Régiment de la Garde Volynski

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Régiment de la Garde Volynski
Insigne régimentaire du Régiment de la Garde Volynski
Insigne régimentaire du Régiment de la Garde Volynski

Période 12 octobre 1817mai 1918
Pays Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Type Infanterie légère
Garnison Oranienbaum, Varsovie
Ancienne dénomination Régiment de la Garde Finliandski
Anniversaire 12 décembre, Saint Spyridon
Guerres Guerre de la Quatrième Coalition, Guerre patriotique de 1812, Guerre de la Sixième Coalition, Insurrection de novembre 1830, Révolution hongroise de 1848, Guerre de Crimée, Insurrection polonaise de 1861/1864, Guerre russo-turque de 1877-1878, Première Guerre mondiale
Batailles Bataille de Guttstadt, Bataille d'Heilsberg, Bataille de Friedland, Bataille de Borodino, Bataille de Krasnoï, Bataille de Lützen, Bataille de Bautzen, Bataille de Dresde, Bataille de Leipzig, Bataille d'Ostrołęka, Défense de Vilna, Défense de Grodno, Prise de Varsovie, combats de Vyborg, Siège de Plevna, Bataille de Tachkisen, Bataille de Phillipol, Bataille de Chełmno, Bataille de Łódź, Défense de Smorgon, Répression du mouvement révolutionnaire de mars 1917

Régiment de la Garde Volynski ou Régiment de la Garde de Volhynie, (En langue russe : Волынский лейб-гвардии полк). Cette unité militaire fut créée à partir du 1er Bataillon du Régiment de la Garde Finliandski. Lors des évènements de février 1917, il joua un rôle majeur dans la Révolution russe et la chute de la monarchie.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régiment de la Garde Finliandski.

Fondation du régiment[modifier | modifier le code]

Le 24 octobre 1817, le 1er Bataillon du Régiment de la Garde Finliandski stationné à Varsovie et d'autre unités militaires de la Garde des provinces de l'Ouest formèrent le Régiment de la Garde Volynski. Cette unité de la garde fut chargée de la protection du grand-duc Konstantin Pavlovitch de Russie, à cette date, il se composait de deux bataillons[1]. Le tsar attribua à ce nouveau régiment les droits et privilèges de la vieille garde.

Insurrection polonaise de 1830[modifier | modifier le code]

Le 26 mai 1831, au cours de l'Insurrection polonaise de novembre 1830, à Ostrołęka, le Régiment de la Garde Volynski combattit les troupes polonaises placées sous les ordres du général Jan Zygmunt Skrzynecki. Le 6 septembre 1831, sous le commandement du feld-maréchal Ivan Fiodorovitch Paskevitch, cette unité militaire prit part aux combats dans les faubourgs de Varsovie, deux jours plus tard, elle investissait cette ville[2].

En 1832, cette unité de la Garde fut transférée à Saint-Pétersbourg puis déployée à Kronstadt.

En 1836, le Régiment de la Garde Volynski fut caserné à Oranienbaum.

Le 9 janvier 1842, le 4e Bataillon de réserve fut créé.

De mai à novembre 1846, le régiment fut déployé en Hongrie mais il ne prit aucune part à la répression[3].

Le 1er avril 1854, ce 4e bataillon devint actif et un 5e bataillon de réserve fut constitué.

Guerre de Crimée[modifier | modifier le code]

Entre 1853 et 1856, au cours de la Guerre de Crimée, cette unité militaire fut déployée sur la côte de la Baltique. En 1855, au cours d'une escarmouche, il affronta un commando de la Royal Navy près de Vyborg[4].

Insurrection polonaise de 1861[modifier | modifier le code]

Lors de l'insurrection polonaise de 1861-1864, il contribua à la répression menée contre les insurgés polonais[3].

Soldats du Régiment de la Garde Volynski devant le Palais du Belvédère à Varsovie. Au centre, à cheval, le major-général Vassili Fiodorovitch Rall (1864), une œuvre du peintre allemand Adolf Yebens (1819-1888)

En 1862, Le Régiment de la Garde Volunski fut transféré Varsovie dans la 2e Brigade appartenant à la 3e Division d'Infanterie de la Garde[5].

Guerre russo-turque[modifier | modifier le code]

