Réseau routier de Guyane

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En raison de la superficie de la Guyane, le réseau routier guyanais est jugé peu dense. Ce réseau a d'abord été exclusivement situé sur le littoral (RN1), pour desservir les zones devenues les plus peuplées de Guyane.

L'accès aux communes de l'intérieur se fait grâce à des moyens complémentaires de transport, comme la pirogue ou l'avion (desserte quotidienne pour Saül et Maripasoula par exemple) ou plus rarement l'hélicoptère. Le quad est également de plus en plus utilisé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le réseau routier est apparu vers les années 70, il y avait que la RN1 reliant Cayenne à Matoury par les zones Collery.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2009, la longueur totale du réseau routier principal du département de la Guyane se répartit en 440 kilomètres de routes nationales, 408 kilomètres de routes départementales et 1 311 kilomètres de voies communalLes es[1].

Réseau de routes nationales[modifier | modifier le code]

Voies express aux alentours de Cayenne

Ces routes constituent l'armature du réseau. Elles relient les principales villes guyanaises (Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni) entre elles et à l'aéroport principal de Cayenne.

Il existait quatre routes nationales (RN1, RN2, RN3, RN4). Depuis les lois de décentralisation du gouvernement Raffarin, il ne reste plus que deux routes nationales (RN1, RN2) d'une longueur totale d'un peu moins de 450 km (en 2011).

Elles sont soumises à des restrictions de poids en saison des pluies (48 tonnes en saison sèche, 32 tonnes en saison des pluies, hors ponts). Certaines très petites portions autour de Cayenne sont des voies rapides permettant le contournement ou l'entrée dans l'agglomération cayennaise. Elle totalisent à elles toutes environ 6 km...

Ces routes traversent les grands fleuves guyanais sur des ponts parfois impressionnants (ex : le pont sur la rivière de Cayenne est long de 1 225 m). Avant leur construction relativement récente (à Régina, le pont sur l'Approuague fut inauguré en 2004), des pirogues, puis des bacs transportaient personnes et marchandises, ainsi que véhicules d'une rive à l'autre.

Route nationale 1[modifier | modifier le code]

La route nationale 1 ou « RN1 » peut être divisée en deux portions. La première portion comprend les voies expresses qui mènent du carrefour Leblond au carrefour de Balata. Il s'agit de voies express.

L'autre tronçon de la RN1 relie Cayenne, au niveau du carrefour de Balata à Saint-Laurent-du-Maroni (limitrophe du Suriname).
Au passage elle dessert dans l'ordre les communes de Macouria, Kourou, Sinnamary, Iracoubo.

Cette route fut détournée dans les années 1990, pour les besoins du centre spatial guyanais. En effet l'ancien tronçon Kourou-Sinnamary traverse celui-ci. Il est aujourd'hui interdit au public et rebaptisé « route de l'espace ».

Route nationale 2[modifier | modifier le code]

La route nationale 2 (RN2) relie Cayenne à Saint-Georges-de-l'Oyapock (limitrophe au Brésil). Ça a été le grand chantier routier des années 1990-2010. Prolongée par la BR-156, elle rejoindra Oiapoque en traversant la frontière entre le Brésil et la France lorsque le pont sur l'Oyapock sera inauguré (inauguration prévue fin 2014). En raison des conditions météorologiques en saison des pluies, ce chantier a été particulièrement difficile. Pour les mêmes raisons, la route, terminée en 2005, subit une dégradation continuelle que les services d'entretien peinent à contenir (présence de nids de poule, surtout sur la section Régina - Saint-Georges-de-l'Oyapock).

Ce chantier piloté par la DEAL a fait l'objet d'une étude d'impact et de mesures compensatoires pour limiter son impact environnemental. Néanmoins la contribution de cet axe à la fragmentation des écosystèmes forestiers reste un problème majeur, de même que son rôle facilitateur pour une pénétration, chasse, et exploitation pas toujours légale de la forêt ou de l'or.

La vitesse a été limitée à 70 km/h, par arrêté préfectoral 412 a du 14 février 2005, du point zéro dit carrefour giratoire de Balata à Saint-Georges-de-l'Oyapock, pendant les travaux d'amélioration de la voirie. Depuis 2010, la circulation est de nouveau limité à 90 km/h sur toute la RN2, hors agglomération.

Depuis le 1er mars 2013 (18h00), un barrage permanent de gendarmerie (sur la rive ouest du pont de Régina (4°17'23.04"N - 52° 8'18.87"O) permet le contrôle de tous les véhicules, afin de lutter contre les différents trafics, plaies de la Guyane, comme l'orpaillage clandestin, ou passages de clandestins. Ce même type de barrage est présent à Irracoubo, sur la RN1.

Réseau de routes départementales[modifier | modifier le code]

On distingue deux types de route départementale :

  • les routes départementales en milieu urbain. Elles ont le statut de boulevard urbain (exemple: RD2 route de Rémire-Montjoly, RD18 rocade de Cayenne).
  • les routes départementales en milieu rural.
pont de Saut Sabbat

Ce sont des routes plus petites (type « routes de campagnes ») qui supportent un trafic moins dense. Elles desservent les villages du littoral. La longueur totale du réseau départemental était de l'ordre de 400 km en 2005. La traversée des petits cours d'eau se fait par l'intermédiaire de chaussées posées sur des buses, tandis que les fleuves et rivières sont traversés par des ponts.

