Grenadiers à cheval de la Garde impériale

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Grenadiers à cheval de la Garde impériale
Image illustrative de l'article Grenadiers à cheval de la Garde impériale

Période 18041815
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de l'Empire français Empire français
Branche Garde impériale
Type Régiment
Rôle Cavalerie lourde
Effectif 1 016 personnes
Fait partie de Garde impériale
Garnison École militaire (France)
Guerres Guerres napoléoniennes
Batailles Bataille d'Austerlitz
Bataille de Wagram
Bataille de Maloyaroslavets
Bataille de Leipzig
Bataille de Hanau
Bataille de Montmirail
Bataille de Vauchamps
Bataille de Paris
Bataille de Waterloo
Commandant Louis Lepic

Les grenadiers à cheval de la Garde impériale sont un régiment de cavalerie lourde de la Garde consulaire, puis impériale sous le Consulat et le Premier Empire. Il s'agit du plus ancien régiment de cavalerie de la Vieille Garde. À partir de la restructuration de 1806 les grenadiers à cheval feront brigade avec le Régiment de dragons de la Garde impériale[1]. Ils sont parfois considérés comme le meilleur régiment de cavalerie lourde de leur temps[2].

Ayant déjà fait partie de la Garde consulaire, les grenadiers à cheval deviennent le principal régiment de cavalerie de la Vieille Garde quand la Garde impériale est créé en 1804. Leur effectif théorique maximal est de plus de 1100 officiers et hommes de troupe, commandés par un général de division ou par un général de brigade expérimenté, avec quelques-uns des cavaliers les plus célèbres de l'époque en tant que commandant.

Participant rarement au combat pendant les guerres napoléoniennes, ils sont généralement gardés en réserve, aux côtés de l'Empereur, au cours des batailles les plus importantes de 1804-1815. Lorsque le régiment prend part au combat, comme lors des batailles de Marengo, d'Austerlitz, Eylau, Hanau et Waterloo, ainsi que pendant un certain nombre d'actions de 1814, les résultats sont généralement décisifs. Le régiment est dissous en 1815, après la chute de Napoléon et la Seconde Restauration des Bourbons.

Organisation[modifier | modifier le code]

Officier des grenadiers à cheval de la Garde. À gauche, un dragon (par Édouard Detaille, vers 1900).

Un décret du 28 novembre 1799 (qui fait suite au coup d'état du 18 Brumaire et la prise du pouvoir par Bonaparte) organise la nouvelle Garde consulaire[3]. Celle-ci doit comprendre entre autres un régiment de grenadiers à cheval et doit former, avec les chasseurs à cheval, la cavalerie de la Garde consulaire. Ce régiment est organisé en deux escadrons de 172 hommes composé de deux compagnies de 86 hommes chacun[3]. À partir de 1804, où il prend son nom définitif de Grenadiers à cheval de la Garde impériale, le régiment est composé de 1018 cavaliers[B 1] organisés en 4 escadrons comprenant chacun deux compagnies[4]à effectif théorique de 123 hommes, et d'un état-major de 32 hommes[B 2]. En 1805, deux compagnies de vélites sont rajoutés avec un effectif de 400 hommes[B 3] et forment un escadron, puis deux à la fin de l'année 1805[4]. En 1811, ils seront fusionnés au profit d'un cinquième escadron[4], portant l'effectif total à 1 250 soldats[B 4].

En 1806, le régiment compte 968 hommes auxquels s'ajoute deux escadrons de vélites comprenant 342 soldats, soit un total de 1 310 hommes[B 5].

  • Chefs d'escadron (1810) : Clément, Mesmer, Rémy, Maufroy et Dujon[B 6].
  • Chefs d'escadron (1812) : Perrot, Mesmer, Rémy, Hardy et Morin.
  • Chefs d'escadron (1813) : Rémy, Hardy, Morin, Venière, Pernet, Delaporte, Jimcker[B 7].

En 1810, le régiment compte 1 000 soldats et 200 vélites[B 8].

