi", Adrien Maisonneuve, 1988.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Arthur Osborne (trad. Christian Couvreur et Françoise Duquesne), Ramana Maharshi. Œuvres réunies : Ecrits originaux et adaptations, Paris, Éditions Traditionnelles,‎ 1988, 350 p. (ISBN 2 7138 0082 X).
  • Bruno Hapel, "Râmana Maharshi & Shankara. La tradition primordiale". Guy Trédaniel. 1991, 173 pp.
  • "Comme une montagne de camphre. Ramana Maharshi - Annamalai Swâmî. Enseignement sur la voie de la non-dualité (Advaita)". Textes réunis par David Godman. Nataraj, 1996, 208 pp.
  • "L'enseignement de Ramana Maharshi". Albin Michel, 2005 (Nouvelle édition intégrale par rapport à celle de 1972).
  • Patrick Mandala. "Le son du silence. présence de Râmana Mahârshi. Inédits". Éditions Acarias L'Originel, 2006, 251 pp.

Autres livres présentant une synthèse de l'enseignement de Ramana Maharshi[modifier | modifier le code]

  • Études sur Ramana Maharshi, vol I. Collectif. 1940, 163 pp.
  • Études sur Ramana Maharshi, vol I et II réunis. Collectif. 1949, Adyar-Paris, 207 pp.
  • Ashrams. Les Yogis et les Sages. Arnaud Desjardins, Ashrams. . La Palatine. 1962. 242 pp. Chapitre : "Ramanashramam", p. 159-198

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alexandre Astier, Les Maîtres spirituels de l'hindouisme, Eyrolles,‎ 2008, p. 138-145
  2. Couvreur et Dusquesne 1988, p. 8-9.
  3. Immortelle conscience. Paul Brunton, Ramana Maharshi. Éd. Les Deux Océans, 1990. (ISBN 9782866810276)
  4. voir le récit du père Monchanin dans "Mystique de l'Inde, mystère chrétien" (Fayard, 1974), p. 292
  5. Jean Herbert, Spiritualité hindoue, Albin Michel,‎ 1972, p. 463-464
  6. Bruno Hapel, "Râmana Maharshi. L'esprit du silence". Guy Trédaniel Editeur, 1998, 64 pp. (pp. 31-50)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]