Rânes
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| Rânes | |
|---|---|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Basse-Normandie |
| Département | Orne |
| Arrondissement | Argentan |
| Canton | Écouché |
| Code commune | 61344 |
| Code postal | 61150 |
| Maire Mandat en cours |
Pierre Couprit 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes de la Région de Rânes |
| Site web | www.ranes61.com |
| Démographie | |
| Population | 1 044 hab. (2008) |
| Densité | 31 hab./km2 |
| Gentilé | Rânais |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 196 m — maxi. 317 m |
| Superficie | 34,18 km2 |
Rânes est une commune française, située dans le département de l'Orne et la région Basse-Normandie, peuplée de 1 044 habitants[1] (les Rânais).
Sommaire |
[modifier] Toponyme
- Selon les documents, on trouve diverses graphies : Rana (en 1335), Raana (en 1370) puis Rane, Rannes, Raenne...; la plus régulièrement attestée jusqu'au milieu du XIXe siècle est Rasnes, d'où la forme actuelle avec l'accent circonflexe.
Certaines formes laissent supposer la lénition d'une consonne intervocalique. En tout état de cause, l'absence de formes suffisamment anciennes et cohérentes rend l'origine du nom obscure[2].
[modifier] Géographie
Le bocage est le paysage caractéristique de la commune ; c'était encore plus manifeste avant 1960 et les opérations de remembrement des exploitations agricoles.
Commune située dans le Bocage normand, en pays d'Houlme, à la limite de la campagne d'Argentan. Le bourg se trouve entre les villes d'Argentan (à 19 km) et de la Ferté-Macé (à 13 km), au croisement des anciennes routes nationales 816 et 809. Couvrant 3 418 hectares, le territoire communal est le plus étendu du canton d'Écouché.
[modifier] Historique
- Autour de Rânes on trouve des sites d'occupation datant du Paléolithique moyen (100 000 à 60 000 ans avant J.-C.)[4].
- Pendant des siècles, Rasnes fut dans la mouvance d'Asnebec (siège d'une baronnie avec son château fort ainsi qu'un doyenné) ; l'inversion des rôles se fit en 1606 par lettres patentes du roi Henri IV de France qui décida la « réunion et ré-incorporation de la baronnie d'Asnebec à la baronnie de Rasnes ». Ce processus aboutit – en 1672 – à la création du « marquisat de Rasnes » (aussi orthographié "Rannes") au profit de Nicolas d'Argouges, colonel général des Dragons {cf Dragon (militaire)}.(voir aussi Saint-Georges-d'Annebecq).
- 1626 : une épidémie de peste toucha gravement les habitants de la paroisse.
- Rasnes fut chef-lieu de canton sous la Révolution française entre 1790 et 1802 ; outre Rasnes, les communes formant le canton étaient : (St Georges d'?) Annebecq, Faverolles, Le Grais, La Lande-de-Lougé, (Saint?) Brice, Vieux-Pont, Avoines et Boucé.
- Les seigneurs connus appartinrent aux familles nobles suivantes : de Beaumont au XIe siècle (voir Roger de Beaumont) ; de Méheudin (XIIe siècle) ; de Husson [de Rouvrou] (XIVe siècle) ; de Saint-Germain [Langot], d'Harcourt [Beuvron] et de Pont-Bellenger (XVe siècle) ; d'Argouges (XVIe siècle) ; de Montreuil [La Chaux] (XVIIIe siècle) ; de Broglie (XIXe siècle) ; de Berghes-Saint Winoch (jusqu'en 1907).
- Sur le plan religieux, entre le XIe siècle et le XVIIIe siècle, la paroisse de Rasnes – comme Asnebec, Montreuil et Faverolles – dépendait de l'abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle (dans la région de Rouen) ; cette dernière percevait la majeure partie des revenus : dîme et diverses taxes ; de plus, l'abbé de Fontenelle avait le droit de présentation des curés de Rasnes à la nomination de l'évêque du diocèse de Séez. Le clergé était assisté par des marguilliers. D'autre part, dans l'église paroissiale – en plus du curé et des vicaires – officiaient séparément 5 puis 6 chapelains qui formaient une « chapelle collégiale » (sorte de chapitre de chanoines mais sans église propre) instituée au XVe siècle par Aubert-de-Saint-Germain et maintenue jusqu'à la Révolution par ses successeurs. Le rôle premier de cette « chapelle » était de prier pour le seigneur de Rasnes et sa famille et pour leurs devanciers -ensevelis dans le sol de l'église. [Le lieu de résidence de ces chapelains – situé immédiatement au nord de l'église – était d'ailleurs connu sous le nom de "La Chanoinie"]. Enfin, pendant des siècles et jusqu'en 1856, la "confrérie de charité St Sébastien et du Rosaire" -composée de fidèles, hommes- intervenait tout spécialement au moment des décès.
