Troisième révolution industrielle

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Jeremy Rifkin promeut la troisième révolution industrielle (TRI), comme seule[1] solution mondiale possible à la crise énergétique et économique[2].
Une maison passive n'a pas, ou presque pas de besoins de source artificielle de chaleur. Il y est plus facile de produire un surplus d'énergie, qui peut être stockée pour un besoin futur, ou exportée vers un usager qui en a besoin à proximité ; par un réseau de type « smart grid » fonctionnant sur le modèle « distribué » de l'Internet selon les principes de la troisième révolution.
Le second pilier de la troisième révolution industrielle consiste à transformer chaque bâtiment en « mini-centrale » intelligente qui verse dans le réseau son excédent de production et y prélève de l'énergie quand elle en manque. Un stockage tampon se fait via des batteries (fixes ou de véhicules en chargement) ou un stockage d'hydrogène

L’expression « troisième révolution industrielle » (TRI), popularisée par Jeremy Rifkin désigne une nouvelle révolution industrielle et économique qui se distinguerait des secteurs d'activité classiques de la production et aurait démarré au milieu du XXe siècle avec le développement des Nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Dans son analyse prospective, Rifkin la juge nécessaire et urgente pour notamment répondre à la diminution de la production de pétrole et pour une transition vers un développement plus soutenable nécessitant une « économie décarbonée » (produisant moins de gaz à effet de serre). En effet, cette révolution serait fondée sur une production d'énergie non plus « centralisée », mais « distribuée », l'énergie circulant dans le réseau de manière « intelligente », un peu comme l'information circule dans l'Internet[3].

Depuis 2006, Rifkin propose cette révolution comme vision stratégique aux entreprises, aux États et à l'Union européenne. Elle permettrait de respecter (et dépasser) les engagements mondiaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique (Protocole de Kyotoetc.)[2]. Elle permettrait aussi selon lui une gestion plus durable des ressources et une survie de l'économie (via une économie différente, après une phase de transition). Elle éviterait à court terme la prolongation des crises pétrolières et l'aggravation ou le retour de la crise de 2008. À moyen et long terme, c'est pour J. Rifkin l'ultime et seule solution pour éviter un effondrement global et durable de l'économie mais aussi un collapsus global incluant un collapsus écologique ; c'est une réponse à ce qu'il appelle « la facture entropique de l'âge industriel »[4].

L'enjeu est aussi la survie des écosystèmes et donc de l'humanité qui en dépend et Rifkin ne voit pas de « Plan B »[1]. Elle a été récemment rendue possible par les progrès des Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) mais reste à mettre en œuvre.

En 2007, le Parlement européen a officiellement adopté cette vision[5].

Justifications[modifier | modifier le code]

Pour J. Rifkin, le pétrole va continuer - et de plus en plus - à manquer (épuisement des réserves pétrolières et moindre accessibilité du pétrole non conventionnel). Sans alternative au pétrole, toute reprise de l'économie se traduira par une crise mondiale.

De plus, le nucléaire est trop centralisé, inutilement coûteux et dangereux, nécessitant des lignes à haute tension sources d'importantes pertes en ligne, alors que les technologies modernes de stockage d'énergie et de commutation intelligente permettent déjà la réalisation d'une production distribuée d'énergies renouvelables, même avec des sources intermittentes[2] (sources telles que le vent, le soleil ou les vagues qui ne sont pas permanentes, mais souvent complémentaires).

Histoire[modifier | modifier le code]

Face au Pic pétrolier (Peak Oil), préparer une économie moins dépendante du pétrole, grâce à des énergies renouvelables, propres et sûres est l'un des objectifs de la 3e révolution industrielle. Le recul inévitable de la production pétrolière rendra le pétrole de plus en plus rare et coûteux, au profit de sources renouvelables et propres (Graphique : Courbes cumulées de production de pétrole ; Schéma datant de 2005)
Les grandes centrales centralisées (éoliennes et solaires y compris) sont nécessaires dans la phase de transition, mais pourront selon Rifkin ensuite être remplacée par les bâtiments et infrastructures qui produiront l'énergie au plus près de son lieu de consommation

En tant que modèle industriel global, cette vision ou solution[3] émerge dans la première décennie des années 2000. Elle a cependant, des racines plus anciennes, car rendue possible par les innovations qui se sont préparées dans les années 1970 et suivantes, suivies de l'apparition des « nouvelles technologies de l’information et de la communication » qui ont rapidement gagné une grande partie de l’Économie, de la recherche puis des loisirs (ordinateurs personnels).
Cette 3e révolution ne pourrait exister sans les microprocesseurs qui ont préparé l'avènement des ordinateurs, ni sans leur mise en réseau par l’Internet, la domotique ou plus récemment la diffusion de centaines de millions d'objets nomades interconnectés par des technologies sans fil.

Les souvenirs de crises pétrolières ou d'accidents nucléaires graves (Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima) et la perspective du Pic pétrolier en ont aussi guidé les principes d'indépendance énergétique et ressources « distribuées » plutôt que centralisées.

Le réseau « Ville en transition » est l'un de ceux qui se montrent les plus rapides pour appliquer tout ou partie de cette approche, mais l'Europe en a fait une de ses priorités.

Contexte socioéconomique et culturel[modifier | modifier le code]

La technologie informatique est née alors que le modèle fordiste de production s’essoufflait et après « Mai 68 » qui marque, en France notamment, le rejet d’une société très hiérarchique.
Elle produit des changements fondamentaux de paradigme productif et social :
La chaîne de production se désagrège verticalement (délocalisations, sous-traitance, etc), la mondialisation, avec le retour de la Chine, de l'Inde, de l'ex-URSS et de l'Amérique latine dans le commerce mondial, qui en accélère les changements.
Cette « révolution technique » pourrait aussi accompagner une relocalisation de certaines activités (énergétique notamment) et permettre une « révolution financière » en redéployant le pouvoir actionnarial.

