Ramón Hoyos

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Hoyos Vallejo est un nom espagnol. Le premier nom de famille, paternel, est Hoyos ; le second, maternel, souvent omis, est Vallejo.
Ramón Hoyos
Image illustrative de l'article Ramón Hoyos
Ramón Hoyos lors d'une fête organisée pour son quatre-vingtième anniversaire
Informations
Nom Ramón Hoyos
Nom de naissance Ramón Emilio Hoyos Vallejo
Surnom Don Ramón de Marinilla[1], El escarabajo de la montaña[1]
Date de naissance 26 mai 1932
Marinilla
Date de décès 19 novembre 2014 (à 82 ans)
Medellín
Pays Drapeau de la Colombie Colombie
Principales victoires
Tour de Colombie 1953, 1954, 1955, 1956 et 1958

Ramón Emilio Hoyos Vallejo, né le 26 mai 1932 à Marinilla (département d'Antioquia) et mort le 19 novembre 2014 à Medellín (département d'Antioquia), est un coureur cycliste colombien des années 1950. Surnommé « El escarabajo de la montaña » (en français, littéralement, « le scarabée de la montagne ») en raison de son aisance dans les ascensions, il remporte cinq éditions du Tour de Colombie en 1953 et 1958 dont quatre consécutivement. Lors de l'édition de 1955, il gagne 12 des 18 étapes, record toujours d'actualité en 2014. La même année, il devient également le premier Colombien à obtenir le titre de champion panaméricain sur route. Il décide de mettre définitivement fin à sa carrière de cycliste en 1964. La gloire de Hoyos est telle en Colombie que Gabriel García Márquez rédige pour le journal El Espectador quatorze articles sur sa vie sportive en 1955 tandis que Fernando Botero peint en 1959 un tableau intitulé Apoteosis de Ramón Hoyos.

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Ramón Hoyos Vallejo, né le 26 mai 1932 à Marinilla, dans le département d'Antioquia en Colombie[2], dans la ferme de sa grand-mère paternelle[3], a pour parents Antonio José Hoyos et María Jesús Vallejo[4],[5]. Il grandit à Chorro-Hondo, une vereda rattachée à sa ville natale, dans une ferme achetée par ses parents[3]. Dès le 9 février 1939[3], il suit son enseignement primaire à l'école rurale La Bolsa, située à Chorro-Hondo[6],[5]. À neuf ans, il part étudier à Marinilla, étant très en avance par rapport à ce que propose sa précédente école, devant marcher six kilomètres aller-retour pour y aller, jusqu'à ce que ses parents décident d'emménager dans une maison à Marinilla même[3]. Le virus du cyclisme lui est transmis par deux de ses douze frères, José et Juan de Dios, pratiquants de ce sport[7].

Ramón Hoyos décide de quitter Marinilla à l'âge de 19 ans pour aller à Medellín, capitale du département d'Antioquia[8], alors qu'il n'a pas terminé ses études, afin de rejoindre ses deux frères aînés qui travaillent à la boutique de glacier San Ignacio dont le propriétaire est alors Pedro Nel Restrepo[3].

En 1960[7], Ramón Hoyos se marie avec María Hurtado et, de leur union, naissent cinq enfants : Álvaro, Jorge, Juan Carlos, Ramón et Ángela[7].

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Après une première mauvaise expérience dans le cyclisme, il décide d'abandonner avant de remonter sur un vélo en tant que moyen de transport alors qu'il travaille chez Coltejer[8]. Il déclarera, par la suite, avoir payé 15 pesos le vélo pour cet emploi[7]. L'année 1951 s'avère être un tournant décisif pour le lancement de la carrière de cycliste de Hoyos. En effet, le 12 juin de cette année-là, il remporte son premier trophée en concourant à la Doble a San Cristóbal[9]. La même année, il participe à la Doble a Rionegro[6]. Selon les dires mêmes de Hoyos, c'est grâce à cette course qu'il est devenu populaire dans le département d'Antioquia[10]. En effet, il remporte la course en battant le record de 55 min, détenu par Pedro Nel Gil, avec un temps de 49 min 35 s. Dans un premier temps, la performance réalisée par Hoyos est mise en doute par certaines personnes qui estiment que la course a été mal chronométrée tant cela semble difficile d'imaginer que le record de Pedro Nel Gil, considéré comme le plus grand cycliste colombien de l'époque, ait pu être battu de plus de cinq minutes[10]. À cette occasion, Hoyos, alors considéré comme un coureur de troisième catégorie, s'impose devant des coureurs de première catégorie tels que Héctor Mesa, Saúl Palacios et León Arango[10].

