République syrienne (1930-1963)

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République syrienne
الجمهورية السورية
Jumhuriyyah as Suriyyah (arabe)

19301958
19611963

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries

Hymne : Homat el Diyar

Informations générales
Statut Jusqu'en 1946 : Mandat exercé par la France ; à partir de 1946, République (entre 1952 et 1954, régime à parti unique)
Capitale Damas
Langue Arabe
Religion Islam
Christianisme
Monnaie Livre syrienne
Démographie
Population 5 066 822[1]
Histoire et événements
17 avril 1946 Indépendance vis-à-vis de la France.
2 décembre 1951 Coup d'État d'Adib Chichakli.
22 février 1958 Fusion avec l'Égypte.
29 septembre 1961 Fin de l'union avec l'Égypte. Restauration de la République syrienne.
8 mars 1963 Coup d'État du parti Baas.
Président de la Syrie
(Ier) 1943-1946 Hachem al-Atassi
(Der) 1961-1963 Nazem Koudsi

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République syrienne est le nom du régime politique qui gouverna la Syrie de 1930 à 1958, puis de 1961 à 1963. Au départ, c'est un mandat français englobant les mandats français en Syrie (sauf le Grand Liban). En 1946, date de l'indépendance, le pays devint une république.

Histoire[modifier | modifier le code]

De la formation de la République syrienne à l'Indépendance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Syrie mandataire.

En France, l'arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936 rend possible l'envoi à Paris d'une délégation nationaliste. Les négociations entre le gouvernement français et les nationalistes se concluent le 22 décembre sur un traité d'indépendance (accord Viénot) de la Syrie dans un délai de cinq ans en échange de divers avantages politiques, économiques et militaires.

Le traité a été ratifié par le parlement syrien à l'unanimité, mais ne passera pas devant le parlement français, le gouvernement prévoyait déjà un rejet du Sénat. Le traité est définitivement enterré en 1938 devant l'imminence d'une guerre contre l'Allemagne.

En 1939, pour s'assurer de la neutralité de la Turquie dans cette guerre, les Français cèdent le Sandjak d'Alexandrette au gouvernement kémaliste.

Le 8 juin 1941, le général Catroux, chef des Forces françaises libres (FFL) en Orient proclame solennellement l'indépendance de la Syrie et du Liban, ainsi que la fin du mandat au Levant. Mais le pays reste encore dans les faits, sous domination française.

La Seconde Guerre mondiale a été catastrophique pour l'autorité de la France, non seulement par sa défaite contre l'Allemagne mais aussi par les combats qui opposaient les vichystes et gaullistes en Syrie même. Cette perte d'autorité est significative dans les bastions régionaux, pourtant réputés pro-français.

En juin 1941, les Britanniques et les Français libres entrent en Syrie et au Liban et, après une violente campagne militaire, concluent un armistice avec les troupes françaises. Cet armistice a été conclu entre le général Henri Dentz, délégué de Vichy au Levant et les autorités anglaises, en présence du général Catroux. Avec l'aide britannique, les deux territoires passent sous le contrôle des Forces françaises libres (FFL) et le Haut-commissariat devient par la même occasion la délégation générale de la France libre au Proche-Orient. La même année, de Gaulle déclare : « La France a le devoir et la possibilité d'établir ces États dans leur indépendance. »[2]

En 1945, l'affrontement entre Français et Syriens est proche. Le Baath a créé des équipes de "Jihad nationale" dont le rôle est de mobiliser les bases populaires contre l'autorité française. Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l'ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d'affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement dont le parlement syrien.

La Grande-Bretagne demande l'arrêt des combats et intervient le 1er juin pour faire cesser la répression. Durant le mois de juillet, le commandement de l'armée passe aux mains des Syriens, et neuf mois plus tard, le 17 avril 1946, le dernier soldat étranger quitte la Syrie[3].

Les archives du Haut-commissariat (cabinet politique, secrétaire général, bureau diplomatique, services de renseignements et de la presse, archives de souveraineté) ont toutes été rapatriées vers Paris. Mais les dossiers des délégations et des différents services administratifs (comme la justice, l'agriculture, les postes et télégraphes) ont été laissés sur place.