- La métallurgie de la fonte et du fer eut -pendant des siècles- une place importante dans l'activité de Rânes. Après une exploitation de type artisanal sur plusieurs sites avec des forges à bras, une véritable industrie se développa au sud du bourg (avec haut-fourneau fonctionnant au charbon de bois, forges (voir forgeage) : fenderie puis laminage...) sur la rivière actuellement appelée le Couillard, à partir de la fin du XVIe siècle ; après plus de deux siècles d'activité intense, le déclin arriva au milieu du XIXe siècle (comme à Carrouges, au Champ-de-la-Pierre, à Boucé...) et l'activité cessa définitivement en 1885.
- 1848 (le 10 juin à 6 h 30 du soir) : une violente tornade accompagnée d'éclairs (phénomène alors désigné : « météore ») traversa la commune, en suivant sensiblement le côté droit de la route La Ferté-Macé--Écouché ; elle occasionna de nombreux dégâts -en particulier à la Bellerie- avec arbres déracinés ou brisés, toitures arrachées, bâtiments effondrés et même un mort.
- 1908: À la suite du décès - en 1907- de Ghislain, dernier prince de Berghes, le château est vendu (après être resté près de neuf siècles entre les mains de la même lignée noble : de Beaumont-de Méheudin-de Saint Germain-d'Harcourt-de Pont Bellenger-d'Argouges-de Montreuil-de Broglie-de Berghes [exception faite de la période -entre 1419 et 1450, au cours de la guerre de Cent Ans- pendant laquelle le roi Henri V d'Angleterre l'enleva à Samson de Saint-Germain -« rebelle » ie : partisan du roi de France- pour le donner à un de ses barons, adjoint de Talbot gouverneur du château de Falaise : Guérard Hungh ].
- La ligne de tramway (chemin de fer départemental, à voie métrique), réclamée par le conseil municipal de Rânes dès 1866, ne fut reconnue d'utilité publique qu'en 1905 (le tracé prévu devait être Trun-Lalacelle mais le tronçon au-delà de Carrouges vers Lalacelle ne fut pas construit). La première machine à vapeur circula le 30 décembre 1913,avec – entre Carrouges et Argentan (via Rânes et Boucé, soit 31 km parcourus en 1 heure 50 – trois allers et retours quotidiens, plus une rotation supplémentaire le mardi, jour du marché d'Argentan). Malgré la mise en service d'autorails en 1924, l'exploitation de la ligne resta déficitaire ; le dernier convoi du "tram" circula le 8 juin 1937.
- Août 1944 : violents combats pour la Libération de la commune occasionnant des destructions considérables dans le bourg et faisant une cinquantaine de victimes civiles (voir ce site).
[modifier] Héraldique
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Les armes de la commune de Rânes se blasonnent ainsi : |
[modifier] Administration
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| 1965 | 1995 | Raymond Garreau | - | Médecin |
| mars 2001 | mars 2008 | Claude Fromont | - | Agriculteur |
| mars 2008 | En cours | Pierre Couprit | - | Agriculteur |
| Toutes les données ne sont pas encore connues. | ||||
Le conseil municipal est composé de 15 membres dont le maire et trois adjoints.
[modifier] Démographie
Graphique de l'évolution de la population 1794-1820 & 1836-2006
[modifier] Lieux et monuments
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- L'imposant château (datant des 14ème, 15ème, 18ème siècles) et sa tour visitable [au sommet de laquelle on peut voir -dans la pierre- l'empreinte du pied de la fée comme cela se rencontre dans d'autres demeures où ont résidé les d'Argouges: à Gratot (Manche) et au manoir d'Argouges à Vaux-sur-Aure (Calvados)]. L'édifice est inscrit aux Monuments historiques[8].
- son musée de la préhistoire visible en même temps que la tour.
- son parc très agréable (vestige du parc de 120 hectares dessiné au XVIIe siècle par Le Nôtre).
- L'enceinte circulaire médiévale de la Couillardière, inscrite MH[9].
- L'église Notre-Dame de l'Assomption (Sancta Maria in Raana, dans un texte ancien) datant des 15ème, 17ème et 19ème siècles ; la " sainte patronne" est honorée lors des traditionnelles festivités du 15 août. Un banc d'œuvre et deux tableaux sont classés à titre d'objets aux Monuments historiques[10].
- Le cimetière du 19ème siècle avec: l'ancienne porte d'entrée ornée d'une piétà (qui se trouvait près de l'église jusque dans les années 1860) , la chapelle Saint-Pierre (élevée après la guerre de 1870 au cours de laquelle mourut le prince de Berghes Saint Winoch ) où reposent les anciens Seigneurs de Rânes (depuis que ces derniers ne sont plus inhumés dans le choeur même de l'église ou -au 18ème siècle- dans la chapelle du château comme le dernier "marquis de Rannes": Charles d'Argouges).
