Raid de Makin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Raid de Makin
Retour des marines à Pearl Harbor à Hawaii le 26 août 1942 à bord du sous-marin Nautilus après le raid de Makin
Retour des marines à Pearl Harbor à Hawaii le 26 août 1942 à bord du sous-marin Nautilus après le raid de Makin
Informations générales
Date 17-18 août 1942
Lieu Butaritari (île Makin) dans l'océan Pacifique
Issue Victoire américaine
Belligérants
États-Unis États-Unis Drapeau du Japon Empire du Japon
Commandants
Evans Carlson
Forces en présence
211 hommes 83–160 hommes, 12 avions, 2 petits bateaux
Pertes
18 tués,
9 capturés (exécutés plus tard)
16 blessés
83–160 tués
2 hydravions détruits
2 petits bateaux coulés[1]
Seconde Guerre mondiale,
Guerre du Pacifique
Batailles
Campagne des îles Gilbert et Marshall
Gilbert et Marshall - Makin - Tarawa et Makin - Kwajalein - Truk - Eniwetok

Le raid de Makin (17-18 août 1942) est une attaque des Marines américains contre les forces japonaises stationnées sur l'île de Makin (connue de nos jours sous le nom de Butaritari) dans l'archipel des Îles Gilbert dans l'océan Pacifique. Le but de cette opération est de détruire les infrastructures des Japonais, de collecter des renseignements sur la zone de l'archipel des Gilbert, et d'opérer une diversion alors que dans le même temps la bataille de Guadalcanal fait rage.

Il s'agit de l'une des premières opérations américaines d'offensive terrestre, les autres étant celles de la campagne de Nouvelle-Guinée, de la bataille de Guadalcanal et de l'opération Torch en Afrique française du Nord.

Préparation et organisation[modifier | modifier le code]

En été 1942, l'amiral Nimitz décide d'employer l'unité d'élite des Marine Raiders dirigée par le lieutenant-colonel Evans Carlson pour effectuer un raid dans les îles Gilbert. Il est prévu que les assaillants soient transportés à bord de deux sous-marins poseurs de mine de fort tonnage et arrivent à proximité de leur objectif le 17 août soit dix jours après le début d'une importante opération américaine dans les îles Salomon dans le cadre de la bataille de Guadalcanal. Il est prévu que les marines débarquent tout d'abord sur l'île de Butaritari dont la garnison est estimée à 45 hommes, se replient dans l'après-midi puis débarquent le jour suivant sur Little Makin Island.

La force américaine embarque le 8 août, elle comprend un petit bataillon de commandement ainsi que deux des six compagnies de fusiliers du corps. En raison du manque de place à bord des submersibles, chaque compagnie embarque sans l'une de ses sections. Le commandement de la force ainsi que la compagnie A et 18 hommes de la compagnie B (soit 121 hommes) sont embarqués à bord de l'USS Argonaut et le reste de la compagnie B (90 hommes) prend place dans l'USS Nautilus. L'ensemble des forces du raid est désigné sous le nom de Task Group 7.15[2]. Le fils du président américain, James Roosevelt fait partie du groupe.

Déroulement des opérations[modifier | modifier le code]

Makin vue depuis l'USS Nautilus

Lorsque les sous-marins font surface le 17 août, le temps est venteux et pluvieux et la mer agitée. Les marines se lancent peu après minuit à bord de canots pneumatiques propulsés par de petits moteurs hors-bord de 64 ch mais l'eau inonde les canots et noie les moteurs. Le commandant Carlson décide alors de changer de mode opératoire, au lieu d'effectuer des débarquements en plusieurs points de l'île éloignés les uns des autres, il est décidé de regrouper l'assaut sur une seule zone. L'arrivée des marines se fait de manière assez chaotique, les embarcations dont le moteur est hors-service doivent être remorquées par les autres canots. L'explosion accidentelle d'une arme annule l'effet de surprise.

Les Américains débarquent à 5 h 30 et prennent rapidement le dessus sur une garnison japonaise qui n'est selon les estimation constituée que de 83 à 160 hommes.

Évacuation et pertes[modifier | modifier le code]

Les soldats américains sont évacués par les mêmes deux sous-marins. On compte dans leurs rangs 18 morts et 12 portés disparus. Parmi ces disparus, l'un est identifié plus tard dans l'une des 18 tombes des soldats du raid à Makin. Parmi les autres disparus, 9 sont oubliés sur place lors du repli ou retournent sur l'île durant les opérations d'évacuation. Il parviendront à échapper aux troupes japonaises jusqu'au 30 août avec la complicité des Gilbertins mais sont finalement capturés. Envoyés sur l'atoll Kwajalein, ils y sont décapités. Les deux autres marines portés disparus ne seront jamais localisés. Le commandant marines américains dénombre 83 corps japonais et estime que 160 Japonais sont morts pendant le raid se fondant sur les témoignages des habitants de l'île. D'autres Japonais meurent sans doute lors de la destruction de deux bateaux et deux avions. Morison rapporte que 60 soldats disparaissent lorsque l'un des navires coule.

Bilan et effets du raid[modifier | modifier le code]

Bien que les Marine Raiders parviennent à annihiler la garnison japonaise de l'île, le raid ne parvient pas à atteindre ses autres objectifs, aucun prisonnier japonais n'est fait et aucun renseignement d'importance n'est collecté. De plus, la manœuvre de diversion ne fonctionne pas puisque les Japonais conscients de la portée limitée du raid ne détournent pas de forces importantes et restent concentrés sur la bataille de Guadalcanal dans les Îles Salomon. Cette attaque aura aussi pour effet de mettre en lumière la vulnérabilité de la défense japonaise dans les îles Gilbert ce qui conduira ces derniers à renforcer considérablement leur présence dans cet archipel. Ce qui aura pour effet de rendre très difficile la prise de ces îles lors de l'opération Galvanic. Le raid conduira aussi les Japonais à occuper Nauru et Ocean island[3].

Cependant, la mission permet de tester l'efficacité des tactiques des Marines raiders et de remonter le moral des troupes[4].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Morison, Coral Sea, Midway, and Submarine Actions, p. 235–241).
  2. Rottman (2005). Pages 59–60.
  3. (en) Philip A. Crowl, Edmund G. Love, United States Army in World War II : The War in the Pacific, Seizure of the Gilberts and Marshalls, chapitre IV Lire en ligne. Consulté le 12 juin 2008.
  4. Pearl Harbor To Guadalcanal, History Of The Marine Corps Operations In World War II, Volume I, p. 284.