Smart grid

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Le smart grid est une des dénominations d'un réseau de distribution d'électricité « intelligent » qui utilise des technologies informatiques de manière à optimiser la production, la distribution, la consommation et qui a pour objectif d’optimiser l’ensemble des mailles du réseau d'électricité qui va de tous les producteurs à tous les consommateurs[1] afin d’améliorer l'efficacité énergétique de l'ensemble.

L'apport des technologies informatiques devrait permettre d'économiser l'énergie en lissant les pointes de consommation et en diminuant les capacités de production en pointe qui sont les plus coûteuses, de sécuriser le réseau et d'en réduire le coût.

C'est aussi une réponse (partielle) à la nécessité de diminuer les émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le réchauffement climatique.

C'est (lorsqu'il est associé à un système distribué constitué de très nombreuses micro-centrales) l'un des 5 piliers de la « Troisième révolution industrielle » proposée et promue, notamment par Jeremy Rifkin[2].

Schéma théorique d'un réseau d'interconnexion entre l'Europe, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient

Terminologie[modifier | modifier le code]

Il n’existe pas vraiment de traduction à l’expression anglaise smart grid, qui est inspirée de power grid désignant le réseau de distribution d'électricité. Ainsi, le mot smart met l’accent sur « l’intelligence » apportée par l’informatique au réseau de distribution d’électricité. Le GDT propose la traduction « réseau de distribution d’électricité intelligent »[3]. Certains utilisent plus simplement « réseau électrique intelligent »[4] ; c'est en particulier cette expression qui a été retenue dans le Vocabulaire de l'Énergie paru au Journal Officiel[5].

D’autres expressions sont employées en anglais comme : smart electric grid, smart power grid, intelligent grid, IntelliGrid, future grid ou SuperSmart Grid, Smart City

Intérêt du réseau intelligent[modifier | modifier le code]

Sachant que l'électricité ne peut pas être stockée facilement, rapidement et économiquement en grandes quantités, les technologies du « réseau intelligent » cherchent à ajuster en temps réel la production et la distribution (offre et demande) de l’électricité en hiérarchisant les besoins de consommation (quantité et localisation) selon leur urgence afin de :

  • optimiser le rendement des centrales ;
  • éviter d'avoir à construire régulièrement de nouvelles lignes ;
  • minimiser les pertes en ligne ;
  • optimiser l'insertion (aléatoire) de la production décentralisée, en particulier d'origine renouvelable ;
  • diminuer ou éliminer les problèmes liés à l'intermittence de certaines sources (solaires, éolien, énergie marémotrice, et à moindre titre hydroélectricité)[6].

Selon un sondage fait par Accenture, les 2/3 des cadres de services publics interrogés en 2013 à propos des réseaux intelligents pensent que les bénéfices retirés des réseaux électriques intelligents devraient dépasser les premières estimations, mais 85 % de ces sondés pensent aussi qu'il faudra relever des défis organisationnels majeurs, avec d'importants changements du « paysage concurrentiel » de l'industrie de l'énergie, avec une production décentralisée et distribuée d'électricité et de nouveaux modes de gestion de la demande. Une clé du succès sera selon ces cadres l'accès mondial aux compétences informatiques nécessaires au déploiement de réseaux intelligents, mais seuls 25% de ces cadres estiment qu'ils ont déjà ces compétences et les capacités analytiques nécessaires et plus de 80 % jugent nécessaires de nouvelles "boîtes à outils" et une nouvelle gouvernance des données permettant le fonctionnement de tels réseaux. Les freins seront selon eux l'investissement, la réglementation et la technologie. Et la priorité d'ici 2030 devrait être d'améliorer les outils d'analyse et d'exploration de données.
Une évaluation plus approfondie également faite par Accenture (2013) estime que chaque compteur nord-américain pourrait permettre une économie de 40 à 70 US$ par an[7].

