Ralentisseur

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dos d'âne (homonymie).

Officiellement[Où ?] le terme ralentisseur désigne soit le ralentisseur de type dos d’âne[1], soit le ralentisseur trapézoïdal. Tous deux sont des surélévations de chaussée de 10 cm, qui occupent, la plupart du temps, la largeur totale de la chaussée et font jusqu’à quatre mètres de long. D’autres aménagements sont utilisés pour modérer la vitesse : soit des surélévations de chaussée (plateaux et coussins), soit des bandes transversales (bandes rugueuses ou sonores, vibreurs), soit des déviations de trajectoire (chicanes) ou des rétrécissements de chaussée (écluses).

Les ralentisseurs et les autres aménagements similaires sont placés en agglomération aux endroits où la circulation des véhicules à plus de 30 km/h présenterait un danger pour les autres usagers, surtout pour les piétons, par exemple aux abords des écoles ou dans les centres des villes où la vie locale est prépondérante. Leur largeur dépend de celle de la chaussée (certains sont situés avant les passages piétons), leur longueur varie de quelques centimètres (pour les bandes sonores) jusqu’à quelques mètres pour les dos d’âne, voire des dizaines pour les « plateaux surélevés ».

Sur les autoroutes, on peut rencontrer des bandes sonores juste avant les péages, et aucun autre type de ralentisseur.

Bande sonore en Australie
Un ralentisseur de type bande sonore en Australie.

Types de ralentisseurs[modifier | modifier le code]

Coussin berlinois
Coussin berlinois en caoutchouc vulcanisé.
Plateau ralentisseur en France
Plateau ralentisseur en France dans une zone 30, caractérisé par le changement de couleur de la chaussée (le panneau annonce un passage pour piétons…)

Dos d’âne[modifier | modifier le code]

Le ralentisseur de type dos d’âne (hauteur 10 cm, longueur 4 m) est le plus ancien des ralentisseurs, il est parfois appelé gendarme couché dans le langage populaire. En France, il est interdit de mettre en place un passage pour piétons dessus ; ceux de type trapézoïdal en comportent obligatoirement au moins un[D 1]. Mais il n’est pas interdit de mettre un passage pour piétons après le dos d'âne, par exemple 20 m après. Le plateau est également surélevé, de 10 cm ou un peu plus, la longueur est variable (minimum 15 mètres).

Coussin[modifier | modifier le code]

Le coussin (ou coussin berlinois) est assez récent et est une forme spéciale du dos d’âne : c’est une plaque carrée surélevée (hauteur 6 à 7 cm, largeur 1,80 m environ), (souvent blanche pour être repérée) posée sur 1 voie à la fois (si la route est à double-sens, il y en a deux, etc.) avec 4 bords obliques. Elle oblige le conducteur d’un véhicule léger à ralentir à 30 km/h car les roues de droite ou de gauche doivent monter sur le coussin. Le conducteur d’un véhicule lourd ou d’un car peut en revanche éviter la montée sur le coussin en passant les roues juste de part et d'autre du coussin, mais pour bien viser le conducteur doit ralentir fortement, à 30 km/h également.

Ce type de ralentisseur est réputé dangereux par les conducteurs de deux-roues, surtout par temps de pluie car le risque de glisser est présent. Ce risque est renforcé lorsque le matériel n’est pas homologué, comme les matériels en caoutchouc vulcanisés, non visés par la norme régissant ces matériels[2].

Bande sonore[modifier | modifier le code]

La bande sonore, comme son nom l’indique, est une bande perpendiculaire à la voie comme le dos d’âne mais beaucoup plus fine et moins haute (hauteur 1 cm environ, largeur 50 cm environ). Sa particularité est d’émettre un bruit sourd à chaque passage d’un essieu de voiture (d’où leur qualification). Elles sont en groupes successifs de 3 à 6 pour pouvoir faire effet dans l’esprit du conducteur.

Créneau, chicane et écluse[modifier | modifier le code]

Le créneau est une déformation courte mais volontaire du tracé de la route. Une voie en ligne droite est remplacée surtout aux abords des écoles par un créneau d’une cinquantaine de mètres environ. Il oblige à ralentir du fait des deux tournants serrés, et ceux d'autant plus que le gabarit du véhicule est important (et donc réputé dangereux), ce qui permet d’augmenter la sécurité sans inconfort notoire pour les usagers.

La chicane est une variante du créneau, formée par des avancées de trottoir alternativement à droite et à gauche, distantes de 40 m environ.

L’écluse, est une réduction de la largeur de la chaussée (à 3,50 m par exemple) par la création d’avancées du trottoir de chaque côté, de sorte qu’un seul véhicule peut passer, l’autre venant du sens opposé doit attendre. L’écluse est pourvue d’un by-pass pour cyclistes de chaque côté afin de leur éviter d’emprunter la chaussée centrale.

Autres types[modifier | modifier le code]

La courbe serrée, simple mais efficace, est une autre déformation volontaire de la route, aux abords des carrefours par exemple pour obliger l'automobiliste à ralentir pour éviter de subir la force centrifuge.

Mini rond-point en France
Mini rond-point en France.

Enfin, le carrefour giratoire, appelé rond-point en langage populaire, où la mise en place d’un îlot central à un endroit précis permet de réduire la vitesse des véhicules arrivant. Dans certains cas, le giratoire constitué d’une calotte bombée franchissable, il est appelé dans ce cas « mini-giratoire » : il est donc possible de le chevaucher ou de le franchir complètement (notamment les poids lourds).