Les débuts de la République syrienne indépendante[modifier | modifier le code]

Le 30 mars 1949, Husni al-Zaim accomplit un coup d'État et destitue Shukri al-Kuwatli, alors président de la république. Le 14 août 1949, Sami al-Hinnawi renverse Husni al-Zaim et le fait exécuter. Le 15 août 1949, Hachem al-Atassi est nommé chef de l'État. En décembre 1949, Adib Chichakli renverse Sami al-Hinnawi. Le 3 décembre 1951, Hachem al-Atassi démissionne de son poste et fut remplacé par Fawzi Selu. Le 11 juillet 1953, Fawzi Selu est démis de ses fonctions par Adib Chichakli qui devint président. Le 25 février 1954, Adib Chichakli est victime d'un coup d'État qui rétablit Hachem al-Atassi. En septembre 1955, ce dernier démissionne pour raisons de santé et des élections libres sont organisées. Shukri al-Kuwatli est alors élu président.

Coups d'État[modifier | modifier le code]

Premier coup d'État[modifier | modifier le code]

Husni al-Zaim.

Après la guerre israélo-arabe de 1948, le colonel Husni al-Zaim procède à un coup d'État en mars 1949, mettant fin au système parlementaire syrien. Zaim emprisonne brièvement Shukri al-Kuwatli avant que ce dernier part en Égypte. Certains avancent comme une des causes de ce coup d'État la volonté de Zaim d'empêcher une enquête sur un détournement de fonds dans l'armée syrienne suspecté par al-Kuwatli qui constate la mauvaise qualité de la nourriture lors d'une visite à un poste de l'armée.

Pour son coup d'État, Zaim aurait reçu une aide discrète de l'ambassade américaine[réf. nécessaire]. On pense aussi qu'il a été aidé par le Parti social nationaliste syrien, même si lui même n'était pas membre du parti.

Le coup d'État d'al-Zaim est le premier coup d'État qu'ait connu la Syrie et le monde arabe.

Zaim n'a pas utilisé de méthode violente pour s'imposer dans le pays, il n'avait pas recours aux exécutions des opposants politiques et il y avait peu d'arrestations d'opposants, mais, malgré cela, il s'est rapidement fait beaucoup d'ennemis. Sa proposition de donner le droit de vote aux femmes et de les faire dévoiler a soulevé une vive opposition parmi le clergé. Sa décision d'augmenter les taxes a déçu beaucoup d'hommes d'affaires, et sa volonté de signer un traité de paix avec Israël et de participer à la construction d'un pipeline avec une compagnie américaine a irrité beaucoup de nationalistes arabes.

Après la fuite du dirigeant et fondateur du PSNS, Antoun Saadé du Liban, Zaim lui offre l'asile en le promettant de le protéger. Mais Zaim trahit sa promesse et livre Antoun Saadé aux autorités libanaises, et après un bref jugement, il est exécuté le 8 juillet 1949, jour désormais considéré comme jour de deuil parmi ses partisans.

Second coup d'État[modifier | modifier le code]

Sami al-Hinnawi.

Après sa trahison, Zaim est lui même victime d'un coup d'État en août 1949 lorsque le colonel Sami al-Hinnawi, membre du PSNS, arrête le colonel Zaim et le fait exécuter. La femme de Saadé reçoit une lettre d'al-Hinnawi lui indiquant que la mort de son mari a été vengée. Sami al-Hinnawi l'a fait à la suite de l'exécution du président-fondateur du Parti social nationaliste syrien Antoun Saadé que Zaim devait protéger. C'est avec l'aide de membres du PSNS et d'Adib Chichakli qu'al-Hinnawi procède au coup d'État. En tant que président il fait assassiner les membres du gouvernement qui sont responsables de la mort de Saadé, il fait exécuter Zaim et son premier ministre Muhsen al-Barazi dans une prison de Damas.

