R101

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49° 23′ 55″ N 2° 06′ 06″ E / 49.39861, 2.10167

R101
Image illustrative de l'article R101
Photographie du R101.

Type Dirigeable rigide
Constructeur Drapeau : Royaume-Uni Royal Airship Works
Équipage 45
Premier vol 14 octobre 1929
Motorisation
Moteur(s) 5 moteurs diesel 8 cylindres Beardmore MkI Tornado
Puissance 585 ch/436 kW
Dimensions
Longueur 237 m
Hauteur 43 m
Diamètre 40 m
Volume 160 000 m3
Masses et capacité d'emport
Passagers 100
Fret 50 t
Performances
Vitesse de croisière 101 km/h
Vitesse maximale 114 km/h
Autonomie 6 437 km

Le R101 est un dirigeable britannique qui s'écrasa le 5 octobre 1930 sur une colline de la commune d'Allonne, proche de Beauvais (France), alors qu'il assurait une liaison entre Londres et Karachi, tuant 48 personnes. C'est le troisième accident de dirigeable le plus meurtrier de l'histoire après celui du dirigeable porte avions américain USS Akron , 73 morts en 1933, celui du Dixmude français, 50 morts en 1923, et devant celui du Hindenburg, 37 morts en 1937.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le R101, dirigeable rigide, était en 1930 le plus grand navire aérien du monde.

Accident[modifier | modifier le code]

Carcasse du dirigeable quelques jours après l'accident.

Le R101 partit le 4 octobre à 18 h 24 à destination de Karachi, avec une escale de ravitaillement prévue à Ismaïlia en Égypte, sous le commandement du lieutenant Carmichael Irwin. Parmi les passagers se trouvaient Lord Thomson, ministre de l'Air, Sir Sefton Brancker, directeur de l'aviation civile britannique. Le dirigeable lâcha 5 tonnes d'eau de ses ballasts pour prendre de l'altitude.

Au-dessus de la Picardie, vers 2 heures du matin, le R101 rencontra des rafales de vent qui déchirèrent l'enveloppe extérieure supérieure du dirigeable, provoquant une première rupture d'un des ballons de gaz. Le R101 s'écrasa sur une colline sur la commune d'Allonne, juste au sud de Beauvais, à seulement 20 km/h. L'accident enflamma les fuites d'hydrogène et l'incendie embrasa rapidement l'ensemble du dirigeable.

Quarante-six des 54 passagers et membres d'équipage furent tués. Deux blessés décédèrent à l'hôpital portant le total à 48 morts.

La commission d'enquête conclut qu'il y avait des preuves de défauts dans la couverture extérieure supérieure du nez avant. Cela provoqua la destruction du ballon de gaz avant, entrainant la chute du nez de l'appareil. Le R101 avait montré de sérieuses instabilités longitudinales lors de ses vols d'essai. La conception unique de cet aéronef se caractérisait par une absence de cloison de câbles pour prévenir des mouvements des ballons porteurs à l'intérieur de l'enveloppe, ils avaient ainsi été vus en train de se déplacer dans les deux sens durant le vol. La cause exacte de l'incendie n'a jamais été déterminée.

Les restes de l'épave furent revendus à des ferrailleurs, la récupération se poursuivant tout au long de l'année 1931. La société Zeppelin acquit 5 tonnes de duralumin de l'épave. La commune picarde offrit au Royaume-Uni, quelques jours après le drame, la parcelle de terrain sur laquelle s'était écrasé le dirigeable, parcelle qui est aujourd'hui marquée par une stèle[1] (49° 23′ 26″ N 2° 06′ 43″ E / 49.39056, 2.11194)[2]. Un monument a été érigé conjointement par la Grande-Bretagne et la France, en bordure de la Nationale 1, au carrefour d'Allonne, à 600 mètres du lieu de l'accident. Il fut inauguré en octobre 1933, 3 ans après l'accident, en présence du premier ministre britannique Ramsay MacDonald et du président du conseil français Édouard Daladier[3].

L'accident du R101 marqua la fin de l'aventure britannique dans les dirigeables. L'autre aéronef, le R100, malgré un programme de développement plus abouti et une première traversée de l'Atlantique réussi, fut remisé au hangar et revendu à la ferraille dès 1931.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Photographie de la stèle.
  2. La stèle, difficile à trouver, se trouve à 350 m à l'ouest de l'axe de l'autoroute A16, sous la ligne à haute tension la plus au sud.
  3. (fr) Aérostèles : texte d'accompagnement, l'L'Aérophile, octobre 1933.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Wattlebed, La catastrophe du R101.

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]