Filiations et différences avec la première et seconde révolutions industrielles[modifier | modifier le code]

C’est l'introduction des technologies mécaniques utilisant la vapeur d’eau qui a permis, via l'imprimerie et les transports (train, courrier) un bond de l’information et de la communication et l’émergence d’outils et de principes qui ont permis la première révolution industrielle. La machine d'impression à rouleau animés par la vapeur, puis la presse rotative et Linotype ont considérablement augmenté la vitesse d'impression et réduit les coûts alors que le prix du papier diminuait également pour une production fortement accrue. Les journaux, magazines et livres ont facilité l'alphabétisation de masse pour la première fois dans l'histoire. L'avènement de l'enseignement public en Europe et Amérique du Nord de 1830 à 1890 a fait émerger une main-d'œuvre plus qualifiée capable de mettre en œuvre les opérations complexes nécessaires au développement des industries et réseaux ferroviaires fonctionnant grâce aux machines à vapeur.

Dans la première décennie du XXe siècle, se dessine une convergence entre Moteur à combustion interne et réseaux électrique (permettant la commutations et communication électriques, dont téléphonique). Cette convergence de deux innovations techniques donne lieu à la seconde révolution industrielle.

L'électrification des usines et des foyers ouvre une ère de production de masse. L’automobile prolifère grâce à des prix accessibles des véhicules et des carburants et grâce au développement du réseau routier. Les dynamiques spatiotemporelles et sociétales en sont bouleversées ; en quelques décennies, l’auto remplace les chevaux, fiacres et diligences, alors que les tracteurs remplacent les bœufs et chevaux dans les champs. Les matières synthétiques s'imposent, de même que les engrais et pesticides, en grande partie fabriqués avec du pétrole. Pour répondre à une demande toujours croissante de carburant et de pétrole pour la carbochimie, l'industrie pétrolière s'emballe et explore et fore toujours plus loin et plus profondément. Les États-Unis deviennent alors le premier producteur de pétrole. Dans les pays riches, en vingt ans, des routes nouvelles (béton, asphalte) sillonnent le paysage américain et européen et les familles déménagent vers de nouvelle banlieue et lotissements construits sur des champs ou milieux naturels, alors que les lignes téléphoniques s’étendent, puis la radio et la télévision refondent la vie sociale sur d’autres modèles de communication et d’échanges.

Ces changements permettent à leur tour une nouvelle évolution industrielle et la création d'une grille de communication apte à gérer et commercialiser des activités éloignées de l'économie pétrolière, nucléaire et de l'âge de l'automobile.

L'émergence d'une troisième Révolution Industrielle[modifier | modifier le code]

Elle nait d’une convergence des technologies de la communication (Internet/satellitales notamment) et des énergies renouvelables, propres et sûres.
Cette « convergence » en permet une autre ; entre la « communication distribuée » (et sans-fil) et des formes d’énergies distribuées ; révolution qui pourrait ouvrir la porte à une ère nouvelle post-énergies fossiles et où le nucléaire sera inutile et trop coûteux, remplacé par une constellation de micro-centrales mises en réseau fonctionnant – un peu sur le modèle de l’internet décentralisé – grâce aux smart intergrids et grâce à de nouveaux protocoles de communication permettant d'utiliser le réseau électrique lui-même (via un courant porteur en ligne) pour faire circuler de l'information en haut débit et de manière bidirectionnelle, en basse et moyenne tension, tout en s'affranchissant des obstacles qu'étaient les transformateurs électriques[6].

La troisième révolution repose pour J Rifkin sur la création conjointe :

  • d'un système distribué de production et distribution d’énergies renouvelables. Cette énergie (petit éolien, photovoltaïque, géothermie…) serait produite non plus dans de grandes centrales toujours source de dépendance, de risque et associées à d’importantes pertes en ligne, mais un peu partout et de manière décentralisée, directement sur les constructions (toitures, terrasses, murs, vitrages photovoltaïques, murs anti-bruit…) ou via les fondations (géothermie, puits canadien).
  • d’une capacité à stocker une partie de cette énergie (sous la forme d’hydrogène notamment), et à la redistribuer une partie de l'énergie ainsi produite de manière « décentralisée », par l'intermédiaire d’un réseau intelligent de type « smart grid », sans émissions de gaz à effet de serre.

L'ensemble du système sera de plus en plus interactif, intégré et homogène.
Le partage et l’interdépendance sera source de nouvelles opportunités de développement économique, moins basés sur la concurrence, et plus sur la coopération.

La Troisième Révolution Industrielle devrait aussi susciter selon Rifkin une ère économique nouvelle qu’il qualifie d'ère du « capitalisme distribué » (« distributed capitalism ») où des millions d'entreprises existantes et nouvelles ainsi que des propriétaires de logements et véhicules deviendront collaborativement des acteurs de l'énergie. Cette transition énergétique devrait être source de millions d’emplois dits « emplois verts », accompagnant une nouvelle révolution technologique, augmenter considérablement la productivité, sans les inconvénients qu'elle a généré au XXe siècle, tout en atténuant la contribution de l'humanité au dérèglement climatique.

Les cinq piliers de la troisième révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Les 5 piliers (interdépendants) de la 3e révolution (pour J. Rikfin).

Le scenario Négawatt utilise aussi un stockage-tampon d'énergie via du méthane injectés dans les réservoirs souterrain et dans le réseau. Il est aussi possible d'enrichir le gaz d'un peu d'hydrogène pur.

Pour J Rifkin ces piliers sont complémentaires et tous également nécessaires. Réunis, ils constituent un tout indivisible, à la fois « une plate-forme technologique indivisible et un système émergent dont les propriétés et fonctions diffèrent qualitativement de la somme de ses parties » ; ainsi qu'« un nouveau paradigme économique capable de transformer le monde »[7]. Rifkin insiste sur le caractère impératif des synergies entre les cinq piliers, et sur le fait qu'ils doivent absolument être développés à la même vitesse et ampleur, car le retard d'un seul d'entre eux empêchera le développement des quatre autres.

