Résistance à l'oppression
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La résistance à l'oppression est selon la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, un droit naturel, inaliénable et sacré de l'Homme.
Ce droit à la résistance est également assimilé au droit à l'insurrection, à la révolution, à la révolte ou rebellion.
Sommaire |
Historique [modifier]
En Chine [modifier]
La dynastie Zhou (1122-256 Av. JC) a instauré l'idée de révolution du peuple dans le cas où celui-ci ne serait pas bien gouverné, par le mandat du Ciel.
La Révolution américaine [modifier]
La déclaration d'indépendance américaine a préfiguré ce droit à la révolution. Elle a mis en opposition les devoirs avec les droits.
Alexandre Hamilton a justifié la résistance américaine par la « la loi de la nature » redressant les violations des « premiers principes d'une société civile » en tant que « droits d'un peuple entier »[1].
En France [modifier]
Au terme de l'article 2 de la Déclaration de 1789 : « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. »
Pourtant selon l'article 7 de la déclaration, « tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance ». La résistance n'est donc pas possible ici, car elle se traduit alors par une opposition à la loi, qui est définie comme l'expression de la volonté générale. S'opposer ou résister à la loi se traduit donc comme une opposition à ceux qui la font, aux représentants du peuple, donc au peuple.
Dans les déclarations suivantes, et notamment la déclaration « girondine » du 29 mai 1793, la possibilité de résistance à l'oppression est précisée. En son article 29, il est écrit que « dans tout gouvernement libre, les hommes doivent avoir un moyen légal de résister à l'oppression ; et lorsque ce moyen est impuissant, l'insurrection est le plus saint des devoirs ». Cette possibilité de soulèvement est également prévue à l'article 35 de la déclaration du 24 juin 1793 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
D'après la lecture que l'on peut faire de ces différents textes, la résistance à l'oppression se traduit comme une opposition au gouvernement en place, qui dans ses actions ou inactions, aurait bafoué, violé, négligé les droits élémentaires et naturels du peuple, après que toutes les autres formes d'opposition légale aient été épuisées (pétition, manifestation,...). Cette notion a surtout servi à justifier tout d'abord l'opposition des conventionnels au roi puis la mise en place de nouveaux régimes, et on voit que les régimes les plus autoritaires (comme celui des Jacobins, le Premier Empire et le Second Empire) écartent cette possibilité d'insurrection.
Variété des formes de résistance à l'oppression [modifier]
Les formes de résistance pacifique pronées par Gandhi ou Martin Luther King constituent elles aussi une résistance à l'oppression.
Légalité [modifier]
La résistance à l'oppression en tant que droit découle de la théorie du droit naturel et s'oppose à celle du positivisme juridique.
Dès lors cette résistance figure comme un droit fondamental, de niveau constitutionnel, bien qu'aucun article de loi ne le vise explicitement. L'article 20 de la Loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne stipule ainsi que tout Allemand a « le droit de résister à quiconque entreprendrait de renverser » l’ordre constitutionnel.
Notes et références [modifier]
- Alexandre Hamilton, « The Farmer Refuted », 1775, « The Papers of Alexander Hamilton », I:136
Sources [modifier]
- Déclaration des droits de l'Homme du 26 août 1789, du 29 mai 1793, du 24 juin 1793, du 5 fructidor An III (22 août 1795).