Résolution 46/86 de l'Assemblée générale des Nations unies

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La Résolution 46/86 de l'Assemblée générale des Nations unies a été adoptée le 16 décembre 1991. Elle révoque la Résolution 3379 de novembre 1975, qui décrétait que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Cette révocation a été adoptée par un vote de 111 voix pour, 25 contre et 13 abstentions.

Présentation[modifier | modifier le code]

La révocation de la Résolution 3379 constituait l'une des conditions d'Israël pour sa participation à la Conférence de Madrid de 1991 qui a ouvert la voie aux discussions de paix qui conduisirent aux Accords d'Oslo de 1993 et au traité de paix israélo-jordanien de 1994.

Le libellé de la Résolution 46/86 est l'un des plus courts dans l'histoire des Nations unies :

« L’Assemblée générale décide d’abroger la décision contenue dans sa résolution 3379 du 10 novembre 1975. »

Le président des États-Unis George H. W. Bush avait lui-même présenté la résolution par ces mots :

« Le sionisme n'est pas une politique ; c'est l'idée qui a conduit à la création d'un foyer pour le peuple juif, à l'État d'Israël. Et assimiler le sionisme avec le péché intolérable revient à déformer l'histoire et oublier la terrible détresse des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et, en fait, tout au long de l'histoire. Assimiler le sionisme au racisme revient à rejeter Israël lui-même, un membre en règle des Nations unies. Cette organisation ne peut prétendre rechercher la paix et en même temps défier le droit d'Israël d'exister. En révoquant inconditionnellement cette résolution, les Nations unies rehausseront leur crédibilité et serviront la cause de la paix[1]. »

En dépit de sa révocation, la rhétorique de la Résolution 3779 assimilant le sionisme au racisme continue de retentir jusqu'à ce jour, notamment dans des assemblées de l'ONU comme la Conférence de Durban contre le racisme en 2001 et dans la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Résultats détaillés du vote[modifier | modifier le code]

Vert : pays soutenant la résolution.
Vert pâle : pays ayant seulement voté pour.
Beige : abstention.
Rouge : contre la résolution.
Gris : absents lors du vote.

Soutenue par : Albanie, Allemagne, Antigua et Barbuda, Argentine, Australie, Autriche, Bahamas, Barbades, Belgique, Belize, Biélorussie, Bolivie, Brésil, Bulgarie, Burundi, Canada, Chili, Chypre, Colombie, Corée du Sud, Costa Rica, Danemark, Dominique, Équateur, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Gambie, Grèce, Grenade, Guatemala, Guyana, Honduras, Hongrie, Îles Marshall, Îles Salomon, Irlande, Islande, Israël, Italie, Jamaïque, Japon, Lettonie, Liberia, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Madagascar, Malte, Malawi, Mexique, Micronésie, Mongolie, Mozambique, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Papouasie Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, République centrafricaine, République dominicaine, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Salvador, Samoa, Sierra Leone, Singapour, Surinam, Swaziland, Suède, Tchécoslovaquie, Ukraine, Union soviétique, Uruguay, Venezuela, Yougoslavie, Zaïre, Zambie.

Pour : (111) Tous les pays précédents, plus : Bénin, Bhoutan, Botswana, Cambodge, Cameroun, Cap Vert, République du Congo, Côte d'Ivoire, Fidji, Gabon, Haïti, Inde, Kenya, Lesotho, Madagascar, Namibie, Népal, Nigeria, Philippines, São Tomé et Príncipe, Seychelles, Thaïlande, Togo.

Contre : (25) Afghanistan, Algérie, Arabie saoudite, Bangladesh, Brunei, Corée du Nord, Cuba, Émirats arabes unis, Indonésie, Irak, Iran, Jordanie, Liban, Libye, Malaisie, Mali, Mauritanie, Pakistan, Qatar, Somalie, Sri Lanka, Soudan, Syrie, Viêt Nam, Yémen.

Abstentions : (13) Angola, Birmanie, Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Laos, Maldives, Île Maurice, Ouganda, Trinidad et Tobago, Turquie, Tanzanie, Zimbabwe.

Absents : (15) Bahreïn, Chine populaire, Comores, Djibouti, Égypte, Guinée, Guinée-Bissau, Koweït, Maroc, Niger, Oman, Sénégal, Tchad, Tunisie, Vanuatu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Chesnot, Antoine Sfeir, Orient Occident le choc ?, Calmann-Lévy, 2009.
  • William Ossipow, Israël et L'autre, Labor et Fides, 2005
  • Théo Klein, Antoine Sfeir, Israël survivra-t-il ?: Entretiens, L'Archipel, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]