Résidence Palace

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50° 50′ 32″ N 4° 22′ 50″ E / 50.84222, 4.3806 ()

Résidence Palace
Résidence Palace 01.JPG
Localisation Bruxelles (Belgique)
Usage Conseil européen, hôtel, piscine, théâtre
Construction
Date 1923 à 1927
Architecte Michel Polak
Marcel Peeters
Hauteur
Toit
Détails techniques
Étages
Superficie Superstructure 45,000 m2 (bureaux et salles de conférence) ; infrastructure 15,000 m2

Le Résidence Palace est le bâtiment où siège le Conseil européen.

Histoire[modifier | modifier le code]

Émergence des immeubles à appartements[modifier | modifier le code]

L’initiative est due à un des pionniers du développement des immeubles à appartement de luxe à Bruxelles, Lucien Kaisin, fondateur du Crédit général hypothécaire et mobilier. À l’instar de la Société Belge Immobilière, il surfe sur une nouvelle vague encouragée par la législation sur la copropriété et le crédit hypothécaire, censée résoudre les problèmes de logement de la classe moyenne.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale en effet, non seulement le coût de la construction est devenu inabordable mais la domesticité se fait de plus en plus exigeante et indocile. Alors qu’elle avait marqué jusque-là un attachement inconditionnel à la maison individuelle, une partie de la bourgeoisie est désormais mûre pour la vie en appartement, avec toutes les commodités modernes. Des complexes d’appartements luxueux, pourvus de services collectifs comme le restaurant, la salle des fêtes, le club privé, le théâtre ou la piscine, existent déjà dans les grandes capitales. Pourquoi pas à Bruxelles ?

Après le Résidence Palace, l'homme d'affaires bruxellois Lucien Kaisin finance encore les Pavillons français, immeuble de 15 étages situé rue du Noyer, 282, à Schaerbeek et la Résidence de la Cambre, premier gratte-ciel bruxellois de 17 étages planté le long du boulevard Général Jacques (n° 20), qui s’inspire des formes de l’art déco new-yorkais. Les deux immeubles sont signés par l’architecte Marcel Peeters.

Construction du Résidence Palace (1922-1927)[modifier | modifier le code]

Pour réaliser le complexe de plusieurs immeubles de la rue de la Loi, Lucien Kaisin fait appel à un architecte suisse, Michel Polak, rendu célèbre par la construction de la résidence de luxe Riant-Château dans la ville d’eau de Montreux.

Celui-ci travaille sur les plans dès 1921 mais ne peut les déposer à la Ville de Bruxelles qu’un an plus tard. Des difficultés techniques, liées à la mauvaise qualité du sous-sol à hauteur de la chaussée d’Etterbeek, imposent des études poussées de la part de l’ingénieur Alexandre Sarrasin. Il ne faudra pas moins de 2 500 pieux Franki pour s’assurer de la stabilité de l’ensemble, dont les fondations sont entamées en mars 1923. 1 200 ouvriers travaillent en permanence sur ce chantier gigantesque, sans compter ceux qui sont mobilisés par le façonnage des matériaux.

Remarquable par ses dimensions plus que par son style, le complexe imaginé n’est pas un gratte-cielMichel Polak s’en défend — mais plutôt un élégant ensemble aux lignes sobres lui conférant un caractère monumental. C’est une petite ville moderne dans une grande cité, sans souci d’intégration dans le quartier qui l’abrite. Très classique, son style emprunte quelques éléments à la Renaissance italienne mâtinés d’éléments décoratifs de l’art déco.

Le complexe immobilier comprend quatre ailes — les « quartiers » du Cinquantenaire, de la rue Juste Lipse, du Centre et de Pascale — articulées autour d’une rue intérieure à sens unique qui relie les rues de la Loi et Juste Lipse, de cours et d’un patio à colonnade. Les pièces de séjour obéissent davantage au souci de la perspective que de l’orientation par rapport au soleil. Le parement des façades est en pierre blanche, orné de bas-reliefs stylisés, reposant sur un soubassement en pierre bleue. Sous la corniche court une frise à volutes. Les accès sont éclairés par de splendides lampadaires à consoles et ferronneries.

Le développement comprend 180 appartements, de 3 à 20 pièces chacun, dotés du confort moderne et de services collectifs impressionnants, faisant du complexe un ensemble autarcique. La structure de l’appartement respecte horizontalement celle de la maison bourgeoise avec le souci avoué d’alléger les tâches domestiques et de faciliter la vie quotidienne. La hiérarchie des espaces, séparant les pièces réservées à la vie privée, à la réception et aux services, est respectée. Dans cette logique, l’entrée des maîtres est distincte de celle des domestiques et des fournisseurs.

Chaque entité comporte tous les équipements modernes comme salle de bain avec eau chaude, toilette séparée, chambre froide. L’immeuble est en outre doté d’ascenseurs, de monte-charge en liaison avec le service traiteur des cuisines, du chauffage central, de gaines à déchets, d’une buanderie et de la distribution postale aux étages par pneumatiques. À côté des boutiques en tous genres — banques, produits de luxe, coiffeurs — le rez comprend un théâtre de 516 places et des infrastructures sportives comme une piscine, des bains turcs, des salles d’escrime et des courts de tennis sur les toits des garages, prévus pour 200 véhicules. Le dernier étage accueille le premier restaurant panoramique de Bruxelles, la Pergola.

