Réseau routier de la Dordogne

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Cet article présente l'histoire, les caractéristiques et les événements significatifs ayant marqué le réseau routier du département de la Dordogne en France.

Au 31 décembre 2011, la longueur totale du réseau routier du département de la Dordogne est de 18 939 kilomètres, se répartissant en 110 kilomètres d'autoroutes, 123 kilomètres de routes nationales, 4 965 kilomètres de routes départementales et 13 741 kilomètres de voies communales. Il occupe ainsi le 4e rang au niveau national sur les 96 départements métropolitains quant à sa longueur et le 43e quant à sa densité avec 2,1 kilomètres par km2 de territoire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte Levasseur du département de la Dordogne (1852)

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

De 1750 à 1784, l’ensemble du réseau routier est pour la première fois cartographié à grande échelle (au 86 400e) et de manière complète par Cassini de Thury[1], à la demande de Louis XV. Ces cartes sont d’une grande richesse toponymique, mais d’une grande pauvreté quant à la figuration du relief et de l’altimétrie. De même, les chemins secondaires sont rarement représentés, du fait d’une part de leur état médiocre, et d’autre part de leur faible importance économique.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L’Atlas national illustré réalisé par Victor Levasseur[2] est un précieux témoignage du XIXe siècle, les cartes coloriées à la main sont entourées de gravures indiquant statistiques, notes historiques et illustrations caractéristiques des départements. Sur ces cartes sont représentées les routes, voies ferrées et voies d'eaux. Par ailleurs, les départements sont divisés en arrondissements, cantons et communes.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Réforme de 1930[modifier | modifier le code]

Devant l'état très dégradé du réseau routier au lendemain de la Première Guerre mondiale et l'explosion de l'industrie automobile, l'État, constatant l'incapacité des collectivités territoriales à remettre en état le réseau routier pour répondre aux attentes des usagers, décide d'en prendre en charge une partie. L'article 146 de la loi de finances du 16 avril 1930 prévoit ainsi le classement d'une longueur de l'ordre de 40 000 kilomètres de routes départementales dans le domaine public routier national[3].

En ce qui concerne le département de la Dordogne, ce classement devient effectif suite au décret du 6 juin 1930[4].

Réforme de 1972[modifier | modifier le code]

En 1972, un mouvement inverse est décidé par l'État. La loi de finances du 29 décembre 1971 prévoit le transfert dans la voirie départementale de près de 53 000 kilomètres de routes nationales[5]. Le but poursuivi est[6] :

  • d'obtenir une meilleure responsabilité entre l'État et les collectivités locales en fonction de l'intérêt économique des différents réseaux,
  • de permettre à l'État de concentrer ses efforts sur les principales liaisons d'intérêt national,
  • d'accroître les responsabilités des assemblées départementales dans le sens de la décentralisation souhaitée par le gouvernement,
  • d'assurer une meilleure gestion et une meilleure programmation de l'ensemble des voies.

Le transfert s'est opéré par vagues et par l'intermédiaire de plusieurs décrets publiés au Journal officiel. Après concertation, la très grande majorité des départements a accepté le transfert qui s'est opéré dès 1972. En ce qui concerne le département de la Dordogne, le transfert est acté avec un arrêté interministériel publié au journal officiel le 27 décembre 1973[7].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Réforme de 2005[modifier | modifier le code]

Une nouvelle vague de transferts de routes nationales vers les départements intervient avec la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, un des actes législatifs entrant dans le cadre des actes II de la décentralisation où un grand nombre de compétences de l'État ont été transférées aux collectivités locales. Dans le domaine des transports, certaines parties des routes nationales sont transférées aux départements et, pour une infime partie, aux communes (les routes n'assurant des liaisons d'intérêt départemental)[8].

Le décret en Conseil d’État définissant le domaine routier national[9] prévoit ainsi que l’État conserve la propriété de 8 000 kilomètres d’autoroutes concédées et de 11 800 kilomètres de routes nationales et autoroutes non concédées et qu'il cède aux départements un réseau de 18 000 kilomètres[10].

Dans le département de la Dordogne, le transfert est décidé par arrêté préfectoral signé le 23 décembre 2005[11]. 111 kilomètres de routes nationales sont déclassées. La longueur du réseau routier national dans le département passe ainsi de 240  kilomètres en 2004 à 137 en 2006 pendant que celle du réseau départemental s'accroît de 4 827 à 4 962 kilomètres.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Consistance du réseau[modifier | modifier le code]

Le réseau routier comprend cinq catégories de voies : les autoroutes et routes nationales appartenant au domaine public routier national et gérées par l'État[12], les routes départementales appartenant au domaine public routier départemental et gérées par les conseils généraux[13] et les voies communales[14] et chemins ruraux[15] appartenant respectivement aux domaines public et privé des communes et gérées par les municipalités. Le linéaire de routes par catégories peut évoluer avec la création de routes nouvelles ou par transferts de domanialité entre catégories par classement ou déclassement, lorsque les fonctionnalités de la route ne correspondent plus à celle attendues d'une route de la catégorie dans laquelle elle est classée. Ces transferts peuvent aussi résulter d'une démarche globale de transfert de compétences d'une collectivité vers une autre.

