Révolte d'An Lushan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Révolte d'An Lushan, aussi appelée Révolte d'Ān Shǐ (chinois traditionnel : 安史之亂) eut lieu en Chine pendant la dynastie des Tang, du 16 décembre 755 au 17 février 763.

Ce fut une des plus grandes guerres civiles de l'histoire.

An Lushan[modifier | modifier le code]

An Lushan était un général de l'armée Tang d'origine turque. Il avait été nommé par l'empereur Xuanzong (suivant en cela la suggestion de sa favorite Yang Guifei et avec l'accord de Li Linfu) pour commander trois garnisons du nord (Pinglu, Fanyan et Hedong). Il était apprécié par l'empereur et par Yang Guifei, mais entra en conflit avec un cousin de celle-ci, le chancelier Yang Guozhong.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Fuite de Chang'an de l'empereur Xuannzong. Encre sur papier, XIe siècle

En 755, An Lushan se révolta sous le prétexte de mettre Yang Guozhong à la raison. Son armée partit de Fanyang (près de Pékin, dans l'actuelle province du Hebei). En chemin, An Lushan traita avec respect tous les fonctionnaires Tang qui se rendaient. En conséquence, des fonctionnaires Tang toujours plus nombreux se joignirent à ses rangs.

An Lushan prit Luoyang dès l'année 755. Mais il se heurta ensuite pendant deux ans aux armées restées fidèles aux Tang dans la province actuelle du Henan.

An Lushan menaça ensuite la capitale, Chang'an (Xi'an). L'empereur Xuannzong s'enfuit alors dans le Sichuan. Menacé de révolte par sa propre garde, l'empereur Xuanzong n'eut alors plus d'autre recours que d'ordonner à Yang Guozhong (dont la haine d'An Lushan avait provoqué la révolte) de se suicider. Il fit également étrangler sa favorite, la belle Yáng Guìfēi.

An Lushan se proclama empereur. Mais, malade, son caractère se détériora, engendrant la crainte autour de lui. Il fut alors tué par son fils An Qingxu, qui craignait pour sa propre vie.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'empereur Xuanzong, debout sur une terrasse avec sa concubine Yang Guifei et des serviteurs. Byōbu du XVIe siècle de Kano Eitoku.

Le nombre de morts de cette guerre civile a été extrêmement élevé, puisque la baisse de la population constatée au travers des recensements est de l'ordre de 36 millions de personnes en moins, ce qui pourrait alors dépasser le nombre de morts causées par la Révolte des Taiping. Le recensement de 754 faisait en effet apparaître une population de 52 880 488 habitants, alors que celui de 764 n'en dénombre plus que 16,9 millions environ[1], accusant une perte de population nominale des deux-tiers de la population initiale.

Cependant, cette évaluation doit être fortement nuancée par le fait que le recensement de 764 reflète la désorganisation de l’État et de son système de recensement, puisque certaines catégories de personnes n'y ont pas été prises en compte, car non soumises à l'impôt (ordres religieux, étrangers, marchands...). Et surtout, la guerre civile s'est traduite par la perte de contrôle de la dynastie Tang sur toute une partie des provinces du Nord, représentant peut-être un quart de la population restante désormais non prise en compte par le système fiscal impérial[2]. Des historiens tels que Charles Patrick Fitzgerald (en) ont fait remarquer d'autre part que le chiffre de 36 millions de morts est incompatible avec les comptes-rendus qui ont été faits de la guerre à l'époque même[3].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Schafer 1985, p. 280, note 18 en bas de page.
  2. Fairbank 1992, p. 86
  3. Charles Patrick Fitzgerald, China: a short cultural history, 1985, p. 314.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edward H. Schafer, The Golden Peaches of Samarkand, Berkeley: University of California Press,‎ 1985 (ISBN 978-0-520-05462-2)
  • John King Fairbank, China: A New History, Cambridge, Massachusetts, Belknap Press/Harvard University Press,‎ 1992 (ISBN 0-674-11670-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]