Rémi Ochlik

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Rémi Ochlik
Image illustrative de l'article Rémi Ochlik
Rémi Ochlik

Naissance 16 octobre 1983
Thionville (Moselle)
Décès 22 février 2012 (à 28 ans)
Homs (Syrie)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Photographe de guerre
Années d'activité 2004-2012
Récompenses Prix jeune reporter François Chalais 2004
World Press Photo 2012
Site internet http://www.ochlik.com/

Rémi Ochlik, né le 16 octobre 1983 à Thionville et mort le 22 février 2012 à Homs (Syrie)[1], était un photographe de guerre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Rémi Ochlik passe sa jeunesse à Florange en Moselle. Enfant il veut devenir archéologue. Il se passionne très tôt pour la photo avec son père et à seize ans, il fait ses premières photographies à l’aide d’un appareil confié par son grand-père. Il effectue sa scolarité à l’école Marcel-Pagnol de Serémange-Erzange, puis au lycée privé Saint Pierre Chanel de Thionville de 1996 à 2001.

« Comme tout le monde, j’ai commencé par photographier mes copains, mes copines. Je faisais mon labo, développements et tirages… C’était encore l’époque de l’argentique. Mes parents voulaient absolument que je fasse une école. Je suis donc parti à Paris[2]. »

Diplômé de l’école parisienne Icart-Photo, Rémi Ochlik est engagé par Slavie Jovicevic, directrice de l’agence Wostok Press en 2003. Il couvre à Haïti en 2004, le coup d’État qui contraint le président Jean-Bertrand Aristide à quitter le pays. Ce premier reportage lui vaut le Prix jeune reporter décerné par l’association François Chalais et que son travail soit projeté en septembre 2004 au festival Visa pour l'image de Perpignan[3].

Premiers reportages de guerre[modifier | modifier le code]

Cofondateur de l’agence IP3 Press avec Christophe Bertolin et Grégory Boissy, il couvre alors la guerre en République démocratique du Congo en 2008, l’épidémie de choléra à Haïti en 2010 ou encore l’élection présidentielle de 2011 dans ce même pays[3].

Ses photos ont été publiées par Le Monde Magazine, VSD, Paris Match, Time Magazine et The Wall Street Journal[4]. Rémi Ochlik se trouvait aux côtés du photographe Lucas Dolega lorsque ce dernier a été tué par la police en janvier 2011 à Tunis[3].

Le 12 février 2012, sa série de douze images intitulée « Bataille pour la Libye », est récompensée par le premier prix du World Press Photo dans la catégorie « Informations générales ». Il devait recevoir son prix à Amsterdam le 20 avril 2012.

Le printemps syrien : ultime reportage[modifier | modifier le code]

Après avoir couvert la révolte tunisienne, égyptienne et libyenne de 2011, Rémi Ochlik est tué en Syrie, où il était rentré clandestinement, le 22 février 2012 à l’âge de 28 ans dans le bombardement par les forces armées syriennes d’une maison transformée en centre de presse dans le quartier rebelle de Baba Amr où il se trouvait avec la journaliste américaine, Marie Colvin, 56 ans, du Sunday Times[5] morte avec lui.

Deux autres journalistes, Édith Bouvier du Figaro et Radio France internationale et Paul Conroy, photojournaliste indépendant, ont été blessés au cours de la même attaque. William Daniels, photographe pour le Figaro Magazine et Time Magazine, n’a pas été blessé, mais a tenu à rester avec Édith Bouvier jusqu’à son évacuation.

Les circonstances troublantes de la mort[modifier | modifier le code]

Selon l’ONG Reporters sans frontières, « Le bâtiment aurait été visé de manière intentionnelle, étant de notoriété publique qu'il accueillait régulièrement des journalistes »[6].

Devant l’impossibilité d’acheminer en Europe les dépouilles en cours de décomposition des deux journalistes en raison des combats qui se poursuivaient à Baba Amr, Rémi Ochlik et Marie Colvin ont été enterrés provisoirement dans un cimetière de la ville le 27 février 2012 par la résistance syrienne[7],[8]. Les autorités syriennes ont annoncé avoir retrouvé leurs corps à Baba Amr où ils ont été tués et qui a été repris par l’armée.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « meurtre » pour recueillir des données permettant d’identifier formellement le corps de Rémi Ochlik et de rapatrier sa dépouille en France.

Dans un communiqué du ministère syrien des Affaires Étrangères, « la Syrie présente ses condoléances aux familles des victimes et espère que les citoyens étrangers s’abstiendront d’entrer illégalement sur le territoire syrien et d’aller dans les régions où se trouvent des terroristes armés[9]. »

Le corps de Rémi Ochlik est rapatrié en France le 4 mars 2012[10]. Ses obsèques sont célébrés le 7 mars en région parisienne, et suivis d’une cérémonie d’hommage organisée au musée du quai Branly avec notamment la présence du ministre de la culture Frédéric Mitterrand[11].