- L'hippodrome du Parc où sont organisées des courses de trot plusieurs fois par an.
- Le lavoir situé route d'Argentan, au Gué-Hébert sur la rivière "la Rânette" et qui a été rénové il y a quelques années.
- L'oratoire, dédié à Notre-Dame-du-Chêne, situé dans le Bois-du-Parc, localement connu comme « Bois-du-Chêne-à-la-Vierge » (propriété privée) [voir Religion des Celtes ; Rannée…].
- Les calvaires de pierre érigés près de nombreux carrefours dans la commune ainsi que le calvaire monumental du 19ème siècle situé alors à la sortie ouest du bourg au lieudit La Toutainerie près du mur du parc du château.
- Les poteaux indicateurs des hameaux (récemment restaurés par la commune), dont certains portent encore les traces des combats de 1944.
[modifier] Activité et manifestations
[modifier] Sport
L'Éducation physique de Rânes fait évoluer une équipe de football en divisions de district[11].
[modifier] Personnalités liées à la commune
- Les marquis de Rannes : Nicolas d'Argouges au XVIIe siècle, Louis d'Argouges puis Charles d'Argouges au XVIIIe siècle (militaires de haut rang dans la cavalerie (dragon (militaire)) ainsi que le prince Amédée de Broglie (au XIXe siècle), officier supérieur et député de l'Orne.
- Jacques Foccart y résida pendant la Seconde Guerre mondiale, exploitant — à la Forêterie — un domaine forestier pour l'organisation Todt.
- François Van Aerden, vice-consul de Belgique, dont l'exécution le 1er septembre 1944 demeure une énigme criminelle liée à Jacques Foccart. Il est enlevé au hameau du Bois-Hamon à Rânes.
- Pierre Mauger y est né le 24 octobre 1928. Maire du Sap puis d'Alençon mais également conseiller général et vice-président du Conseil régional de Basse-Normandie.
- Bruno Berliner a longtemps vécu à Rânes alors que toutes les polices de France le recherchaient.
[modifier] Film tourné à Rânes
- 1942 : Le charron, documentaire de Georges Rouquier.
[modifier] Jumelage
La commune est jumelée avec :
Ihme-Roloven (Allemagne) depuis 1973 , quartier de la ville de Ronnenberg (de) située dans la banlieue de Hanovre, capitale du Land de Basse-Saxe.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
[modifier] Liens externes
[modifier] Notes et références
- Altitudes, superficie : IGN[12].
- Population municipale 2008 (site de l'Insee)
- René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Charles Corlet éditions, Presse Universitaire de Caen 1994. p 206.
- Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée
- L’Orne, son patrimoine et l’histoire - Inventaire des sites patrimoniaux de l’Orne par périodes chronologiques. Par Patrick Birée, chargé de mission Patrimoine / Histoire, Inspection académique de l’Orne. 2006. Fichier disponible en pdf.
- GASO, la banque du blason - Rânes Orne. Consulté le 5 juin 2010
- Source : Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Rânes », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Consulté le 5 juin 2010
- Insee : population depuis le recensement de 1962
- Château, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
- Enceinte circulaire de la Couillardière, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
- Œuvres mobilières à Rânes, sur la base Palissy, ministère de la Culture.
- Site officiel de la Ligue Basse-Normandie – Éducation physique de Rânes. Consulté le 5 juin 2010
- Répertoire géographique des communes ([1]).
[modifier] Sources
- Pierre Gilles Langevin, Recherches historiques sur Falaise, 1814
- Pierre Claude Maurey d'Orville, Recherches historiques sur la ville, les évêques et le diocèse de Séez, 1829
- André-Edgar Poessel, L'Orne et l'Histoire, éd Essor Paris, 1963
- Hector de la Ferrière-Percy, Histoire du canton d'Athis, 1858
- Alfred de Caix, Histoire du bourg d'Ecouché, 1859
- Jean-François Miniac (préf. Alain Lambert), Les Grandes Affaires criminelles de l'Orne, Paris, Éditions de Borée, coll. « Les Grandes Affaires criminelles », 2008, 336 p. (ISBN 978-2-84494-814-4).
Sur Foccart et Van Aerden.
- G. de Contades, Rasnes, histoire d'un château normand, 1884
- Octave Feré, Légendes et traditions de la Neustrie, Challamel, Rouen, 1843 ["Le Page et la Fée" (de Rasnes)]
- auteurs multiples, Bibliothèque historique tome 9, Paris, 1819, ("Refus de sépulture", p 245)
- M. Merget, « Rapport sur les causes du météore… », Mémoires de la Société linnéenne de Normandie, Derache, Paris, 1849
- Dictionnaire historique et biographique des généraux français (à propos de Nicolas, Louis et Charles d'Argouges, Officiers généraux)