Ces 5 piliers sont 
  1. La transition d'un régime d'énergies carbonées ou nucléaire vers les énergies renouvelables[8]. Ces énergies ne sont encore qu'une faible part du bouquet énergétique mais elles se développent vite, leurs coûts diminuent, les rendant plus concurrentielles, surtout si on internalise les coûts environnementaux et de sécurité dans les sources dites « classiques » (pétrole, gaz, charbon et nucléaire) ;
  2. Reconfigurer les infrastructures et bâtiments (180 millions de bâtiments rien qu'en Europe) en mini-centrales électriques collectant in situ des énergies renouvelables ; au profit d’une production décentralisée d’énergies, proche des endroits où on en a besoin. Des percées technologiques permettent déjà de multiplier des bâtiments à énergie positive. Des implications commerciales et économiques énormes concernent les secteurs de l'immobilier, des bâtiments et travaux publics et autres Industries, partout ; De 2010 à 2035, des millions de bâtiments (maisons, bureaux, bâtiments publics, zones d'activité pourront à la fois accueillir des gens et des activités et produire de l’énergie à partir du soleil, du vent, de l'eau (énergie des vagues et des marées, hydroélectricité), des déchets organiques ou de la géothermique, pour eux-mêmes et en partageant le surplus là où il peut être utile.
  3. « installer dans chaque bâtiment et dans toute infrastructure de la société des technologies de l'hydrogène et d'autres moyens de stockage pour conserver l'énergie renouvelable intermittente, d'origine photovoltaïque notamment[9],[10],[11],[12] et garantir la satisfaction de la demande par une offre fiable et continue d'électricité verte ».Pour maximiser les énergies renouvelables et en minimiser les coûts, il faut en effet rapidement développer des méthodes de stockage facilitant la conversion de source d'énergie intermittente dans des matériels fiables et partagés (ex. : Batteries (dont batteries de véhicules pouvant faire l'objet d'un stock itinérant d'électricité[13]), remontée d'eau par pompage-turbinage, stockage d'hydrogène qui semble être une solution d’avenir pour le stockage ou transport, etc.). Ce sont des idées portées par J. Rifkin depuis 2002 au moins. En particulier, l'approche dite « V2H » fait des véhicules électriques personnels « une source accessoire d'énergie pour maintenir une alimentation électrique stable dans les habitations », sur la base du constat que ces véhicules ne sont utilisés en moyenne que 4 % du temps écoulé en 24 h. Les batteries d'un véhicule en stationnement pourraient être utilisé comme unité de stockage immobile (puis mobile au moment de l'utilisation) et être exploités selon les besoins (de l'habitat, du bureau, du réseau local, etc.). Cependant le système énergétique « bâtiment/véhicule électrique » compliqué et « dont la fiabilité et la performance économique sont conditionnées par un pilotage correct et intelligent des ressources qu’ils intègrent »[13],[14],[15]. Ceci ne vaut pas pour un véhicule d'administration ou d'entreprise (poste par exemple) utilisé à pleine capacité, mais pourrait être facilité par de nouveaux types de batteries[16].
  4. le développement de Smart grids et intergrids grâce à une technologie inspirée d’Internet connectant les réseaux énergétiques et électriques (devenus bi-directionnels[17] en un réseau unique et intelligent. Le réseau électrique sera son propre réseau informationnel. Ceci implique que toutes les mini-centrales de productions d'énergie soient équipées d'un module électronique dans un esprit d'interopérabilité.
  5. la transition des flottes de transport vers des véhicules hybrides ou à pile à combustible, pour tous les véhicules motorisés [1], chaque véhicule pouvant acheter et vendre de l'électricité en se connectant au réseau Smart grid. Ce réseau est continental et marin (hydrogène ou électricité produits par les éoliennes offshore eténergies marines. Il est ouvert et interactif ; chaque batterie ou réservoir d’hydrogène de véhicule ou navire y joue aussi potentiellement : 1) un rôle de réservoir « tampon » du réseau, et 2) un rôle de transporteur d'énergie. Tout véhicule connectable peut - selon les moments - prélever de l'énergie dans le réseau, ou lui en fournir (à partir de ses réserves inutilisées et/ou à partir de modules photovoltaïques.

Le scenario Négawatt propose aussi d'utiliser un stockage-tampon souterrain de gaz, sachant qu'en France 30 % du gaz, après avoir été acheté et importé via des méthaniers ou gazoducs, est déjà stocké sous pression dans des champs de gaz « déplétés » (exploités et épuisés, puis utilisés comme réservoir souterrain) pour l'équivalent de 168 TWh (Storengy + TIGF)[18].
La « méthanation » permet de produire du méthane en combinant du CO2 et de l'hydrogène (y compris d'origines intermittentes « éolienne » ou « solaire »[19]), en présence d'un catalyseur. Le réseau et les réservoirs souterrains sont alors des lieux de stockage provisoire de ce gaz produit. Le réseau permet une intégration décentralisée et « distribuée » à partir de nombreuses petites unités de production. De plus, il a lui-même un léger pouvoir « tampon » (équivalent de quelques heures de consommation de gaz (en France, vers 2010), soit une « modulation infrajournalière » possible de 5,1 GWh/jour (5,5 GWh/j au maximum pour la France entière vers 2010). C'est GRTgaz qui est le régulateur[20]. Une autre solution, testée en Allemagne, est d'enrichir en hydrogène le gaz de ville.

Ce qui permet une troisième révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Description simplifiée des secteurs, activités et emplois nouveaux associés à la troisième révolution industrielle telle que proposée et promue par Jeremy Rifkin. Ils résultent de la convergence entre le secteur de l'énergie et celui de l'informatique

Pour Rifkin, les grands bonds industriels et les transformations économiques sont tous historiquement associés à l’apparition combinée ou à la « convergence » d’une nouvelle technologie de la communication et de nouveaux systèmes énergétiques.