En 1813 lui est rattaché le 1er régiment des éclaireurs de la Garde impériale, régiment d'élite de la Vieille Garde commandé par le colonel Claude Testot-Ferry, qui prendra alors le nom d'éclaireurs-grenadiers.

Le régiment était caserné à l’École militaire de Paris[B 9].

Guerres du Consulat et de l'Empire[modifier | modifier le code]

Marengo[modifier | modifier le code]

Le premier engagement véritable de l'unité a lieu dans des circonstances dramatiques pendant la guerre de la Deuxième Coalition, à Marengo. Alors que le Premier consul Bonaparte est en train de perdre la bataille contre les Autrichiens, la division Boudet, avec à sa tête Louis Desaix, apparaît sur le champ de bataille et engage les Autrichiens. Pour soutenir leur mouvement, la brigade Kellermann se déploie sur la droite autrichienne, avant de charger et de renverser les troupes adverses. Sur la gauche de l'ennemi, Bessières organise une charge massive avec l'ensemble de la cavalerie de la Garde consulaire et sème la panique, puis la débandade des troupes autrichiennes. Après la bataille, Bessières reçoit pour son action les éloges du Premier consul, qui dit au général: « Sous votre commandement, la Garde s'est couverte de gloire, elle ne pouvait pas faire mieux dans les circonstances données. » Un peu plus d'un mois après la bataille, le colonel Michel Ordener reçoit le commandement du régiment[5].

Austerlitz[modifier | modifier le code]

Grenadiers à cheval de la Garde (par Hippolyte Bellangé, 19e siècle).

Cinq années s'écoulèrent avant que l'engagement suivant des grenadiers à cheval, qui a lieu pendant la guerre de la Troisième Coalition, se produise. La guerre ayant éclaté avec la Russie et l'Autriche, les grenadiers à cheval, faisant maintenant partie de la Garde impériale, traversent le Rhin en Allemagne le 1er octobre 1805. Dix jours plus tard, ils sont à Augsbourg et le 20 octobre, ils sont présents à la reddition d'Ulm. Ils voient leur seule action majeure au cours de cette campagne le 2 décembre, sur le plateau de Pratzen, à la bataille d'Austerlitz. Au cours de cet affrontement, Napoléon avait prévu de briser le centre austro-russe et donc de diviser leurs forces. En milieu de matinée, tout va pour le mieux, mais une situation potentiellement dangereuse pour les Français se produit lorsque la Garde impériale russe, sous le commandement du grand-duc Constantin, arrive et attaque les Français de la division Vandamme autour de Stary Vinohrady (« les vieilles vignes »). Dans un premier temps, un bataillon du 4e régiment de ligne français est pris dans une position inconfortable et, malmené par la cavalerie de la Garde russe appuyée par l'artillerie, les Français perdent leur aigle et plus de 400 hommes. Le 24e régiment d'infanterie légère, qui montait à l'appui du 4e de ligne, est également rejeté en arrière en désordre[6]. C'est à ce moment que Napoléon envoie la cavalerie de la Garde qui se compose de 4 escadrons des chasseurs à cheval et des mamelouks, et 4 escadrons des grenadiers à cheval[7], avec une batterie d'artillerie à cheval de la Garde en appui. Un premier assaut mené par deux escadrons de chasseurs à cheval appuyé par trois escadrons des grenadiers semble réussir, mais l'arrivée en renfort de sept escadrons de la Garde russe fait tourner le combat au désavantage des Français[8]. Pour soutenir ses cavaliers, Napoléon envoie d'abord les mamelouks, puis le dernier escadron des grenadiers à cheval[8]. Ces derniers chargent et se mesurent avec le régiment des chevaliers-gardes russes. Après une courte mêlée, les grenadiers à cheval dispersent leurs adversaires, leur infligeant de lourdes pertes et capturant plus de 200 hommes, dont leur commandant (le prince Repnine) avec son état-major, ainsi que 27 pièces d'artillerie. De leur côté, les grenadiers déplorent seulement 2 morts et 22 blessés (dont 6 officiers)[5].