Une consommation variable[modifier | modifier le code]

Dans un réseau électrique classique, la consommation d’électricité et donc la production doivent, à chaque instant, être en parfaite adéquation avec la demande des utilisateurs (industriels et particuliers) ; cette demande est variable et ne peut pas être complètement maîtrisée, sauf dans une certaine mesure par exemple par les systèmes tarifaire des « heures creuses » en France ou par les contrats d'effacement de consommation électrique). La production doit s’adapter instantanément à la demande pour préserver la stabilité du réseau en termes de tension et de fréquence.

Les réseaux intelligents grâce aux technologies (compteur intelligent) permettant d’agir sur la demande et grâce aux réseaux informatiques reliant producteurs, distributeurs et consommateurs permettront d’adapter, en partie, la consommation aux capacités instantanées de production, notamment en décalant certaines consommations en dehors des heures de pointe et en optimisant les systèmes dits d'« Effacement de consommation électrique »[8]. L'asservissement d'une partie de la consommation (industrielle et domestique) à la production disponible, permettra ainsi de diminuer les pics de consommation et donc de réduire les capacités maximales de production dans une zone géographique donnée.

Optimiser la production[modifier | modifier le code]

Certaines centrales ont une production très irrégulière du fait de leur source d'énergie (centrales solaires ou éoliennes). D'autres centrales électriques ont souvent un niveau de « production optimal » permettant d’obtenir un « rendement optimum » et l’idéal serait de les faire fonctionner en permanence à ce rendement optimum quelle que soit la consommation;

Certaines centrales peuvent être démarrées très rapidement (par exemple, les centrales hydrauliques) alors que d'autres nécessitent des temps de mise en route et d’arrêt plus longs, par exemple, les centrales nucléaires ont besoin d’un certain temps pour entrer en production et fonctionner de manière optimale.

Le réseau "smart-grid" doit concilier et optimiser ces différents paramètres pour tirer le meilleur parti de la production et de la distribution.

Optimiser l'acheminement de l'électricité[modifier | modifier le code]

L'acheminement de l'électricité se fait à travers un réseau « maillé » de lignes hautes et moyennes tensions. Chaque maille de ce réseau peut être activée ou désactivée en fonction des impératifs de maintenance, des impondérables de distribution et des besoins de consommation, sachant que chaque maille peut aussi devenir indisponible à des moments imprévisibles (ligne mise hors service ou endommagée par le vent, la glace, une chute d'arbre, etc.)

Le maillage du réseau s'effectuant de plus en plus souvent au niveau international, il doit :

  • respecter des règles techniques (par exemple : tension ou fréquence différentes entre pays) et économiques ;
  • minimiser les pertes en lignes pour éviter de produire inutilement (par exemple pour réchauffer l’atmosphère en faisant chauffer les lignes conductrices) sachant que chaque maille du réseau a une capacité de transport qu'il est souhaitable de ne pas dépasser (risque de fragilisation, voire de destruction d'une ligne ou d'un équipement).

Le réseau concerné par les technologies « smart grid » est plus particulièrement le réseau de distribution (incluant : les compteurs intelligents « Linky en France », les productions décentralisées et des actions sur la consommation, etc.).

Le réseau actuel a été construit sur une architecture historique "top-down", le producteur fournit l’énergie totale nécessaire au réseau sans trop se préoccuper de chacun des consommateurs, de ses besoins et des pertes en lignes. L'acheminement s'effectue depuis les centrales de production au travers du réseau de transport, vers le consommateur en passant par le réseau de distribution. Le réseau smart grid doit être conçu pour permettre d'utiliser au maximum la production locale ou régionale afin d'éviter de transporter l’électricité sur de longues distances. Pour cela le réseau doit fonctionner en mode interactif (top-down, et bottom-up) en tenant compte des contraintes de chacun (producteur/distributeur/consommateur). L'intelligence va ainsi se répartir sur l'ensemble des réseaux de production et de distribution et plus particulièrement vers les niveaux locaux de contrôle et d'observation qui constituent les réseaux de moyenne et basse tension et vers les consommateurs d'électricité.