Cette fois, ce sont les NTIC ; nouvelles formes de communication qui sont un support possible pour de nouvelles formes d’organisation et de gouvernance de civilisations plus complexes, rendues possibles par de nouvelles sources d'énergie, décentralisées, propres, plus sûres et renouvelables. La conjonction de l’Internet et des énergies renouvelables au XXIe siècle donne lieu selon Rifkin à une Troisième Révolution Industrielle.

Conditions de réalisation[modifier | modifier le code]

Pour qu'une telle révolution puisse se produire, des auteurs tels que J. Rifkin insistent sur le développement nécessairement conjoint d'innovations (électroniques et informatiques) et d’un nouveau système énergétique de production. Ce dernier doit permettre de clore l'ère du pétrole peu cher et gaspillé, qui a suivi celle du charbon et de la machine à vapeur. Il doit aussi permettre de sortir des systèmes nucléaires trop coûteux, dangereux et producteurs de déchets dont on ne sait toujours pas quoi faire.

L'objectif est une énergie distribuée collectée partout où un besoin d'usage est géographiquement proche (par exemple sur les 190 millions d'immeubles existant en Europe[21], mais J. Rifkin estime que durant le temps de la transition les grandes fermes éoliennes et solaires sont nécessaires.

Mise en œuvre de la troisième révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Le contexte législatif (ex. : interdiction de production communautaire ou de compteurs partagés d’électricité dans certains pays) et technique freinait cette révolution, que les collectivités peuvent donc accompagner.

L'Union européenne[modifier | modifier le code]

  • En 2007, le Parlement européen a officiellement adopté cette vision[5]. Il a invité la Commission à faire de même, avec la volonté d’entrer dans une nouvelle économie (non pas strictement post-industrielle, mais « post-carbone fossile » et « post-nucléaire » comme « prochain grand projet de l’Union Européenne » tel qu'approuvée dans une déclaration formelle de juin 2007[5], sur la base de 5 grands facteurs-clés pour l'indépendance énergétique, qui sont : maximiser l'efficacité énergétique, réduire les émissions de gaz à effet de serre, optimiser l’introduction commerciale des énergies renouvelables, développer l’hydrogène comme moyen de stockage des énergies renouvelables (avec les piles à hydrogène) et créer des réseaux électriques intelligents pour la distribution de l'énergie[2].
  • En janvier 2008, la Commission européenne a proposé une législation visant à mettre en œuvre l'objectif « trois fois 20 » (améliorer l'efficacité énergétique de 20 %, augmenter le recours aux énergies renouvelables de 20 % et réduire les émissions de GES de 20 %, dans le même temps, avant 2020).
    Ce « paquet énergie-climat a été validé par le Parlement européen et le Conseil en décembre 2008, pour entrer en vigueur en juin 2009[22], ouvrant la voie à la Troisième révolution Industrielle.
    L'Europe, par ses cofinancements aide les États-membres à expérimenter les énergies propre et sûres et les technologies limitant les émissions de CO2[23].
  • En amont d'un sommet du Conseil européen consacrée à l'énergie (à Bruxelles, le 1er février 2010), le Comité Environnement du Parlement européen, présidé par Jo Leinen (député européen), et les représentants des cinq principaux groupes politiques du PE se sont joints à de grandes associations européennes représentant les petites et moyennes entreprises (UEAPME), les associations de défense des consommateurs (BEUC), les coopératives européennes (Cooperatives Europe) et la Fondation pour les tendances économiques (the Foundation on Economic Trends) pour lancer un appel pour une « troisième révolution industrielle ».
    Le Parlement européen a envoyé une déclaration au président du Conseil européen Herman Van Rompuy et président de la Commission européenne (José Manuel Barroso) en leur demandant de produire un plan législatif complet, accompagné des moyens adéquats à mettre en œuvre pour permettre cette troisième « révolution industrielle de la stratégie énergétique » via les États-membres[24],[25],[26].
    Le plan met également l'accent sur le passage à un nouveau paradigme économique pour la prochaine étape de l'intégration européenne [27].
  • Il existe en Europe un groupe « Tires » (Third Industrial Revolution European Society [28]), cercle européen pour la troisième révolution industrielle), créé pour mettre en œuvre cette « révolution ».

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

  • Le secrétaire d’État à l’Énergie et à la lutte contre le changement climatique Chris Huhne a publiquement approuvé la nécessité d'une troisième révolution industrielle.
  • Il a récemment construit un Plan-cadre pour le Royaume-Uni décrit dans le « Livre blanc pour la réforme du marché de l'énergie » où il estime nécessaire de fixer un prix plancher pour le carbone dans le marché du carbone (annoncé dans le budget 2011) afin de réduire l'incertitude des investisseurs, en mettant un prix équitable sur le carbone et en fournissant une plus forte incitation à investir dans une production décarbonée dès maintenant. Il introduit aussi de nouveaux contrats à long terme incitant la production d'électricité décarbonée ou à faible bilan carbone. Une « norme de performance d'émission » (EPS) a été fixé à 450 g CO2/kWh pour ne plus permettre de centrales au charbon construites sans systèmes de capture et Stockage [29].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

  • Le 6 juin 2010, une conférence sur l'entrepreneuriat et les énergies nouvelles[30] a réuni à Utrecht des décideurs du monde des affaires, (dont sociétés nationales de l'énergie, entreprises de construction, firmes d'ingénierie, institutions publiques, etc.).
  • Un plan d'action sur l'énergie a été proposé[31], pour mettre en œuvre les cinq piliers de la troisième révolution industrielle et les transformer en principes d'action[32],[33].

Italie[modifier | modifier le code]

Le 24 janvier 2011, à Rome, le CGIL a accueilli une conférence organisée par TIRES (the Third Industrial Revolution European Society). Pour la première fois, les forces entreprenariales, représentant à la fois le monde du capital et celui des syndicats se sont unies dans un même projet de promotion d’un nouveau modèle énergétique qui créera des emplois et de nouvelles opportunités dans une société post-carbone[34].

France[modifier | modifier le code]

En 2012, la France fait partie des pays qui testent des compteurs intelligents, mais avec une vision de réseau encore (en 2010-2012) centralisée et centralisatrice, dont J. Rifkin craint qu'elle soit un frein pour l'avenir dans un pays où la centralisation est une tradition ancrée.

