République fédérative socialiste de Yougoslavie

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42° 47′ N 19° 28′ E / 42.783, 19.467 ()

République fédérative socialiste de Yougoslavie[1]
Социјалистичка федеративна република Југославија sr

Socijalistička federativna republika Jugoslavija hr
Socialistična federativna republika Jugoslavija sl

1945 – 1992

Drapeau
Drapeau.
Blason
Armoiries.

Devise : Bratstvo i jedinstvo
(en français : Fraternité et unité)

Hymne : Hej, Sloveni/Slaveni/Slovani

Description de cette image, également commentée ci-après

Yougoslavie en orange

Informations générales
Statut République fédérale, régime à parti unique communiste
Capitale Belgrade
Langue Serbo-croate
slovène
macédonien
Monnaie Dinar yougoslave
Fuseau horaire UTC+1
Domaine internet .yu
Indicatif téléphonique +38
Démographie
Population 1989 23 725 000 hab.
Densité 1989 92,7 hab./km²
Superficie
Superficie 255 804 km²
Histoire et événements
29 novembre 1943 Les communistes annoncent leur intention d'établir une Fédération démocratique de Yougoslavie
8 mars 1945 Tito forme son gouvernement à Belgrade
29 novembre 1945 Abolition officielle de la monarchie, proclamation de la République fédérative populaire de Yougoslavie
28 juin 1948 Rupture Tito-Staline
7 avril 1963 Nouvelle constitution ; le pays devient la République fédérative socialiste de Yougoslavie
4 mai 1980 Mort de Tito
avril-décembre 1990 Premières élections libres
25 juin 1991 - avril 1992 Sécessions
27 avril 1992 Nouvelle constitution, abandon de l'adjectif socialiste
Président de la Ligue des communistes
(1er) 1945-1980 Josip Broz Tito
Chef de l'État
(1er) 1945-1953 Ivan Ribar
1953-1980 Josip Broz Tito
(Der) 1991 Stjepan Mesić
Chef du gouvernement
(1er) 1945-1963 Josip Broz Tito
1963-1967 Petar Stambolić
1986-1989 Branko Mikulić
1989-1991 Ante Marković

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République fédérative socialiste de Yougoslavie (plutôt que République fédérale socialiste de Yougoslavie[2]) est le deuxième et dernier nom officiel employé par la Yougoslavie durant la période allant de 1945 à 1992, alors que le pays était dominé par la Ligue des communistes de Yougoslavie et, jusqu'à sa mort en 1980, par la personne du Maréchal Tito (d'abord chef du gouvernement, puis chef de l'État, et enfin Président à vie).

La Yougoslavie de Tito a eu la particularité, en tant que régime communiste (dit de « démocratie populaire »), de maintenir durant l'essentiel de la guerre froide une politique de neutralité. À partir de la rupture Tito-Staline en 1948, le pays ne fut plus affilié au bloc de l'Est, et ne fut jamais membre du Pacte de Varsovie. La Yougoslavie participa à la fondation du Mouvement des non-alignés.

Noms[modifier | modifier le code]

Cet État eut deux noms officiels :

  • Le 29 novembre 1945, la République fédérative populaire de Yougoslavie (Federativna Narodna Republika Jugoslavija) fut officiellement proclamée, après l'abolition officielle de la monarchie.
  • Le 7 avril 1963, le pays prit le nouveau nom officiel de République fédérative socialiste de Yougoslavie (Socijalistička Federativna Republika Jugoslavija), qu'il garda jusqu'au 15 janvier 1992 et à l'abandon officiel de toute référence au socialisme.

