Régine Chopinot

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Régine Chopinot

Naissance 1952
Fort-de-l'Eau, Algérie
Activité principale Chorégraphe, danseuse
Style Danse contemporaine
Lieux d'activité La Rochelle
Années d'activité Depuis 1976
Collaborations Alain Buffard, Jean-Paul Gaultier
Enseignement Marie Zighera
Site internet www.cornucopiae.net

Régine Chopinot, née en 1952, à Fort-de-l'Eau (aujourd'hui Bordj El Kiffan) en Algérie[1], est une danseuse et chorégraphe française de danse contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Attirée dès son plus jeune âge par l'art chorégraphique, Régine Chopinot étudie la danse classique dès cinq ans[2], puis découvre la danse contemporaine avec Marie Zighera en 1974. Elle va ensuite enseigner sur les pentes de la Croix-Rousse (Véronique Ros de la Grange a été une de ses élèves) et fonder à Lyon, en janvier 1978 - époque durant laquelle la nouvelle danse française est en ébullition créative - , sa propre compagnie, la « Compagnie du Grèbe », associant danseurs, comédiens et musiciens[2]. Elle signe alors ses premières chorégraphies. Trois ans plus tard en 1981, elle reçoit le deuxième prix au Concours chorégraphique international de Bagnolet pour la pièce Halley's Comet[2].

Ses créations suivantes, Délices et Via, font entrer le multimédia et le cinéma dans le monde de la danse et utilisent de nouvelles techniques d’éclairage. Pour la création de Délices en 1983, Régine Chopinot rencontre le couturier Jean-Paul Gaultier[2]. Les deux artistes vont par la suite continuer à travailler ensemble pendant 10 ans, pour Le Défilé (1985), K.O.K. (1988), Ana (1990) St Georges (1991) et Façade (1993)[3].

En 1986, Régine Chopinot est nommée directrice du Centre chorégraphique national de Poitou-Charentes à La Rochelle, qui devient en 1993, le Ballet Atlantique-Régine Chopinot[2] (BARC). Au départ, elle a choisi La Rochelle parce que c'était un endroit où il lui était donné de pouvoir travailler, « un espace ouvert sur la mer, sans limite, sans barrière, où l'on peut se projeter loin et c’est une sensation fondamentale pour un artiste en recherche ».

La plupart des cinquante pièces chorégraphiques créées depuis 1978 par Régine Chopinot sont nées de la collaboration avec des artistes plasticiens comme Andy Goldsworthy, Jean Le Gac ou Jean-Michel Bruyère, des musiciens comme Tôn-Thât Tiêt ou Bernard Lubat. De 1983 à 1993, le couturier Jean-Paul Gaultier a conçu les costumes de tous ses spectacles.

Il est difficile de définir un unique fil conducteur dans la totalité de son œuvre chorégraphique, vaste et volontairement multiforme. Après les pièces riches en couleur de ses débuts où dominèrent l’humour et la provocation esthétique, la deuxième moitié des années 90 se caractérisa par une méditation sur la nature et l’essence de l’être humain. En 2002, Chair-Obscur, pièce composée pour six danseurs, marqua le début d’une nouvelle phase de travail explorant les méandres de la vie et de la mort, du temps et de la mémoire, tout en dissolvant peu à peu la forme chorégraphique.

En 2004, W.H.A continua ce chemin de manière sensible, six interprètes déconstruisant temps et espace. Le spectacle reçoit le Grand Prix de la danse du Syndicat de la critique.

En 2006, elle crée, à la chapelle Fromentin, à La Rochelle, O.C.C.C, qui vient clore ce « Triptyque de la Fin des Temps », une vaste remise en cause de la création chorégraphique à travers une mise en crise volontaire des notions générales de temps, de mémoire et de construction. Les conditions successives du triptyque accompagnent et traduisent les évolutions de la chorégraphe engagée dans une hypothèse de travail expérimental[4]

Parallèlement à son travail de chorégraphe, Régine Chopinot collabore en tant qu’interprète avec des artistes dont l’univers lui est proche, comme le chorégraphe Alain Buffard[2] (Wall Dancin' - Wall Fuckin’ - (2003), Mauvais genre - (2004) ), le duo de performeurs sud-africains Elu et Steven Cohen (I Wouldn’t Be Seen Dead in That, créé avec la compagnie du BARC en 2003).

