Répertoire de vedettes-matière
Le Répertoire de vedettes-matière (RVM) est un vocabulaire contrôlé dont la base est un thésaurus encyclopédique partiellement bilingue dont les termes s'articulent les uns aux autres selon une syntaxe particulière. Il est créé et mis à jour par la Section du Répertoire de vedettes-matière de la Bibliothèque de l’Université Laval à Québec. Il contient plus de 270 000 notices d’autorité-matière réparties en :
- noms communs, par exemple Chirurgie vétérinaire ; Enfants artistes ; Oiseaux nocturnes
- noms géographiques, par exemple Canada ; Paris (France) ; Saint-Laurent (Fleuve)
- subdivisions de sujet, de forme, chronologiques et géographiques, par exemple --Aspect sociologique ; --Affiches ; --20e siècle ; --Québec (Province)--Montréal
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Utilisation [modifier]
Outil d’indexation matière et de recherche par sujet[1], le RVM est utilisé par des bibliothèques francophones du Québec et du Canada ainsi que par des bibliothèques d’organismes internationaux, de gouvernements et d’universités ailleurs dans le monde. L'équivalent en France se nomme RAMEAU, élaboré en 1980 à partir du Répertoire de vedettes-matière[2].
Le RVM est une adaptation partielle des Library of Congress Subject Headings (LCSH) et complète des Canadian Subject Headings (CSH) de Bibliothèque et Archives Canada. Il contient aussi des vedettes-matière dites originales, c'est-à-dire sans équivalent anglais, qui rendent compte de réalités ignorées par les listes anglaises. Le RVM contient également des équivalents de concepts issus de deux thésaurus spécialisés, les Medical Subject Headings (MeSH) de la National Library of Medicine aux États-Unis et le Art and Architecture Thesaurus (AAT) du J. Paul Getty Trust. Le RVM est une norme nationale canadienne[3] en indexation en français depuis 1974. Les données du RVM sont codées selon le format MARC21.
Voici un exemple de recherche avec une vedette-matière dans le catalogue de la Bibliothèque de l'Université Laval :
- Écriture--Philosophie--Ouvrages avant 1800]
Cette vedette apparaît telle quelle dans le champ sujet des notices trouvées.
Syntaxe [modifier]
Lors de la construction de vedettes-matière on ajoute à la « tête de vedette » (représentant le sujet principal) des subdivisions de sujets, géographiques, chronologiques et de forme afin de traduire de la façon la plus exhaustive et complète possible les concepts du document à indexer. Les subdivisions sont complémentaires à la tête de vedette et ajoutent des éléments de précision au sujet principal. Ces subdivisions sont soit affranchies (construites par l'indexeur) ou non affranchies (déjà créées dans le répertoire). Les vedettes-matières et les subdivisions non-affranchies ont toujours préséance sur les vedettes-matières et subdivisions affranchies. Afin d'extraire et de déterminer les concepts à indexer il importe de poser les questions suivantes dans l'ordre prescrit, soit, Qui ou Quoi (vedette-matière principale), Quoi (aspects du sujet = subdivision de sujet), Où (subdivision géographique), Quand (subdivision historique) et Comment (subdivision de forme).
Subdivision de sujet [modifier]
Une subdivision de sujet introduit un aspect particulier du sujet qui se rajoute à la tête de vedette ou à une autre subdivision de sujet. Elle peut être déjà construite sinon le RVML donne les instructions pour la créer par une note d'application. Par exemple, la notion du stress chez les enseignants n'est pas construite donc on indexe dans un premier temps à « Enseignants », le sujet principal, et on traduit l'aspect « stress » par la subdivision « stress dû au travail », une subdivision de sujet dans le RVML qui se construit de la façon suivante: [--Stress dû au travail (Se subd. géogr.) Employer cette subdivision de sujet, suivie si nécessaire d'un nom de lieu, aux noms des catégories de personnes et des groupes ethniques.][4].
