Réveil religieux

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Le Réveil religieux ou réveil spirituel est un mouvement social de renouvellement religieux visant à « réveiller » une foi assoupie, installée et routinière. Ces mouvements jalonnent l'histoire protestante, (on pourrait sans doute dire que la Réforme fut un Réveil de l'Église catholique romaine) et ils furent plus fréquents et importants aux États-Unis à partir du XIXe siècle. Ils préconisent une piété plus personnelle, existentielle et sentimentale, « réveillée » par rapport à une foi jugée affadie.

Les stations d'essence laissées à l'abandon pendant la crise de 1974 furent parfois reconverties. C'est le cas de cette station de Potlatch (État de Washington) qui devint un centre prosélyte du réveil religieux.

Le phénomène des Réveils religieux[modifier | modifier le code]

Dans les relations entre les hommes et le Dieu d'Abraham apparaissent à certains moments des périodes d'exaltation particulièrement vives, comme si soudain Dieu devenait très proche et sa présence évidente et « palpable. »

Des personnes « prennent feu » spirituellement et se retrouvent poussées à une piété et/ou une sainteté supérieure. Cette exaltation est communicative et se répand comme une traînée de poudre.

Cette expérience transforme profondément et durablement ceux qui la vivent.

L'expérience est accompagnée pour certaines personnes de manifestations visibles (tremblements, pleurs, rires, prostration ou agitation, etc.) caractéristiques qui ne manquent pas d'attirer les critiques extérieures.

Puis le phénomène s'estompe lentement avec les années, pour réapparaitre ailleurs sous une forme nouvelle, souvent combattue par les successeurs du réveil précédent qui ne retrouvent plus leurs marques.

Exemple de réveils au cours de l'histoire : celui qui a suivi la révélation au Sinaï, l'inauguration du Temple sous Salomon, la Réforme sous Esdras, la grande Pentecôte et les 4 petites pentecôtes racontées dans les Actes des Apôtres, les réveils successifs en milieux orthodoxes d'Europe centrale, ceux lancé par Ignace de Loyola ou par François d'Assise, les « enfants prophètes » chez les huguenots des Cévennes[1], sans oublier le hassidisme chez les Juifs d'Europe centrale, etc.

Plus près de nous, ces réveils ont été nombreux en milieux protestants évangéliques de langue anglaise (Quakers, Shakers, Laughers, méthodistes, puis au début du XXe siècle au Sud du Pays de Galles, à Azusa Street (Los Angeles), etc.).

Actuellement il s'en vit en plusieurs points de la planète (bénédiction du père à Toronto, à Peniscola aux États-Unis, au Guatemala, en Argentine, au Congo, en Corée du Sud, etc.) ainsi que dans plusieurs pays islamiques (Kabylie, Iran).

Les chrétiens « pentecôtistes » attendent un grand réveil mondial au retour de Jésus-Christ.

Origine des Réveils protestants[modifier | modifier le code]

En milieux protestants, on considère que les premiers Réveils peuvent être datés du Moyen Âge ou des mouvements pré réformés (Vaudois, hussittes, Lollards, etc.) s'opposent à la religion institutionnelle, leurs membres s'impliquant dans une pratique plus personnelle et plus engagée de leur foi.

À partir du XIXe siècle, les Réveils veulent susciter une piété plus existentielle, plus sentimentale, plus engagée et plus démonstrative, qui se fonde sur une expérience personnelle plus que sur l'adhésion à un enseignement. Ils représentent une protestation contre une religion à dominante intellectualiste ou dogmatique. Ils donnent une grande place au sentiment, en accord avec l'atmosphère romantique et en proximité avec la définition de la foi comme sentiment qu'on trouve chez le théologien allemand Schleiermacher, qui est aussi un des pères du libéralisme.