Le potentiel éolien offshore et littoral de la France est élevé (le second d'Europe[35] 20 GW terrestres (pour une production de 50 TWh par an) et de 40 GW offshore (pour une production de 150 TWh par an), soit 200 TWh par an. Mais il est encore peu valorisé : Après l'abandon de projets situés face à Dunkerque dans les années 1990, puis en Bretagne-sud, ou en Manche avec le Parc éolien en mer des Deux-Côtes[36] freiné notamment en raison de la présence d'un dépôt de munitions immergées, ce pays n'avait en 2010 aucun projet offshore mis en œuvre ou en construction. Cependant l'État français doit choisir les lauréats d'un « appel d’offres éolien en mer » en avril 2012, avec cette fois d'importants enjeux financiers et énergétiques (Si ce potentiel est effectivement utilisé, en 2040, il pourrait fournir 31 % de la consommation française prévisible d’électricité (200 TWh/an)[37]. La filière hydrogène est soutenue par l'État et certaines collectivités, mais le Smart grid n'est pas un projet clairement affiché par EDF ou le gouvernement.

Fin 2012, la Région Nord-Pas-de-Calais et la Chambre de commerce et d'industrie de région Nord de France ont demandé à J. Rifkin d'écrire un « Master plan » régional basé sur 5 thèmes prioritaires, les 5 piliers de J.Rifkin et 3 thèmes généraux qui viennent alimenter les 5 piliers Rifkiniens. Ces thèmes ont été explorés par 6 groupes de travail : « efficacité énergétique, énergies renouvelables, bâtiments producteurs d'énergie, hydrogène et stockage de l'énergie, réseaux pilotés ou intelligents (smartgrids), innovations dans la mobilité douce » [38]. À ces 6 groupes régionaux, 2 autres réflexions sur l'économie circulaire et l'économie de la fonctionnalité menées par 2 groupes distincts viennent appuyer les réflexions des 6 groupes. Une première rencontre a eu lieu avec les acteurs régionaux lors du World Forum[39],[40]. Les groupes de travail ont ensuite synthétisé un « état des lieux » et coproduit de premières propositions pour la réalisation d'une « feuille de route » engageant la région vers une transition énergétique, avec un séminaire de 3 jours mi-mai 2013 au siège du Conseil régional[41]. Le "Master Plan" définitif (324 pages[42]) co-produit par l'équipe de Jeremy Rifkin et les acteurs régionaux a été présenté lors du « World Forum Lille » le 25 octobre 2013[43]

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • En mars 2003, pour la première fois aux États-Unis, une ville décidait d'entrer dans la Troisième Révolution Industrielle. San Antonio (huitième ville du pays, dans le sud du Texas, avec 1 256 509 habitants) et son fournisseur d'énergie (CPS Energy) se sont donnés comme priorité de pousser l'efficacité énergétique et les économies d'énergie ; d'accroitre l'offre en énergies renouvelables, à des prix compétitifs, tout en embrassant les « énergies émergentes » grâce à une infrastructure énergétique plus dynamique et interactive (incluant des bâtiments positifs en énergie, une production et stockage d'hydrogène, et des véhicules électriques utilisables comme réservoir connectables d'énergie[44]). Un objectif était de réduire les besoins de l'agglomération de 771 mégawatts (par l'efficience énergétique) avant 2020[45]. CPS s'engage[45] à examiner attentivement la possibilité de passer d'une approche centralisée de l'énergie à un système de sources distribuées et renouvelables utilisant des technologies modernes et intelligentes, fiables et économes pour relever les défis économiques et environnementaux auxquels CPS Energy et l'agglomération devront faire face. CPS Energy envisage même une autarcie énergétique pour la ville[45].
  • Six ans plus tard (2009), accompagnée[46] par l'équipe[47] de J. Rifkin et par l'American Council for an Energy-Efficient Economy, et de nombreux experts en matière d'électricité et d'hydrogène, la ville de San Antonio a franchi les premières étapes avec une « Vision 2020 » pour San Antonio et CPS, et une « Mission-Verte » qui doit relever le défi de la formation/création des emplois verts et de mécanismes de financement innovants et adéquats. En avril 2009 la ville et CPS, dans un Atelier de développement durable ont établi les bases d'une troisième révolution industrielle dans les conditions et contraintes spécifiques à ville de San Antonio [46].

Freins, difficultés[modifier | modifier le code]