Les suites judiciaires[modifier | modifier le code]

Au mois de septembre 2012, une information judiciaire contre X est ouverte par le parquet de Paris pour homicide involontaire sur Rémi Ochlik et tentative d’homicide sur la personne d’Édith Bouvier, la journaliste rescapée du centre de presse de Homs, visée par des tirs de roquettes[12].

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix Jeune reporter François Chalais 2004 pour son reportage sur le coup d’État en Haïti.
  • Grand prix Jean-Louis Calderon 2011 au festival européen de journalisme Scoop Grand Lille pour ses trois reportages en compétition : « La chute de Tripoli », « Égypte Tahir Square » et « La révolution du Jasmin »[13]
  • World Press Photo 2012 dans la catégorie General News pour son reportage « Bataille pour la Libye »[14]
  • Lauréat de la catégorie Reportage et Photographe de l’Année 2012 de l’Agence pour la Promotion de le Photographie Professionnelle en France[15].

Expositions[modifier | modifier le code]

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

  • Exposition « Hommage à Rémi Ochlick » au festival Visa pour l’Image de Perpignan au couvent des Minimes. Du 1er au 16 septembre 2012[17].
  • Exposition-Hommage à la médiathèque de Florange du 14 septembre au 16 octobre 2012 [18]

Le « Prix de la Ville de Perpignan/Rémi Ochlik »[modifier | modifier le code]

Le Prix de la Ville de Perpignan/Rémi Ochlik – en hommage au photojournaliste – créé à l’occasion du festival Visa pour l’Image 2012, a été attribué à :

  • 2012 : Sebastián Liste, Getty Images, photographe espagnol de 27 ans qui a grandi en Uruguay, pour son travail « Urban Quilombo », sur les habitants d’une ancienne chocolaterie investie, huit années durant, par une communauté de laissés pour compte à Salvador de Bahia au Brésil[19].
  • 2013 : Sara Lewkowicz, photographe new-yorkaise, pour son reportage « Shane et Maggie : portrait d’une violence domestique[20].
  • 2014 : Maxim Dondyuk, photographe ukrainien, pour un reportage réalisé au cours des événements de la place Maïdan à Kiev[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AFP, « Mort d'Ochlik en Syrie: Thionville en deuil », sur Le Figaro,‎ 22 février 2012
  2. (en) Michel Puech, « Scoop Grand Lille 2011 Rémi Ochlik », sur lejournaldelaphotographie.com (consulté le 24 février 2012)
  3. a, b et c « Mort du jeune photojournaliste Rémi Ochlik », sur Le Monde,‎ 22 février 2012
  4. AFP, « Syrie: deux journalistes, dont un Français, tués à Homs », sur L’Express,‎ 22 février 2012
  5. Armin Arefi, « Syrie : les journalistes, nouvelle cible de Bachar el-Assad », sur Le Point,‎ 22 février 2012
  6. « En Syrie les dangers d’utiliser des moyens de communication », sur Le Monde,‎ 24 février 2012
  7. (en) « Burying Remi Ochlik's corpse in Baba Amr after his body started to decompose » vidéo diffusée par la résistance syrienne le 1er mars 2012.
  8. « Rémi Ochlik a été enterré en Syrie » , le Figaro, 1er mars 2012.
  9. « Le régime syrien dit avoir trouvé le corps de Rémi Ochlik », Le Figaro, 1er mars 2012.
  10. Pauline Froisart, « Les corps de Rémi Ochlik et Marie Colvin tués en Syrie, ramenés en France » Agence France-Presse 4 mars 2012.
  11. AFP, « Une cérémonie hommage à Rémi Ochlik mercredi au musée du Quai Branly », sur France 24,‎ 7 mars 2012
  12. Saada Sebaoui, « Décès de Rémi Ochlik en Syrie « Ils ont tué pour faire taire Rémi Ochlik et les autres » », sur Le Républicain Lorrain,‎ 4 septembre août 2012
  13. « Festival européen de Journalisme de Lille : Le Palmarès 2011 », sur scoopgrandlille.com (consulté le 24 février 2012)
  14. (en) « World Press Photo 2012, General News, 1st prize stories, Rémi Ochlik », sur World Press Photo (consulté le 24 février 2012)
  15. Palmarès du prix du photographe de l’année.[1]
  16. « La maturité et la puissance de la photographie de Rémi Ochlik », sur Le Monde,‎ 22 février 2012
  17. Siegfried Forster, « Christophe Bertolin : « Il faut que le travail de Rémi Ochlik continue à vivre » », sur Radio France internationale,‎ 03 septembre 2012
  18. Virginie Dedola, « À la médiathèque de Florange : Hommage à Rémi Ochlik. « Au plus près des combats » », sur Le Républicain Lorrain,‎ 31 août 2012
  19. Libération/Next, « Visa pour l’Image dévoile son palmarès », sur Libération.fr,‎ 10 septembre 2012 (consulté le 10 septembre 2012)
  20. Katia Cordova, « Sara Lewkowicz, lauréate du Prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik », sur le site focus-numerique.com, 9 septembre 2013
  21. Polka magazine, 25 juin 2014.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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