Troisième coup d'État[modifier | modifier le code]

Adib Chichakli.

Un troisième coup d'État, mené par Adib Chichakli en décembre 1949 renversera Al-Hinnawi. Il s'auto-proclame Président de la République en 1951, et dissout le Parlement la même année. Les États-Unis et le Royaume-Uni portent un intérêt considérable à Chichakli ; les Britanniques espèrent même l'amener à adhérer au Pacte de Bagdad. Les Américains, dans l’espoir qu’il signe un traité de paix avec Israël, lui offrent par ailleurs une aide étrangère considérable.

Mais en contrepartie, les États-Unis voudraient que le gouvernement syrien fasse des réfugiés palestiniens des Syriens à part entière : durant les négociations entre les États-Unis et la Syrie en 1952, le gouvernement américain va jusqu'à proposer la somme de 400 millions de dollars pour intégrer dans le pays - dans les plaines fertiles de Djézireh - 500 000 Palestiniens.

Or certains partis politiques syriens - le Parti socialiste arabe d’Akram Hourani, ou encore le parti Baas de Michel Aflaq - s’en prennent violemment à cette proposition, qui représente à leurs yeux, purement et simplement, la vente du droit au retour des Palestiniens. Avec l’alliance entre le Parti socialiste d’Hourani et le parti Baas d’Aflak, le nouveau parti Baas arabe socialiste tente ainsi, en 1952, de renverser Chichakli. Devant l’agitation, Chichakli refuse l'accord avec les États-Unis.

Quatrième coup d'État[modifier | modifier le code]

Le 25 février 1954, Adib Chichakli fut renversé par une junte militaire et il remplacé par le président de l'assemblée constitutionnelle Maamoun al-Kouzbari. Finalement, Hachem al-Atassi redevint président de la république. Le 6 septembre 1955, Hachem al-Atassi démissionne pour raisons de santé. Des élections libres sont organisées et Shukri al-Kuwatli est élu président de la République.

L'expérience de la République arabe unie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République arabe unie.
Drapeau de la République arabe unie.

Pensée à l'origine comme l'ébauche d'une grande fédération englobant l'ensemble du monde arabe, la République est créée le 1er février 1958, après les pressions effectuées par les militaires syriens inquiets de la menace communiste dans leur pays, et qui se tournent vers Nasser.

Face à l'axe hachémite de la Jordanie et de l'Irak qui étaient pro-américains, les Syriens se prononcent pour l'unité entre l'Égypte et leur pays. En 1955 un premier traité d'alliance militaire est signé entre les deux pays. Michel Aflak, fondateur du parti Baas estime que cette fusion doit se faire car les tensions intérieures dues à la guerre froide sont de plus en plus fortes. Même s'il n'est pas convaincu de la capacité de Nasser à unifier le monde arabe[4], il fait abstraction de ses sentiments et rencontre, lors d'un déjeuner au Caire, Nasser qui pose les conditions de l'union.

Nasser accepte le principe de l'unité mais exige un État fortement centralisé, une armée syrienne dépolitisée et que la Syrie passe sous un régime de parti unique à l'image de l'Égypte. Malgré la réticence du président de la République, Shukri al-Kuwatli et de son premier ministre Sabri Assali, les deux hommes acceptent l'union.

De la rupture de la République arabe unie au coup d'État du parti Baas[modifier | modifier le code]

Le 28 septembre 1961, un groupe d'officiers syriens accomplit un coup d'état dans le but de restaurer la République syrienne. Izzat an-Nuss assura l'intérim entre le 20 novembre 1961 et le 12 décembre 1961. Le 12 décembre 1961, Nazem Koudsi fut élu président de la République.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Population en 1963 » (consulté le 23 décembre 2011)
  2. Chronique du XXe siècle, p. 581
  3. Pierre Guingamp, Hafez El Assad et le parti Baath en Syrie, Éditions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 978-2-7384-4678-7), p. 48
  4. Michel Aflak écrit dans une note interne au Baas que le régime égyptien « a une tendance vers la dictature »

Liens externes[modifier | modifier le code]