Raiponce (conte)

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Raiponce (conte)
Image illustrative de l'article Raiponce (conte)
Illustration de Johnny Gruelle
Conte populaire
Titre Raiponce
Titre original Rapunzel
Folklore
Genre Conte merveilleux
Aarne-Thompson AT 310
Personnage(s)-type(s) Prince charmant
Sorcière
Pays Allemagne
Époque XIXe siècle
Version(s) littéraire(s)
Publié dans Frères Grimm, Kinder- und Hausmärchen, vol. 1 (1812)

Raiponce (en allemand Rapunzel) est un conte populaire allemand qui figure parmi ceux recueillis par les frères Grimm dans le premier volume de Contes de l'enfance et du foyer (Kinder- und Hausmärchen, 1812, n° KHM 12).

Résumé[modifier | modifier le code]

Conte de Grimm[modifier | modifier le code]

Une femme et son mari désirent plus que tout avoir un enfant. Ils vivent près d'un somptueux jardin, protégé par un grand mur, appartenant à une sorcière. La femme est prise d'une très forte envie de manger de la raiponce, et son mari s'introduit dans le jardin, qui en contient beaucoup, pour lui en cueillir. La femme accouche d'une petite fille, et la sorcière apparaît pour l'emporter, lui donnant le nom de « Raiponce ». Raiponce grandit et devient une fille d'une très grande beauté, dont les longs cheveux dorés sont réunis en deux tresses longues et soyeuses.

Lorsque Raiponce atteint l'âge de douze ans, la sorcière l'enferme au sommet d'une haute tour, qui n'a ni escalier ni porte, rien qu'une petite fenêtre. Lorsque la sorcière veut entrer, elle dit à Raiponce : « Raiponce, Raiponce, lance-moi ta chevelure »[1]. Raiponce défait alors ses nattes, les déroule à travers la fenêtre et les laisse tomber le long du mur, pour que la sorcière puisse grimper en s'y suspendant.

Un jour, un prince qui passe par là entend Raiponce chanter et est envoûté par le son de sa voix. Ne pouvant pénétrer dans la tour, il s'en approche cependant chaque jour pour l'écouter.

Voyant un jour, caché, comment la sorcière parvient à entrer dans la tour, il décide de tenter sa chance la nuit. Lorsqu'il entre enfin dans la tour, Raiponce est effrayée par l'apparition de cet inconnu, mais le prince parvient à la rassurer et lui dit qu'il est amoureux d'elle. Confiante en son amour et prête à quitter cet endroit, elle décide de partir avec lui. Elle lui demande alors d'apporter de la soie, comptant s'en servir pour pouvoir elle aussi descendre au pied de la tour.

Mais un jour, Raiponce parle accidentellement à la sorcière des visites du prince. Furieuse, la sorcière la punit en lui coupant les cheveux et en l'abandonnant dans le désert. Elle attache ensuite les cheveux coupés à la fenêtre pour tromper le prince lorsqu'il appellera Raiponce. Lorsque ce dernier escalade la tour, la sorcière lui annonce qu'il ne reverra jamais la jeune fille, puis sectionne la corde de cheveux. Le prince dégringole dans un buisson de ronces et y perd la vue (dans une autre version, le prince tombe dans un buisson de roses qui lui crèvent les yeux). Il se met à errer aveugle pendant des années, pleurant sa bien-aimée. Il finit par arriver dans le désert où vit désormais Raiponce.

Il reconnaît sa voix et s'approche d'elle. Raiponce le reconnaît aussi et vient pleurer, suspendue à son cou. Ses larmes coulent dans les yeux du prince qui recouvre aussitôt la vue. Le prince amène Raiponce dans son royaume et ils y vivent heureux, avec plus ou moins d'enfants selon les versions.

Variantes[modifier | modifier le code]

Selon une autre version, le prince n'étant pas encore roi, le père de celui-ci, au retour de son fils unique qu'il avait cru mort, et apprenant toute l'histoire, dépêche la maréchaussée chez la sorcière et la fait exécuter.

Variantes méditerranéennes[modifier | modifier le code]

Max Lüthi (voir Bibliographie) signale l'existence d'une version maltaise intitulée Fenchelchen (« Fenouil »). Selon lui, le conte n'est pas d'origine allemande, mais provient de la région méditerranéenne : il existe en Italie, ainsi qu'en Grèce, où la sorcière, cannibale, s'appelle Drakena.