Subdivision géographique [modifier]
Une subdivision géographique apporte une précision quant au lieu géographique dont il est question, par rapport au sujet principal. Elle se place à la suite de la tête de vedette ou s'insère à la suite du dernier élément de la vedette-matière qui porte la mention « se subdivise géographiquement ». Par exemple, la notion de « l'automatisation des banques au Canada » se traduit par « Banques--Canada--Automatisation ». Banques (se subdv. géogr.) et automatisation (aucune mention - se subdv. géogr.) donc la subdivision géographique se place entre la vedette-matière et la subdivision de sujet. Un autre exemple : on veut indexer le concept de l'intégration de la population ethnique à Gatineau, la vedette-matière serait Groupes ethniques-Intégration-Québec (Province)-Gatineau. Le sujet principal se subdivise géographiquement ainsi que la subdivision de sujet --Intégration (Se subd. géogr.)Employer cette subdivision de sujet, suivie si nécessaire d'un nom de lieu, aux noms des catégories de personnes et des groupes ethniques[4] donc le lieu se place immédiatement après ce dernier élément.
Toutes les subdivisions géographiques sont déjà construites dans le RVM de Laval. Il faut transcrire le nom des lieux géographiques en inscrivant d'abord l'entité la plus large (i.e. Hong-Kong (Chine) s'écrirait --Chine--Hong-Kong).
Les subdivisions géographiques ne permettent que deux niveaux au nom des lieux, le plus haut niveau étant le pays et le plus bas la ville. S'il y a plus de deux niveaux comme par exemple dans le cas d'un quartier ou arrondissement, etc. il faut créer une deuxième vedette-matière. Exceptions: Les noms géographiques pour les provinces du Canada, les pays de la Grande-Bretagne et les États-Unis sont rédigés selon les RCAA2, chapitre 23. Il s'agit de subdivisions directes. Pour le Canada on indique la province suivie de la ville, pour les pays de la Grande-Bretagne inscrire le pays suivi de la ville et pour les États-Unis on indique l'état suivi de la ville. Les villes de Washington (D.C.), Jérusalem et Vatican s'écrivent telles quelles, sans autres qualificatifs.
Subdivision chronologique [modifier]
On ajoute une subdivision chronologique pour préciser la période de temps représentée dans le document à indexer seulement s'il s'agit d'une période chronologique reconnue par l'Histoire.
Subdivision de forme [modifier]
Une subdivision de forme indique comment le sujet a été traité dans le document, c'est-à-dire sous quelle forme, qu'il s'agisse d'un Congrès, un dictionnaire, un répertoire, etc. Cette subdivision peut être utilisée pour toutes les vedettes-matières et se place presque toujours à la fin de celles-ci. Exceptions:Pour les cas suivants consulter la note d'application dans le RVM de Laval; biographies, « Histoire-Anecdotes », « Histoire-Bandes dessinées », etc.
Outil de référence [modifier]
Le Répertoire de vedettes-matière de Laval est diffusé par internet sur abonnement payant avec nom d’utilisateur et un mot de passe. La section «Chercher dans le RVM» permet de chercher les vedettes-matière. Il est possible de chercher par mot clé, balayage, exact et booléen. Il existe 16 index dans lesquels il est possible de faire une recherche, entre autres Général, Noms autres que géographiques et Noms géographiques. Il est conseillé de faire les recherches en balayage, masculin-pluriel. Les notices sont aussi disponibles en format MARC.
- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Indexation matière » (voir la liste des auteurs).
Notes et références [modifier]
- Nicole Davignon, « Comment utiliser le RVM de Laval avec le MARC21 pour construire des vedettes-matière », sur www.davignon.qc.ca, 13 juin 2007. Consulté le 20 juillet 2011
- ENSSIB, « D'où vient Rameau, le répertoire des vedettes-matières? », sur www.enssib.fr, 20 mai 2008. Consulté le 20 juillet 2011
- Bibliothèque et Archives Canada, « Vocabulaires contrôlés mis à jour par d'autres organismes », sur www.collectionscanada.gc.ca, 29 mars 2006. Consulté le 24 juin 2011
- Répertoire de vedettes-matière de Laval
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Jo-Anne Bélair [et al.], Guide pratique du Répertoire de vedettes-matière de l'Université Laval, Montréal : Éditions ASTED,2008, p.29-36, 104-110.
- Denise Dolbec, « Le répertoire de vedettes-matière : outil du XXIe siècle », Documentation et bibliothèques, 2006, vol. 52, no 2, p. 99-108.
- Pierre Gascon, « Le Répertoire de vedettes-matière de la Bibliothèque de l'Université Laval : sa genèse et son évolution », Documentation et bibliothèques, 1993, vol. 39, no 3, pp. 129-139 (pour la 1re partie) ; 1994, vol. 40, no 1, p. 25-32 (pour la 2e partie).