Au 31 décembre 2011, la longueur totale du réseau routier du département de la Dordogne est de 18 939 kilomètres, se répartissant en 110 kilomètres d'autoroutes, 123 kilomètres de routes nationales, 4 965 kilomètres de routes départementales et 13 741 kilomètres de voies communales. Il occupe ainsi le 4e rang au niveau national sur les 96 départements métropolitains quant à sa longueur et le 43e quant à sa densité avec 2,1 kilomètres par km2 de territoire[16].

Trois grandes réformes ont contribué à faire évoluer notablement cette répartition : 1930, 1972 et 2005.

Le réseau de la Dordogne est constitué autour de deux grands axes à intérêt national :

L'évolution du réseau routier entre 2002 et 2011 est donnée dans le tableau ci-après[16].

Évolution du réseau routier entre 2002 et 2011
Catégorie de route 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Autoroutes 36 36 103 102 102 103 103 110 110 110
Routes nationales 256 256 240 128 137 129 129 129 129 123
Routes départementales 4 824 4 824 4 827 4 831 4 962 4 962 4 968 4 968 4 965 4 965
Voies communales 12 245 12 281 12 560 12 707 12 777 13 223 13 223 13 558 13 741 13 741
TOTAL 17 361 17 397 17 730 17 768 17 978 18 417 18 423 18 765 18 945 18 939

Autoroutes[modifier | modifier le code]

Autoroute A89, mise en service complètement en janvier 2008 par la réalisation du « chainon manquant »[17] au nord de Terrasson-Lavilledieu. Elle traverse le département d'ouest en est. Elle est concédée, donc avec péage, aux Autoroutes du Sud de la France.

Routes nationales actuelles[modifier | modifier le code]

Thiviers - Périgueux - Bergerac

Périgueux est contournée par l'est par la RN 221 et l'A89.

Trélissac - Saint-Laurent-sur-Manoire, contournement est de Périgueux.

Réalisations ou événements récents[modifier | modifier le code]

Réalisations passées[modifier | modifier le code]

  • Autoroute A89, traversant le département d'ouest en est, déclarée d'utilité publique en 1996 et mise en service entre 2001 et 2008, est la première autoroute en Dordogne. Cette autoroute est concédée à la société Autoroutes du Sud de la France (ASF).
  • Déviation de Pont-Saint-Mamet (commune de Douville), déclarée d'utilité publique en janvier 1998 et mise en service en mai 2001. Cette déviation fait partie de la RN21.
  • Déviation de Château-l'Évêque, déclarée d'utilité publique en décembre 1998 et inaugurée en juillet 2006. Cette déviation fait partie de la D939[18].
  • Déviation est de Bergerac, déclarée d'utilité publique en juin 1999. La partie sud-est a été mise en service en février 2004 ; la partie nord-est ayant fait l'objet d'un recours, n'a été mise en service qu'en mai 2010[19]. La déviation fait partie de la RN21.
  • Aménagement de la D709 entre Bergerac et Mussidan, débuté en 2003 et achevé en octobre 2007[20], pour un coût de 32 millions d'euros partagés entre le conseil général de la Dordogne, l'État et la région Aquitaine, il constitue une part importante dans le désenclavement de Bergerac et du sud-ouest du département et de son « rapprochement » de l'A89.
  • L'autre tronçon de la D709 entre Mussidan et Ribérac, dont les travaux avaient débuté en 1998, s'est achevé en décembre 2008[21].
  • Déviation de La Rochebeaucourt mise en service en décembre 2011. Elle facilite la circulation sur l'axe Angoulême-Ribérac en mettant en relation la D939 et la D12 sans passer à l'intérieur du bourg de La Rochebeaucourt et en évitant le passage étroit au-dessus de la Nizonne[22].
  • Contournement ouest de Bergerac[23] d'une longueur de 4,75 km permettant la liaison D936 - D709 (route de Bordeaux - route de Mussidan) en évitant Bergerac. Les travaux ont commencé en 2008 avec le giratoire sud et se sont poursuivis avec la construction du pont des Nebouts d'une portée de 126 mètres avec travée unique pour franchir la Dordogne au niveau d'une zone Natura 2000[24],[25]. Le tronçon de deux kilomètres entre les routes départementales 32 et 936 a été mis en service début juillet 2012[26]. Sur le site du Bout-des-Vergnes, les sépultures d'une nécropole mérovingienne des Ve et VIe siècles sont mises au jour en novembre 2012 lors du chantier[27]. L'ouverture du tronçon restant entre les RD 32 et RD 709 est effectuée fin juin 2013[28].