En 1952, lors de la deuxième édition du Tour de Colombie, Ramón Hoyos, qui participe pour la première fois à cette épreuve, se classe au sixième rang et remporte sa première victoire d'étape entre Cali et Sevilla[8].

1953 : premier grand titre national et désillusion européenne[modifier | modifier le code]

Si les deux premières éditions du Tour de Colombie sont respectivement remportées par le Colombien Efraín Forero Triviño (es) en 1951 et par le Français José Beyaert en 1952, Hoyos remporte cette course de 1953 à 1958, sauf en 1957[1]. Ainsi, en 1953, Hoyos remporte son premier Tour de Colombie après avoir gagné 8 des 15 étapes[11], la victoire finale se jouant lors de la dernière étape contre José Beyaert[12]. La même année, le journaliste Jean Leulliot, créateur de la Route de France, envoie une invitation à la fédération colombienne de cyclisme que cette dernière accepte[13]. L'entraînement, qui s'ensuit dans la savane de Bogota, manque cependant d'intensité, étant réalisé dans un cadre habituel, sur une route vallonnée mais facile[14]. Pour Hoyos, l'entraînement est même minimal, ayant été arrêté par l'armée colombienne pour avoir enfreint les lois du service militaire obligatoire[15]. La Route de France 1953, qui se déroule du 13 au 25 mai, voit après seulement quatre jours de course, l'abandon des coureurs cyclistes colombiens engagés[16]. Hoyos finit la première étape à la dernière place, avec plus d'une heure de retard sur le vainqueur mais est cependant repêché, tout comme ses coéquipiers, les commissaires de course se refusant d'éliminer dès le début toute une équipe venue d'un autre continent[16]. Lors de la deuxième étape, il finit encore avec plus d'une heure de retard[16]. Hoyos, qui compte plus de trois heures de retard sur le leader du classement général après seulement trois étapes, est finalement exclu le quatrième jour après avoir terminé hors-délai[17]. À la suite d'un accident de moto qui lui vaut une blessure à la tête et les deux mains fracturées, Hoyos ne peut pas participer au championnat national de cyclisme qui se déroule en juin 1953 à Cali[18].

1954-1958 : nette domination au niveau national[modifier | modifier le code]

En 1955, il empoche son troisième Tour de Colombie de suite, dominant largement cette épreuve en remportant 12 des 18 étapes, record encore d'actualité en 2014[11]. Le 26 mars de la même année, lors de la deuxième édition des jeux panaméricains qui se déroulent à Mexico, il est le premier Colombien à remporter la médaille d'or lors de la course en ligne individuelle[2].

En 1956, Hoyos participe aux Jeux olympiques d'été de 1956 qui se déroulent à Melbourne, en Australie[19]. Lors de la course en ligne masculine de cyclisme sur route où seuls 44 des 88 participants terminent l'épreuve de 188 kms[20], il réalise un temps de h 23 min 40 s et obtient la treizième place, à min 23 s du vainqueur, l'Italien Ercole Baldini[19]. Par ailleurs, avec l'équipe de Colombie, il atteint la huitième place à la course en ligne par équipes[21]. Avec ses coéquipiers (Octavio Echeverri, Honorio Rúa et Héctor Monsalvel)[22], il échoue aux phases éliminatoires lors de la poursuite par équipes sur 4000 m[23].

En 1957, Hoyos est accusé d'avoir été « tracté » par l'un de ses assistants[1],[6] lors de la sixième étape, ce qui lui vaut une pénalité de cinq minutes[6].  El entonces técnico  ⇔  Le technicien d'Antioquia, Julio Arrastía Bricca, décide alors de retirer l'équipe de la compétition[1].