Campagne de Prusse et de Pologne[modifier | modifier le code]

En mai 1806, le général Frédéric Henri Walther remplace Ordener. En raison de son ancienneté, Walther est également commandant en second de toute la cavalerie de la Garde et exerce cette fonction chaque fois que le maréchal Bessières est absent. Le régiment des grenadiers à cheval ne participe pas à la campagne de Prusse. Néanmoins, la guerre continue l'année suivante en Pologne, les Français poursuivant l'armée russe[9].

Eylau[modifier | modifier le code]

Les Grenadiers à cheval de la Garde à Eylau (huile sur toile d'Édouard Detaille, 1893, collection du musée Condé de Chantilly).

Les rigueurs de l'hiver polonais, les routes en mauvais état et l'extrême pauvreté de certaines régions entraînent des souffrances considérables pour les deux camps et rendent pratiquement impossibles les reconnaissances et les services d'avant-poste. Après quelques manœuvres initiales et engagements mineurs, la première grande bataille a lieu à Eylau. La Grande Armée y livre bataille, bien qu'elle soit sérieusement en infériorité numérique[10]. Le corps de Ney est encore loin, et la position de Napoléon est de plus en plus périlleuse. L'Empereur ordonne au maréchal Murat de lancer toute la cavalerie de réserve dans une charge massive. Dans un premier temps, Murat fait avancer deux divisions de dragons (celles de Klein et de Grouchy) et une division de cuirassiers (celle d'Hautpoul). Les cavaliers français percent la première ligne russe, puis la deuxième, avant de se retrouver derrière les rangs ennemies, menacés d'encerclement. En conséquence, l'Empereur ordonne au maréchal Bessières d'aider la cavalerie de réserve avec celle de la Garde. Une seconde charge de cavalerie a donc lieu, menée par les chasseurs à cheval de la Garde et suivie par la cavalerie lourde composée des cuirassiers du 5ème régiment et des grenadiers à cheval. Le commandant en second du régiment est le colonel Louis Lepic qui conduit les deux escadrons du régiment, attaquant les première et deuxième lignes russes, ne s'arrêtant que devant les réserves ennemies. C'est alors qu'une bourrasque de neige a lieu et les grenadiers se perdent. Lorsque la neige retombe, le régiment est entouré par les Russes qui leur demandent de se rendre. Lepic rétorque : « Regardez-moi ces figures et dites-moi si elles ont l'air de vouloir se rendre ! », et il ordonne la charge, bouscule les Russes et parvient à regagner les lignes françaises, où Napoléon récompense Lepic en le faisant général. Le régiment a perdu 4 officiers tués et 14 officiers blessés, ainsi qu'un grand nombre de soldats, mais la charge de la cavalerie de la Garde permet à la cavalerie de réserve d'échapper à l'encerclement et de revenir à ses positions initiales. Les Français ne gagneront la bataille que tard dans la soirée[11].

Guerre d'indépendance espagnole[modifier | modifier le code]

Frédéric Henri Walther, colonel des grenadiers à cheval de la Garde (auteur anonyme).

En 1808, les troupes françaises entrent en Espagne. Les grenadiers à cheval qui font partie du 2e corps d'armée de Bessières, sont présents à Madrid lors du soulèvement du Dos de Mayo. Leur premier chirurgien, Gauthier, y est blessé. Ils font ensuite campagne dans le nord-ouest du pays. Le 14 juillet 1808, Bessières, avec près de 14 000 hommes, fait face à deux corps d'environ 22 000 hommes à Medina de Rioseco, non loin de Valladolid. Les quelques escadrons du régiment présents ont participé à la bataille, appuyant l'attaque de l'infanterie du général Merle.