Les termes de Yougoslavie communiste[3], Yougoslavie socialiste[4] ou Seconde Yougoslavie[5] sont utilisés pour désigner le pays de manière informelle. Pour la période allant de 1945 à 1980, le terme de Yougoslavie titiste (Titova Jugoslavija) est également employé[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Victoire militaire des communistes[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Royaume de Yougoslavie est envahi par les forces de l'Axe et son territoire démembré. La Croatie, la Serbie et le Monténégro sont proclamés indépendants, tandis que le reste du pays est divisé en protectorats. Une guerre de résistance acharnée est bientôt menée et les Partisans dirigés par le chef communiste Tito s'affirment progressivement comme le mouvement de guérilla le plus actif. Le Parti communiste de Yougoslavie fonde avec d'autres partis politiques le Front de libération populaire (Jedinstveni narodnooslobodilački front, ou JNOF), lequel se dote en novembre 1942 d'un organisme politique représentatif, le Conseil anti-fasciste de libération nationale de la Yougoslavie (Antifašističko V(ij)eće Narodnog Oslobođenja Jugoslavije, ou AVNOJ), qui se proclame parlement du pays. Du 21 au 29 novembre 1943, l'AVNOJ tient sa deuxième session à Jajce et établit un programme politique, impliquant la création d'un État fédéral yougoslave, la Fédération démocratique de Yougoslavie, et la tenue après la guerre d'un référendum sur la question du maintien ou non de la monarchie. Un gouvernement provisoire, le Comité national pour la libération de la Yougoslavie (Nacionalni komitet oslobođenja Jugoslavije, ou NKNOJ) est créé : Tito, proclamé Maréchal de Yougoslavie, en est le premier ministre. La conférence de Téhéran, qui se tient au même moment, apporte un avantage décisif aux Partisans, qui sont reconnus par les Alliés comme le mouvement de résistante légitime, au détriment des Tchetniks. En juin 1944, le roi Pierre II reconnaît à son tour Tito comme le chef légitime des forces armées yougoslaves : un accord est conclu avec Ivan Šubašić, chef du gouvernement monarchiste en exil, pour former après la guerre un gouvernement de coalition, Šubašić étant ministre des affaires étrangères. Les Partisans gagnent du terrain de manière constante ; à l'automne 1944, ils reçoivent l'aide de l'Armée rouge pour libérer Belgrade. Au printemps 1945, les forces de l'Axe et les collaborateurs sont en déroute : Tito forme officiellement son gouvernement le 8 mars. Les derniers combats ont lieu en mai 1945 alors que la Seconde Guerre mondiale est officiellement terminée en Europe. Les troupes de Tito commettent des purges : dans les semaines suivant l'entrée des Partisans en Slovénie, Tito réclame que lui soient livrés les Yougoslaves s'étant réfugiés en Carinthie autrichienne. De 12 000 à 15 000 Slovènes (parmi lesquels des membres de la Garde nationale slovène), environ 7 000 Serbes et 150 000 à 200 000 Croates (dont environ 40 000 Oustachis) sont contraints par les Britanniques à repasser la frontière. Du 12 au 16 mai 1945, environ 120 000 personnes sont massacrées par les communistes. La première année de pouvoir de Tito, après une période de guerre particulièrement violente, se traduit par la répression d'un maximum de 775 000 personnes, dont 260 000 exécutions expéditives[7]. L'OZNA (Bureau de protection du peuple), police politique des Partisans, rebaptisée UDBA (Administration de la Sécurité de l'État) a tout pouvoir pour mener une politique de terreur[8]. Certains villages albanais du Kosovo, tenus par la guérilla du Balli Kombëtar partisane du rattachement à la Grande Albanie, sont rasés et leur population massacrée. La répression au Kosovo, où l'état de siège n'est levé qu'en juillet 1945, fait environ 50 000 morts[9].

Mise en place du régime[modifier | modifier le code]

Le Maréchal Tito en 1944.

Le front dirigé par les communistes contrôle l'intégralité du territoire yougoslave en mai 1945. La Yougoslavie est à nouveau un État pleinement constitué, au sein de laquelle sont proclamés les six États « démocratiques » et fédérés du Monténégro, de la Serbie, de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie et de la Macédoine. La question de la nature du gouvernement demeure cependant ouverte, la monarchie n'étant pas encore abolie et le Royaume de Yougoslavie demeurant reconnu, au niveau international, par les Alliés. À la demande du Royaume-Uni, Tito accepte en février de reconnaître l'existence, sur le sol yougoslave, d'un conseil de régence représentant le roi Pierre II, mais le retour du monarque sur le sol yougoslave n'est pas autorisé. Le 7 mars 1945, le conseil de régence proclame un gouvernement d'union nationale sous la présidence de Tito, ce qui constitue sa première et dernière action publique[10]. C'est sous le seul nom de Yougoslavie, sans aucune mention d'un statut monarchique ou républicain, que le pays signe en juin 1945 la Charte des Nations unies[11],[12]. Ivan Šubašić est membre du gouvernement de Tito jusqu'en octobre, et finit par démissionner du fait de son désaccord avec les communistes. Le 11 novembre ont lieu les premières élections d'après-guerre : la coalition dirigée par les communistes a pris le nom de Front populaire (Narodni front, ou NOF). La campagne est accompagnée de pressions de toutes sortes, de menaces physiques contre les candidats adverses, et d'exclusion de citoyens des listes électorales sous prétexte de collaboration durant la guerre. L'opposition se retire officiellement des élections pour protester contre les conditions de campagne, bien qu'il demeure possible de voter l'absence de liste[13]. Le Front populaire remporte finalement une moyenne de 85 % des suffrages dans chaque État.

Le 29 novembre 1945, l'Assemblée constituante proclame officiellement la République fédérative populaire de Yougoslavie (RFPY), les différents États prenant également le nom officiel de Républiques. Le Royaume de Yougoslavie est officiellement aboli, bien que le roi refuse d'abdiquer. Le 31 janvier 1946, la constitution de la RFPY est établie et crée les six républiques : la République populaire de Bosnie-Herzégovine (capitale Sarajevo), la République populaire de Croatie (capitale Zagreb), la République populaire de Macédoine (capitale Skopje), la République populaire de Monténégro (capitale Titograd), la République populaire de Serbie (capitale Belgrade), incluant le Kosovo (capitale Pristina) et la Voïvodine (capitale Novi Sad), et la République populaire de Slovénie (capitale Ljubljana). Les républiques obtiennent leur autonomie en matière de langue et de personnel administratif, mais le gouvernement central reste puissant[14]. Le Kosovo, à majorité albanaise, et la Voïvodine, à forte minorité hongroise, sont des provinces autonomes de la Serbie, à laquelle elles sont rattachées par un lien assez lâche[15]. Ivan Ribar est chef de l'État en tant que Président de l'Assemblée populaire, Tito demeurant chef du gouvernement et secrétaire général du Parti communiste de Yougoslavie. Le parti communiste devient parti unique : des élections à candidatures multiples sont organisées, mais sous l'égide du Front populaire de Yougoslavie (Narodna fronta Jugoslavije, plus tard rebaptisé Alliance socialiste du peuple travailleur de Yougoslavie - en serbo-croate Socijalistički savez radnog naroda Jugoslavije), organisation contrôlée par le parti, et qui supervise également les activités syndicales.

