Rafflesia arnoldii

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Rafflesia arnoldii R.Br. est une espèce de plantes parasites non-chlorophylliennes de la famille des Rafflesiaceae. Elle est célèbre pour être la plante possédant la plus grande vraie fleur au monde.

Rafflesia arnoldii R.Br., Account Rafflesia 7: tab. 15-22 (1821) ; et in Trans. Linn. Soc. London 13(1): 207 (1821)

La plus grande fleur du monde[modifier | modifier le code]

C'est l'Arum titan (Amorphophaluus titanum (Becc.) Becc. ex Arcang., famille des Araceae) qui est le plus souvent cité comme ayant la plus grande fleur au monde, mais cette dernière est une fausse-fleur, c'est-à-dire une inflorescence condensée reproduisant morphologiquement et fonctionnellement une fleur unique. Les vraies fleurs de l'Arum titan, situées à la base de son spadice, sont en fait très petites, alors que la fleur de Rafflesia arnoldii est réellement gigantesque, la plus grande connue à ce jour. Elle peut en effet atteindre un mètre de diamètre et peser jusqu’à 11 kg.

Description[modifier | modifier le code]

Rafflesia arnoldii est une plante parasite des lianes tropicales du genre Tetrastigma (famille des Vitaceae). Il s'agit d'un parasite strict, non chlorophyllien, un holoparasite. Elle ne possède ni feuilles ni racines, son appareil végétatif est réduit à des filaments internes aux tissus de la plante-hôte. Les parties aériennes de la plante se résument à sa fleur.

La fleur, charnue, est rouge ocre, cloquée de pustules crémeuses. Elle dégage une forte odeur de charogne qui attire des insectes comme la mouche Chrysomyia megacephala qui assurent la pollinisation, à condition que des fleurs mâles et femelles soient simultanément écloses dans un proche rayon car Rafflesia arnoldii est une plante dioïque.

En dehors de la floraison, la présence de Rafflesia arnoldii est indétectable. Elle se développe pendant un an ou deux dans les tissus de sa plante-hôte et aux dépens de celle-ci, puis apparaît une nodosité qui se craquelle et émerge des tissus de l'hôte, au ras du sol : le bouton floral. Ce dernier grossit pendant plusieurs mois jusqu’à atteindre la taille d’un ballon de basket, puis éclot en répandant une odeur fétide. La fleur ne reste éclose que quelques jours.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

On trouve cette plante dans les forêts humides à Sumatra et à Bornéo, en Indonésie.

Protection[modifier | modifier le code]

Déjà rare au départ, Rafflesia arnoldii voit ses effectifs se réduire progressivement, en parallèle à la destruction des forêts primaires tropicales de l'Asie du sud-est.

Sa discrétion à l'état végétatif et sa physiologie complexe (plante parasite stricte) rendent les mesures de préservation difficiles, aussi bien in situ qu'ex situ. Ainsi, en dépit de longs et coûteux efforts, aucun jardin botanique n’a encore été capable, à ce jour, de cultiver une Rafflésie hors de son milieu naturel.

Rafflesia arnoldii n'est néanmoins pas inscrite sur la Liste Rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Seule une espèce proche y est inscrite : Rafflesia magnifica Madulid, Tandang & Agoo (voir fiche UICN).

Rafflesia arnoldii n'est également pas inscrite aux annexes de la CITES réglementant le commerce international.

Au niveau local, des mesures de protection sont cependant prises pour éviter qu'elle soit cueillie, détruite ou commercialisée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • W. Meijer, « Rafflesia. La plus grande fleur du monde, menacée d’extinction », Terre Vie, 1982, n° 36(2), p. 297-303

Liens externes[modifier | modifier le code]

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