Campagne d'Autriche (1809)[modifier | modifier le code]

Au début de 1809, l'Empereur rappelle sa Garde au centre de l'Allemagne pour la guerre de la Cinquième coalition. Elle est présente à la bataille d'Aspern-Essling, sous le feu intense de l'artillerie autrichienne, et regarde la lutte de son armée pour contenir un adversaire largement supérieur. Lorsque Napoléon lui-même a sa botte déchirée par une balle, le général Frédéric Henri Walther, commandant de la cavalerie de la Garde, indique à l'Empereur que ses grenadiers l'emmèneront de force derrière les lignes s'il refuse de se retirer. Ce dernier obéira mais devra ordonner la retraite générale de l'armée sur l'île de Lobau, au milieu du Danube. Six semaines plus tard, Napoléon traverse le Danube à la tête d'une force considérable, pour attaquer les Autrichiens sur la plaine de Marchfeld. La bataille de Wagram qui s'ensuit voit les grenadiers à cheval en réserve lors de la première journée du combat[5].

Toutefois, le deuxième jour (6 juillet 1809), les grenadiers, avec le reste de la cavalerie de la Garde, sont chargés de couvrir la colonne du général Macdonald qui se lance à l'attaque du centre autrichien. Après un succès initial, Macdonald voit une occasion de mettre en déroute les troupes qui se replient devant lui et, à cet effet, il demande une charge de la cavalerie de réserve de Nansouty, en invitant tous les autres commandants de cavalerie présents dans le secteur à faire de même. Les grenadiers à cheval de la Garde, cependant, ne bougent pas et laissent ainsi passer l'occasion malgré la charge des chevau-légers polonais et des chasseurs à cheval de la Garde. Après la bataille, Macdonald s'emporte contre Walther et lui reproche son inaction. Walther explique que ni son chef, le maréchal Bessières, ni l'Empereur, n'ont donnés des ordres pour une charge et que la Garde ne pouvait agir sans ordres directs de l'un des deux. Les tentatives de Macdonald pour expliquer qu'une telle attaque de la Garde aurait été décisive exaspèrent Walther qui salue et sort[12].

Retour en Espagne[modifier | modifier le code]

Louis Lepic (1765-1827). En 1811, il refuse de charger à la bataille de Fuentes de Oñoro, en l'absence d'ordre du maréchal Bessières (huile sur toile de Louis-Charles Arsenne, 1842, musée de l'Armée).

Durant les deux années suivantes, seules quelques compagnies du régiment sont de service actif, notamment en Espagne, où elles accompagnent Bessières dans le nord-ouest du pays, où celui-ci est censé soutenir l'armée du maréchal Masséna au Portugal. Ce dernier y avait combattu avec succès le général Wellington, mais il n'était pas en mesure de percer les lignes fortifiées de Torres Vedras, et se retire à Almeida.

Wellington fait l'erreur critique de le suivre et, le 5 mai 1809, il se retrouve dans une position délicate à la bataille de Fuentes de Oñoro. Masséna a besoin de Bessières et de l'ensemble de son corps d'armée pour pouvoir battre les troupes anglo-portugaises, mais Bessières n'apporte que des renforts symboliques : quelques escadrons de dragons et les grenadiers à cheval, 800 hommes en tout, sous le commandement du général Louis Lepic. Malgré cela, Masséna réussit à exploiter une faiblesse dans la ligne de Wellington, et ce dernier est sur le point d'être battu. Masséna charge son aide de camp, Nicolas-Charles Oudinot (le fils du maréchal), de trouver Lepic et la cavalerie de la Garde, avec ordre de charger immédiatement. Mais Oudinot est bientôt de retour auprès du maréchal, en disant que Lepic reconnaissait seulement Bessières en tant que chef et qu'il ne chargerait pas sans son ordre. Bessières ne pouvant nulle part être trouvé, cette erreur permet à l'armée de Wellington de s'échapper intacte[12].