Le régime suit les résolutions prises en temps de guerre et se distingue par une pleine reconnaissance de l'égalité et de la diversité des nationalités yougoslaves, au contraire de l'ancien Royaume de Yougoslavie, lequel était marqué par la domination des Serbes ; le centralisme de la monarchie est dénoncé comme signe de l'oppression de la « bourgeoisie serbe ». Les Serbes, très dispersés sur le plan géographique, se trouvent répartis entre sept des huit entités, soit toute la Yougoslavie sauf la Slovénie. La grande nouveauté est la reconnaissance d'une nationalité macédonienne, dans une entité que s'étaient naguère disputées la Serbie et la Bulgarie. Le régime garantit une égalité de droits à tous les peuples, les dirigeants du régime appartenant eux-mêmes à diverses nationalités. Néanmoins, les Albanais n'ont que le statut de « minorité », tandis que les Monténégrins et les Macédoniens, pourtant moins nombreux, ont le statut de « peuples ». La question albanaise en Yougoslavie a été tranchée par un vote de la population du Kosovo qui choisit en août 1945, au cours d'un scrutin marqué par une campagne de terreur envers les électeurs[16], son rattachement à la Serbie plutôt qu'à l'Albanie. La langue serbo-croate est considérée comme unitaire, entrainant avec le temps une insatisfaction de la part des Serbes et des Croates, mécontents de voir niées leurs spécificités culturelles et linguistiques[17].

Politique extérieure et intérieure[modifier | modifier le code]

La Yougoslavie titiste est alors alliée à l'URSS dirigée par Joseph Staline ; le pays intègre le Kominform et poursuit une politique étrangère agressive, revendiquant l'annexion de la totalité de la Marche julienne et de la Carinthie. En 1947, le traité de Paris permet à la Yougoslavie d'intégrer l'Istrie, mais laisse en suspens la question de Trieste : le Territoire libre de Trieste est constitué en attendant un règlement du problème. Tito adopte une attitude intransigeante et émet une condamnation du Parti communiste italien et du Parti communiste français pour leur participation aux gouvernements « bourgeois » de leurs pays[18]. La Yougoslavie apporte également son assistance aux communistes du KKE au cours de la guerre civile grecque[19]. Le principal voisin communiste de la Yougoslavie est la République populaire d'Albanie, dirigée par Enver Hoxha : les deux pays signent un traité d'amitié et de coopération ; l'Albanie apparait dans l'immédiat après-guerre comme un satellite politique de la Yougoslavie[20].

Sur le plan intérieur, une politique d'intimidation ou de répression des opposants est mise en pratique. Les cinq premières années d'existence de l'État communiste yougoslave voient se développer la répression contre les opposants (Églises, mouvements nationalistes, tant croates que serbes) et les confessions religieuses (orthodoxes, catholiques, musulmans). Alojzije Stepinac, archevêque de Zagreb, est condamné aux travaux forcés sur l'accusation, fortement contestée, de collaboration avec les Oustachis[21]. L'église catholique croate est largement accusée de collaboration avec le régime de l'État indépendant de Croatie, et des centaines de prêtres sont exécutés en 1945[8]. Le chef des Tchetniks, Draža Mihailović, est condamné à mort et exécuté.

L'industrie est nationalisée, de même que les propriétés agricoles excédant 45 hectares. Les paysans sont invités à se regrouper dans des communautés agricoles (Zadruga) bâties sur le modèle des kolkhozes. Tito lance également un ambitieux programme d'industrialisation, et de modernisation du pays. Un plan quinquennal, mené de 1947 à 1951, permet la reconstruction des infrastructures détruites par la guerre. L'aide soviétique s'avère déterminante ; deux sociétés de transport mixtes soviéto-yougoslaves sont constituées. Elles participent cependant à une tentative, de la part de l'URSS, d'affermir son influence sur le pays[22].

Le régime se signale par la mise en place autour de Tito d'un culte de la personnalité, utilisant le prestige des années de résistance et de la victoire militaire face aux occupants. Les rues, avenues, lieux publics et mêmes localités rebaptisés en son nom se multiplient : en 1945, Korenica est rebaptisée Titova Korenica ; en 1946, Podgorica devient Titograd, Vélès Titov Veles, tandis qu'Užice prend le nom de Titovo Užice.

Rupture avec l'URSS[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rupture Tito-Staline.

À la fin des années 1940, un conflit de pouvoir éclate entre Tito et Staline. Le dirigeant yougoslave tente, par ses contacts avec les PC bulgares et albanais au sein d'une Fédération balkanique, de fonder une union régionale qui contrarie les projets des Soviétiques. Ces derniers visent, par le biais de leurs agents sur place, à placer le régime yougoslave sous tutelle : Tito résiste cependant à ces pressions et évite la mainmise soviétique. En 1948, Staline décide de se débarrasser de Tito : le 28 juin, le Kominform émet une condamnation du Parti communiste de Yougoslavie et appelle « les forces saines du PCY à imposer une nouvelle ligne politique à la direction ». La Yougoslavie est chassée du Kominform, et le traité d'alliance soviéto-yougoslave est dénoncé par Moscou. Tito tient bon et, loin d'être renversé par les staliniens du parti yougoslave, soumet ces derniers à des purges : les cadres communistes « kominformiens » ou dénoncés comme tels sont réprimés et, pour partie, envoyés dans le camp de concentration de l'île de Goli Otok, au nord de l'Adriatique[23]. Dans tous les pays du bloc de l'Est, la répression du « titisme », dénoncé comme une déviation nationaliste, est le prétexte à des purges internes aux partis communistes. La Yougoslavie perd également son allié albanais, Enver Hoxha préférant s'aligner sur l'URSS.

