République parthénopéenne

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République parthénopéenne
Repubblica Partenopea (it)

Jan. – juin 1799

Drapeau
Informations générales
Statut République sœur de la République française
Histoire et événements
21 janvier 1799 Création
24 juin 1799 Dissolution

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République parthénopéenne est une république proclamée le 21 janvier 1799 à Naples par les troupes françaises commandées par le général Championnet qui se rend maître de la ville gouvernée jusque là par le roi Ferdinand IV qui prend la fuite sur un bateau britannique.

Le terme parthénopéenne vient de Parthénope, une sirène légendaire qui a donné le surnom aux habitants de Naples, surnommés les « parthénopéens » ou partenopei.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Après le traité de Campo-Formio (1797), l'Europe peut rêver de paix. Mais, à peine Bonaparte parti en Égypte à la poursuite de ses rêves de conquérant de l'Orient, la guerre reprend. La deuxième coalition, conduite par le tsar Paul Ier et regroupant Russie, Autriche, Grande-Bretagne, Turquie et Naples décide de s'opposer à la politique de diffusion de la Révolution, sous forme de « républiques-sœurs » (Suisse, Ligurie, Cisalpine...), menée par le Directoire.

En 1798, le roi Ferdinand IV, encouragé par son épouse Marie-Caroline d'Autriche et par l’amiral britannique Nelson, engage le royaume de Naples dans une guerre contre la France. Au début victorieuse, cette aventure se termine par un désastre. À la suite des combats qui se déroulent les 22 et 23 janvier 1799, les troupes françaises entrent dans Naples sous les accents d'un hymne composé par Cimarosa, résolument antimonarchiste, tandis que la cour fuit à Palerme.

Les troupes françaises, soutenues par un groupe de jeunes Napolitains, intellectuels et gens du peuple, proclament en janvier 1799 la « République parthénopéenne » dans la partie continentale du royaume de Bourbon de Naples.

Celle-ci vient s'ajouter en Italie à la république romaine créée en 1798, ainsi qu'aux créations antérieures de Bonaparte, les républiques ligure et cisalpine, constituant un véritable glacis de « républiques-sœurs ».

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Le nouveau gouvernement s'attacha presque immédiatement à construire un nouvel ordre républicain, tel que l'abolition de la féodalité et la suppression des fiefs. Une première loi du 9 février 1799 (21 pluviôse VII) divisait le territoire de la nouvelle République en onze départements, eux-mêmes divisés en cantons et municipalités. À l'instar de ce qui s'était fait en France, la nouvelle subdivision bouleversait de fond en comble l'organisation territoriale séculaire.

Le gouvernement républicain exerçait de façon diffuse son autorité sur les provinces de l'ancien royaume. Certaines retombèrent très vite sous la coupe d'une résistance royaliste et catholique. Le nouvel échafaudage administratif, trop novateur, donnait le flanc aux critiques et rebutait. Un projet de constitution (jamais adopté) élaboré par Francesco Mario Pagano prévoyait d’aller encore plus loin avec la création de 17 départements. Mais le commissaire français auprès du gouvernement napolitain, Abrial, pour donner une nouvelle chance au nouvel échafaudage territorial, fit adopter une nouvelle loi, le 4 mai 1799, qui divisait le territoire en 13 départements, cette fois directement héritiers des anciennes provinces royales. Il était cependant trop tard.

Fin de la république[modifier | modifier le code]

Cependant, Bonaparte échouait devant les remparts de Saint Jean d’Acre en Terre sainte, la flotte britannique s’était emparée de Malte et de Minorque et une escadre russe avait débarqué aux Îles ioniennes, bloquant la progression de la flotte française en Méditerranée.

L'armée de Naples de Macdonald, rappelé d'urgence pour soutenir Moreau attaqué par le général russe Souvarov dans la plaine du Pô, abandonna le sud de l'Italie en ne laissant que quelques faibles garnisons et évacue Naples le 7 mai. Après son départ, Britanniques, partisans du royaume de Naples et insurgés libérèrent tout le sud de la péninsule. Le cardinal Ruffo qui avait organisé les troupes insurgées sanfédistes proposa un armistice généreux garantissant la vie sauve aux chefs républicains l'acceptant et les royalistes reprirent possession de la ville.

Mais Ferdinand IV, encouragé par l'amiral britannique Horatio Nelson, parjura son engagement, des massacres furent perpétrés, et bon nombre de partisans républicains furent exécutés (des documents récemment découverts dans les archives de Naples indiquent au total 120 000 personnes victimes de la répression). Les principaux chefs de la Révolution, dont l'amiral Francesco Caracciolo et Ettore Carafa furent exécutés après des jugements hâtis. Le 24 juin 1799, l'éphémère république a cessé d'exister.

Les relations entre la France et le royaume des Deux-Siciles sont rétablies par l'armistice de Foligno, conclue par Bonaparte le 6 février 1801. Ce dernier signe, quelques semaines plus tard, le traité de Florence (28 mars 1801) qui cède à la France Piombino et l'île d'Elbe et engage Naples dans une alliance contre les Britanniques.

Postérité[modifier | modifier le code]

Alexandre Dumas a décrit cet épisode historique peu connu dans son roman « La San Felice ».

Ippolito Nievo fait une large place à la République parthénopéenne dans son unique roman, Les Confessions d'un Italien, publié en 1867, où le héros s'engage dans les légions d'Ettore Carafa pour libérer Naples.

La République parthénopéenne est longtemps restée source d'inspiration et de nostalgie pour les romantiques italiens du XIXe siècle, suite à la restauration bourbonienne de 1815.