Raúl Reyes

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Raúl Reyes

Luis Edgar Devia Silva alias Raúl Reyes, né à La Plata le et mort à Santa Rosa de Sucumbíos dans la province de Sucumbíos à la frontière colombienne de l'Équateur le , est un syndicaliste et guérillero colombien. Il est, jusqu'à sa mort, un membre du secrétariat et le porte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie et considéré comme le n°2 de l'organisation terroriste, recherché par Interpol[1] pour « 14 condamnations et 121 inculpations pour crimes contre l'humanité tels que massacre, homicide, enlèvement, terrorisme, crime organisé… »[2]et étant de ce fait une cible prioritaire du gouvernement colombien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raúl Reyes passe plus de trente ans dans la guérilla, et a épousé Gloria Marin, la fille de Manuel Marulanda, fondateur des FARC. Chargé des contacts internationaux de l'organisation il est un des hommes de sa structure, parmi les plus exposés, car il reçoit parfois des personnalités et des journalistes. En septembre 2007, son camp est bombardé juste après une rencontre avec la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, une proche du président vénézuélien Hugo Chávez. Dans le cadre de l'affaire de la franco-colombienne Íngrid Betancourt, il est le principal contact de la diplomatie française et selon une source[Qui ?], lorsqu'il est tué, a rendez-vous quelques jours plus tard avec un émissaire du Président Nicolas Sarkozy[3].

Les circonstances de son décès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Phénix.

Repéré rapidement suite à la localisation géographique d'une communication par téléphone satellitaire, il est tué dans une opération militaire de l'armée colombienne, en territoire équatorien avec seize autres guérilleros[4], dont Guillermo Enrique Torres alias « Julián Conrado », un autre membre de l'appareil politique des FARC, un militaire colombien et un ressortissant équatorien sont également tués au combat[5],[6]. Les corps de Conrado et de Reyes sont emportés et ramenés en territoire colombien[7] et sont exposés à la presse.

Cette opération crée une vive crise diplomatique dans la région.

Selon l'agence Anncol, réputée proche des Farc, Raúl Reyes a pu être localisé suite à un appel sur son téléphone satellitaire, passé par le représentant français qui voulait discuter de la libération d'Ingrid Betancourt[8].

Les ordinateurs saisis[modifier | modifier le code]

Interpol inspecte les trois ordinateurs des FARC pris durant cette opération commando[9] et conclut à l'authenticité des informations qu'ils contiennent mettant en cause les relations entre les gouvernements vénézuelien et équatorien et les FARC. Le rapport d'Interpol indique en conclusion 99 : « En tenant compte de l'ensemble des éléments qui précèdent et en s'appuyant sur un examen complet de police technique et scientifique, les experts d'Interpol concluent qu'aucun fichier utilisateur n'a été créé, modifié ou supprimé sur l'ensemble des huit pièces à conviction informatiques postérieurement à leur saisie aux mains des FARC, le 1er mars 2008[10]. »

Les analyses d'ordinateurs pris aux FARCs après le raid en Equateur montrent la persistance d'une collaboration entre officiels vénézuéliens (armée et renseignement) et rebelles colombiens : les premiers facilitent la conclusion de contrats d'armement et facilitent les déplacements des seconds sur le territoire vénézuélien, ce en dépit des dénis répétés de Hugo Chavez depuis l'opération contre Raul Reyes[11].

En 2011, le rapport de l'IISS détaille les relations entre les FARC et le Venezuela, d'après notamment les données prises lors du raid fait contre Raul Reyes[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Raul Reyes, le « Monsieur Monde » des Farc », Le Figaro, 15 octobre 2007
  2. FARC, mensonges et vidéo, 6 mars 2008
  3. « La guérilla perd un de ses chefs historiques », Le Figaro, 3 mars 2008
  4. (es) Communiqué de l'armée Colombienne
  5. « Un soldat héroïque a perdu la vie pour la paix de la Colombie », Armée nationale Colombienne
  6. « Controverse sur la mort d'un Equatorien dans un camp des FARC », Le Monde, 25 mars 2008
  7. (es) « Julián Conrado, el otro del Estado Mayor de las Farc que cayó junto con alias 'Raúl Reyes », El Tiempo, 1er mars 2008
  8. Le Figaro du vendredi 4 avril 2008, p. 5.
  9. « Des experts étrangers examinent les ordinateurs du no 2 des Farc tué », AFP, 11 mars 2008
  10. Déclaration à la presse du Secrétaire Général d'Interpol, Ronald K. Noble, 15 mai 2008. Le rapport est disponible sur le site
  11. New York Times, Venezuelian aid still flows to Colombian rebels, seized records indicate, 4 août 2009, p5
  12. Colombian Farc rebels' links to Venezuela detailed, bbc, 10 mai 2011

Lien externe[modifier | modifier le code]