Évolution politique du régime[modifier | modifier le code]

Outre les conséquences internes au camp communiste, la rupture entre Tito et Staline amène un infléchissement notable de la politique yougoslave : Tito reçoit rapidement une aide financière de la part des États-Unis qui, pour la seule 1950-60, s'élève à 2,4 milliards de dollars[24]. La Yougoslavie cesse son aide aux insurgés communistes grecs. La question du Territoire libre de Trieste est réglée pacifiquement en 1954, avec sa division entre l'Italie et la Yougoslavie. À la suite du traité d'Osimo, la zone B de 515,5 km2 du territoire de Trieste, déjà occupée par l'Armée populaire yougoslave, intègre la RFPY.

Après la purge des cadres staliniens en 1948, le régime n'en demeure pas moins autoritaire : jusqu'aux années 1980, de nouvelles purges de cadres communistes auront lieu, comme celle de Milovan Đilas, un temps considéré comme le dauphin de Tito, et finalement destitué pour « tendances anarcho-libérales », avant d'être emprisonné en 1956 pour son soutien à l'insurrection de Budapest. Néanmoins, à compter des années 1950, le régime titiste se fait moins répressif : la terreur politique disparaît peu à peu, les frontières sont ouvertes et une relative liberté d'expression se fait jour, bien que le rôle dirigeant du parti ne soit pas remis en cause[25]. Le Parti adopte un fonctionnement de plus en plus décentralisé, prenant en 1952 le nom de Ligue des communistes de Yougoslavie, en tant que fédération des partis communistes locaux. Le 14 janvier 1953, Tito devient chef de l'État et prend le titre nouvellement créé de Président de la République, Petar Stambolić lui succédant à la tête du gouvernement.

La mort de Staline en 1953 entraîne une évolution des rapports entre la Yougoslavie et l'URSS : en mai 1955, Nikita Khrouchtchev et Nikolaï Boulganine se rendent en voyage officiel à Belgrade, Tito ayant la satisfaction de voir l'URSS reconnaître ses torts à l'égard de la Yougoslavie[25].

Neutralité internationale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement des non-alignés.

N'étant membre ni du pacte de Varsovie ni de l’OTAN, la Yougoslavie affiche sur le plan international une politique de neutralité. En 1954, Tito rend visite à Jawaharlal Nehru et noue des contacts avec d'autres dirigeants d'Afrique et d'Asie. Encouragé en 1955 par la conférence de Bandung, Tito lance en 1956 à Brioni la première conférence des pays non-alignés ; avec Nehru et Gamal Abdel Nasser, Tito fonde le Mouvement des non-alignés, adoptant par ailleurs une position anti-colonialiste et soutenant des mouvements indépendantistes, comme le FLN durant la guerre d'Algérie[26].

Autogestion économique[modifier | modifier le code]

Sur le plan économique, la Yougoslavie met progressivement en place, à partir de 1950, un système baptisé du nom d'autogestion, s'opposant à l'étatisation soviétique. La gestion des entreprises, non par l'État ou par un propriétaire privé, mais par leurs employés, signifie une plus grande autonomie dans tous les domaines et à tous les niveaux. Des conseils ouvriers, élus par les travailleurs, sont responsables de la gestion des entreprises. Les conseils ne peuvent cependant prendre de décision que lors de sessions convoquées par leurs présidents. L'autogestion est appliquée dans tous les domaines, y compris les ateliers et les associations de locataires. L'État fédéral yougoslave, en tant que tel, ne possède aucune entreprise, celles-ci pouvant par contre être créées par les communes ou les Républiques qui constituent la fédération. Le système d'autogestion se veut en effet fondé sur la mise de l'économie entre les mains des producteurs directs, excluant ainsi la formation d'une classe des bureaucrates comme dans les autres régimes communistes[27].

On peut différencier trois phases dans la Yougoslavie de Tito :

  • La première phase (1950-1965) est celle qui a connu les plus fortes croissances économiques. L'autogestion se confrontait à une planification dont les critères et choix échappaient aux travailleurs. Le plan était pourtant assoupli, concentré sur les grandes priorités, et basé sur des fonds d’investissement sortant du budget de l’État.
  • La deuxième phase (1965-1971) est la seule qui puisse être qualifiée de « socialisme de marché », celle-ci démantèle toute planification au profit d’une augmentation du pouvoir des banques et d’une mise en concurrence des entreprises sur le marché, cette période fût également caractérisée par la montée des pouvoirs technocrates. Les réformes provoquèrent des tensions avec la gauche marxiste et des problèmes économiques et sociales comme la montée du chômage, de l'inflation et des inégalités salariales et régionales, donc des nationalismes, ce qui aboutit à une contre-réforme.
  • La troisième phase avant la crise et les privatisations des années 1980 et 1990 (1971-1980) marqua plus ou moins un arrêt au « socialisme de marché », on limitait le marché par des formes de planification contractuelle avec la resocialisation des banques, subordonné aux entreprises autogérées et le démantèlement de la technocratie.

