Radiogénique

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Cet adjectif est employé pour qualifier un isotope ou nucléide formé à partir d'un isotope radioactif.

Les isotopes radiogéniques sont parmi les outils les plus importants en géologie, avec deux emplois principaux :

1) En comparaison avec la quantité d'un 'isotope parent' radioactif dans un système donné, la quantité du produit radiogénique peut être employée comme outil pour la datation radiométrique, par exemple dans la datation à l'uranium-plomb.

2) En comparaison avec la quantité d'un isotope non-radiogénique du même élément, la quantité de l'isotope radiogénique est employé comme traceur isotopique, par exemple 206Pb/204Pb. Cette méthode est discutée davantage à l'article géologie isotopique.

Quelques isotopes en nature sont entièrement radiogéniques, mais ce sont des isotopes radioactives de demi-vies trop courtes pour pouvoir exister comme isotopes primordiales (depuis la formation de la terre). Ils sont alors présents seulement comme produits radiogéniques, soit de désintégrations radioactives qui continuent, soit de processus cosmogéniques (induits par les rayons cosmiques) qui les ont formés récemment.

Pour les isotopes radiogéniques qui désintégrent assez lentement, il y a toujours une fraction primordiale, étant donné que tout isotope de demi-vie suffisamment longue se trouve comme isotope primordial en nature. Pour certains de ces isotopes, une autre fraction peut aussi être radiogénique.

Exemples[modifier | modifier le code]

L'argon est un bon exemple d'un élément partiellement radiogénique. En effet, 99,6 % de l'argon à l'atmosphère est l'isotope radiogénique Ar-40, produit par la désintégration bêta du K-40 à la croûte terrestre.

Le plomb possède quatre isotopes stables (Pb-204, Pb-206, Pb-207 et Pb-208), dont les quantités primordiales se trouvent aux rapports fixes et connus. Cependant seul le Pb-204 est complètement primordial; les trois autres isotopes se trouvent aussi comme produits radiogéniques de la désintégration de l'uranium et du thorium. À savoir, le Pb-206 est formé à partir de l'U-238, le Pb-207 de l'U-235, et le Pb-208 du Th-232. Les quantités en excès de ces isotopes plus lourds permettent la détermination de l'âge des roches qui contiennent de l'uranium et du thorium.