Campagne de Russie[modifier | modifier le code]

En 1812, l'entrée imminente de la Grande Armée en Russie voit les grenadiers à cheval rappelés d'Espagne. Ils sont intégrés dans la 3e brigade de la cavalerie de la Garde, avec un effectif de 1 166 hommes, répartis en cinq escadrons commandés respectivement par Perrot, Mesmer, Rémy, Hardy, et Morin. La première partie de la campagne, de juin à septembre, n'est rien de plus qu'une longue période de calme pour la Garde, qui n'est jamais engagée dans la bataille[13] et est en mesure d'arriver sur le champ de bataille de Borodino afin d'écraser l'armée russe. Malgré les demandes insistantes des divers commandants français, Napoléon Ier refuse d'engager la Garde si loin de la France[14]. Pendant le grand incendie de Moscou, les grenadiers à cheval sont utilisés en tant que policiers, en raison de leur réputation de discipline et de leurs normes morales élevées. À la mi-octobre, l'ensemble de la Grande Armée commence à sortir de la ville en ruine et la longue retraite vers la Pologne n'offre que des actions secondaires pour les grenadiers à cheval, avec pour mission d'assurer la protection du quartier général impérial. Les escarmouches, le froid et les privations pendant la retraite ont fait des ravages sur le régiment et au moment de la bataille de la Bérézina, les grenadiers à cheval et les chasseurs à cheval réunis ne sont en mesure d'aligner que 500 combattants à cheval, avec plusieurs centaines démontées. Malgré cela, le moral reste bon partout[13]. Selon l'auteur Stephen Chappedelaine, le général Frédéric Henri Walther réussi à ramener ses grenadiers à cheval de la Russie avec peu de pertes.

Campagne d'Allemagne[modifier | modifier le code]

La charge des grenadiers à cheval de la Garde impériale à la bataille de Hanau en 1813 (par Richard Knötel)

Le régiment est réformé au début de l'année 1813 et n'est à nouveau disponible qu'en avril. Napoléon Ier le passe en revue à Erfurt le 27 avril. Trois jours plus tard, les grenadiers à cheval reçoivent la nouvelle de la mort de leur chef, le maréchal Jean-Baptiste Bessières, qui a été tué au combat par un boulet, à côté du village de Rippach. Le régiment combat brièvement à la bataille de Dresde et est impliqué dans le soutien des gardes à pied afin de prendre le village de Reudnitz, lors de la bataille de Leipzig, à la fin octobre. Le seul engagement majeur de la campagne vient à la fin octobre, lors de la bataille de Hanau. Comme les Austro-Bavarois commandés par Karl Philipp von Wrede tentent de bloquer la retraite de la Grande Armée vers la France, Napoléon est contraint d'engager ses troupes d'élite, haranguant personnellement les grenadiers à cheval au moment où ils s'apprêtent à entrer en action. La cavalerie de la Garde charge et enfonce la nombreuse cavalerie ennemie. Au cours de cette bataille, le colonel-major du régiment, le général Louis Marie Levesque de Laferrière reçoit six coups de sabre à l'épaule et au bras, tandis que le lieutenant Guindey, célèbre pour avoir tué le prince Louis-Ferdinand de Prusse à la bataille de Saalfeld sept ans plus tôt, est tué. Un autre coup dur pour le régiment survient le 24 novembre 1813, lorsque le commandant en chef du régiment, le général de division Frédéric Henri Walther décède subitement d'épuisement et de maladie. Il est remplacé en décembre par le général de division Claude Étienne Guyot, et le général Étienne de Nansouty prend le commandement de toute la cavalerie de la Garde[15]. En décembre 1813, on lui adjoint le 1er régiment des éclaireurs de la Garde impériale, qui prend alors la dénomination d'éclaireurs-grenadiers.