Avec le smart grid, les mécanismes de régulation de la demande (en fonction du prix et de la production disponible à un instant donné) permettront de diminuer la capacité maximale de production (via l’étalement des pointes de consommation).

Contrôle du réseau[modifier | modifier le code]

Pour contrôler en permanence les différents paramètres du réseau en termes de capacité, de production, de charge du réseau et les besoins des utilisateurs, un certain nombre de mesures doivent être réalisées tout au long de la chaîne afin de déterminer la configuration optimale de l'ensemble du réseau et son potentiel[9].

Deux démarches existent, éventuellement complémentaires :

  1. Un traitement centralisé de toutes ces mesures (au niveau d'une région, d'un pays voire d'un continent), ce qui implique des moyens de communication et de traitement importants, qui ne peuvent être réalisés sans des moyens de communication et de traitement temps réel importants. Cette solution correspondrait à un système centralisé basé sur un réseau rayonnant à partir de grandes centrales électriques, sécurisé par des interconnexions.
  2. Une part croissante d'auto-contrôle par le smart grid, dans le cadre d'un réseau devenu « intelligent » et communiquant à haut débit[10], où l'autoproduction, l'autoconsommation et la production locale consommée latéralement prendraient de l'importance. Cette solution répond mieux aux besoins d'un réseau décentralisé, tel celui promu par Jeremy Rifkin avec un « Internet de l'énergie », base d'une « troisième révolution industrielle ».

Dans les deux cas, sans l'apparition conjointe de systèmes de mesure, de télécommunication et de contrôle[10], sans ordinateurs assez puissants et sans les logiciels adaptés et optimisés, le « smart grid » n'existe pas.

Solution adaptée aux régions émergentes et aux pays en développement[modifier | modifier le code]

Selon Thierry Legrand, en Afrique et dans les régions isolées où le réseau électrique centralisé n'est pas encore parvenu, ou là où il est embryonnaire et souvent en panne, le smartgrid pourrait permettre de passer directement aux solutions efficiente, d'autant que ces régions sont souvent riches en ressources éoliennes hydraulique ou photovoltaïque (sahel par exemple) et que les smartgrids pourraient diminuer les temps de coupure, améliorer l'approvisionnement et faciliter l'usage d'énergies propres, sûres et renouvelables, mais son développement se heurte à la précarité économique[11]. Le Cameroun et la République de Djibouti ont déjà choisi les compteurs communicants qui doivent permettre à chacun de suivre sa consommation, faciliter l'effacement de consommation électrique et prioriser les équipements électriques les plus utiles[11]. Des solutions innovantes de type microgrids sont adaptées aux EnR (intermittentes et utilisées selon une géographie "clairsemée", proches des consommateurs tels que des réseaux photovoltaïques et de petit éolien domestiques)[11]. Ils pourraient faire de l'Afrique un « laboratoire géant » de l'efficience énergétique si grâce à un accompagnement pédagogique adéquat les nouveaux usagers de l'électricité acquièrent d'emblée « les bons réflexes »[11]. Ce locavorisme énergétique est adapté aux économies rurales et selon Thierry Legrand des tiers investisseurs pourraient rentabiliser leurs investissements assez rapidement (il évalue à 750 €/personne le besoin d'investissements solaires pour une consommation de 128 kWh/an en Afrique de l'Ouest[11]).

Technologies et moyens mis en œuvre[modifier | modifier le code]

La mise en œuvre, sur le réseau de distribution électrique existant, de capteurs reliés à un réseau informatique et à un puissant système d'analyse capable de s'appuyer sur des données prospectives de court, moyen et long terme, doit permettre un meilleur ajustement de la production et de la consommation d'électricité, avec les avantages suivants :

  • Optimiser la fourniture d'électricité lors des pics de consommations, en lissant la courbe de charge, permettant ainsi de réduire la production d'électricité par les énergies fossiles ;
  • Diminution des pannes en réduisant la surcharge des lignes;
  • Réduction des pertes en ligne
  • Intégration au réseau facilitée pour un bouquet de sources d'énergie propre; sûres et complémentaires, mais souvent irrégulières et diffuses telles que les éoliennes domestiques, hydroliennes, fermes éoliennes, panneaux solaires domestiques, centrales solaires, petite hydraulique, les sources marémotrices, etc.
  • Transferts facilités et optimisés de la production électrique sur de grande distance.