Dès ses débuts dans le cyclisme, il est surnommé « El escarabajo de la montaña » (en français, littéralement, « le scarabée de la montagne ») en raison de son aisance dans les ascensions et ses capacités dans la lutte et le sacrifice[1]. Lors de la période durant laquelle les coureurs antioqueños occupent les premières places du classement général du Tour de Colombie, une chanson intitulée « Los paisas en caravana » est composée en l'honneur des victoires épiques de Hoyos[24]. En 1955, le cycliste devient le premier Colombien à obtenir le titre de champion panaméricain sur route[24].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

En 1959, Hoyos doit abandonner lors de la quinzième étape du Tour de Colombie, ce qu'il considère comme un échec. Il prend alors la décision d'arrêter sa carrière de cycliste[7]. En octobre de la même année, il ouvre son magasin[7]. Il reprend le vélo en 1960 mais les résultats ne suivent pas[7]. Hoyos décide de mettre définitivement fin à sa carrière de sportif en 1964, la fédération colombienne de cyclisme (en) ne l'ayant pas intégré dans la liste nationale qui participe aux Jeux olympiques d'été de Tokyo cette même année[25]. Il se concentre alors sur ses activités commerciales[7]. Il ne quitte cependant pas entièrement le monde du cyclisme. En effet, il fait une incursion dans les médias, notamment au niveau de la radio en tant que commentateur sportif pour Radio Caracol de 1964 à 1971, à bord d'une moto qu'il conduit[26].

Décès[modifier | modifier le code]

Considéré comme une légende du cyclisme colombien, il décède le 19 novembre 2014 à la clinique Las Vegas de Medellín d'une affection cardiaque, son fils Jorge Hoyos signalant qu'il souffrait également de complications rénales ayant des conséquences néfastes sur les reins et le cerveau[2]. Ses cendres reposent dorénavant dans l'ossuaire de la paroisse El Espíritu Santo, dans le quartier Prado[1].

Hommages[modifier | modifier le code]

La gloire de Hoyos dans le monde du cyclisme attire l'attention de Gabriel García Márquez qui décide d'écrire pour le journal El Espectador, en 1955, quatorze articles sur sa vie sportive[6]. Pour cela, l'écrivain s'appuie sur des interviewes en face-à-face avec le cycliste, l'histoire intitulée « El triple campeón revela sus secretos » (en français : Le triple champion révèle ses secrets) étant racontée à la première personne du singulier afin de donner l'impression qu'il s'agit d'extraits d'une autobiographie[27]. Par ailleurs, Fernando Botero réalise en 1959 l'œuvre intitulée Apoteosis de Ramón Hoyos[24],[28], un tableau de 1,72 mètre de haut sur 3,24 mètres de large[7], sur le thème du triomphe du coureur cycliste[28].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Résultats sur les championnats[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

Route[modifier | modifier le code]

Course en ligne individuelle

2 participations.

Course en ligne par équipes

Le classement de la course en ligne par équipes est effectué par l'addition des places des trois meilleurs coureurs de chaque nation, lors de la course individuelle.

Piste[modifier | modifier le code]

Poursuite par équipes

1 participation.

  • 1956 : Éliminé au tour qualificatif[32].

Il n'y a seulement que huit équipes qualifiées lors du tour éliminatoire.

Jeux panaméricains[modifier | modifier le code]

Route[modifier | modifier le code]

Course en ligne

1 participation.

Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes[modifier | modifier le code]

Route[modifier | modifier le code]

Course en ligne par équipes
  • Mexico 1954 : médaille d'or, Amérique centrale Vainqueur de l'épreuve[33].
  • Caracas 1959 : médaille d'or, Amérique centrale Vainqueur de l'épreuve[33].