La version Disney[modifier | modifier le code]

Disney introduit un autre scénario dans son film d'animation en 2010, trouvant que l'original était trop violent pour être adapté en film (les yeux crevés du prince et l'exil dans le désert...). Dans le film, la reine est très malade et seule une plante peut la guérir : la fleur d'or, née d'une larme de soleil. Après avoir bu le jus de la fleur, la reine guérit et donne naissance à Raiponce. La méchante sorcière (nommée Mère Gothel, qui a elle aussi utilisé la fleur afin de retrouver sa jeunesse) vole le bébé et l'élève comme sa propre fille. Elle l'utilise en fait comme philtre de jeunesse. Dans le film, le prince est un brigand ayant dérobé la couronne royale. La garde le surprend, il se fait pourchasser jusqu'à ce qu'il les sème et tombe sur une tour cachée où vit la princesse Raiponce.

Une autre différence notoire concerne les pouvoirs magiques des cheveux de Raiponce quand celle-ci chante : ils peuvent guérir les blessures. La chanson principale du film est : « Fleur aux pétales d'or, répands ta magie, inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris, guéris les blessures, éloigne la pluie, ce destin impur, rend-moi ce qu'il m'a pris, ce qu'il m'a pris. »

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • Dans Ever After High de Mattel où l'on retrouve Holly O'Hair et Polly O'Hair, les filles de Raiponce.
  • Raiponce, film d'animation Disney réalisé par Byron Howard et Nathan Greno (2010). Voix française de Maeva Méline.
  • Raiponce, adaptation allemande de Bodo Fürneisen réalisée en 2009.
  • Barbie, princesse Raiponce, film d'animation sorti en 2002 directement en vidéo avec Barbie qui revit l'histoire de Raiponce.
  • Rapunzel, épisode 8 de la première saison de la série animée Simsala Grimm, qui conte les plus célèbres histoires des Frères Grimm.
  • Dans Shrek III, Raiponce est une des princesses amies de Fiona.
  • Dans Les Frères Grimm, la reine au miroir (jouée par Monica Bellucci) fait une scène à la Raiponce, où elle laisse ses très longs cheveux tomber par la fenêtre.
  • Dans Cendrillon & le prince (pas trop) charmant, un film d'animation, on parle de Raiponce.
  • Dans la bande dessinée Valentine l'auteur parodie régulièrement le conte par le biais d'une ou deux planches par albums.
  • Dans le parc d'attractions Efteling, la sorcière grimpe le long de la chevelure de Raiponce dans le Bois des contes.
  • Dans le manga MÄR (Marchen Awaken Romance), Rapunzel est l'un des cavaliers de l'Échiquier et utilise ses cheveux comme des épées.
  • Yannick Jaulin reprend le conte à sa manière dans Persillette.
  • Dans le manga "Grimm manga" de Kei Ishiyama, Raiponce est un garcon, l'histoire reprend la version des Grimm excepté la présence de princesse ou prince.
  • Dans "Les Simpson", la saison 12 épisode 1 : "Simpson Horror Show XI".
  • Dans le manga Ludwig révolution, Kaori Yuki reprend l'histoire de Raiponce, ainsi que de nombreux contes des frères Grimm.
  • Dans le clip video "The Sweet Escape" (2006) de Gwen Stefani, un passage fait très explicitement référence à Raiponce, Gwen Stefani laissant tomber sa chevelure dorée par une fenêtre, afin que deux Harajuku Girls puissent grimper la sauver.
  • Dans les comics Fables (2002) et Fairest (2012) de Bill Willingham chez Vertigo.
  • Dans Once Upon A Time (2014) Raiponce est brune. C'est alors le mari de Blanche-Neige qui la délivre.
  • Dans Into the Woods, Promenons-nous dans les bois, une comédie musicale mettant en scène des personnages de conte de fées avec Mackenzie Mauzy dans le rôle de Raiponce et Meryl Streep dans le rôle de la sorcière.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Timbres émis en 1978 en République démocratique allemande
Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr Kleinbogen 2382-2387.jpg Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr 2382.jpg Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr 2383.jpg Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr 2384.jpg
Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr 2385.jpg Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr 2386.jpg Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr 2387.jpg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce motif a été repris par Maurice Maeterlinck dans sa pièce symboliste Pelléas et Mélisande (acte III, scène I) ; toutefois dans la pièce, Pelléas se contente d'emprisonner de ses mains la chevelure de Mélisande qui ruisselle de la tour.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Max Lüthi, Once upon a time - On the Nature of Fairy Tales (traduction de (de) Es war einmal), Indiana University Press (ISBN 978-0-253-20203-1). Chapitre 8, Rapunzel - The Fairy Tale as a Representation of a Maturation Process.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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