L'économie yougoslave obtient de bons résultats et se traduit par une augmentation notable du pouvoir d'achat des citoyens. La Yougoslavie bénéficie alors d'un niveau de vie remarquable par rapport aux pays communistes du bloc de l'Est et même certains pays occidentaux comme la Grèce ou le Portugal. Dans les faits, cependant, l'autogestion reste partiellement fictive : l'élection par les travailleurs des dirigeants d'entreprises reste du domaine théorique, ces derniers étant, dans les faits, désignés par le Parti. En l'absence de responsabilité financière des décideurs, le souci de rentabilité demeure secondaire, et des ressources sont gaspillées en réalisations de prestige[28]. La mise en œuvre concrète de l'autogestion contribue en outre à réveiller des antagonismes entre nationalités, et des protestations au niveau régional contre le « dirigisme de Belgrade »[29] Les organes centraux du gouvernement ne sont cependant pas affectés par l'autogestion et le pays voit se constituer une classe dirigeante communiste qui suscite des critiques au sein du Parti : Milovan Djilas, l'un des proches compagnons de Tito, est arrêté en 1957 pour avoir dénoncé l'enrichissement de l'appareil politique[24].

À partir de 1965, l'autogestion prend une nouvelle ampleur, le principe de rentabilité étant introduit aussi bien dans le secteur agricole que dans le secteur industriel. Le commerce extérieur avec l'Occident, notamment avec l'Allemagne de l'Ouest, se développe, tout comme les investissements, comme l'assemblage d'automobiles (Renault à Novo Mesto et Volkswagen AG à Sarajevo, à partir de 1972[30]). L'industrie du spectacle occidentale est également concernée, et les décors naturels yougoslaves servent au tournage d'un certain nombre de films étrangers ; les coproductions cinématographiques avec les pays occidentaux se développent. La Yougoslavie, où le marxisme-léninisme demeure une matière obligatoire à l'université - malgré la protestation croissante des étudiants contre son maintien[31] - est de plus en plus distincte des autres pays se réclamant du communisme. Mais le système connaît également des abus, et génère notamment des inégalités croissantes de revenus.

Réformes politiques[modifier | modifier le code]

Le 7 avril 1963, le pays adopte une nouvelle constitution, et prend le nouveau nom officiel de « République fédérative socialiste de Yougoslavie » (SFRJ). La constitution renforce la décentralisation du pays en formant la Chambre des nationalités, assemblée fédérale représentant les six républiques et les deux provinces autonomes. Quatre Chambres spécialisées (Organisation politique, Affaires économiques, Sécurité sociale, Santé publique, Éducation et Affaires culturelles) prennent en main les affaires intérieures. Enfin, à l'exception de Tito lui-même, les dirigeants sont soumis à un principe de rotation, ne pouvant plus exercer plus de deux mandats consécutifs. La décentralisation a cependant pour effet d'affaiblir progressivement le pouvoir central. Toujours dans les années 1960, l'autorisation pour les yougoslaves d'émigrer à leur guise permet de limiter le chômage et de maximiser les effets de la croissance économique.

En 1966, un conflit politique éclate au sein du parti entre les partisans d'une plus grande décentralisation et la faction du vice-président Aleksandar Ranković, représentant de l'aile communiste conservatrice. Les libéraux décentralisateurs, menés notamment par Edvard Kardelj, Vladimir Bakarićet et Petar Stambolić, obtiennent finalement le soutien de Tito, qui démet Ranković de ses fonctions.

Contestations et nouvelles réformes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Printemps croate.
Tito en 1971.

En 1968, la Yougoslavie connaît, notamment à Belgrade, des protestations étudiantes contre les effets négatifs des réformes économiques. Tito semble soutenir les étudiants dans un discours télévisé, avant de sanctionner les soutiens des contestataires, qui sont exclus du Parti. En 1971, des cadres de la Ligue des communistes de Croatie s'allient à des nationalistes locaux pour mener une campagne de revendication, connue sous le nom de Printemps croate, pour une plus grande autonomie de la Croatie. Après avoir fait arrêter une grand nombre d'activistes croates, le gouvernement décide d'accéder à une partie de leurs demandes en accentuant les réformes.

En 1974, un nouvel amendement de la constitution donne à Tito le titre de Président à vie ; la réforme constitutionnelle poursuit également la décentralisation en détachant de la Serbie les régions autonomes du Kosovo et de la Voïvodine, qui acquièrent une représentation nationale et fédérale. L'exécutif s'oriente vers un fonctionnement collégial[24]. Les républiques obtiennent notamment le droit de sécession. Tito, désormais octogénaire, demeure par son autorité personnelle le garant de l'unité politique du pays.

En 1979, la situation économique yougoslave s'aggrave notablement : le pays, qui avait jusque-là connu un taux de croissance annuel de 6 %, soit plus que l'Espagne, le Portugal et la Grèce, est touché par les conséquences du deuxième choc pétrolier. La courbe de croissance s'inverse et le poids de la dette extérieure devient écrasant. Le niveau de vie se détériore de manière brutale[32].