Bien que certaines technologies soient estampillées smart grid, le terme se réfère plutôt à un ensemble homogène de technologies qu'à un item précis.

L'émergence des réseaux intelligents est incitée par l'évolution des logiques législatives introduites par l'ouverture des marchés de fourniture d'électricité à la concurrence, ainsi, les apports précédents proviennent principalement du gestionnaire de réseau de distribution, mais d'autres apports des réseaux intelligents concernent directement les clients finaux en lien avec leur fournisseur d'énergie:

  • Encourager le consommateur à consommer à l'heure où l'énergie est la plus abondante (et la moins chère) et donc optimiser sa facture, à travers notamment des offres tarifaires nouvelles rendues possibles par le compteur intelligent (smart meter),
  • Réaliser une "réponse en flux tendu" en fonction des besoins en consommation / production des utilisateurs, en consommant par exemple l'énergie produite à proximité de chez soi (panneaux photovoltaïques, Éoliennes...)

Efficacité[modifier | modifier le code]

Selon le Département de l'Énergie des États-Unis, si les technologies de réseau intelligent rendaient le réseau électrique américain plus efficace de 5 %, cela équivaudrait à une économie en termes d'émission de gaz à effet de serre de 53 millions de voitures[12], et l'amélioration du réseau grâce à ces technologies devrait permettre une économie de 46 à 117 milliards de dollars d'ici à 2023[13].

Selon une autre étude[14],[15], l'Europe pourrait de son côté grâce à un « super-réseau intelligent » (SuperSmart Grid, SSG[16]) sécuriser son alimentation énergétique, en développant les énergies douces, renouvelables et décentralisées, tout en diminuant fortement ses contributions à l'effet de serre. Ce réseau permettrait même selon l'étude de basculer dès 2050 sur un réseau uniquement alimenté par des énergies propres, sûres et renouvelables[17], un projet s'étendant jusqu'en 2011, bénéficiant de 10 millions d'euros dans le cadre du programme cadre européen[18] et visant à étudier les impacts des changements climatiques en zone méditerranéenne et des solutions aux principaux problèmes posés.

À Taïwan, où le groupe Taiwan Power (en), principal énergéticien de l'île estime que le réseau intelligent est le seul moyen de « contourner la paresse humaine », ce dernier estime pouvoir faire économiser 10 %, rien qu'en gérant de manière automatique les équipements de veille, et 10 à 20 % supplémentaires en faisant de même avec la climatisation[19].

Cependant, certains experts tels que Philippe Bihouix[20], estiment cette solution insuffisante pour faire face à la raréfaction des ressources naturelles, énergies fossiles et métaux. Selon eux, ce sont des solutions « high-tech », qui restent soumises à la perspective de rendements décroissants, et qui ne peuvent se substituer à long terme à une néces­saire baisse de la con­som­ma­tion nette de matières pre­mières non renou­ve­lables, et au ralen­tisse­ment des « inno­va­tions » qui font un usage inten­sif des ressources non renou­velables, notam­ment dans les nouvelles technologies[21].

Compteurs intelligents[modifier | modifier le code]

L'expression smart grid est souvent associée au concept de compteur intelligent (smart meter) capable de donner une facturation par tranche horaire permettant aux consommateurs de choisir le meilleur tarif chez les différentes entreprises productrices, mais aussi de jouer sur les heures de consommation, permettant ainsi une meilleure utilisation du réseau électrique. Un tel système permettrait aussi de cartographier plus finement les consommations et de mieux anticiper les besoins, à l'échelle locale.