Le classement de la course en ligne par équipes est effectué par l'addition des places des trois meilleurs coureurs de chaque nation, lors de la course individuelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (es) Javier Ramirez, « “El pentacampeón” dejó un legado ejemplar », El Mundo,‎ 20 novembre 2014 (lire en ligne)
  2. a, b et c (es) « Murió Ramón Hoyos Vallejo, leyenda del ciclismo colombiano », El Espectador,‎ 19 novembre 2014 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d et e (es) Gabriel García Márquez, « Capítulo I: El triple campeón revela sus secretos », El Espectador,‎ 1955 (lire en ligne)
  4. (es) « Ramón Hoyos Vallejo: 80 Años del Pentacampeón de la Vuelta a Colombia », Mundo Ciclístico,‎ 26 mai 2012 (lire en ligne)
  5. a et b Duque Naranjo 1984, p. 62
  6. a, b, c, d et e (es) Fernando Araujo Vélez, « Ficha Bibliográfica : Hoyos, Ramón », Bibliothèque Luis Ángel Arango (consulté le 20 novembre 2014)
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i (es) Lisandro Rengifo, « Adiós a Ramón Hoyos, rey de los escarabajos colombianos », El Tiempo,‎ 19 novembre 2014 (lire en ligne)
  8. a, b et c (es) « En memoria de Ramón Hoyos: "Yo todo lo que corría lo ganaba" (fotos) », Mundo Ciclístico,‎ 19 novembre 2014 (lire en ligne)
  9. (es) Gabriel García Márquez, « Capítulo IV: Triunfo por falta de frenos », El Espectador,‎ 1955 (lire en ligne)
  10. a, b et c (es) Gabriel García Márquez, « Capítulo V: "La mayor tontería de mi vida" », El Espectador,‎ 1955 (lire en ligne)
  11. a et b (es) « Murió Ramón Hoyos Vallejo, el primer 'Escarabajo' del ciclismo colombiano (fotos) », Mundo Ciclístico,‎ 19 novembre 2014 (lire en ligne)
  12. Gilard 2007, p. 70
  13. Gilard 2007, p. 71
  14. Gilard 2007, p. 81
  15. Gilard 2007, p. 82-83
  16. a, b et c Gilard 2007, p. 85
  17. Gilard 2007, p. 86
  18. (es) Gabriel García Márquez, « Capítulo X: Consejos a un joven ciclista », El Espectador,‎ 1955 (lire en ligne)
  19. a, b et c « Le rapport officiel des JO 1956 (volume 2), cf p.426 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  20. (es) « Nuestro Aquiles ha muerto », El Espectador,‎ 19 novembre 2014 (lire en ligne)
  21. « Le rapport officiel des JO 1956 (volume 2), cf p.427 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  22. « Le rapport officiel des JO 1956 (volume 2), cf p.423 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  23. « Le rapport officiel des JO 1956 (volume 2), cf p.425 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  24. a, b et c (es) « Ramón Hoyos, el primer gran ‘escarabajo’ », La Tarde,‎ 20 novembre 2014 (lire en ligne)
  25. (es) « Murió el campeón del ciclismo Ramón Hoyos », Semana,‎ 19 novembre 2014 (lire en ligne)
  26. (es) Héctor Urrego, « Las Escapadas de Héctor Urrego: Don Ramón », Mundo Ciclístico,‎ 19 novembre 2014 (lire en ligne)
  27. (en) Ilan Stavans, Gabriel García Márquez: The Early Years, Macmillan,‎ 2010, 256 p. (ISBN 9780230104808)
  28. a et b Musée national d'art moderne et Museum of Modern Art, Art d'Amérique latine, 1911-1968, Musée national d'art moderne,‎ 1992, 523 p. (ISBN 9782858507108), p. 426
  29. (es) « Les vainqueurs d'étapes du Tour de Colombie », sur members.fortunecity.es (consulté le 23 janvier 2014)
  30. « Le rapport officiel des JO 1960 (volume 2), cf p.329 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 28 mars 2010)
  31. « Le rapport officiel des JO 1956 (volume 2), cf p.64 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  32. « Le rapport officiel des JO 1956 (volume 2), cf pp.60 et 62 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  33. a et b « Les podiums de la course en ligne par équipes aux Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes, cf p.238 » [PDF], sur www.mayaguez2010.com (consulté le 25 novembre 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (es) Rafael Duque Naranjo, Los Escarabajos de la Vuelta a Colombia, Oveja Negra,‎ 1984, 306 p. (ISBN 9788482805900) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Gilard, « 1953 : des cyclistes colombiens en France », Caravelle, no 89,‎ 2007, p. 69-97 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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