Rallye dansant
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Un rallye dansant, souvent abrégé en « rallye », est une organisation qui permet à un groupe de jeunes gens ayant plus ou moins le même âge de se retrouver régulièrement et tout au long de plusieurs années, lors d'activités organisées à cet effet, notamment de soirées dansantes, éventuellement assorties de cours de danses de société (typiquement rock, valse ou autres danses de salon, selon l'époque et le milieu social).
Il s’appuie sur une sélection homogène de ses membres, car c’est son principe même d’existence : regrouper entre eux des jeunes de familles qui considèrent qu’elles se ressemblent que ce soit sur un plan social, culturel ou religieux.
Les rallyes existent aujourd’hui en France dans toutes les grandes villes (Paris, lyon, Rennes, etc.) et également dans de nombreux autres pays européens, en Belgique, en Allemagne, au Royaume-Uni, etc[réf. nécessaire]. Il concerne des communautés culturelles, sociales ou religieuses (principalement catholiques, protestantes et juives) pouvant s'identifier. Le concept s’est également développé au sein de villes et de groupes sociaux qui n’en créaient pas auparavant. Ainsi d’un rallye à l’autre, l'environnement social et culturel de ses membres peut être différent. L'objectif matrimonial est toujours sa raison d'être principale; mais il permet aussi à ses membres de construire leur réseau de connaissances et de sortir pour se distraire dans des lieux sécurisés.
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[modifier] Origine
Les rallyes apparaissent vers 1950 à l’initiative de Pierre-André Tarbes, alors que les mariages explicitement arrangés deviennent de plus en plus difficiles à imposer[1]. Imaginés par des familles françaises issues de la noblesse et de la bourgeoisie, il s'agit d'une systématisation des rallyes, soirées ponctuelles organisées jusqu'alors. L'idée s’inspire directement de celle de Napoléon qui, cherchant à reconstituer la noblesse, organisait des soirées entre héritiers de familles nobles et de familles bourgeoises; ces dernières trouvaient ainsi parfois le moyen d'accèder à une légitimité sociale plus rapidement.
Des années 1950 aux années 1970, certains rallyes étaient le lieu de regroupement de l’ancienne noblesse pouvant aller jusqu'à la soumission des quartiers de noblesse. En général, ils incluent un mélange de membres de familles se rattachant à une origine aristocratique et de membres de familles bourgeoises, dont la réputation est plus récente. Il reste néanmoins une grande vigileance quant à l’authentification des noms de famille, les organisateur préférant une authentique origine bourgeoise qu’une fausse noblesse (deux titres et noms de noblesses sur trois en France sont faux)[2]. Tout au long de ces années, la culture catholique est largement dominante au sein de ces rallyes.
[modifier] La forme d’organisation traditionnelle d'un rallye, héritée de celle des années 1950
Traditionnellement, un rallye est organisé par les mères de jeunes filles. Elles invitent leurs amies dont les enfants ont le même âge (environ) ; les connaissances les plus proches sont souvent invitées à en faire de même. Le processus traditionnel de constitution d’un rallye est très similaire à celui d’une invitation privée. Chaque parent de jeune fille propose ensuite deux cavaliers garçons légèrement plus âgés. Les parents de jeune fille recoivent au cours d’une soirée dansante. L’homogénéité est le critère principal car les organisatrices et les participants souhaitent y retrouver des enfants appartenant au même milieu.
Les rallyes peuvent commencer vers l'âge de 10-12 ans pour les filles et 12-14 ans pour les garçons (les rallyes traditionnels respectent un décalage entre l'âge moyen des filles et celui des garçons, plus âgés).
Initialement les rallyes démarraient par un rallye bridge de 12 ans à 15 ans. Aujourd'hui, les premières années prévoient des activités de loisir dans l’après-midi. Les activités peuvent être orientées vers : la culture (musée, spectacle, etc.), le sport, les activités manuelles, ou les loisirs (patinoire, bowling, etc.). Elles se transforment ensuite en cours de danses de société puis en soirées dansantes. Les rallyes qui commencent plus tardivement (vers 15 ans) proposent le plus souvent directement ces soirées dansantes avec cours de danse, comme unique activité[3].
Au fil des années, le groupe de départ s'élargit jusqu'à atteindre entre 100 et 800 membres selon les rallyes. Ce nombre est lié au souhait des organisateurs et à la taille des salles des différentes villes où ont lieu les soirées. Ainsi Paris et Lyon regroupent les rallyes de plus grande taille.
Lors des soirées dansantes, la danses pratiquée le plus souvent est le rock ; on y retrouve également, mais de façon plus épisodique, d'autres danses de salon comme la valse, la salsa ou le madison. Les invitations et les réponses se font par écrit.
Pour les sociologue Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, les rallyes traditionnels prennent place dans un système sociologique permettant à la haute bourgeoisie française de se retrouver et de défendre ses intérêts. Le but du rallye est de compléter l'apprentissage scolaire et familial. « Il a sa spécificité : apprendre collectivement à reconnaître son semblable de l'autre sexe et à identifier les partenaires possibles pour des relations amicales ou amoureuses[4] ». Il permet aussi de valoriser son milieu et d'en connaître les limites. Il favorise ainsi l'entre-soi et l'esprit de cercle.
Cette description vaut cependant pour certaines formes de rallyes traditionnels ; tandis que la société française comporte aujourd'hui une diversité de rallyes plus importante seules celles décrites par Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon.
[modifier] La typologie des rallyes dansant aujourd'hui
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Depuis le début des années 2000, le concept des rallyes s'est développé et élargi avec la création de nouvelles formes d'organisation. Deux types d'organisation existent aujourd'hui :
- Les rallyes privés. Organisés sous forme d'association à but non lucratif, ils se crééent d'année en année dans les grandes villes, leur organisation étant relayée par des parents de familles bien établies qui recrutent au sein de la haute bourgeoisie et de l'ancienne aristocratie. Ils sont fortement liés à une appartenance commune religieuse (catholique, prostestant ou juive). On peut citer, à titre d'exemple récent, le rallye Broglie Becheau Lafonta[5]. ou le rallye Gabrielli d'Oiron[6].
- Les rallyes organisés par une entreprise commerciale et à but lucratif. Ces rallyes sont une marque et une entreprise commerciale. Ils touchent un public large, sont ouverts à l'ensemble des couches sociales et aux familles laïques. Ils opèrent dans plusieurs grandes villes. Ainsi, l'entreprise « Esprit de Fête »[7], est créée en 2000 par Françoise de Castilla[8]. Les rallyes portent un nom de château (Chambord, Chenonceau, etc); la société atteint en 2008 un chiffre d’affaires de 500 000€[9]. Egalement créée en 2000, la société « Rallye Clé en Main »[10], dirigée par Catherine de La Presle, effectue le recrutement de ses jeunes membres dans les écoles; les groupes portent des noms d’oiseaux (Alouette, Hirondelle, etc).
[modifier] Notes et références
- Les rallyes par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.
- [1].
- Magazine L'Express, 2 février 2006.
- Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Les ghettos du gotha, p.41, Editions du seuil, 2007
- Journal Officiel, numéro de parution 20030023.
- Journal Officiel, numéro de parution 200100026.
- [Numéro de siret 431 821 610 00018].
- Magazine Challenge, 23 avril 2009.
- [2].
- [Numéro de siret 433 775 913 00018].