Campagne de France[modifier | modifier le code]

En 1814, la guerre se poursuit sur le sol français et commence très mal, avec l'armée française en sous-nombre et en mauvais état. La cavalerie de la Garde, sous Nansouty, est donc mise à contribution plus souvent que jamais, jouant souvent un rôle clé dans les tentatives de Napoléon pour contrecarrer les plans de la coalition. Les grenadiers à cheval sont répartis en deux corps : l'un fort de 909 cavaliers affecté à la division de cavalerie du général Laferrière-Levesque ; l'autre comptant 401 hommes faisant partie de la cavalerie de réserve de la Garde commandée par Ney[A 1]. À La Rothière, en compagnie d'autres régiments de la Garde, les grenadiers se battent contre un ennemi à la supériorité numérique écrasante. Lors de la bataille de Montmirail, les grenadiers poursuivent en compagnie des mamelouks de la Garde impériale et à la suite des dragons de l'Impératrice les fuyards du corps d'Osten-Sacken qui vient d'être battu et anéantissent deux brigades russes. À Château-Thierry, ils chargent avec succès des batteries d'artillerie de l'armée de la coalition. Deux jours plus tard, à Vauchamps, ils enfoncent les carrés de la division Kapzewitch[A 2] et contribuent à la déroute de Blücher. Ils participent ensuite à plusieurs affrontements importants, notamment à Craonne où, en s’élançant sur les troupes adverses, le colonel-major des grenadiers, le général de Lévesque de Laferrière est blessé par une balle et a une jambe arrachée, perdant également l'un de ses meilleurs officiers, le capitaine Kister. Une partie des grenadiers à cheval est à Paris lors de son attaque par les Coalisés. Ils sont intégrés dans la brigade de la cavalerie de la Garde commandée par Dautancourt qui comprend également des chasseurs à cheval, des mamelouks et des éclaireurs-lanciers polonais. Au sein de cette brigade, ils vont essayer de défendre la butte de Montmartre et d'enrayer la progression des troupes ennemies, mais ils doivent sans cesse se replier sous une grêle de balles et de mitraille.

Restauration et campagne de Belgique de 1815[modifier | modifier le code]

Attaque du Mont-Saint-Jean à Waterloo : au premier plan, les lanciers rouges de la Garde. À leur suite, les cuirassiers du général Milhaud. Au troisième plan, les escadrons des grenadiers à cheval de la Garde s'avancent (par Louis Dumoulin, Panorama de Waterloo, 1912).

Après l'abdication de Napoléon et la Restauration des Bourbons, les grenadiers sont casernés à Blois, par ordonnance royale. Selon cette ordonnance, en date du 12 mai, ils devaient être réorganisées en un « corps royal de cuirassiers de France »[4]. Son effectif est fixé par l'ordonnance du 21 juin, qui prévoie que le corps doit être de 42 officiers et 602 hommes, divisés en deux escadrons. Cependant, avec le retour de Napoléon au pouvoir à la fin du mois de mars 1815, les grenadiers retrouvent leur ancienne organisation, soit 1 042 officiers et soldats[4], et leur rang dans l'armée. Avec le déclenchement de la guerre de la Septième Coalition, les grenadiers sont inclus dans la division de cavalerie lourde de la Garde, aux côtés des dragons de la Garde impériale. Leur seul engagement a lieu lors de la bataille de Waterloo. À Waterloo, le régiment est tenu en réserve avec la cavalerie de Kellermann lorsque l'Empereur, afin de soutenir les cuirassiers de Milhaud et la cavalerie légère de la Garde aux prises avec les Anglais sur le Mont-Saint-Jean, décide d'engager la cavalerie lourde de réserve[16],[17]. Les grenadiers chargent à trois reprises avec à leur tête le général Guyot, mais les pertes sont lourdes [18]: ils perdent leur colonel-major, Jean-Baptiste-Auguste-Marie Jamin, tué par une balle alors qu'il chargeait à la tête de ses hommes face aux carrés britanniques, deux lieutenants (Tuefferd et Moreau) et seize autres officiers blessés. Le général Guyot est grièvement blessé. Waterloo est le dernier engagement de cette unité, qui est dissoute par les Bourbons à la Seconde Restauration, le 25 novembre 1815[4].