Principales caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • La conversion personnelle : le chrétien converti fait, à une date et un endroit donné –dont il se souviendra toujours - une expérience spirituelle qui transforme sa vie.
  • La joie et l’enthousiasme : le revivaliste (converti du Réveil) ayant été personnellement touché par l’action de l’Esprit est confiant dans le futur et heureux dans le présent. Il n’hésite pas à chanter, danser parfois, au point que certains phénomènes de transes apparus au cours de campagnes de Réveil ont parfois suscité méfiance et dérision.
  • La Bible seule : rien de nouveau par rapport à la théologie protestante « classique » si ce n’est l’intensité de la référence à la Bible et l’activité importante de diffusion, d’évangélisation, d’étude et de lecture (souvent assez littérale) soutenue par les sociétés bibliques.
  • Le salut et le rachat des pécheurs par le sacrifice du Christ sur la croix. Les revivalistes accordent une grande importance à la repentance et la régénération personnelle individuelle, en insistant sur l'expérience du péché et de la régénération.
  • Une action concrète pour les plus défavorisés : sans revenir sur la notion de salut par la grâce, les réveils (et particulièrement leurs adhérentes féminines) ont une action sociale importante dans les domaines de l'éducation, la santé, la pauvreté. Les réveils sont à l'origine de la création de nombreuses œuvres et missions.

Le Réveil protestant en France[modifier | modifier le code]

Les premiers prédicateurs sont souvent suisses ou britanniques envoyés par des églises méthodistes ou baptistes ; ils parcourent la France, fondent des Églises indépendantes et propagent le Réveil. Ami Bost, Felix Neff et Charles Cook sont les plus connus. Rapidement, ils sont rejoints par des théologiens et prédicateurs français, comme Adolphe et Frédéric Monod. Ils préfèrent les petites réunions aux grandes assemblées, et introduisent les cantiques romantiques, d’origine anglo-saxonne, alors que les réformés ne chantent que des psaumes.

Le Réveil prend pied à Paris dans les salons de la haute bourgeoisie et de l'aristocratie, ainsi celui de Madame de Staël, très engagée dans la lutte contre l'esclavage, et ensuite dans celui de sa fille, la duchesse de Bröglie. La chapelle Taitbout, église indépendante, est fréquentée par un monde cosmopolite et élégant dont le soutien financier sera déterminant pour les œuvres protestantes.

Le Réveil atteint aussi la Province et les campagnes. Dans les Hautes-Alpes, Félix Neff, qui associe évangélisation, alphabétisation et développement économique, a un grand rayonnement.

D'un côté, les Réveils créent des communautés (souvent dissidences de paroisses réformées) indépendantes de l'État. De l'autre ils infiltrent les paroisses concordataires et y sont présents et actifs, sous une forme souvent assagie. L'organisation religieuse du XIXe siècle donne à chaque paroisse une grande indépendance. Orthodoxes et libéraux tiennent à des Églises liées à l'État parce que ce lien empêche, selon eux, que des petits groupes s'emparent des paroisses et se les annexent. Les partisans du Réveil, penchent plutôt pour la séparation des Églises et de l'État qui leur permettrait, pensent-ils, de renforcer leur influence.

En 1958, puis en 1962, l'évangéliste international, T.L Osborn a contribué lors de plusieurs conventions de centaines de milliers de non croyants, au réveil de la mission Tzigane, fondée par Clément Le Cossec. Le pasteur Le Cossec a lui été à l'origine du véritable réveil spirituel chez les tsiganes en France mais aussi en Europe, en Inde, en Amérique du Nord et du Sud. On estime qu'il serait à l'origine de la conversion de plus de 100 000 nomades en France[2],[3]. Ses partisans diront d'ailleurs de lui qu'il est « l'apôtre des Gitans. »

Réveil catholique en cours[modifier | modifier le code]

Des chrétiens catholiques ont également reçu un réveil communiqué par des chrétiens pentecôtistes, ou par d'autres chrétiens réveillés par des pentecôtistes. Voir Renouveau charismatique catholique.

Principaux acteurs du Réveil protestant au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maximilien Misson, Le Théâtre sacré des Cévennes, Editions de Paris-Max Chaleil (19 mai 1998)
  2. http://www.clement-le-cossec.org/epopee_missionnaire__2507.htm entretien avec Clément Le Cossec réalisé par Farid Djilani-Sergy pour la radio suisse Radio Réveil
  3. « http://www.quid.fr/2007/Religions/Protestantisme_En_France/3 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) Mission évangélique des tziganes de France « Vie et Lumière» (METF)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Bosc, La Guerre des Cévennes 1702-1710, Nouvelles Presses du Languedoc
  • André Encrevé, « Le Réveil du XIXe siècle », Réforme,‎ 4 septembre 2008
  • Le matin vient, Jean Cadier, éd. Olivétan 2005. L'histoire de la brigade de la Drôme.
  • Le Réveil dans la Drôme par Samuel Vernier.