Anciennes routes nationales[modifier | modifier le code]

Ex-Route nationale 3[modifier | modifier le code]

L'ancienne route nationale 3 (RN3), devenue route départementale en 2007, relie le port de Dégrad-Des-Cannes au rond-point des Maringouins. Elle a été construite entre 1971 et 1973 afin de faciliter le transit des marchandises entre le port et le centre spatial guyanais de Kourou.

C'est sur cette route qu'a eu lieu le glissement de terrain dit « de Cabassou » en 2000 qui a vu se déverser 300 000 m3 de terre sur la chaussée faisant 10 morts (dont 2 automobilistes).

Ex-Route nationale 4[modifier | modifier le code]

L'ancienne RN4, devenue route départementale en 2007, située sur la commune de Matoury, relie le bourg de Matoury à Rémire-Montjoly, entre le carrefour Califourchon et le carrefour Adélaide

Autres routes départementales[modifier | modifier le code]

Voici la liste des routes départementales :

Route départementale Longueur (en mètres) Communes traversées
RD1 21 784 Cayenne et Rémire-Montjoly
RD1bis 1 186 Cayenne (Avenue d'Estrées (Jean II d'Estrées))
RD2 12 490 Cayenne et Rémire-Montjoly
RD3 4 770 Cayenne
RD3bis 860 Cayenne (Scource de Baduel)
RD4 1 267 Cayenne (Route de Bourda)
RD5 37 827 Macouria et Montsinéry-Tonnegrande
RD6 61 467 Matoury, Roura et Régina
RD7 16 507 Sinnamary (Route de l'Anse)
RD8 33 581 Mana
RD9 33 307 Mana et Saint-Laurent-du-Maroni
RD10 12 240 Mana (Route de l'Acouarany)
RD11 15 558 Saint-Laurent-du-Maroni (Route de Saint Jean)
RD11bis 395 Saint-Laurent-du-Maroni (Route du Port)
RD12 6 265 Montsinéry-Tonnegrande
RD13 13 019 Kourou (route de Guatémala
RD14 3 493 Montsinéry-Tonnegrande
RD15 3 730 Kourou
RD16 5 829 Kourou
RD17 3 200 Cayenne (Route Madeleine)
RD18 3 200 Cayenne (Rocade de Cayenne)
RD19 5 529 Matoury (route du Larivot)
RD19bis 500 Matoury
RD20 2 729 Régina
RD21 895 Sinnamary et Saint-Élie
RD22 20 598 Mana et Awala-Yalimapo
RD51 750 Saint-Georges-de-l'Oyapock
RD51.1 3 200 Macouria et Montsinéry-Tonnegrande (Route Mariva)
RD53 2 120 Saint-Laurent-du-Maroni (Route Saint Maurice)
RD54 3 000 Maripasoula
RD55 3 000 Saül
RD181 705 Cayenne
RD191 895 Matoury

Réseau de pistes forestières[modifier | modifier le code]

La RN2 lors de sa construction se présentait comme une large piste forestière latéritique. Elle a ensuite été peu à peu bitumée. Localement, la route se fait plus étroite pour inviter les animaux à la traverser plus facilement là où la canopée est presque jointive. Ce rapprochement des "rives" de la route doit jouer le rôle d'écoduc. Il le joue, mais imparfaitement et que pour certaines espèces.

Les pistes forestières sont parfois difficilement praticables et souvent interdites à la circulation. Ce sont des voies de communications théoriquement réservées aux activités d'exploitation forestière et d'orpaillage légal. Les principales pistes sont :

Existent aussi de très nombreux layons forestiers perpendiculaires aux routes, plus ou moins entretenus et matérialisés.

De nombreuses localités ne sont pas actuellement reliées au réseau routier bitumé : Ouanary, Camopi, Kaw (la route mène à un débarcadère), Saül, Saint-Élie, Grand-Santi, Papaïchton, Maripasoula, Apatou (route presque terminée, mais déjà facteur d'exploitation intense de ses abords, comme le montrent les images satellitaires notamment).

Projets routiers[modifier | modifier le code]

Divers projets routiers sont plus ou moins aboutis, dont :

Le coût de la route d'Apatou fut de 58 millions d'euros pour 54 kilomètres[2], financé pour plus de 90 % par la région Guyane, le reste étant financé par le FEDER. Elle permet de faire la liaison entre Apatou et Saint-Laurent-du-Maroni en environ 45 minutes alors qu'il fallait compter 4 heures de pirogue auparavan, ce qui permet aux lycéens scolarisés à Saint-Laurent de ne plus être scolarisé en internat.

L'intérêt de ces projet est discuté :certains habitants des zones dites « enclavées » peuvent ne pas être forcément demandeurs de telles infrastructures, même si les élus sont globalement en faveur de projets de désenclavement. Les principaux opposants à ces projets restent les écologistes pour qui ces routes amènent dégradation de l'écosystème, orpaillage ou du développement économique. Le bouleversement culturel et économique pour les communautés amérindiennes et bushinengues qui vivent sur les bords des fleuves depuis des siècles ne serait pas suffisamment pris en compte dans ces projets (exode rural, société de consommation).
Enfin, les routes sont un facteur important de morcellement des écosystèmes forestiers. La plupart des animaux forestiers ne traverse pas les routes tropicales, et ceux qui le font s'exposent à une prédation accrue, et localement aux chasseurs qui les attendent. Cette fragmentation de la forêt guyanaise ainsi qu'une éventuelle apparition de fronts pionniers auraient aussi d'importantes conséquences pour l'équilibre écologique des régions encore épargnées par ces phénomènes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]