République d'Irak (1958-1968)

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République d'Irak
جمهورية العراق
جمهورية العراق (arabe)

1958 – 1968

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries
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Carte de l'Irak.

Informations générales
Statut République, dictature militaire
Capitale Bagdad
Langue Arabe
Religion Islam
Président d'Irak
1958-1963 Najib el-Rubai
1963-1966 Abdel Salam Aref
1966 - 1968 Abdul Rahman Aref

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République d'Irak était une junte militaire qui gouverna l'Irak de 1958 à 1968 après la prise de pouvoir par les « Officiers libres » par un coup d'État contre la monarchie irakienne, mettant fin à la fédération entre l'Irak et la Jordanie. Cette période politique prendra fin lors de la prise de pouvoir par le Parti Baas en 1968.

Genèse de la république[modifier | modifier le code]

Après la fin du Mandat britannique de Mésopotamie, le Royaume d'Irak et la Jordanie deviennent des entités indépendantes en 1932. Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, l'Irak, allié au Troisième Reich, est occupé par les Britanniques après l'invasion du pays en 1941 qui voit le renversement de la monarchie de Rachid Ali al-Gillani.

En 1947, les Irakiens commencent à négocier un retrait des troupes britanniques : le traité de Portsmouth le 15 janvier 1948 stipule la création d'une commission mixte de défense britannique et irakienne conjointe afin de superviser les affaires irakiennes[1]. Le contexte international, correspondant à la décolonisation par les puissances occidentales, favorise l'émergence d'un mouvement nationaliste panarabiste. Le royaume irakien, dominé par la bourgeoisie, est vue par la majorité de la population à un État vassal servant les intérêts britanniques et occidentaux. La pauvreté et l'inflation augmentent considérablement. Le Premier ministre irakien Nouri Saïd et le régent Abd al-Ilah ne cessent de s'affronter sur la politique économique à entreprendre.

La révolution du 14 juillet 1958[modifier | modifier le code]

Le 14 juillet 1958, le mouvement des « Officiers libres », dirigé par Abdul Karim Qasim, Abdel Salam Aref et Najib el-Rubai, inspirés par le coup d'État en Égypte de Gamal Abdel Nasser, renversent la monarchie irakienne et établissent une junte militaire, mettant fin à la dynastie des Hachémites. La famille royale est assassinée dans le palais et le Premier ministre Nouri Saïd tente de s'échapper mais est abattu.

Instabilité de la nouvelle république[modifier | modifier le code]

Le nouvel État ne tarde pas à être bousculé par un conflit entre les partisans de Nasser (dont le général Qasim) et le parti Baas. Dès 1959, ce dernier tente un coup d'État dans lequel participe Saddam Hussein. À Mossoul éclate par ailleurs une insurrection nationaliste baasiste qui est durement réprimée (2 426 morts[2]) par le Parti communiste irakien et les sympathisants kurdes de Qasim. L'Union arabe de Jordanie et d’Irak est dénoncée et l'Irak se rapproche malgré tout de la République arabe unie. En mars 1959, l'Irak se retire du pacte de Bagdad. Les puissances occidentales voient alors Qasim comme quelqu'un d'imprévisible et l'Irak comme un pays instable.

En septembre 1961, Moustapha Barzani lance une rébellion dans le nord de l’Irak avec pour slogan « autonomie pour le Kurdistan, démocratie pour l’Irak ». Le 9 février 1963, Abdul Karim Qasim est assassiné lors d'un nouveau coup d'État. Le parti Baas prend le pouvoir mais le 18 novembre, le nassériste Abdulasalam Arif prend le pouvoir en réprimant un nouveau soulèvement Baas. Saddam Hussein est emprisonné jusqu'à son évasion en 1966.

La menace d'une invasion irakienne du Koweït[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Irak (1963-1991).

Le 25 juin 1961, Qasim menace d'attaquer le Koweït. Plusieurs raisons officieuses sont avancées : les importantes réserves de pétrole koweïtiennes et la volonté de l'Irak d'obtenir un accès à la mer. Face à cette menace, les Britanniques lancent l'opération Vantage et déploient une importante task force navale et terrestre comprenant des Royal Marines, plusieurs porte-avions (HMS Centaur, Victorious et Bulwark), frégates et destroyers afin de protéger la souveraineté du Koweït. Les Britanniques se déploient notamment dans la capitale koweïtienne et près de la frontière irakienne. Le 19 octobre, la Ligue arabe relève les forces britanniques qui se retirent du sol koweïtien. Bien que Qassim fut tué dans un coup d'État deux ans plus tard et que le nouveau gouvernement irakien reconnut le Koweït, en 1963, les Britanniques continuèrent de surveiller de près la situation jusqu'en 1971 suite à l'hostilité du Parti Baas envers les intérêts occidentaux.

Fin de la république et prise du pouvoir par le Parti Baas[modifier | modifier le code]

Le 17 juillet 1968, les baasistes du général Ahmad Hasan al-Bakr organisent un putsch, encerclant le palais présidentiel et prenant le pouvoir le 30 juillet. Abdul Rahman Aref, alors président de la république et Tahir Yahya, son premier ministre, sont renversés. Les Kurdes sont associés au pouvoir. Saddam Hussein est alors le numéro deux du régime et se charge d'organiser les milices baasistes qui vont réprimer les opposants nassériens et communistes.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de l'État reposait sur une économie planifiée, régie par des plans quinquennaux.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Michael Eppel, The Elite, the Effendiyya, and the Growth of Nationalism and Pan-Arabism in Hashemite Iraq, 1921-1958, International Journal of Middle East Studies, 30.2 page 74
  2. (en) Elie Podeh, The Decline of Arab Unity: The Rise and Fall of the United Arab Republic. Sussex Academic Press. p. 85. (ISBN 1-902210-20-4).

Liens externes[modifier | modifier le code]