En France par exemple, Linky[22], le compteur intelligent d'ERDF sera une véritable révolution pour développer le concept Smart grid. Associé aux équipements de la maison communicante, en particulier certaines box ou gestionnaires d'énergie chez les usagers, il devrait permettre de généraliser le pilotage tarifaire des équipements de l'habitat pour faciliter la gestion de la production et de la charge électrique qui transite sur les réseaux (exemple : pilotage de la charge des véhicules électriques, du chauffage électrique par radiateurs électriques ou pompes à chaleur, de la climatisation, de la mise en marche des machines à laver ou des sèche-linge, etc.).

Des prises intelligentes ou ploggs, éventuellement gérées par des logiciels de type middleware, permettent de doter les appareils non communicants de fonctions de communication simples.

Les grandes entreprises du secteur de l'informatique, comme Google et Microsoft[23], travaillent sur ces compteurs intelligents pour en faire des interfaces de suivi (tableaux de bord) de la consommation. L'utilisateur peut alors connaître le détail de sa consommation, par pièce, par interrupteur, par période, par type d'équipements, et connaître les postes sur lesquels des économies d'énergie sont possibles[24].

Pour accompagner le développement des Smart Grids, et faciliter l'intégration des énergies solaires et éoliennes sur les réseaux, deux nouvelles normes d'interopérabilité entre les appareils et terminaux et les réseaux électriques intelligents ont été lancées en 2012 par l'ETSI (European Telecommunications Standards Institute) et l’Esna (Energy Services Network Association), pour la zone de l'Union européenne[25]. L’« Open Smart Grid Protocol » est une nouvelle couche de protocole de communication standard et le « BPSK Narrow Band Power Line Channel for Smart Metering Applications » précise le mécanisme de contrôle du réseau à travers une « ligne électrique haute performance à bande étroite ».

Acceptabilité par le public et enjeux économiques[modifier | modifier le code]

Ce réseau, s'il se développe, donnera aux opérateurs des informations indirectes et directes sur la vie privée (horaires et activité des habitants). Néanmoins sa capacité annoncée à améliorer le rendement énergétique et à générer des économies sur les factures individuelles, semblent faciliter son acceptation par le public. Cette acceptation par les utilisateurs est d'autant plus importante qu'une partie des bénéfices du smartgrid en dépend[26], mais elle reste à démontrer. C'est pourquoi en France, l'ADEME, sous l'impulsion du Ministère du développement durable, a lancé des appels à manifestations d'intérêts[27] courant 2009 visant à démontrer l'efficacité énergétique apportée par le concept smart grid tout en favorisant l'intégration des énergies renouvelables distribuées. Les projets attendus devront être en cohérence avec la Feuille de Route « réseaux et systèmes électriques intelligents intégrant les énergies renouvelables »[28], les principaux objectifs doivent : favoriser l'intégration des énergies renouvelables sur les réseaux de distribution; participer à l'amélioration de l'efficacité énergétique, développer de nouveaux modèles d'affaires pour la vente de l'énergie, et enfin intégrer le compteur intelligent comme vecteur technologique et économique pour faciliter la gestion active de la demande.

Par ailleurs un des thèmes du grand emprunt 2010 traite des réseaux intelligents, et vise notamment à satisfaire les engagements du Grenelle 2 à travers le développement des réseaux intelligents et son impact sur le grand public (amélioration énergétique, bilan économique long terme...). Les attributions de l'ADEME et celles issues du grand emprunt sont prévues pour fin 2010 début 2011, et devraient concerner les grands acteurs de l'énergie : producteurs, gestionnaires des réseaux de distribution, acteurs commerciaux, mais aussi industriels, institutions, universités...

Après que le président Obama a annoncé un investissement de 3,4 milliards de dollars pour la transition Spur Energy Smart Grid et le financement d'un large éventail de technologies qui visent à stimuler la transition vers un réseau électrique intelligent et efficient, deux sondages montraient fin 2009 que la population des États-Unis souhaitait que les producteurs d’électricité fassent plus appel aux sources renouvelables (25 % d'ici 2025) pour l’électricité[29], ce qui demande un réseau plus souple et intelligent et que 74 % des américains se disaient prêts à modifier leur comportement via de nouvelles technologies pour économiser l’énergie, si leur facture d’électricité était allégée, et souhaitaient à 88 % que les autorités investissent dans de nouvelles technologies[29].