Au cours du conflit opposant la Russie à l'Empire ottoman, le régiment participa à de nombreuses batailles. Il assiégea la ville de Plevna, les armées russo-roumaines obligèrent Osman Pacha (1837-1900) à se retrancher dans la ville bulgare. Le général ottoman ordonna la construction de fortifications et fit creuser des tranchées afin de tenir un long siège. Du 20 juillet au 10 décembre 1877, le régiment s'illustra au cours des quatre attaques menées contre les forces ottomanes repliées dans la ville. Le 10 juillet 1877, après cinq mois de siège, il força la meilleure armée d'Osman Pacha à capituler. Du 25 novembre au 30 novembre 1877, le régiment traversa les Balkans et mit l'Armée ottomane en déroute. Le 31 décembre 1887, il s'illustra lors de la bataille de Tachkisen. Le 31 décembre 1877, cette unité militaire placée sous le commandement du feld-maréchal Iossif Vladimirovitch Gourko (1828-1901) prit une part active dans la libération de la ville de Plovdiv. Les 15 janvier et 19 janvier 1878, le régiment livra une lutte sans merci aux troupes turques dans la ville de Nikopol (Roumélie), la prise de cette ville par les troupes russes ouvrit la route de Constantinople à l'Armée impériale de Russie[6].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la déclaration de la Première Guerre mondiale, le régiment fut déployé en Prusse orientale et servit dans le XXIIIe Corps d'armée. Le 13 novembre 1914, les fantassins prirent part aux combats d'avant-garde près de la localité de Chełmno. Du 2 octobre à la mi-décembre 1914 au sein du XXIIIe Corps d'armée, il fut engagé dans la bataille de Łódź. Le 11 septembre 1915, les troupes de cette unité de la Garde furent engagé dans la défense de la ville de Smarhon. En décembre 1916, à l'occasion du centenaire de la création du Régiment, ce dernier fut retiré du front afin de fêter l'évènement à Saint-Pétersbourg.

Révolution de février[modifier | modifier le code]

Le 9 mars 1917, à 5 heures le matin, une escouade composée de soldats réservistes reçut l'ordre de se rendre sur les lieux de rassemblement des habitants de Petrograd afin de mettre un terme aux manifestations. Vers 11 heures, certains fantassins du régiment ouvrirent le feu sur la foule massée au pied de la statue d'Alexandre III de Russie. Le sergent chef Timofeï Ivanovitch Kirpitchnikov se déplaçant à l'arrière du groupe demanda à ses camarades de ne pas commettre l'irréparable en tirant sur la foule. Le soir venu, la compagnie fut de retour dans sa caserne.

Le matin du 10 mars 1917, l'escouade, avec à sa tête le capitaine I.S. Lachkevitch, fut de nouveau envoyé sur les lieux des manifestations, l'un des enseignes intima l'ordre à l'un des insurgés de ne pas pénétrer sur la Perspective Nevski. Vers midi, une immense foule en quête de pain partie de Gontcharnoï se dirigea vers la Perspective Nevski, mais la compagnie armée de mitrailleuses et de fusils fit face à la foule des émeutiers. Le capitaine I.S. Lachkevitch intima l'ordre aux soldats placés sous son commandement d'ouvrir le feu sur les révoltés sous peine de punitions sévères en cas de refus d'obéissance. Arrachant les fusils des mains de fantassins, il tira personnellement sur des manifestants non armés, ainsi, il tua une dizaine de personnes. La nuit venue, l'unité fut de retour à la caserne. Au cours de la nuit suivante, le sergent Timofeï Ivanovitch persuada ses camarades de ne pas se rendre sur les lieux des manifestations. Le matin du 11 mars 1917, la compagnie reçut de nouveau l'ordre de se rendre sur les lieux de rassemblement de la foule des manifestants, mais les fantassins refusèrent d'obtempérer. Le capitaine I.S. Lachkevitch, hors de lui devant une telle insubordination, s'élança dans la cour de la caserne, tenta de s'opposer aux soldats puis pris la fuite, mais d'une fenêtre, le sous-officier Timofeï Ivanovitch abattit le capitaine. Le sergent se plaça à la tête d'une unité, il réussit à convaincre certains fantassins et officiers présents et franchit la porte de la caserne suivi du bataillon de réserve. Les soldats du Régiment de la Garde Volynski fraternisèrent avec les manifestants et, ensemble, ils se dirigèrent vers la caserne du Régiment de la Garde Litovsky qui s'était déjà joint à la foule des révoltés. Soldats et émeutiers se rendirent à la caserne du Bataillon du Génie de la Garde où ils furent accueillis en musique. Quelque temps plus tard, les soldats du Régiment de la Garde Préobrajensky se joignirent à eux[7].

Récompenses et honneurs militaires[modifier | modifier le code]

  • Le 5 janvier 1814, la bannière de Saint-Georges fut attribuée au Régiment de la Garde Finliandski avec cette inscription : En récompense de la défaite et de l'expulsion de l'ennemi hors de la Russie en 1812 et 1806-1906.
  • Pour le centenaire de la création du Régiment de la Garde Volynski, Nicolas II de Russie remit à cette unité de la Garde le ruban de l'Ordre de Saint-André.
  • L'église Saint-Spyridon fut construite à Varsovie en l'honneur du Régiment de la Garde Volynski.

Description de la croix de l'Ordre militaire de Virtuti Militari[modifier | modifier le code]

Pour le centième anniversaire de sa création le Régiment de la Garde Volynski reçut la croix de l'Ordre militaire de Virtuti Militari. Sur la branche supérieure de cette croix furent inscrits la date 1806 et le mot MILI, sur la branche inférieure 1906 et TARI, sur la branche de gauche VIR, sur la branche de droite TUTI. Entre chacune des quatre branches de la croix, quatre monogrammes d'or représentant le chiffre A d'Alexandre Ier de Russie, fondateur du Régiment, le chiffre N (en alphabet cyrillique : Н) de Nicolas Ier de Russie, le chiffre A d'Alexandre II de Russie, le chiffre A d'Alexandre III de Russie. Au centre de la croix le monogramme d'or N (en alphabet cyrillique : Н) pour Nicolas II de Russie surmonté de la couronne impériale de Russie, entre le chiffre Н et la couronne impériale, on distingue l'aigle bicéphale, emblème de la Russie impériale.

