Rafael Reyes Prieto

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Rafael Reyes Prieto
Image illustrative de l'article Rafael Reyes Prieto
Fonctions
10e président de la République de Colombie
7 août 190427 juillet 1909
Prédécesseur José Manuel Marroquín
Successeur Ramón González Valencia
Biographie
Date de naissance 5 décembre 1849
Lieu de naissance Santa Rosa de Viterbo
Date de décès 18 février 1921 (à 71 ans)
Nationalité colombienne
Parti politique Parti conservateur colombien

Rafael Reyes Prieto
Présidents de la Colombie

Rafael Reyes Prieto a été un militaire, un explorateur et un homme politique colombien, né le 5 décembre 1849 à Santa Rosa de Viterbo (Boyacá, Colombie) et décédé le 18 février 1921 à Bogota. Il a été Président de la Colombie entre 1904 et 1909.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Ses grands-parents étant d'ascendance castillane, José Gregorio Ambrosio Rafael Reyes Prieto est le fils d'Ambrosio Reyes Moreno, qui, veuf et père de cinq enfants, s'est remarié avec Antonia Prieto y Solano, dont il a eu quatre fils : Enrique, María, Rafael et Néstor. Ambroise est mort lorsque le fils aîné de son second mariage, Enrique, avait cinq ans.

En 1873, Reyes tombe amoureux de Sofía de Angulo y Lemus, fille de Miguel Wenceslao Angulo et d'Antonia Lemos Lagarcha, appartenant à la haute société de Popayán. Il l'épouse en 1877. De cette union naissent six enfants : Rafael, Enrique, Amalia, Nina, Sofía et Pedro Ignacio. Veuf en 1898, Rafael Reyes refuse de se remarier par amour et respect de ses filles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Reyes l’entrepreneur[modifier | modifier le code]

En 1884, Reyes dirige avec ses frères une entreprise privée devant exploiter la quina des jungles de l'Amazonie et l'exporter en Europe, mais elle commence à décliner : plusieurs navires à vapeur sont avariés, les colons ont été décimés par la maladie et d'autres ont émigré. De plus, ses frères Elías et Enrique sont morts du paludisme tandis que Nestor a été mangé par des cannibales de l'Amazonie. Avec la chute du prix de la quina, la société des frères Reyes disparaît.

Reyes le militaire[modifier | modifier le code]

En 1889, Reyes a 35 ans et se trouve à Cali. Ayant échoué dans les affaires, il entame une carrière de militaire. Le président Rafael Núñez fait appel à lui pour participer aux négociations visant à réincorporer le Panama au territoire colombien. Officiellement, c'est le général de division Miguel Montoya qui commande mais dans la pratique Reyes est à la manœuvre. Une expédition maritime est organisée depuis Buenaventura jusqu'à Panama. Lorsque l'expédition arriva au Panama, elle rétablit les autorités civiles et militaires et, en quelques jours, les forces américaines quittent l'isthme. Les troupes colombiennes obtiennent la reddition du rebelle panaméen Azpurría, et Reyes préside la cour martiale à l'issue de laquelle le haïtien Antoine Petricelli et le jamaïquain George Davis, alias Cocobolo, sont condamnés à la pendaison pour l'incendie de Colón du 6 mai.

Reyes le politicien[modifier | modifier le code]

Le 11 novembre 1885, lorsque l'assemblée constituante convoquée par Rafael Núñez est installée, Reyes y occupe un siège, mais sa participation à la rédaction de la Constitution est négligeable car Miguel Antonio Caro s'oppose à toutes les propositions que Reyes soumet. Le gouvernement charge ensuite Reyes d'une « mission confidentielle » en Europe : trouver des prêts. En 1887, il est de retour après l'échec de sa mission et Núñez le nomme ministre des Travaux publics.

En 1888, Reyes retourne à des activités privées et acquiert l'hacienda Andorra, près de Tocaima où il reconstruit sa fortune perdue par le biais de la production agricole.

En 1890, Reyes est élu sénateur et est nominé pour la vice-présidence en 1892 mais est battu. Il participe à la guerre civile de 1895, et cette même année, est nommé ministre du gouvernement par le président Miguel Antonio Caro, en dépit de leur hostilité mutuelle qui date de l'époque de la Constituante.

Quand en 1896, le nom de Reyes commence à être avancé comme possible candidat à la présidence, Caro l'envoie à Paris comme ambassadeur de Colombie pour l'écarter de la course et éviter qu'il se présente aux élections de 1898. En poste en Europe, Reyes évite ainsi d'être impliqué dans la guerre des Mille Jours.

À partir de 1902, Reyes vit au Mexique et commence à préparer sa candidature à la présidentielle.

En 1904, il est choisi par le président Marroquin pour commander une armée avec les cent mille combattants qui se sont portés volontaires dans le pays pour reprendre le Panama qui a fait sécession l'année précédente. Il est accompagné par trois généraux, Pedro Nel Ospina, Lucas Caballero (es) et Jorge Holguín.