  • Des auteurs comme Jared Diamond[48] insistent sur le fait que les systèmes économiques et de gouvernance tendent souvent à l'inertie ou au refus du changement (ou en l’occurrence peinent à évoluer vers une économie décarbonée et distribuée). Rifkin estime que l’internet peut accélérer la prise de conscience et la diffusion des innovations de la 3e révolution.
  • Rifkin constate que certains industriels et économistes se passionnent pour cette révolution (qui leur ouvre aussi de nouveaux marchés), mais que d'autres la refusent, la freinent ou n'ont pas encore le réflexe de considérer les vrais coûts du nucléaire et du pétrole[49]. Sont-ils prêts à basculer dans la « transition énergétique »[50]? Rifkin lui-même fustige l’incapacité des États à suffisamment réduire leurs émissions de carbone, et la fuite en avant que constituent les forages profonds (dangereux et très coûteux), l'appel à des sources polluantes de gaz, huiles ou bitumes de sables ou schistes profonds. Ces solutions ne peuvent selon lui qu'à peine freiner la crise énergétique mondiale. En outre elles accélèrent et aggravent les crises climatique et écologique.
  • Rifkin s'inquiète aussi de l'apparition des Tea Parties qui refusent de croire au changement climatique, et qui encouragent à forer toujours plus pour trouver de nouvelles sources de pétrole, selon le slogan « Drill, baby, drill » (en français : « Fore, chéri, fore ! »).
  • Lester Brown plaide de son côté pour un « Plan B 3.0 »[51], puis pour un « Plan B 4.0 de mobilisation générale pour sauver la civilisation »[52],[53], reconnaît de rapides progrès (il cite en exemple le Texas, qui était le premier état pétrolier et qui est devenu le premier état « éolien » ayant dépassé la Californie en 2006 et étant en train de se doter d’une capacité éolienne de 53 000 mégawatts, soit l'équivalent de 53 centrales thermiques au charbon et plus que les besoins des 25 millions de personnes de l'État, permettant au Texas de devenir exportateur d’électricité.
    Il cite aussi l’Écosse qui se dote de 60 000 MW éolien, ou la Turquie qui en prévoit 78 000. Mais comme Rifkin, il craint que la transition soit trop lente, par rapport aux risques de crise pétrolière, écologique, sociale et climatique[54]. Rifkin fait remarquer que le passage du bois au charbon, le développement du rail, ou celui de l'automobile se sont produits - à échelle planétaire - en quelques décennies seulement.
  • Certaines multinationales pétrolières (parmi les « Supermajor ») ont commencé à investir dans les énergies renouvelables. Mais elles veulent aussi exploiter de nouveaux gisements gaziers et pétroliers. De même, une partie des partisans du nucléaire s'ouvre aux renouvelables. Dans les deux cas, cela se fait sans envisager de transition aussi rapide que ce que J Rifkin ou Brown et d'autres jugent nécessaire.
  • Le stockage grâce à l'hydrogène est certes respectueux de l'environnement, mais n'est pas encore assez efficace en termes d'énergie (une unité de volume d’hydrogène transporte trois fois moins d’énergie qu’une unité de volume de gaz naturel) et de coûts, aussi bien à l'état gazeux que liquide.
  • Le possible risque d'effet rebond[55] (les économies d’énergie ou de ressources initialement prévues sont partiellement ou complètement compensées à la suite d'une adaptation du comportement de la société) si l'approche n'est pas assez partagée.
  • La disponibilité limitée de métaux et terres rares nécessaire aux catalyseurs de la filière hydrogène ou aux composants électroniques qui devront se multiplier pourrait aussi freiner la troisième révolution.
  • D'autres freins sont identifiés par J Rifkin lui-même, dont :
    • le syndrome du « projet-pilote perpétuel »[56] ; c'est la difficulté à généraliser après le stade du projet-pilote, faute notamment d'investissement monétaire ou réglementaire suffisant. Ainsi de nombreux véhicules à hydrogène ou à pile à hydrogène fonctionnent en faible nombre d'exemplaire, mais seules des commandes (publiques et/ou privées) en grand nombre leur donnerait un prix concurrentiel face aux véhicules « classiques » plus polluants et bénéficiant de matériels et chaines de fabrication depuis longtemps financièrement amorties. De plus, il faut que dans le même temps les distributeurs de carburants ou les États se mettent en situation de pouvoir délivrer de l'hydrogène ou fournir des prises électriques intelligentes (aptes au chargement et au déchargement selon les besoins dans le cas du « 5e pilier » que propose Rifkin pour cette 3e révolution).
    • le syndrome de « l'effet Silo »[56] ; qui est - chez J. Rifkin - la difficulté de faire mettre en œuvre une vision ou un projet systémiques et global par des services de pays et collectivités ou d'entreprises administrativement et très hiérarchiquement structurés en arborescence descendante, avec peu de liens transversaux entre les branches, alors que l'Internet et les nouveaux outils de travail collaboratif permettent déjà une meilleure transversalité et un travail mieux distribué ; Cette transversalité est également freinée par des approches concurrentielles plus que collaboratives et « latérales »[57] (encouragées par le marché et le brevetage qui invitent à garder le secret le plus longtemps possible sur une invention, avant sa mise sur le marché).
      Rifkin fait régulièrement se rencontrer des pays ou des entreprises qui sont en concurrence, afin qu'elles puissent néanmoins se fixer des objectifs communs. En 2007 avec le président Barroso, Rifkin et ses services ont aussi fait se rencontrer treize des 38 plate-forme technologiques européennes les plus concernées par les cinq piliers afin qu'elles échangent mieux entre elles. Il s'agissait notamment des plate-forme travaillant sur le bâtiment, les Smart Grid, des énergies renouvelables, piles à combustible, technologies de l'hydrogène, transports ferroviaires et routiers, chimie verte.