Aspects financiers[modifier | modifier le code]

Les réseaux de distribution directement concernés par le concept smart grid ont été conçus initialement pour distribuer l'énergie de l'amont vers l'aval ("des centrales vers les consommateurs"). Avec la production décentralisée (photovoltaïque, éolien...) et avec la modification des utilités (véhicule électrique), la donne est en train de changer. L'émergence des smart grids fait apparaître ainsi de vraies questions financières pour définir à qui profitent ces nouvelles technologies :

  • à l'utilisateur final ? Peut-être à condition que les fournisseurs d'énergie parviennent à facturer l'énergie consommée en tenant compte que cette énergie provient du panneau photovoltaïque du quartier par exemple, les tarifs d'acheminement du distributeur évolueront probablement,
  • au gestionnaire de réseau de distribution (principalement ERDF en France) ? peut-être, si ce dernier redéfinit une nouvelle politique d'investissements visant à ne pas développer de nouveaux réseaux en profitant des producteurs décentralisés, en jouant sur la courbe de charge à travers les compteurs intelligents, en appliquant de nouvelles règles pour par exemple "délester" des appareils chez l’utilisateur (exemple machine à laver, véhicule électrique...)
  • aux industriels, si un nouveau marché apparaît, en associant notamment les acteurs de l'électrotechnique et les acteurs des télécommunications,
  • aux institutions, si l'efficacité énergétique proposée par le smart grid devient réelle et permet de satisfaire la politique énergétique définie par les gouvernements
  • aux fournisseurs d'énergie, s'ils parviennent à maîtriser parfaitement l'équation offre-demande de leurs utilisateurs en pilotant notamment des charges électriques en aval du compteur (ce qui sera sans doute possible avec le compteur intelligent)

L'équation économique n'est donc pas encore définie, les démonstrateurs de l'ADEME viendront éclairer les autorités sur les choix les plus pertinents.

Le smart grid étant un concept novateur, les références restent à bâtir, il existe de nombreux articles sur le sujet, mais le concept varie d'un pays à l'autre, seul le réseau de distribution est toujours au centre de la problématique.

Prospective[modifier | modifier le code]

Avec le développement de l'Internet et l'apparition de compteurs d'eau et de gaz « intelligents », des prospectivistes comme Jeremy Rifkin prévoient l'émergence proche d'un Internet de l'énergie, qui pourrait également s'étendre aux réseaux et systèmes de transports intelligents promus par l'Europe notamment[30].