Le Parti national, parti conservateur colombien, présente en 1904 son propre candidat à la présidentielle : Rafael Reyes Prieto, qui est élu de justesse face à un autre conservateur, Joaquin Fernando Vélez.

Reyes le président[modifier | modifier le code]

Rafael Reyes Prieto permet, après la guerre des Mille Jours, guerre civile d'une grande ampleur pendant laquelle s'affrontèrent les conservateurs et les libéraux, la pacification et la modernisation du pays.

Sous sa présidence, en 1904, le département de Nariño est créé afin de rendre hommage au Précurseur de l'indépendance colombienne.

En 1905, le gouvernement de Rafael Reyes Prieto crée le Ministère des Travaux publics et des Transports. La Colombie, à ce moment-là, ne compte que 200 km de routes.

Rafael Reyes Prieto fonde l'académie navale par le décret 783 du 6 juillet 1907. Ce décret est abrogé, le 28 décembre 1909, par Ramón González Valencia, président de la Colombie du 4 août 1909 au 7 août 1910.

Du 16 mars au 16 avril 1908, Diego Euclides de Angulo Lemos assure par intérim la présidence de la république colombienne.

Reyes l'exilé[modifier | modifier le code]

Le 8 juin 1909, Reyes se rend à Magangué (Bolívar). Il y rédige un manifeste dans lequel il déclare renoncer à la présidence et laisser le pouvoir au général Holguín, en attendant la prochaine réunion du congrès le 20 juillet pour élire son successeur.

Reyes décide de quitter la Colombie sans en informer quiconque et prend un bateau pour Manchester. Personne n'était au courant du départ, y compris ses amis les plus proches, et la nouvelle ne sera connue qu'une fois le bateau au large. La rumeur le croit alors parti pour les États-Unis, l'Italie ou l'Autriche. Il arrive en fait à Londres le 29 juin 1909. Sa démission est officielle le 27 juillet 1909. Il vivra à travers le monde durant dix ans, ayant notamment effectué plusieurs séjours à Madrid et Paris.

Reyes ne revient dans son pays qu'en 1918, après accord du président José Vicente Concha, ayant exprimé le souhait de pouvoir mourir en Colombie et de ramener sa famille dans sa patrie.

Le vendredi 18 février 1921, Reyes meurt des suites d'une longue affection pulmonaire.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • La Casa de Nariño (en francais : la Maison de Nariño), la résidence officielle du président de la Colombie et le siège du gouvernement, inaugurée par le président Rafael Reyes Prieto en 1908, expose au premier étage, dans le salon Louis XV, une peinture à l'huile du général Rafael Reyes.
  • À Santa Rosa de Viterbo (Boyacá), sa ville natale, se trouve l'une des principales écoles de policiers de Colombie : l'École de policiers Rafael Reyes.
  • Rafael Reyes Prieto est enterré au Cimetière central de Bogota, l'un des plus célèbres et plus anciens cimetières de la Colombie, qui abrite les sépultures des présidents de la république colombiens ainsi que celles d'autres personnalités.

Références[modifier | modifier le code]

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Rafael Reyes Prieto » (voir la liste des auteurs)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Eduardo Lemaitre, Rafael Reyes, Intermedio Editores,‎ 2002, 285 p. (lire en ligne)
  • (es) Flaminio Santisteban Gómez, Ideas políticas y realizaciones de Rafael Reyes, Cámara de representantes,‎ 1996, 102 p. (lire en ligne)
  • (es) Carmenza Olano Correa, Rafael Reyes y la apertura, Thalassa Editores,‎ 1991, 57 p. (lire en ligne)
  • (es) Mario H. Perico Ramírez, Reyes: de cauchero a dictador, Universidad Pedagógica y Tecnológica de Colombia,‎ 1974, 524 p. (lire en ligne)
  • (es) Rafael Reyes, Memorias de Rafael Reyes, 1850-1885, Fondo Cultural Cafetero,‎ 1986, 303 p. (lire en ligne)
  • (es) Ricardo Motta Vargas, Ordenamiento territorial en el quinquenio de Rafael Reyes, Ediciones Doctrina y Ley Ltda.,‎ 2005, 150 p. (lire en ligne)
  • (es) Alberto Mayor Mora, « Rafael Reyes », Revista Credential Historia no 109
  • (es) « General Rafael Reyes Prieto », wsp.presidencia.gov.co

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (es) Alberto Mayor Mora, « Rafael Reyes », Revista Credential Historia no 109
  • (es) « General Rafael Reyes Prieto », wsp.presidencia.gov.co
  • (es) Gina Paola Sierra, « La fiebre del caucho en Colombia », Revista Credential Historia, no 316,‎ mars 2013 (lire en ligne)
  • (es) Mario Aguilera Peña, « Cien años de la guerra civil de 1895 : con arcos de triunfo celebró Rafael Reyes la victoria de la regeneración », Revista Credential Historia, no 63,‎ mars 1995 (lire en ligne)