    • Manque de vision stratégique partagée ; Pour J. Rifkin ; « si [en 2006] l'Union européenne et les États du monde entier jouaient avec des projets pilotes verts et se laissaient engluer dans des programmes en silo[56], apparemment incapables d'aller plus loin, c'était aussi pour une raison plus sérieuse : ils ne savaient pas ce que ça voulait dire, « plus loin ». Ce qui manquait, c'était un récit puissant, capable de raconter l'histoire d'une nouvelle révolution économique et d'expliquer comment toutes ces initiatives technologiques et commerciales apparemment aléatoires s'inscrivaient dans un vaste plan stratégique » ; Rifkin a rencontré Angela Merkel à ce sujet en 2006 [58] et avec le « 20-20-20 » en 2020 l'Europe a adopté le projet de 3e révolution industrielle, qui se diffuse peu à peu chez les décideurs et dans le public.
    • Confidentialité et sécurité ; comme pour l'Internet se posent des questions d'identité numérique et de sécurisation et protection de données personnelles (ex. : données géoréférencées de mobilité connectée, données de consommation/production ou « télérelevés » utilisées pour le calcul des factures ou versement (dans le cas des bâtiments positifs en énergie). Les smart grids et compteurs intelligents feront circuler de telles données, par milliards. Des tentatives de fraudes ou d'usage malhonnête de données sont possibles. Des moyens adaptés de protection sont à perfectionner ou inventer, de même que la réglementation associée.
    • Certains principes de la troisième révolution, s'ils étaient poussés à l'extrême paraissent pouvoir contredire d'autres nécessités environnementales.
      Ainsi, un bâtiment couvert de capteurs solaires ne peut pas être très végétalisé. Et il ne doit pas être à l'ombre de grands arbres. Pourtant végétaliser les villes est nécessaire, notamment pour la qualité de l'air et contre les bulles de chaleur urbaines (en réalité, un panneau photovoltaïque fonctionne mieux quand il est frais, ce qui devrait inciter à les combiner à des terrasses vertes ou toitures végétalisées). Utiliser les batteries ou des réservoirs d'hydrogène de véhicules à l'arrêt comme « stockage-tampon » du réseau est une solution optimale dans un modèle américain valorisant la voiture individuelle et qui implique de disposer d'un grand nombre de batteries à hautes performances. Cette solution est moins compatible avec les projets de ville ou d'écoquartiers sans voitures, ou avec des modèles basés sur le véhicule partagé et les transports en commun, où l'on cherche à ce que les véhicules soient moins nombreux et utilisés plus souvent. Donner à l'automobile un rôle de réservoir la rend encore plus nécessaire et risque de freiner les actions de compensation et réparation d'impacts tels que l'imperméabilisation et la fragmentation écopaysagère par les routes. Les sociétés productrices d'énergie et certaines collectivités pourraient être tentées d'encore favoriser l'automobile au détriment de ces alternatives. Des équilibres seront donc à trouver.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « S'il y a un plan- B, je ne le connais pas », écrit de J. Rifkin page 107 de son livre La 3e révolution industrielle (cité en Bibliographie)
  2. a, b, c et d Jeremy Rifkin, La troisième révolution industrielle. Comment le pouvoir latéral va transformer l'énergie, l'économie et le monde, Éditions Les Liens qui libèrent, 2012 (ISBN 2-9185-9747-3)
  3. a et b Voir § 3) intitulé « New Jobs and Business Models for the 21st Century » (p. 11-17 dans le texte : Leading the Way to the Third Industrial Revolution and a New Social Europe in the 21st Century - Jeremy Rifkin [PDF]
  4. Voir chap. p. 42 (intitulé « La facture entropique de l'âge industriel ») dans le livre La 3e révolution industrielle, de J. Rifkin (cité en Bibliographie)
  5. a, b et c Written declaration on establishing a green hydrogen economy and a third industrial revolution in Europe through a partnership with committed regions and cities, SMEs and civil society organisations, ref : DC\651204EN.doc ; PE 385.621v01-00 ; 2007, 2 pages [PDF]
  6. Nexans, communiqué Power Line Communication make a Smarter Grid, Highlight of G3-PLC conference is a practical demonstration of Nexans’ innovative PLC solutions for Smarter Grid applications, Nexans technical conference demonstrates the key role of Power Line Communication (PLC) technology in Smarter Grids (56.2kb) et PLC for Smarter Grid (244.1kb)
  7. Voir page 106 du livre La troisième révolution industrielle (en Bibliographie de cet article)
  8. Transition globale vers les énergies renouvelables
  9. [PDF] Julien Labbé (2006), L’hydrogène électrolytique comme moyen de stockage d'électricité pour systèmes photovoltaïques isolés ; Thèse de doctorat Spécialité “Énergétique” ; Ecole des Mines de Paris, le 21 décembre 2006
  10. (en) usquet & al., A new approach to empirical el ectrical modeling of a fuel cell, an electrolyser or a regenerative fuel cell, Journal of Power Sources, Vol. 134, pp. 41-48, 2004.
  11. (en) Copetti & al., A general battery model for PV system simulation, Progress in Photovoltaics : Research and Applications, Vol. 1, pp. 283-292, 1993
  12. (en) Abou El-Maaty, “Modelling and simulation of a photovoltaic fuel cell hybrid system”, Ph. D. dissertation, Faculty of Electrical Engineering University of Kassel, Germany, march 2005.
  13. a et b Dargahi, A., Wurtz, F., Ploix, S., Gaaloul, S., Le, X. H. B., Delinchant, B., ... & Tollenaere, M. (2012). Exploitation de la capacité de stockage de véhicule électrique dans la gestion optimale du flux énergétique de bâtiments: Contribution à la convergence transport/habitation.
  14. [KEM 2005] Kempton W., and Tomic' J., « Vehicle-to-grid power fundamentals : Calculating capacity and net revenue » , Journal of Power Sources, vol.144,n°1,2005, p.268 - 279;
  15. [KEM 2000] Kempton W., Kubo T., « Electric-drive vehicles for peak power in Japan » , Energy Policy, vol. 28, n° 1, 2000, p. 9 - 18
  16. Grosjean, C. (2012). Usages de batteries lithium-ion comme fonction de stockage de l'électricité à la convergence des besoins énergétiques de l'habitat solaire et du transport électrique (Doctoral dissertation, Université Pascal Paoli).
  17. Autrefois, l'électricité partait de la centrale vers les prises du consommateur. Ils peuvent aussi accueillir de l'électricité produite chez le consommateur qui devient alors provisoirement fournisseur. Pour limiter les pertes en ligne, le réseau intelligent distribue cette électricité à proximité du lieu de production.)
  18. Voir aussi l'article Stockage du pétrole et du gaz