La présentation de son spectacle La Danse du temps lors du festival Hué 2000, a permis de mettre en place un projet avec des danseurs vietnamiens dans le cadre d’une collaboration avec l’école supérieure de danse du Viêt Nam et l’Opéra-Ballet de Hanoï. Depuis 2002, Régine Chopinot travaille régulièrement avec onze danseurs vietnamiens qui sont venus travailler neuf mois à La Rochelle. L’un des objectifs de cette collaboration du BARC avec le Viêt Nam est l’ouverture d’un centre de danse contemporaine au Viêt Nam. Ce partenariat lui permet de former des danseurs et de créer des spectacles. En 2002, elle créa la pièce Anh Mat avec des danseurs vietnamiens pour le Festival d’Hué. En 2004, elle y présente Giap Than, une nouvelle création avec les mêmes interprètes vietnamiens, qui allie une écriture chorégraphique précise et des espaces d’improvisation.

Principales chorégraphies[modifier | modifier le code]

  • Jardin de pierres (1978)
  • Ma grand’mère Hippocampe (1878)
  • Pierre dans l'eau (1979)
  • L’Origine des poissons (1979)
  • Reflux (1979)
  • À Réaction (1980)
  • Halley’s Comet (1981)
  • Appel d’air (1981)
  • Grand Écart (1982)
  • Simone Popinot, (1982)
  • Swim One (1982)
  • Délices (1983), Création chorégraphique pour 8 danseurs et comédiens
  • Via (1984), Création chorégraphique pour 5 danseurs
  • Les Rats (1984), Création chorégraphique pour les danseurs du Groupe de Recherche Chorégraphique de l’Opéra de Paris (GRCOP)
  • Rude Raid (1984), Vidéo, 13 minutes. Réalisation et décor Marc Caro
  • Fred le bordel (1985), Création chorégraphique pour 4 danseurs
  • Rossignol (1985), Création chorégraphique pour 9 danseurs au Centre national de danse contemporaine d'Angers, costumes de Jean-Paul Gaultier
  • Le Défilé (1985), Création chorégraphique pour 16 danseurs, comédiens et mannequins
  • A la Rochelle, il n’y a pas que des pucelles … (1986), Création chorégraphique pour 9 danseurs
  • Gustave (1987), film 35 mm, 6 minutes, réalisé par Régine Chopinot
  • K.O.K. (1988), Création chorégraphique pour 4 danseurs, un comédien, une chanteuse et un pianiste
  • Transport (1989), Création chorégraphique pour 4 danseurs
  • Ana (1990), Création chorégraphique pour 19 danseurs
  • Saint-Georges (1991), Création chorégraphique pour 12 danseurs
  • Façade (1993), Création chorégraphique pour 11 danseurs, un récitant et un orchestre
  • Soli – Bach (1994), Création chorégraphique pour 10 danseurs. Vêtements choisis dans les collections de Jean-Paul Gaultier
  • Végétal (1995), Création chorégraphique pour 15 danseurs, décor d’Andy Goldsworthy)
  • Colonne (1997)
  • Paroles du feu (1997)
  • Les Quatre Saisons (1998)
  • Chant de lune (1999)
  • La Danse du temps (1999)
  • Trans(E) (2000)
  • Moi Monstre (2000)
  • Chair-Obscur, (2002)
  • Le Sentiment océanique (2002)
  • Non, nouvelle version de Chant de lune (2003)
  • W.H.A.(Warning Hazardous Area) (2004), Création chorégraphique pour 10 danseurs. Vêtements choisis parmi les costumes réalisés par Jean-Paul Gaultier pour les ballets antérieurs
  • Les Garagistes (2005)
  • O.C.C.C, (2006)
  • Cornucopiae (2008)

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Régine Chopinot, 45 ans, chorégraphe, présente ce soir à Montpellier «Paroles du feu». Proche de la nature et de sa nature. La cheville ouvrière. », sur http://www.liberation.fr (consulté le 2 février 2014).
  2. a, b, c, d, e et f Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2006, p.116-117.
  3. L'alliance luxe Chopinot/Gaultier, par Rosita Boisseau dans Le Monde du 24 mars 2007
  4. Le nouveau pacte avec la danse de Régine Chopinot, par Rosita Boisseau dans Le Monde du 14 mars 2006
  5. Palmarès du prix de la critique sur le site du Prix du Syndicat de la critique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Régine Chopinot par Rosita Boisseau aux éd. Armand Colin, 1990.
  • Jean-Paul Gaultier / Régine Chopinot - Le Défilé, sous la direction d'Olivier Saillard, Paris, Les Arts Décoratifs, 2007 (ISBN 2916914005)
  • Chopinot par Annie Suquet aux éditions Cénomane, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]