L'après-Tito[modifier | modifier le code]

Carte l'ancienne Yougoslavie

En , Tito, âgé de 87 ans et gravement malade, est hospitalisé. Il meurt le 4 mai 1980 après une longue agonie. Après son décès, le poste de Chef de l'État est assuré selon un système de présidence tournante : les dirigeants de chaque République assument à tour de rôle, en se succédant chaque année, le poste de Président de la Présidence de la République. La Ligue des communistes de Yougoslavie, dont Tito était demeuré le chef jusqu'au bout, adopte le même mode de fonctionnement décentralisé. La Yougoslavie n'a plus de pouvoir exécutif central fort ; les difficultés économiques persistent, la décentralisation et l'autogestion contribuant à ralentir les prises de décisions. Les tensions entre les différentes nations de la république s’accroissent : en 1981, de graves émeutes éclatent au Kosovo, les Albanais réclamant pour leur province un statut de République[33]. La situation économique continue de s'aggraver : à la fin des années 1980, la dette extérieure atteint 20 milliards de dollars et l'inflation avoisine 200 %, tandis que le pouvoir d'achat a diminué de moitié. En février 1989, l'économie du pays est paralysée par une grève générale[24].

Conflit des nationalités[modifier | modifier le code]

En 1986, Slobodan Milošević devient chef de la Ligue des communistes de Serbie, et contribue à une critique en règle de la bureaucratie et du système politique, appelant à une « réforme sociale ». Sa politique est également nationaliste et proteste contre le sort fait aux populations serbes du Kosovo. Des rassemblements anti-albanais ont lieu en 1987 et 1988 tandis que l'appareil communiste serbe et kosovar est purgé par les partisans de Milošević. Les Serbes manifestent également en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, tandis que les tensions ethniques s'accroissent. Le parlement serbe vote la réintégration du Kosovo et de la Voïvodine au sein de la République serbe. En Slovénie, les appels à la démocratisation se multiplient en 1988, nullement réprimés par l'appareil communiste local. En décembre 1989, le parlement slovène légalise les partis politiques ; la Croatie s'engage vers la même voie et vote le multipartisme en janvier 1990[34].

Premières élections libres[modifier | modifier le code]

Le 20 janvier 1990, la Ligue des communistes de Yougoslavie se réunit à Belgrade et annonce « la fin du socialisme autoritaire » ainsi que le passage à une économie mixte. Devant les désaccords entre les différents partis communistes, le congrès est finalement ajourné sine die trois jours plus tard. Le parti cesse dans les faits d'exister au niveau fédéral. En avril 1990, la Slovénie organise des élections libres : l'opposition remporte une victoire massive, les communistes ne recueillant que 17 % des suffrages. Le même mois, la Croatie vote également, l'Union démocratique croate de Franjo Tuđman remportant la victoire. Dès septembre, les Serbes de Croatie commencent à multiplier les protestations publiques. En Serbie, les communistes fusionnent en juillet avec l'Alliance socialiste pour devenir le Parti socialiste de Serbie, qui remporte les élections de décembre, boycottées par les Albanais, tandis que Slobodan Milošević est élu au suffrage universel Président de la République socialiste de Serbie. Au Monténégro, proche allié de la Serbie, le président sortant Momir Bulatović est réélu avec 77 % des voix au second tour. En Bosnie-Herzégovine, les élections se tiennent du 10 novembre au 9 décembre ; le Parti d'action démocratique, fondé en mai par Alija Izetbegović et représentant les Musulmans, remporte la majorité. En Macédoine, les réformistes, alliés aux communistes, remportent le plus grand nombre de sièges, mais pas la majorité absolue : le VMRO, nationaliste, devient le parti le plus important[35].

Éclatement de la fédération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres de Yougoslavie.

La Yougoslavie a encore un gouvernement fédéral, dirigé par Ante Marković. Mais ce dernier, saboté selon ses dires par Milošević et Tuđman, démissionnera dès le mois de décembre 1991. L'armée fédérale, majoritairement composée de Serbes, participera à la déroute finale du gouvernement de Marković en s'allignant aux côtés de Milošević.

Le , les républiques de Croatie et de Slovénie proclament leur indépendance ; l'armée populaire yougoslave prend position aux frontières des deux États, mais une médiation de la communauté européenne aboutit à un retrait de la frontière slovène. Des combats éclatent par contre dans les régions serbes de Croatie. La Macédoine proclame son indépendance en octobre. La Serbie et le Monténégro dominent dans les faits le pouvoir fédéral, déserté par les autres nationalités. En janvier 1992, alors qu'un cessez-le-feu croato-serbe a été conclu, la CEE et les États-Unis reconnaissent l'indépendance de la Slovénie et de la Croatie. L'ONU déploie une force d'interposition. En avril 1992, la communauté internationale reconnaît l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine. La Yougoslavie n'est plus constituée dans les faits que par la Serbie et le Monténégro. Le 27 avril 1992, les deux États proclament la constitution d'une nouvelle entité, la République fédérale de Yougoslavie, qui abandonne toute référence au « socialisme »[24]. La Résolution 777 du Conseil de sécurité (en date du 19 septembre 1992) a déclaré que l'État autrefois connu comme la République fédérative socialiste de Yougoslavie avait cessé d'exister et que la République fédérale de Yougoslavie (composée de la Serbie et du Monténégro) ne pouvait pas succéder automatiquement à l'ancienne RFSY au sein des Nations unies.

Après de longues années de guerres civiles, la Yougoslavie cesse totalement d'exister en 2003 pour devenir la Communauté d'États Serbie-et-Monténégro, qui se séparera à son tour le 3 juin 2006 après la proclamation de l'indépendance du Monténégro, à la suite d'un référendum.