Le Résidence Palace devient un centre administratif (1947)[modifier | modifier le code]

Inauguré en 1927, le Résidence Palace connaît un engouement aussi massif qu’éphémère. Les appartements sont loués en un temps record et la vie mondaine y déploie chaque semaine ses fastes. La résidence s’adresse à une clientèle fortunée très cosmopolite où se côtoient gens de la noblesse, diplomates et hommes d’affaires. Promise à de beaux jours, la mayonnaise ne prend pourtant pas. Durant la guerre une partie du bâtiment est utilisée par l'occupant nazi. Au lendemain de la guerre, le complexe ne se relève pas des réquisitions dont il a été l’objet.

L’État belge, à la recherche de vastes immeubles pour y abriter ses fonctionnaires, s’en porte acquéreur en 1947. Situé dans le prolongement de la rue de la Loi, l’immeuble est idéalement situé. Il le transforme en bureaux et n’hésite pas à le surélever d’un étage (1953).

Une campagne de rénovation et d’extension du Résidence Palace est ensuite confiée à André et Jean Polak au début des années 1970. L’arrière de l’immeuble, encore séparé de la rue de la Loi par quelques maisons particulières, sert alors de support à une extension de bureaux dont le mur-rideau de verre et d’aluminium est censé s’harmoniser avec la façade du Berlaymont qui vient d’être achevé en face. Des infrastructures d’origine subsistent toutefois le théâtre, le restaurant et la piscine.

Ainsi, en 1986, le metteur en scène et directeur de théâtre Albert-André Lheureux obtient de réaffecter le théâtre à une programmation permanente. Faute de moyens financiers, il devra cependant abandonner la direction quelques années plus tard.

En 1988, le Résidence Palace est amputé de l’aile Juste Lipse et d’une partie de l’aile Cinquantenaire pour accroître le périmètre destiné au bâtiment du Conseil de l'Union européenne. Une nouvelle façade latérale est construite dans un style d’intégration.

Centre de presse international[modifier | modifier le code]

Toujours occupé par l’administration fédérale belge, le Résidence Palace abrite, depuis le 2 juillet 2001, un centre de presse international. Il a été équipé dans le bloc C en un temps record en prévision de la présidence belge de l’Union européenne. Il est devenu un espace de rencontre pour les journalistes, les décideurs politiques, les entreprises et les ONG, les porte-paroles et les experts en communication. Débats, séminaires et conférences y sont organisés régulièrement. Il comporte en outre un centre de services des associations de journalistes, des salles de rédaction équipées, des salles de montage, des studios radio et télévision et des salles de conférence.

La cour intérieure – ou patio – avec sa fontaine en céramique d’inspiration andalouse, sert de lieu de rencontre central. Elle a été recouverte d’une coupole en verre pour permettre son utilisation toute l’année. Le décor et les couleurs de l’ancienne salle des banquets ont été restaurés pour abriter le café-restaurant du centre.

Parmi les salles de conférence, la plus grande, la salle Polak, peut accueillir 143 personnes tandis que la salle Maelbeek peut en accueillir 56. Dans son prolongement, la salle Passage (40) faisait autrefois office de passage entre les deux salles. À côté du restaurant, le Club peut accueillir des réunions à huis clos ou des dîners pour 20 personnes.

Le siège du Conseil européen[modifier | modifier le code]

Residence Palace Construction.jpg

Le Conseil européen lors de sa réunion du 25/26 mars 2004 a accepté la proposition du gouvernement belge de lui céder le bloc A pour y aménager son siège. Pour ce faire, il faudra démolir et rénover le bloc A, ce qui a d’emblée été contesté comme une atteinte à l’œuvre de Polak.

Un concours européen d'architecture a rassemblé 22 projets présentés anonymement. Il a été remporté par le bureau de Philippe Samyn et Partners, en association avec Studio Valle Progettazioni et Buro Happold (ingénieurs).

Dans un bâtiment en verre, une urne géante est lovée dans un écrin de bois. La façade côté rue de la Loi présente un patchwork de vieux châssis en bois récupérés dans les pays européens et retravaillés. Derrière, une seconde façade de verre sécurisé forme une deuxième peau, renforcée par des coursives métalliques qui protègent la façade horizontalement.

Dans le cube évidé, une amphore géante en verre sablé fait penser à une bonbonnière faite d’élipses successives qui tournent progressivement. Luisante pendant la nuit, elle apparaît alors comme un objet précieux déposé dans sa boîte. À chaque étage, les salles de réunion, équipées de tables circulaires sont percées en leur centre pour laisser passer la lumière du jour.

L'inauguration du nouveau complexe est prévue en 2014.

Accès[modifier | modifier le code]

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par les stations de métro : Maelbeek et Schuman.

Compléments[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]