Homologation et normes en France[modifier | modifier le code]

  • Le décret no 94-447 du 27 mai 1994[3] (NOR : EQUS9400480D) décrit de façon très précise les normes à respecter pour certains dispositifs de type ralentisseur.
  • La norme NF P 98-300 de juin 1994 s’applique pour les ralentisseurs routiers de type dos d’âne ou de type trapézoïdal.
  • Le « Guide des coussins et plateaux » de juillet 2010 (remplaçant celui de novembre 2000) réalisé et édité par le CERTU qui donne les recommandations techniques pour la conception et l’implantation des plateaux et coussins est l’ouvrage de référence pour ce type d'aménagement.

À noter que le CERTU met également sur son site internet à disposition gratuitement de nombreuses fiches techniques sur les ralentisseurs :

  • Savoir de Base en sécurité routière CERTU - Fiche no 3 de décembre 2008 : « Maitrise des vitesses par l’aménagement » : Reprend les recommandations techniques des chicanes, mini-giratoire, ralentisseurs dos d'âne et trapézoïdal, coussin et plateau ;
  • Petits aménagements de sécurité CERTU - Fiche no X 04 de novembre 2003 : « Plateau surélevé » ;
  • Petits aménagements de sécurité CERTU - Fiche no VI 03 de septembre 2006 : « Aménagement des abords d’une école » (plateau) ;
  • Petits aménagements de sécurité CERTU - Fiche no VI 01 de décembre 2009 : « Chicanes pour la sécurité des piétons et des écoles ».

Les ralentisseurs ne peuvent être placés qu’en agglomération, sur des sections dont la vitesse est limitée à 30 km/h[D 2] ou en zones 30. L’implantation d’un ralentisseur (dos d’âne ou trapézoïdaux) est interdite à proximité des virages et des ouvrages d’art[D 3], elle est autorisée si le trafic ne dépasse pas 3 000 véhicules par jour en moyenne annuelle[D 3] et sur les voies dont la déclivité ne dépasse pas 4 %[D 3]. Les dispositifs de type « coussin berlinois » sont utilisés jusqu’à un trafic de 6 000 véhicules par jour[4]. Les plateaux surélevés (qui sont des rehaussements ponctuels de la chaussée) peuvent être utilisés quel que soit le volume de trafic. Ils peuvent être aménagés aussi bien sur voies limitées à 50 km/h avec limitation ponctuelle à 30 km/h que dans les zones 30 (Guide des coussins et plateaux - novembre 2000 - CERTU).

De façon plus générale, il appartient à la commune de vérifier l’homologation du dispositif qu’elle souhaite installer et vérifier sa conformité aux normes pour le choix de son implantation, et lors de la construction[D 4]. En effet, la responsabilité du maire pourrait être recherchée en cas d’accident provoqué par un dispositif ne respectant pas la réglementation en vigueur[5].

Marquages au sol[modifier | modifier le code]

Selon l’article 118-9 « Marques relatives à des aménagements de sécurité »[6], « la présence d'un ralentisseur de type dos-d'âne est signalée par un marquage constitué d'un ensemble de trois triangles blancs, disposé sur le ralentisseur dans l'axe de chaque voie de circulation et dont les pointes sont orientées dans le sens normal de la circulation. » Dans les zones 30, ce marquage n’est pas obligatoire. La base d’un triangle est de 0,7 mètre et la hauteur 2 mètres.

Selon l’article 118 « Marques relatives à des aménagements de sécurité »[7], pour les ralentisseurs trapézoïdaux le marquage consiste au marquage traditionnel de passage pour piéton (bande de 50 cm espacé de 50 cm) et « sont prolongées d'une longueur de 0,50 m de part et d'autre du plateau afin d'améliorer sa lisibilité. »

Pour les coussins berlinois : 3 triangles contigus sur la base montante du coussin, base du triangle 0,5 mètre.

Pour les plateaux surélevés : base du triangle 0,7 mètre, sur toute la largeur de la chaussée.

Le paragraphe 2.2 « Plateau en section courante » du Guide des coussins et plateaux précise p. 20 qu'il est vivement déconseillé d'implanter un passage piéton sur les plateaux situé sur des voies dont le trafic est supérieur à 3 000 véhicules/jour. Un plateau surélevé indique un espace partagé piéton/véhicule, sa traversée par les piétons peut donc se faire n'importe où.

N.B. : il existe des ralentisseurs assurant deux fonctionnalités ou plus à la fois : par exemple, la chaussée peut être rétrécie dans un plateau ralentisseur qui comporte un passage piéton. Dans ce cas, le nombre de triangles est différent des deux côtés (il est possible de trouver un plateau avec 13 triangles d’un côté et 7 de l’autre — les largeurs de la chaussée sont respectivement de 9 et 6 mètres). On peut également trouver des plateaux ralentisseurs dans une intersection.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. qui tire son nom de la forme du dos de l’âne similaire à celle de beaucoup de ralentisseurs
  2. Question écrite no 55273 posée le 14 juillet 2009, réponse du Ministre des Transports le 8 décembre 2009.
  3. Décret no 94-447 du 27 mai 1994 relatif aux caractéristiques et aux conditions de réalisation des ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal sur legifrance.gouv.fr
  4. « coussins berlinois », sur www.technicites.fr,‎ 24 janvier 2008 (consulté le 4 août 2011)
  5. Question écrite no 20309 de M. Henri de Raincourt publiée dans le JO Sénat du 6 février 1997 - page 334
  6. Instructions interministérielles sur la signalisation routière, 7e partie – Marques sur chaussées, p. 47 [PDF]
  7. Instructions interministérielles sur la signalisation routière, 7e partie – Marques sur chaussées, p. 40 [PDF]

Références au décret 94-447 (D)

  1. Annexe Article 5
  2. Annexe Article 2
  3. a, b et c Annexe Article 3
  4. Annexe Article 7

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]