Réalisations en cours ou futures[modifier | modifier le code]

  • Déviation de Sarlat, dont le premier tronçon d'une longueur de 3,6 km, à l'ouest (D6-D46 : route de Périgueux - route de Vézac), est mis en service en juillet 2010[29]. Un deuxième tronçon en milieu urbain long de 300 mètres est inauguré au sud en décembre 2012 (D 46 - D704 : route de Vézac - route de Souillac) [30]. Une dernière phase de travaux est prévue à partir de 2015 au nord entre la D6 et la D704 (route de Périgueux - route de Montignac)[31].
  • Contournement sud de Nontron d'une longueur de 4,35 km permettant la liaison D675 - D707 en évitant Nontron, envisagé pour 2013[32].
  • Le contournement nord-ouest de Ribérac entre les routes départementales 5 à l'ouest et 708 au nord fera approximativement 3,5 km de long. Les travaux devraient démarrer en 2016[34].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour la zone de Périgueux, pour la zone de Bergerac et pour la zone de Sarlat sur Gallica
  2. Carte Levasseur du département de la Dordogne sur Wikimedia Commons
  3. Jacques Borredon, Code de la voirie routière et textes annexes - explicitations et commentaires, Editions du Papyrus,‎ mars 2006, 645 p. (lire en ligne), p. 22-23-87
  4. Fac-simile du décret signé par le Président de la République Gaston Doumergue, publié au Journal officiel en date du 6 juin 1930, classant une partie du réseau routier national dans le domaine public routier départemental, sur le site de Wikisara
  5. « Projet de loi relatif aux libertés et aux responsabilités locales - Chapitre 1 - la voirie », sur le site du Sénat (consulté le 11 février 2012)
  6. Rapport sur le transfert du réseau de la voirie nationale secondaire dans la voirie départementale, Conseil général du Loiret, séance du 6 décembre 1972
  7. Fac-simile de l'arrêté interministériel publié au Journal officiel en date du 27 décembre 1973, déclassant une partie du réseau routier national dans le domaine public routier départemental, sur le site de Wikisara
  8. « La décentralisation : acte II », sur www.vie-publique.fr,‎ 17 février 2005 (consulté le 11 février 2012)
  9. Décret no 2005-1499 du 5 décembre 2005 relatif à la consistance du réseau routier national
  10. « Rapport d'information sur la mise en application de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. », sur le site de l'Assemblée nationale,‎ 17 février 2005 (consulté le 11 février 2012) p. 42
  11. Fac-simile de l'arrêté préfectoral signé le 23 décembre 2005, déclassant une partie du réseau routier national dans le domaine public routier départemental, sur le site du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire
  12. Art. 123-1 du Code de la voirie routière
  13. Art. 131-1 du Code de la voirie routière
  14. Art. 141-1 du Code de la voirie routière
  15. Art. 161-1 du Code de la voirie routière
  16. a et b « Mémento de statistiques des transports, Chapitre 3 : Transports urbains et routiers, 1re partie : 3.3 Réseaux », sur le site Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire / Économie et statistiques. (consulté le 30 octobre 2012)
  17. Autoroutes du Sud de la France, communiqué de presse du 14 janvier 2008
  18. [PDF] Vivre en Périgord n° 5, p. 10, septembre 2006.
  19. [PDF] Vivre en Périgord n° 26, p. 5, juillet 2010.
  20. [PDF] Vivre en Périgord n° 12, p. 5, novembre 2007.
  21. [PDF] Vivre en Périgord n° 18, p. 7, janvier 2009.
  22. [PDF] Vivre en Périgord n° 32, p. 10, janvier 2012.
  23. [PDF] Tracé de la déviation sur Vivre en Périgord n° 19, p. 8, mars 2009.
  24. [PDF] Vivre en Périgord n° 21, p. 10, septembre 2009.
  25. [PDF] Vivre en Périgord n° 27, p. 9, octobre 2010.
  26. Pauline Pierri, Un grand pas de 2 km, Sud Ouest édition Dordogne du 9 juillet 2012.
  27. Retard pour la rocade Ouest de Bergerac, Sud Ouest édition Dordogne du 23 novembre 2012.
  28. Le dernier tronçon du contournement Ouest de Bergerac ouvert à la circulation sur France Bleu, consulté le 2 juillet 2013.
  29. [PDF] Vivre en Périgord n° 27, p. 8, octobre 2010.
  30. Thierry Dumas, Déviation sud de Sarlat : vers la fin des bouchons ?, Sud Ouest du 21 décembre 2012, consulté le 22 décembre 2012.
  31. [PDF] Vivre en Périgord n° 25, p. 10, mai 2010.
  32. [PDF] Vivre en Périgord n° 32, p. 4, janvier 2012.
  33. a et b [PDF] Vivre en Périgord n° 34, p. 7, juillet 2012.
  34. [PDF] Contournement de Ribérac : présentation publique du projet dans Vivre en Périgord no 38, p. 4, juillet 2013.