Pour les officiers du régiment cette croix était composée de bronze, d'argent, de vermeil, le médaillon placé au centre de la croix était bordé d'un émail vert avec inscrit la date de la création de cette unité militaire 1806, la date du centenaire de sa création 1906. Pour les fantassins de rang subalterne, la croix se composait d'un bronze doré dépourvu d'émail[9],[8].

La bannière de Saint Georges remise au Régiment de la Garde Finliandski fut par l'ukase de 1813, également attribuée au Régiment de la Garde Volynski[8].

  • Deux tubes d'argent avec l'inscription : Récompense pour la bravoure et le courage prouvé au cours de la bataille de Leipzig le 4 octobre 1813.
  • Une plaque de laiton porté sur les shakos avec cette inscription : Pour Tachkisen 19 décembre 1877[8].

Descriptif de l'insigne régimentaire[modifier | modifier le code]

Le grand-duc Konstantin Pavlovitch de Russie, chef du Régiment de la Garde Volynski en 1818, portrait de Peter Ernst Rockstul, Musée de l'Ermitage - Saint-Pétersbourg (1809)

Le 7 décembre 1911, les fantassins du Régiment de la Garde Volynski portaient un insigne régimentaire symbolisant la croix d'or de la milice impériale. En son centre, un aigle bicéphale en argent coiffé de la couronne impériale de Russie. Entre les deux ailes, un bouclier en émail de couleur rouge aux armes de la Lituanie. Sous les serres de l'aigle, un second bouclier en émail rouge orné d'une croix d'argent. Sur chacune des branches de la croix ces mots gravés : Pour la foi, le Tsar, la Patrie. Pour les officiers, plusieurs métaux entrés dans la composition de la croix : le bronze, l'argent, l'or et l'émail. Concernant l'insigne régimentaire des fantassins de rang subalterne, celui-ci se composait uniquement d'un métal jaune sans aucun ornement en émail.

Pendant le gouvernement provisoire dirigé par le prince Gueorgui Ievgenievitch Lvov, l'ex-Régiment de la Garde Volynski arbora un nouvel insigne régimentaire en argent. Celui-ci était de forme ovale. Le bord droit était agrémenté d'une branche de maïs, le bord gauche d'une branche de palmier. En son milieu, un fantassin russe serrant dans sa main une bannière couverte d'un émail rouge. Assise à ses côtés, une femme vêtue du costume russe et coiffée du kokochnik. De sa main droite, elle tient le haut du bouclier d'argent sur lequel est gravé 27 février 1917, l'autre main posée sur son genou serre un rameau d'olivier. Les 9 mars, 10 mars et 11 mars 1917, le bataillon de réserve du Régiment fut à l'origine du soulèvement de certaines casernes de Petrograd. Seuls les acteurs de ce soulèvement furent autorisés à porter cette inscription imprimée dans le métal de leur insigne régimentaire : Régiment Volynski, leur patronyme et leur prénom. Exemple : Régiment Volynski. Timofeï Ivanovitch Kirpitchnikov. Quant aux soldats déployés sur le front, ils furent autorisés à porter sur leur insigne cette simple inscription : Régiment Volynski[10].

Description de la bannière régimentaire[modifier | modifier le code]

En 1818, la bannière de Saint-Georges fut remise au Régiment de la Garde Volynski. Elle représentait une croix jaune, seuls les angles verts la différenciaient du Régiment de la Garde Finliandski. Sur le drapeau cette inscription : En récompense de la défaite et l'expulsion des ennemis hors de la Russie 1812. Au centre de l'aigle bicéphale les armoiries de Moscou furent remplacés par celles de Lituanie[11].

Chefs du Régiment de la Garde Volynski[modifier | modifier le code]

Commandants du Régiment[modifier | modifier le code]

Lieutenant-général Mikhaïl Fiodorovitch Mirkovitch

Personnalités célèbres ayant servi au Régiment[modifier | modifier le code]

Général Mikhaïl Gordeevitch Drozdovski

Pertes lors de la Première Guerre mondiale et de la Guerre civile russe[modifier | modifier le code]

Les officiers du Régiment de la Garde Volynski tués ou décédés des suites de leurs blessures au cours de la Première Guerre mondiale, pendant la Guerre civile russe ou assassinés au cours de la terreur rouge.

  • 40 officiers trouvèrent la mort au cours des combats de la Grande Guerre ;
  • 26 d'entre eux furent tués ou succombèrent à leurs blessures pendant la Guerre civile russe ;
  • 15 officiers furent exécutés au cours de la Terreur rouge[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]