République populaire d'Angola

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République populaire d'Angola
República Popular de Angola

19751991

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries

Hymne : Angola Avante

alt=Description de l'image LocationAngola.png.
Informations générales
Statut République
État communiste à parti unique
Capitale Luanda
Langue Portugais
Monnaie Kwanza
Histoire et événements
11 novembre 1975 Indépendance de la République populaire d'Angola
1975-1991 Guerre civile
23 mars 1991 Révision constitutionnelle, abandon du parti unique
31 mai 1991 Signature des accords de paix
26 août 1992 Nouvelle révision constitutionnelle, abandon de l'adjectif populaire
Président
1975 - 1979 Agostinho Neto
1979 - 1992 José Eduardo dos Santos

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République populaire d'Angola était le régime politique du pays éponyme, de son indépendance en 1975, jusqu'en 1991.

Historique[modifier | modifier le code]

Mise en place du régime[modifier | modifier le code]

La guerre d'indépendance de l'Angola est déclenchée en 1961 et contribue à affaiblir économiquement et politiquement le Portugal, puissance colonisatrice, qui connaît lui-même des bouleversements en 1974 quand la révolution des Œillets met à bas le régime de l'Estado Novo. Les trois mouvements indépendantistes angolais, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), le Front national de libération de l'Angola (FNLA) et l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) parviennent difficilement à signer entre eux, le 15 janvier 1975, un accord prévoyant de proclamer l'indépendance du pays le 11 novembre de la même année. Des accords de passation sont signés par le gouvernement portugais avec les trois mouvements[1]. En octobre, le FNLA et l'UNITA s'allient contre le MPLA : le 11 novembre, alors que les combats continuent, le FNLA et l'UNITA proclament une « République démocratique et populaire » dans la ville de Huambo, tandis que le MPLA proclame à Luanda une « République populaire », sous la présidence du chef du MPLA, Agostinho Neto[2].

Années de guerre civile[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre civile angolaise.

L'histoire de la République populaire d'Angola est marquée par le déroulement de la guerre civile angolaise qui est la continuation du conflit autour de la décolonisation, de 1974/75 [3]. Dès l'indépendance, les hostilités reprennent entre le MPLA et les deux mouvements rivaux[4]. Le MPLA, qui se déclare marxiste-léniniste en 1977, s'assure une position dominante, grâce au matériel dépêché par l'URSS, à un contingent de 4 000 soldats cubains et au soutien diplomatique de différents pays africains comme la Guinée, l'Algérie, la République populaire du Mozambique, l'Algérie et le Nigéria[5]. Le FNLA est définitivement réduit du fait de l'intervention des troupes cubaines, mais l'UNITA continue la lutte de son côté[6]. L'avantage militaire du gouvernement de la République populaire d'Angola, où le MPLA tient le rôle de parti unique[1], laisse cependant entiers les problèmes du pays, dont la situation économique est désastreuse. Le parti au pouvoir est en outre traversé de luttes de tendances et de rivalités ethniques, opposant les métis et les noirs représentés par le ministre de l'intérieur Nito Alves, ainsi que les partisans d'une « pause dans la révolution » et ceux d'une « marche vers le socialisme » accélérée, représentés par Alvès. Nito Alves et ses partisans sont finalement éliminés à la suite d'une tentative de putsch en mai 1977. Le MPLA tient son premier congrès en décembre de la même année et se constitue en MPLA-Parti du travail, représentant officiel de la classe ouvrière. L'adhésion au « socialisme scientifique » est proclamée[5] ; l'Angola est considéré par l'URSS comme un État « d'orientation socialiste »[7]. Le président Neto s'octroie les pleins pouvoirs après la purge des « fractionnaires » au sein du parti[8].

Le parti au pouvoir est marqué par l'hégémonie de son équipe dirigeante, autour d'Agostinho Neto. Ce dernier, malade, meurt le 10 septembre 1979, en URSS où il était parti se faire soigner. José Eduardo dos Santos lui succède. Le gouvernement fait preuve d'un certain pragmatisme dans les domaines diplomatiques et économiques : la reconstruction de l'économie, ruinée par la guerre, la destruction des infrastructures et le départ de presque tous les colons portugais, est entreprise sans révision majeure de la structure et du système de l'époque coloniale. L'État contrôle certains secteurs comme les textiles, le bois ou l'industrie alimentaire, mais l'économie continue d'être déterminée par les secteurs qui assuraient l'essentiel des exportations avant 1974 : le pétrole, le diamant, le fer et le café. L'Angola a des échanges commerciaux, non seulement avec des pays « socialistes », mais également avec le Brésil, l'Italie ou les pays scandinaves[9]. La guerre civile contre l'UNITA de Jonas Savimbi continue cependant, le mouvement rebelle ayant reçu le soutien non seulement de l'Afrique du Sud, mais également du Zaïre, avec l'approbation des États-Unis[10]. Le conflit avec l'Afrique du Sud contribue à donner à l'Angola un rôle important dans le combat contre le régime d'Apartheid : dès 1976, le pays accueille des camps d'entraînement pour les membres de l'ANC[11]. En 1977 et 1978, le gouvernement angolais aide les rebelles du Front national de libération du Congo à envahir le Zaïre, lors de la première guerre du Shaba. La guerre civile pousse finalement le gouvernement de Dos Santos à se réconcilier avec le Zaïre de Mobutu, et à nouer des contacts avec les États-Unis. L'Afrique du Sud retire ses troupes d'Angola en 1984, dans l'espoir de voir Cuba faire de même, mais une déclaration conjointe de Fidel Castro et José Eduardo dos Santos réaffirme le maintien du contingent cubain[12].

