Réserve écologique de Buenos Aires

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34° 36′ 14″ S 58° 21′ 09″ O / -34.60389, -58.3525

Réserve écologique, vue aérienne

La Reserva Ecológica de Buenos Aires ou Réserve écologique de Buenos Aires, également appelée Reserva Ecológica Costanera Sur (en français Réserve écologique côtière Sud), est un énorme espace vert de 350 hectares (3,5 kilomètres carrés) situé dans la ville de Buenos Aires, capitale de l'Argentine et mégapole de près de 13 millions d'habitants.

Situation[modifier | modifier le code]

Cette importante superficie est située sur la côte du Río de la Plata, dans le quartier de Puerto Madero. Elle a une importance capitale notamment du point de vue de la préservation des oiseaux migrateurs, si bien qu'elle a acquis le statut de Site Ramsar La réserve se trouve sur un terrain étendu gagné sur le río, par remplissage d'une (petite) portion de ce dernier par les décombres des démolitions opérées dans la ville pour la construction des autoroutes dans les décennies 1970 et 80.

Trois pièces d'eau s'y sont formées. Ce sont la laguna de los Coipos (lagune des ragondins), celle de los Patos (des canards) et celle de las Gaviotas (des goélands)

Historique[modifier | modifier le code]

Casmerodius albus ou grande aigrette
Cygne à cou noir
Cygne coscoroba coscoroba

Bien que l'objectif originel de ces remplissages était de les urbaniser pour les convertir en un "élargissement du centre-ville", ce projet fut finalement annulé et les terrains constitués restèrent à l'abandon. Durant ces années d'abandon, la nature fit valoir tous ses droits et, spontanément se développa sur ces terres un véritable étalage des différents écosystèmes natifs de la plaine chacopampéenne : des pâturages, trois lagunes, des bois de saules et d'acacias, etc, avec une incroyable richesse tant en ce qui concerne la faune que la flore.

Visites à la Réserve[modifier | modifier le code]

La réserve écologique est ouverte durant toute l'année, et on y accède gratuitement, par une entrée située dans la jetée du sud de l'avenue Costanera Sur. La direction de la réserve se trouve avenue Tristán Achával Rodríguez 1550 et est ouverte de 8.00 à 19.00 heures.

Une des activités les plus populaires qui se développent dans la réserve est l'observation des oiseaux et d'autres animaux. il est aussi habituel de voir des gens y faire de l'exercice ou se promener sur ses sentiers, prendre des photos de la ville (c'est peut-être d'ici que l'on a la meilleure vue sur la capitale) ou simplement se reposer.

La faune[modifier | modifier le code]

On observe au cours des différentes époques de l'année pas moins de 250 espèces d'oiseaux, 9 d'amphibiens, 23 de reptiles, 10 de mammifères et 50 de papillons, entre autres.

Le site possède d'abondantes populations estivales d'oiseaux aquatiques, et parmi elles des éléments emblématiques typiques des lagunes pampéennes comme le cygne à cou noir (cygnus melancoryphus) et le cygne coscoroba (coscoroba coscoroba), tous deux inscrits dans l'appendice II de la CITES, différentes espèces de canards et de foulques (genre Fulica - appelés localement gallaretas).

On y voit aussi des porphyrula martinica, des gallinula (poules d'eau), des aramus guarauna (ou carao), des casmerodius albus (ou grande aigrette), des egretta thula (aigrettes appelées ici garza), des botaurus pinnatus (butors d'Amérique du Sud), des ixobrychus involucris (ou mirasoles), des espèces du genre podiceps (grèbe ou macá en argentine), ainsi que des cormorans ou phalacrocorax olivaceus (appelés localement biguá), et des rapaces adaptés aux milieux aquatiques.

Les trois pièces d'eau et les zones marécageuses qui les entourent sont habitées par des espèces de mammifères comme le myocastor coypus (ou coipo ou nutria, en français ragondin).

Ce milieu renferme en plus des populations stables de rongeurs sylvestres comme l'akodon azarae (ratón de campo común), le cavia aperea pamparum (ou cochon d'Inde sauvage appelé cuí en Argentine), l'oligoryzomys flavescens (ratón colilargo menor), le calomys musculinus (laucha bimaculada), et aussi des marsupiaux comme le lutreolina crassicaudata (ou comadreja colorada) et le didelphis albiventris (ou comadreja overa). Enfin différentes espèces de chauve-souris du genre myotis (appelées murciélago en espagnol).

Dans les marécages et les prés qui les entourent, il est fréquent d'observer de nombreuses espèces de serpents aquatiques et semi-aquatiques ainsi que, particulièrement remarquée, une espèce de lézard, tupinambis teguixin (lagarto overo).

Parmi l'ichtyofaune (poissons) on doit souligner la présence d'espèces comme le prochilodus lineatus (ou sábalo), le leporinus obtusidens (ou boga), l'hoplias malabaricus (ou tararira), l'astyanax fasciatus, le cheirodon interruptus (ou mojarras), le rhamdia sapo (ou bagre sapo), le pimelodus maculatus (bagre amarillo), l'hypostomus commersoni (ou vieja de agua), le cichlasoma fascetus et le gymnogeophagus meridionalis (appelé chanchitas), le jenynsia lineata et le cnesterodon decemmaculatus (madrecitas). Ces poissons constituent un superbe échantillon de la faune ichtyque endémique et originelle du bassin du Paraná, et font partie des différentes chaines trophiques, collaborant ainsi non seulement à l'entretien des lagunes (ils sont herbivores et insectivores), mais aussi à l'existence des populations d'oiseaux ichtyophages (comme les cormorans, les macas, les aigrettes et les hérons) et de tortues.

Leçons à en tirer[modifier | modifier le code]

Ce n'était qu'une décharge, mais c'est devenu spontanément un petit paradis de la nature. Certes la décharge n'était pas polluée, mais on ne peut que rester stupéfait en constatant la rapidité avec laquelle la nature a repris l'avantage.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]