Uniformes[modifier | modifier le code]

En grand uniforme, les grenadiers portent : l'habit en drap bleu impérial, à collet en drap de fond, revers blanc, parements écarlates avec pattes blanches, doublure des basques écarlates, les retroussis ornés de quatre grenades brodées en laine aurore sur drap blanc, tour des poches en long figuré par un passepoil écarlate, boutons en cuivre estampés d'une aigle couronnée, contre-épaulettes et aiguillettes de laine aurore, les contre-épaulettes doublées d'écarlate ; veste blanche, boutons de cuivre ; col blanc, cravate noire ; culotte de peau de daim ou de mouton ; bottes fortes ; gants blancs à la crispin ; bonnet d'ourson sans plaque, avec jugulaires en cuivre[B 10], cordon, raquette et glands en laine aurore, grenade en laine aurore brodée sur drap écarlate au sommet, plumet rouge[B 10] et cocarde aux couleurs de l'Empire (bleu, rouge, blanc à l'extérieur). Le sabre est en monture en cuivre, fourreau en cuir et cuivre. La troupe monte des chevaux noirs mais le plus souvent bai brun ou alezan foncé.

Officiers[modifier | modifier le code]

Michel Ordener (1755-1811), colonel des grenadiers à cheval de la Garde (par Henri-François Riesener, vers 1800, collection du château de Versailles).

Le premier réel chef de corps est Bessières lors de la Seconde campagne d'Italie. À partir de 1800, c'est le général Ordener qui prendra le commandement jusqu'en 1806. À Austerlitz, Louis Lepic sera nommé colonel-major du régiment. Le général Walther remplace Ordener en 1806, et se voit rapidement accompagné de Laferrière-Levesque en colonel-major.

En 1813, les grenadiers perdent Walther. Son successeur Claude Étienne Guyot sera grièvement blessé de deux coups de feu à la bataille de Waterloo, ainsi que son ex colonel-major, le général Jean-Baptiste Auguste Marie Jamin, marquis de Bermuy.

Campagnes & Batailles[modifier | modifier le code]

Officiers tués ou blessés durant la période 1804-1815 :

Officiers tués : 11
Officiers mortellement blessés : 8
Officiers blessés : 65

Personnages célèbres ayant servi dans le Régiment[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Jean Tranié, Napoléon 1814 - La Campagne de France, Pygmalion/Gérard Watelet,‎ 1989, 315 p.
  • Autres références

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire
  • Henri Lachouque (commandant), La Garde Impériale
  • Lucien Rousselot, L'Armée française
  • François-Guy Hourtoulle, D'Eylau à Friedland, Histoire & Collections,‎ 2007, 144 p. (ISBN 978-2352500209)
  • (en) Emir Bukhari, Napoleon's Guard Cavalry, Osprey Publishing,‎ 1978, 48 p. (ISBN 9780850452884)
  • Alain Pigeard, La Garde impériale, Tallandier,‎ 2005, 637 p. (ISBN 978-2847341775)
  • Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani, Napoléon 1814 - La campagne de France, Pygmalion/Gérard Watelet,‎ 1989, 315 p. (ISBN 2-85704-301-5)
  • (en) Ronald Pawly, Mounted Grenadiers of the Imperial Guard, Osprey Publishing,‎ 2009, 48 p. (ISBN 9781846034497)
  • (en) Ian Castle, Austerlitz 1805 : The fates of empires, Osprey Publishing,‎ 1990, 96 p. (ISBN 978-1841761367)
  • Jean-Baptiste Alphonse Charras et Philippe Vandermaelen, Campagne de 1815 : Waterloo,‎ 1857
  • Édouard Louis Joseph Melchior de la Tour d'Auvergne, Waterloo : étude de la campagne de 1815,‎ 1870
  • Émile Marco de Saint-Hilaire, Histoire anecdotique, politique et militaire de la Garde impériale,‎ 1847
  • Oleg Sokolov, L'Armée de Napoléon, Commios,‎ 2005, 592 p. (ISBN 978-2951836419)

Voir aussi[modifier | modifier le code]