  19. Bal JL & Philibert C (2013). Les caractéristiques des énergies intermittentes électriques sont-elles problématiques? Les particularités techniques du solaire et de l'éolien. Responsabilité et environnement, (1), 8-15.
  20. Système dit « Stockage en conduite » utilisant le tampon entre pressions maximales et minimales des réseaux de transport et de distribution de gaz
  21. J. Rifkin, p. 69 du livre La Troisième Révolution industrielle (en Bibliographie de cet article)
  22. Union européenne, Politique Européenne, Paquet climat, 2009
  23. (en) EU climate package explained, sur le site news.bbc.co.uk du 9 avril 2010
  24. (en) Stakeholders urge EU institutions to support the “Third Industrial Revolution” - Communiqué [PDF]
  25. (en) Leaders urged to spur new industrial revolution - ENDS Europe, 1er janvier 2011
  26. A post-carbon Europe : towards a third industrial revolution Tuesday 01/02/2011 12:30-13:00 Brussels, Paul-Henri Spaak Building, Room 0A50 - Anna Politkovskaya Jo LEINEN (S&D, DE), Chair of the Committee on the Environment, Public Health and Food Safety, and Jeremy RIFKIN - The Week Ahead 31 January - 6 February 2011 ; Plenary session and committee meetings, Brussels [PDF]
  27. Conseil de l'Europe / FOET European Council : Post-Carbon economy requiers third industrial revolution, 2011-02-01
  28. the Third Industrial Revolution European Society
  29. Royaume-Uni, DECC, Electricity Market Reform (EMR) White Paper 2011 Planning our electric future : a White Paper for secure, affordable and low-carbon electricity, 2011
  30. "Utrecht2040: Entrepreneurship with New Energy" conference
  31. Urecht Energy Master Plan [PDF]
  32. (en) Projet MEELS - IEA, Case study Partnership with utilities and the impact of liberalisation [PDF]
  33. (nl) Jeremy Rifkin sluit bezoek aan Utrecht af Door Wouter de Heus op za - 2010-02-06
  34. Troisième révolution industrielle en Italie, sur le site cetri-tires.org
  35. 200 TWh par an, 2040, énergie éolienne, France, potentiel éolien en France ; cabinet d’études Espace Éolien Développement, filiale de Poweo
  36. [PDF] Synthèse du dossier du maitre d'ouvrage présenté mi 2010 à l'enquête publique, sur le site debatpublic-eolien-en-mer.org
  37. « Offshore - Alliances en haute mer », Le Journal de l'Éolien no 10 ; avec carte illustrée, présentation des enjeux, des acteurs et des alliances
  38. Y Boucher, La troisième révolution industrielle de Jeremy Rifkin arrive concrètement à Lille La voix du Nord / Lavoixeco, 16 janvier 2013
  39. CRCI, interview Vidéo de Jeremy Rifkin, réalisée lors du World Forum Lille par la Voix du Nord ; 14-11-2012
  40. Jeremy Rifkin appelé à mener une "révolution industrielle" dans le Nord-Pas-de-Calais ; 15 octobre 2012 ; Le Monde.fr & AFP
  41. Séminaire de travail (présentation et vidéos) des 13, 14 et 15 mai 2013 à Lille avec Jeremy Rifkin et ses équipes et les groupes de travail du Nord-Pas de Calais.
  42. Nord-Pas-de-Calais ; Troisième révolution industrielle, Master Plan 2013,sur le site latroisiemerevolutionindustrielleennordpasdecalais.fr, 324 pages
  43. Portail TRI du World forum, sur le site latroisiemerevolutionindustrielleennordpasdecalais.fr
  44. Smart grids/plug-in vehicles
  45. a, b et c Conseil d'administration de CPS Energy (fournisseur d'énergie de San Antonio), CPS Energy Board of Trustees Sustainable Energy Policy Statement ‘Bridging the Present Energy Gap: Transitioning to a Sustainable Energy Future' ; (Déclaration en matière de politique énergétique durable « Combler le fossé des énergies actuelles : Transition vers un avenir énergétique durable »)
  46. a et b [PDF] San Antonio Leading the WayForward to the Third Industrial Revolution (San Antonio ouvre la voie vers la Troisième révolution industrielle), 133 pages
  47. The Third Industrial Revolution Global CEO Business Rountable
  48. Jared Diamond, Collapse : How Societies Choose to Fail or Succeed (New York: Penguin Group, 2005); Ronald Wright, A Short History of Progress (New York: Carroll and Graf Publishers, 2005); Joseph A. Tainter, The Collapse of Complex Societies (Cambridge, U.K.: Cambridge University Press, 1988).
  49. Gasoline indirect cost calculated based on International Center for Technology Assessment (ICTA), The Real Price of Gasoline, Report No. 3 (Washington, DC: 1998), p. 34, updated using the following: ICTA, Gasoline Cost Externalities Associated with Global Climate Change: An Update to CTA’s Real Price of Gasoline Report (Washington, DC: September 2004), ICTA, Gasoline Cost Externalities: Security and Protection Services: An Update to CTA’s Real Price of Gasoline Report (Washington, DC: January 2005), Terry Tamminen, Lives Per Gallon: The True Cost of Our Oil Addiction (Washington, DC: Island Press, 2006), p. 60, and Bureau for Economic Analysis, “Table 3—Price Indices for Gross Domestic Product and Gross Domestic Purchases”, GDP and Other Major Series, 1929–2007 (Washington, DC: August 2007); U.S. Department of Energy (DOE), Energy Information Administration (EIA), This Week in Petroleum (Washington, DC: various issues); EIA, “US Weekly Retail”, Retail Gasoline Historical Prices (Washington, DC: 15 June 2009)
  50. (en) Opinion Research Corporation, A Post Fossil-Fuel America: Are Americans Ready to Make the Shift? (Princeton, NJ : October 2007)
  51. (en) Brown, L. (2008) Plan B 3.0: Mobilizing to Save Civilization. W.W. Norton & Company New York and London
  52. (en) Plan B 4.0: Mobilizing to Save Civilization Lester R. Brown, sur le site earth-policy.org
  53. (en) Livre téléchargeable, sur le site earth-policy.org, consulté 2012-03-17 [PDF]
  54. Voir chapitre 10. intitulé « Can We Mobilize Fast Enough? » dans son livre « PLAN B 4.0 Mobilizing to Save Civilization» [PDF]
  55. Source : Bernard Laponche, invité sur France Culture (émission Terre à terre 2010/03/06)
  56. a, b et c Voir page 100 du livre La 3e révolution industrielle, de Jeremy Rifkin (cité en Bibliographie)
  57. pour Rifkin, la notion de « pouvoir latéral » est essentielle, liée notamment aux capacités nouvelles des objets communicants et de l'informatique distribuée
  58. Voir page 101 du livre La 3e révolution industrielle, de Jeremy Rifkin (cité en Bibliographie)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Aspects informatiques et techniques (Cf. « Réseaux intelligents »)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]