Politique[modifier | modifier le code]

Constitution[modifier | modifier le code]

Fédérations[modifier | modifier le code]

L'état était divisé en six républiques socialistes et deux provinces autonomes rattachées à la république socialiste de Serbie. La capitale fédérale était Belgrade. Les républiques et provinces étaient :

Nom
Capitale
Drapeau
Blason
Localisation
République socialiste de Bosnie-Herzégovine Sarajevo
Flag of SR Bosnia and Herzegovina.svg
Coat of Arms of the Socialist Republic of Bosnia and Herzegovina.svg
Locator map Bosnia and Herzegovina in Yugoslavia.svg
République socialiste de Croatie Zagreb
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Coat of Arms of the Socialist Republic of Croatia.svg
Locator map Croatia in Yugoslavia.svg
République socialiste de Macédoine Skopje
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Coat of arms of Macedonia (1946-2009).svg
Locator map Macedonia in Yugoslavia.svg
République socialiste de Monténégro Titograd (actuelle Podgorica)
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République socialiste de Serbie
Province socialiste autonome du Kosovo
Province socialiste autonome du Voïvodine
Belgrade
Pristina
Novi Sad
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SR Serbia coa.png
Locator map Serbia in Yugoslavia.svg
République socialiste de Slovénie Ljubljana
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Présidents de la République fédérative socialiste de Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Le premier président de la Yougoslavie communiste est Ivan Ribar et le Premier ministre Josip Broz Tito. En 1953, Josip Broz Tito est élu à la présidence. Tito restera président de l'État yougoslave jusqu'à sa mort le 4 mai 1980.

Économie[modifier | modifier le code]

Jusque dans les années 1950, la Yougoslavie disposait d'une économie planifiée. À la suite de sa rupture avec le bloc de l'Est et son non-alignement sous Josip Broz Tito, dans le cadre de la guerre froide, le pays cherche à se démarquer des pays socialistes sous influence soviétique en adoptant une économie basée sur l'auto-gestion.

En 1989, le taux de chômage était estimé à 15 % et le PIB par habitant à 5,464 $ (pour un PNB égal à 129,5 milliards de dollars).

Géographie[modifier | modifier le code]

Sfrj

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 1991 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

En 1990, le pays comptait 23,3 millions d'habitants dont

    • 36 % de Serbes,
    • 20 % de Croates,
    • 9 % de Musulmans,
    • 8 % de Slovènes,
    • 8 % d'Albanais,
    • 6 % de Macédoniens,
    • 13 % d'autres nationalités.

La population était répartie dans les divisions administratives de la façon suivante :

  • Serbie : 10 millions d'habitants.
    • 66 % de Serbes,
    • 17 % d'Albanais,
    • 4 % de Hongrois,
    • 2 % de Musulmans,
    • 2 % de Croates.
  • Province serbe du Kosovo : 1,9 million d'habitants.
    • 90 % d'Albanais,
    • 7 % de Serbes.
  • Bosnie-Herzégovine : 4,7 millions d'habitants.
    • 40 % de Musulmans,
    • 32 % de Serbes,
    • 18 % de Croates.
  • Croatie : 4,7 millions d'habitants.
    • 75 % de Croates,
    • 13 % de Serbes.
  • Macédoine : 2,1 millions d'habitants.
    • 67 % de Macédoniens,
    • 20 % d'Albanais,
    • 4 % de Turcs,
    • 2 % de Serbes,
    • 2 % de Musulmans,
    • 2 % de Tsiganes.
  • Slovénie : 2 millions d'habitants.
    • 90 % de Slovènes,
    • 2 % de Croates,
    • 2 % de Serbes.
  • Monténégro : 630 000 habitants.
    • 66 % de Monténégrins,
    • 12 % de Musulmans,
    • 7 % d'Albanais,
    • 3 % de Serbes.

Sports[modifier | modifier le code]

La République fédérative socialiste de Yougoslavie a vécu une forte communion autour du sport, notamment dans le football et le basket.

Elle a remporté trois championnats du monde de basket-ball en 1970, 1978 et 1990, ce qui, ajoutés aux deux nouveaux titres de la Serbie-et-Monténégro en 1998 et 2002, constitue un record international. Plusieurs joueurs notoires ont composé l’équipe nationale de basket comme Vlade Divac, Dražen Petrović, Peja Stojakovic, Dino Rađa, Žarko Paspalj, Dejan Bodiroga, Marko Jaric, etc.

En football, l’équipe de l’Étoile rouge de Belgrade gagna la Ligue des champions en 1991, battant l’Olympique de Marseille en finale. Ils remporteront, plus tard cette année-là, la Coupe Intercontinentale en battant Colo-Colo 3 buts à zéro. La Yougoslavie a participé à 12 coupes du monde, où leur meilleure performance fut une 4e place en 1962 (la 3e place de la Croatie en 1998 étant exclue). Ils ont joué deux finales des championnats d'Europe en 1960 puis en 1968, perdant à chaque fois respectivement contre l’URSS et l’Italie. La Yougoslavie a vu naître certains des meilleurs joueurs du monde comme Dragan Dzajic, Bora Kostic, Dejan Savicevic, Darko Pancev, Robert Prosinecki, Branko Oblak, Safet Susic, Davor Suker, Dejan Stanković, Predrag Mijatovic, Velibor Vasovic, etc.