Ce concept est souvent associé à celui de « smart-city »[31]. Le 27 juillet 2014, un rapport produit par Whatech a annoncé que le marché des smart grids a un potentiel de 4,1% de croissance annuelle mondial entre 2014 et 2018[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Que sont les smart grids ?, sur le site fournisseurs-electricite.com
  2. 2012, Jeremy Rifkin : La troisième révolution industrielle. Comment le pouvoir latéral va transformer l'énergie, l'économie et le monde Éditions Les Liens qui libèrent, ISBN 2918597473
  3. « smart grid », sur Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le 15 juillet 2012)
  4. [PDF]Les réseaux électriques intelligents en France à l’horizon 2015-2020, sur le site xerfi.fr - consulté le 27 juillet 2012
  5. Vocabulaire de l'Énergie - JORF no 0212 du 12 septembre 2012 sur le site de Legifrance.gouv.fr
  6. Bal, J. L., & Philibert, C. (2013). Les caractéristiques des énergies intermittentes électriques sont-elles problématiques? Les particularités techniques du solaire et de l'éolien. Responsabilité et environnement, (1), 8-15 (résumé).
  7. (en)Can you handle some good news ? Smart grid doing better than expected, sur le site smartgridnews.com du 7 novembre 2013, consulté le 18 novembre 2013.
  8. Cleantech Republic Vidéo, Gestion des énergies renouvelables intermittentes et dispositifs d’effacement, émission du WebTV Thema « Ville durable et intelligente »
  9. Smart grid : l'informatique au service du réseau d'électricité, sur le site actu-environnement.com
  10. a et b Nexans, communiqué décembre 2012 Power Line Communication make a Smarter Grid, Highlight of G3-PLC conference is a practical demonstration of Nexans’ innovative PLC solutions for Smarter Grid applications, Nexans technical conference demonstrates the key role of Power Line Communication (PLC) technology in Smarter Grids (56.2kb) et PLC for Smarter Grid (244.1kb)
  11. a, b, c, d et e Actu-Environnement (2014), Interview de Thierry Legrand intitulée "Smart grids en Afrique : le nec plus ultra à partir de rien" (consultant spécialisé en smart-grids et rédacteur en chef du site les-smartgrids.fr, publié 08 mars 2014
  12. (en) « The Smart Grid : An introduction », sur oe.energy.gov, Département de l'Énergie des États-Unis (consulté le 19 février 2009), p. 7 (11 du PDF)
  13. (en) « GridWiseTM: The Benefits of a Transformed Energy System », sur pnl.gov, Département de l'Énergie des États-Unis,‎ septembre 2003 (consulté le 19 février 2009), p. 25 (30 du PDF)
  14. (en) JRC report highlights the need for increased investment in renewables, sur le site redirectix.bulletins-electroniques.com
  15. [PDF](en)Towards an expansion of electricity grids and deployment of innovative grid technology to enable maximum integration of renewables, sur le site supersmartgrid.net
  16. (en)SuperSmart Grid, sur le site supersmartgrid.net
  17. (en) A changing climat, an adapating world, sur le site circeproject.eu
  18. (en) Sustainable Development, Global Change and Ecosystems: thematic priority 6 under the Focusing and Integrating Community Research programme 2002-2006., sur le site redirectix.bulletins-electroniques.com
  19. Enerpress no 9931, 20 oct 2009 ; Brève intitulée « Taïwan veut sa propre technologie de smart grid »
  20. Co-auteur de Quel futur pour les métaux ? Raréfaction des métaux, un nouveau défi pour la société et auteur de L'âge des low tech, Pour une civilisation techniquement soutenable
  21. Christophe Bonneuil, « L’Anthropocène : âge de l’homme ou âge des limites ? », sur le site institutmomentum.org du 23 juin 2014
  22. Linky première pierre du Smart grid, ERDF, août 2011
  23. Quand Google et Microsoft discutent de l'énergie..., Technologies Propres, mai 2010
  24. Les compteurs intelligents sauveront-ils la planète ? Technologies Propres, août 2010
  25. Baptiste Roux, Smart Grid : deux nouvelles normes européennes pour l’interopérabilité, sur le site cleantechrepublic.com du 24 janvier 2012
  26. (en)SmartGrids for Dummies, sur le site www.logica.fr
  27. Fonds démonstrateur de recherche - Second Appel à manifestations d'intérêt sur les Réseaux et systèmes électriques intelligents intégrant les énergies renouvelables, sur le site ademe.fr
  28. Stratégie et Orientations : Feuilles de route, sur le site ademe.fr
  29. a et b (en)Poll: Majority Support New Technologies for Smart Grid, sur le site tdworld.com, du 21 décembre 2009 - consulté le 4 janvier 2010
  30. (en) ITS Conference 2010 - "[Intelligent Road Transport in Europe – Putting the Commission's Plan into Action]" 22 juin 2010, et études sur les systèmes de transports intelligents
  31. Deguilhem Yannick ; Smart grid, smart city, réseau d'électricité intelligent, compteur intelligent, ville intelligente, etc., veille faite par l'agence d'urbanisme de Lyon
  32. (en) « Analysts forecast the Global RTU in Smart Grid market will grow at a CAGR of 4.1 percent over the period 2013-2018. » (consulté le 05/08/2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]