La situation de guerre contribue à susciter des clivages supplémentaires au sein de la société angolaise : la pénurie de produits alimentaires entraîne la mise en place d'un réseau de distribution réservé aux membres du parti, ainsi qu'à de nombreux soldats. Le MPLA est également divisé entre les tendances « internationalistes » proches de Cuba et celles, plus modérées, animées notamment par d'anciens membres du FNLA ralliés à la République populaire[13].

Transition politique et fin de la guerre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, l'Afrique du Sud continue de soutenir l'UNITA, et le gouvernement de Luanda perd l'espoir d'une victoire militaire à court terme. En mars 1990 commencent de circuler dans Luanda des brochures réclamant la fin du parti unique, et l'ouverture de négociations avec l'UNITA. Une « troisième force » d'opposition, comptant les intellectuels et les gens d'Église, s'organise au sein de la société angolaise. Dans le même temps, l'UNITA lance en février 1990 une grande offensive, gagnant du terrain face aux forces gouvernementales. Des négociations de paix s'ouvrent alors au début de 1991. Le régime consent à des réformes face à la montée des mécontentements, et aux différents processus de démocratisation alors en cours en Afrique : le 23 mars 1991, le parlement angolais vote la fin du parti unique[14]. En avril 1991, le Portugal fait office de médiateur entre le gouvernement et l'UNITA, tandis que les États-Unis et l'URSS envoient des observateurs. Le 31 mai 1991, les accords de paix sont signés à Bicesse (Portugal) par José Eduardo dos Santos et Jonas Savimbi[15]. Le 26 août 1992, une nouvelle révision de la constitution fait disparaître les dernières traces d'idéologie marxiste-léniniste ; le nom officiel du pays devient République d'Angola[16].

Les premières élections multipartites de l'histoire de l'Angola se tiennent en septembre 1992 : le MPLA remporte la majorité, mais Jonas Savimbi refuse de reconnaître sa défaite, ce qui entraîne la reprise des hostilités dans la guerre civile angolaise[17] ; le conflit ne s'achève qu'en 2002, par la mort de Savimbi et la victoire des troupes gouvernementales[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Beaudet, Angola, bilan d'un socialisme de guerre, L'Harmattan, 1998, page 11
  2. Elikia M'Bokolo, L'Afrique au XXe siècle, Seuil, 1985, page 224
  3. Franz-Wilhelm Heimer, Der Entkolonisierungskonflikt in Angola, Munich: Weltforum Verlag, 1980
  4. Fernando Andresen Guimaráes, The Origins of the Angolan Civil War: Foreign Intervention and Domestic Political Conflict, Houndsmills/Basingstoke & Londres, 1998
  5. a et b Elikia M'Bokolo, L'Afrique au XXe siècle, Seuil, 1985, page 225
  6. Robert Harvey, Comrades : the rise and fall of world communism, John Murray, 2003, page 167
  7. Archie Brown, The Rise and fall of communism, Vintage Books, 2009, page 365
  8. ''Pays du monde : Angola. In Encyclopédie Bordas, Mémoires du XXe siècle. édition 1995. Tome 18 « 1970-1979 »
  9. Elikia M'Bokolo, L'Afrique au XXe siècle, Seuil, 1985, page 226
  10. Jean-Jacques Arthur Malu-Malu, Le Congo Kinshasa, Karthala, 2002, page 176
  11. Stephen Ellis, Tsepo Sechaban, Comrades against apartheid: the ANC & the South African Communist Party in exile, Indiana University Press, 1992, page 88
  12. Elikia M'Bokolo, L'Afrique au XXe siècle, Seuil, 1985, pages 226-227
  13. Elikia M'Bokolo, L'Afrique au XXe siècle, Seuil, 1985, page 227
  14. LE MULTIPARTISME EN AFRIQUE ANGOLA: LE PARLEMENT VOTE LA FIN DU PARTI UNIQUE, Le Soir, 23 mars 1991
  15. George Wright, The Destruction of a Nation: United States' Policy Towards Angola Since 1945, 1997, Pluto Press, page 159
  16. Europa Publications Limited, Africa South of the Sahara 2003, Routledge, 2002, page 36
  17. Philippe Lemarchand, L'Afrique et l'Europe: atlas du XXe siècle, Complexe, 1999, page 134
  18. The World; Exit Savimbi, and the Cold War in Africa, The New York Times, 3 mars 2002