La Yougoslavie connut le succès en handball en remportant les Championnats du monde féminin et masculin. Veselin Vujovic et Svletana Kitic ont été élus meilleurs joueurs de l’histoire du handball.

La Yougoslavie était aussi dominatrice en volley-ball et en water-polo.

L’équipe nationale serbe de polo détient actuellement le plus de titres dans les Championnats du monde (cinq).

Le tennis est un autre domaine de prédilection des sportifs yougoslaves. Monica Seles a dominé le circuit féminin en gagnant de nombreux titres du Grand Chelem dès son plus jeune âge.

Enfin, Belgrade fut le lieu de grandes fêtes populaires quand Sarajevo fut choisie pour accueillir en 1984 les JO d’hiver.

Armée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée populaire yougoslave.

L’industrie de l’armement représentait une part importante du secteur de l’industrie lourde yougoslave, ainsi, avec des exportations d’un montant de 3 milliards de dollars annuels, celle-ci représentait le double des revenus du secteur touristique.

Le complexe militaro industriel yougoslave pouvait satisfaire tous les besoins en matériels de l’armée yougoslave, elle exportait même environ 30 % de sa production, ce qui la positionnait dans les dix plus grands producteurs mondiaux d’armements. À cette époque, 56 complexes industriels et environ un millier de sous-traitants constituaient l’industrie de l’armement yougoslave 44 % des capacités de production étaient en Serbie, 42 % en Bosnie-Herzégovine, 7,5 % en Croatie et le restant dans les autres républiques et régions.

Culture[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Culture serbe, Serbo-croate et Vidovdan.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Lutard-Tavard, La Yougoslavie de Tito écartelée, Éditions L'Harmattan, Paris, 572 pages, 2005 (ISBN 274758643X).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nom adopté en 1963
  2. Littéralement, le terme fédérative utilisé comme alternative à fédérale est plus proche du nom officiel dans les langues originales : en effet, il existe en serbe, croate, slovène et macédonien l'adjectif Савезна/Savezna/Zvezna/Сојузна qui est utilisé pour traduire le nom des États fédéraux comme la République fédérale d'Allemagne (Savezna Republika Njemačka, Zvezna republika Nemčija, Сојузна Република Германија). Par ailleurs, c'est l'adjectif fédérative qui était employé dans les textes en français par les autorités yougoslaves de l'époque et leurs partenaires comme par les organisations internationales ; ex. http://www.doc.diplomatie.gouv.fr/BASIS/pacte/webext/bilat/DDD/19640079.pdf http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/(Symbol)/CERD.SP.51.Fr comme par les encyclopédies de l'époque http://www.larousse.fr/encyclopedie/autre-region/Yougoslavie/150356
  3. Histoire de la Slovénie.
  4. C. Bobrowski, La Yougoslavie socialiste, Armand Colin, 1956.
  5. Zoran Kosanic La désagrégation de la fédération yougoslave: 1988-1992, L'Harmattan, 2008.
  6. Larousse.fr
  7. Stéphane Courtois, in Du passé faisons table rase ! Histoire et mémoire du communisme en Europe, Robert Laffont, 2002, p. 128-129
  8. a et b Serge Métais, Histoire des Albanais, Fayard, 2006, p. 318
  9. Serge Métais, Histoire des Albanais, Fayard, 2006, pp. 310-311
  10. Walter R. Roberts, Tito, Mihailović, and the allies, 1941-1945, Duke University Press, 1987, pages 312-313
  11. Reports of Judgments, Advisory Opinions and Orders, United Nations Publications, 2006, page 61
  12. Konrad G. Bühler, State Succession and Membership in International Organizations: Legal Theories Versus Political Pragmatism, Brill, 2001, page 252
  13. John R. Lampe, Yugoslavia as history : twice there was a country, Cambridge University Press, 2000, pp. 230-231
  14. Michel Mourre (dir.), Dictionnaire d'histoire universelle, article Yougoslavie, Bordas, 2004
  15. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, pp. 88
  16. Serge Métais, Histoire des Albanais, Fayard, 2006, pp. 312-314
  17. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, pp. 89-90
  18. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, p. 87
  19. John R. Lampe, Yugoslavia as history : twice there was a country, Cambridge University Press, 2000, p. 241
  20. Serge Métais, Histoire des Albanais, Fayard, 2006, p. 316
  21. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, pp. 86-87
  22. Dimitri T. Analis, Les Balkans 1945-1960, Puf, 1978, pp. 56-58
  23. Serge Métais, Histoire des Albanais, Fayard, 2006, p. 322
  24. a, b, c, d et e Michel Mourre (dir), Dictionnaire d'histoire universelle, article Yougoslavie, Bordas, éd. de 2004
  25. a et b Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, p. 92
  26. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, pp. 92-93
  27. Dimitri T. Analis, Les Balkans 1945-1960, Puf, 1978, pp. 192-194
  28. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, pp. 93-94
  29. Dimitri T. Analis, Les Balkans 1945-1960, Puf, 1978, pp. 195-196
  30. Automobilwoche, « Volkswagen veut produire des utilitaires électriques en Bosnie », CCFA,‎ 22 avril 2009 (consulté le 30 décembre 2010)
  31. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, p. 253
  32. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, 2000, 107-108
  33. Chronologie de la Yougoslavie
  34. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, pp. 252-264
  35. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. 2000, pp. 289-295