Ragnétrude

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ragnétrude
Dagobert Ier, Ragnétrude et leur fils Sigebert III
Dagobert Ier, Ragnétrude et leur fils Sigebert III

Biographie
Dynastie Mérovingien
Conjoint Dagobert Ier
Enfants Sigebert III

Ragnétrude (lat. Ragnetrudis), Ragentrude (lat. Ragintrudis) ou Raintrude est une concubine de Dagobert Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

On ne sait rien d'elle si ce n'est qu'elle est austrasienne et que le roi Dagobert Ier la rencontre en Austrasie, en fait sa maîtresse et qu'elle lui donne un fils, Sigebert, ainsi que le raconte Frédégaire dans sa Chronique, puis l'auteur de la Gesta Dagoberti I. Regis Francorum[1].

Aucune source contemporaine ne mentionne de mariage entre Dagobert et Ragnétrude, aussi cette dernière ne peut pas être considérée comme reine des Francs. C'est d'ailleurs ce que sous entend Frédegaire, quand il dit que Dagobert n'a eu que trois reines, « Nantéchilde, Vulfégonde et Berchilde »[2]. Cela n'empêche pas quelques auteurs grand public de la considérer comme une reine, comme Christian Bouyer qui affirme qu'« elle succéda - sans doute après 630 - à Nantilde auprès de Dagobert »[3] alors que peu avant, il précise qu'« en 634 il [Dagobert] donne comme roi aux Austrasiens son fils Sigebert, âgé de trois ans, qu'il avait eu d'une concubine, Raintrude » et qu'« en 635, Nantilde donne naissance à un fils, le futur Clovis II »[4], contredisant même Frédégiaire en affirmant que Ragnétrude « dut supporter bien des maîtresse et concubines, telles Vulfégonde et Berthilde »[3].

En 1989, sur la base d'une tradition faisant d'Irmine d'Oeren une fille du roi Dagobert et de considérations onomastiques (Irmine d'Oeren ayant eu une fille nommée Ragentrude, mariée à un duc de Bavière), Christian Settipani spécule que l'existence d'une fille de Dagobert et de Ragentrude mariée à un frère du duc Théotar et mère d'Irmine d'Oeren[5]. Mais il affirme en 2000 avoir abandonné cette hypothèse de travail[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Settipani 1993, p. 102 et 105.
  2. Settipani 1993, p. 102-103.
  3. a et b Bouyer 1992, p. 46.
  4. Bouyer 1992, p. 44.
  5. Settipani 1989, p. 59-60.
  6. Settipani 1990, p. 4-5 et 18.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

« La huitième année de son règne, comme il parcourait l’Austrasie avec une pompe royale, il admit dans son lit une jeune fille, nommée Ragnetrude, dont il eut cette année un fils, nommé Sigebert.

De retour en Neustrie, il se plut dans la résidence de son père Clotaire, et résolut d’y demeurer continuellement. Oubliant alors la justice qu’il avait autrefois aimée, enflammé de cupidité pour les biens des églises et des Leudes, il voulut, avec les dépouilles qu’il amassait de toutes parts, remplir de nouveaux trésors. Adonné outre mesure à la débauche, il avait, comme Salomon, trois reines et une multitude de concubines. Ses reines étaient Nantéchilde, Vulfégonde et Berchilde. Je m’ennuierais d’insérer dans cette chronique les noms de ses concubines, tant elles étaient en grand nombre. Son cœur devint corrompu, et sa pensée s’éloigna de Dieu ; cependant en la suite (et plût à Dieu qu’il eût pu mériter par là les récompenses éternelles !) il distribua des aumônes aux pauvres avec une grande largesse, et, s’il n’eût pas détruit le mérite de ces œuvres par son excessive cupidité, il aurait mérité le royaume des cieux. »

— Frédégaire, Chronique.


« La huitième année de son règne [629], comme il parcourait l’Austrasie avec une pompe royale, et fort triste de ne pas avoir un fils pour régner après lui, il fit entrer dans son lit une jeune fille, nommée Ragnetrude, dont, il eut cette année même, par la grâce de Dieu, un fils, obtenu à force de prières et d’aumônes. Son frère Charibert, venu à Orléans, tint ce fils sur les fonts de baptême. Lorsque le vénérable Amande, évêque d’Utrecht, donna la bénédiction à cet enfant, et le reçut catéchumène, à la fin de son oraison, personne, dans toute la multitude des assistants, ne répondant amen, le Seigneur ouvrit la bouche de l’enfant qui n’avait pas plus de quarante jours, et il répondit amen, si bien que tous l’entendirent. Le saint pontife le régénéra aussitôt par les eaux sacrées du baptême, lui donnant pour nom Sigebert. A ce miracle, les rois et toute l’armée furent remplis de joie et d’admiration. »

— un moine de Saint-Denis, « Gesta Dagoberti I. Regis Francorum ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]