Radar H2X

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H2X

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Panneau électronique typique du H2X

Pays d'origine États-Unis
Mise en opération 1943
Type Radar de suivi de terrain
Transmetteur Magnétron
Fréquence Bande X
Largeur de faisceau En cosécante-carré
Autres noms AN/APS-15, radar « Mickey »

Le radar H2X — surnommé « panoplie Mickey » — équipait l'United States Army Air Forces pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce radar de suivi de terrain était utilisé comme aide à la navigation en procurant une représentation du sol au cours des opérations de bombardement de jour par temps bouché ou pour les opérations de nuit. Le système H2X est basé sur le radar H2S britannique (longueur d'onde 10 cm) mais utilise une longueur d'onde plus courte (3 cm) ce qui permet des images plus précises[1],[2]. Le H2S britannique utilisera aussi cette longueur d'onde dans sa version Mark III qui sera mise en service à partir de décembre 1944.

Origine[modifier | modifier le code]

En 1942 et 1943, un des problèmes majeurs de la 8th USAAF est de savoir comment utiliser ses bombardiers efficacement avec le mauvais temps qui règne souvent au-dessus de l’Angleterre et de l’Europe continentale. Le 482e groupe de bombardement de la USAAF est mis sur pied comme une escadrille de reconnaissance utilisant les développements des Britanniques dans le domaine du radioguidage et du radar aux fins de bombardement. En modifiant le radar H2S des Britanniques, le MIT développe le H2X. Celui-ci est immédiatement installé sur douze bombardiers B-17 pour les essais et recevra plus tard la désignation de « AN/APS-15 » au moment de sa production en série.

L’antenne parabolique du radar remplace la tourelle mobile de fuselage de ces avions. La « panoplie Mickey », l'électronique, sont installées dans le poste radio de bord et les informations sont transmises au navigateur et au bombardier.

Le major Fred Rabo de l'USAAF, un assistant au colonel Cowart du groupe de reconnaissance, fait remarquer, en voyant le prototype du H2X, que le radôme ressemble à la tête de « Mickey Mouse ». Ce surnom collera à l'appareil et sera raccourci en « Mickey » ; les utilisateurs devinrent des « opérateurs de Mickey »[3].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Schéma de l’utilisation du radar H2X.

Europe[modifier | modifier le code]

La première mission des B-17 équipés de « Mickey » a lieu le 3 novembre 1943 au-dessus de Wilhelmshaven en Allemagne[3]. On convertit ensuite cinquante bombardiers B-24 en aéronefs marqueurs équipés de radars H2X. La première utilisation du « Mickey » sur ces appareils date lors du bombardement de Ploieşti en Roumanie le 5 avril 1944[4]. Ces avions ont effectué 1 132 sorties au cours de la Seconde Guerre mondiale.

En Europe, plusieurs chasseurs P-38 sont également modifiés pour embarquer le H2X dans la partie avant du fuselage, ainsi qu'un exploitant/navigateur pour réaliser des cartes des objectifs allemands. La production en série de cette version ne voit jamais le jour. Douze avions PR Mk.XVI De Havilland DH.98 Mosquito du 25e Groupe de bombardiers (affecté à la reconnaissance) de la 8th USAAF reçoivent le H2X et effectuent des missions de cartographie de nuit de mai 1944 à février 1945. L'équipement radar a tendance à surcharger le circuit électrique des Mosquitos, ce qui conduit parfois à l'explosion du système. Les « avions Mickey » enregistrent le plus fort taux d'abandons ou d'échecs en mission des Mosquitos (qui, par ailleurs, sont d'excellents avions de reconnaissance), ce qui vaut au programme d'être considérablement écourté après le 19 février 1945. Trois Mosquitos sont perdus à l'ennemi et un est abattu par un P-47 de la 9th USAAF.

Pacifique[modifier | modifier le code]

Au cours des campagnes du Pacifique, des B-29 sont équipés d'une version améliorée du H2X appelée AN/APQ-13, un radar destiné à observer le sol et conçu par Bell, Western Electric Company et le MIT. Le radôme, partiellement rétractable, se trouve entre les soutes à bombes. Le radar travaille sur la fréquence de 9 375 MHz ±45 MHz et est équipé d'un récepteur superhétérodyne[5]. Il est utilisé pour le bombardement à haute altitude, l'observation et la navigation, de plus les calculs pour le bombardement peuvent être effectués par un prédicteur d'impact. Un système de télémétrie permet une très grande précision dans la localisation de balises.

Après la guerre, vers la fin de l'année 1945, l'AN/APQ-13 est le premier radar à usage militaire à être transformé pour une application civile comme radar météorologique. Environ trente unités sont ainsi transformées et installées sur les bases aériennes militaires. En 1949, il est remplacé par le modèle AN/CPS-9.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Edward Jablonski, Kites over Berlin, vol. 2 (Wings of Fire), t. I, coll. « Airpower »,‎ 1971
    p. 49
  2. (en) « H2S - "Stinky" », Radar, 482nd Bombardment Group, 8th USAAF (consulté le 2009-05-17).
  3. a et b (en) « How H2X "Mickey" – Got its name », Radar, 482nd Bombardment Group, 8th USAAF (consulté le 2009-05-17)
  4. (en) Donald L. Miller, Masters of the Air: America's Bomber Boys Who Fought the Air War Against Nazi Germany, New York, Simon & Schuster,‎ 2006, Livre sur Google, 671 p. (ISBN 978-0-7432-3544-0, lien LCCN?, résumé)
    p. 118
  5. Un récepteur superhétérodyne est un récepteur basé sur le principe du mélange de fréquences pour convertir le signal reçu en un signal de fréquence intermédiaire plus basse. Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) On peut consulter l'article de la Wikipedia anglophone : Superheterodyne receiver.

Sources[modifier | modifier le code]