Renault

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Renault

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Logo de Renault

Création 1er octobre 1898 (officieuse)
25 février 1899 (officielle)
Dates clés 1945 : Renault devient régie nationale
1994 : ouverture du capital
1996 : privatisation
1999 : Renault s'allie à Nissan[2]
Fondateurs Fernand et Marcel Renault[1]
Personnages clés Louis Renault
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : RNO
Slogan « Changeons de vie, changeons l'automobile[3] »
« Les voitures à vivre »
« Créateur d'automobile »
« La France avance, Renault accélère »
« Drive the Change »
« French touch »
Siège social Drapeau de France Boulogne-Billancourt (Île-de-France(France)
Direction Carlos Ghosn
(jusqu'au 31 décembre 2017)
Actionnaires État Français : 15,01 %
Nissan : 15 %
Axa via Alliance Bernstein : 8,18 %
Norges Bank : 5,01 %
The Capital Group Companies : 5,01 %[5]
Salariés : 3,11 %
Daimler : 3,10 %
autocontrôle : 2,7 %[6]
Activité Généraliste
Produits Véhicules particuliers
Véhicules utilitaires légers
Société mère Renault-Nissan
Sociétés sœurs Nissan
Filiales Alpine
Lada-AvtoVAZ
Dacia
Renault Sport
Samsung Motors
Effectif 127 086 (2012)[4]
Site web www.group.renault.com
Capitalisation 12,30 milliards € (14 septembre 2012)[7]
Chiffre d’affaires en diminution 40,9 Md (2013)[8]
Résultat net en diminution 586 Millions (2013)

Le groupe Renault est un constructeur automobile français. Il est lié au constructeur japonais Nissan[9] depuis 1999 à travers l'alliance Renault-Nissan qui est, en 2013, le quatrième groupe automobile mondial[10]. Le groupe Renault possède des usines et filiales à travers le monde entier. Fondé par les frères Louis, Marcel et Fernand Renault en 1899, il se distingue rapidement par ses innovations, en profitant de l'engouement pour la voiture des « années folles ». Il est nationalisé au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en raison de la collaboration de ses dirigeants, en particulier de Louis Renault, avec l'occupant allemand. « Vitrine sociale » du pays, il est privatisé durant les années 1990. Il utilise la course automobile pour assurer la promotion de ses produits et se diversifie dans de nombreux secteurs. Son histoire est marquée par de nombreux conflits du travail mais aussi par des avancées sociales majeures qui ont jalonné l'histoire des relations sociales en France (à l'exemple des accords de 1955 - instituant entre autres la 3e semaine de congés payés - ou de l'« accord à vivre » de 1989). Le groupe Renault a à son actif 38 usines dans le monde[11].

En 2013 le constructeur automobile a écoulé 2,6 millions d'unités à travers le monde (+3,1% vs 2012)[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'entreprise Renault.

Fondation (1898-1918)[modifier | modifier le code]

Voiturette Renault Type D Série B de 1901

En 1898, Louis Renault est un jeune homme passionné d'automobile. Ses frères, Marcel et Fernand, ont travaillé dans l’entreprise familiale de textile. Louis convertit son tricycle De Dion-Bouton en Voiturette de ch à quatre roues Renault type A. L'originalité de celle-ci est que Renault l'équipe d'une invention de son cru, la première boîte de vitesses en prise directe, contrairement aux chaînes et courroies de transmission utilisées jusque-là. Il réussit à la vendre à un ami de leur père qui l’essaye le 24 décembre et fut très impressionné par son comportement routier et sa puissance dans les pentes[13].

Après que Louis-Paul eut breveté la prise directe, les frères fondent officiellement le 25 février 1899, à Boulogne-Billancourt, la Société Renault Frères avec deux amis de Louis, Thomas Evert et Julian Wyer, pour capitaliser sur ce nouveau moyen de transport. Louis est chargé du développement et de la production alors que ses frères se chargent de l’administration.

Les premières automobiles sont vendues à de riches particuliers qui peuvent se permettre de dépenser les 3 000 francs qu’elles coûtent (dix ans de salaire d'un ouvrier[13]). Devant ce marché limité, Renault se diversifie dans la production de taxis et de camions avant la Première Guerre mondiale. Ils reconnaissent très tôt la publicité que la société peut tirer de la participation aux courses automobiles, et engagent leurs véhicules dans des courses sur route où ils remportent plusieurs succès. Parmi ceux-ci citons : Paris-Trouville (1899), Paris-Ostende (1899), Paris-Rambouillet (1899), Toulouse-Paris (1899), Paris-Toulouse-Paris - en catégorie voiturettes de moins de 400 kg - lors des Sports de l'Exposition Universelle de 1900 (sur 1 448 km et hors cadre olympique proprement dit), Paris-Vienne (Isère) (1902)… jusqu'au Grand Prix de l'Automobile Club de Dieppe (1913).

En 1914, lorsque la guerre éclate, la compagnie se lance dans la production de munitions, d’avions militaires et plus tard dans les tanks avec son Renault FT-17. En 1918, Renault est devenu le premier manufacturier privé de France et il est honoré par les Alliés pour sa contribution à l’effort de guerre[13].

Entre-deux guerres (1919-1938)[modifier | modifier le code]

Autobus Renault TN6 de 1932
Autorail Renault VH de 1933, construit dans les usines de l'île Seguin
Berline Renault Celtaquatre de 1935

Au sortir de la guerre, Louis Renault diversifie encore plus ses activités en se lançant dans la machinerie agricole et industrielle, les matériels roulants ferroviaires. Cependant, la compagnie commence à rencontrer des difficultés à vendre sa production automobile car la concurrence introduit de petits véhicules à faible coût accessibles à chacun. Renault doit donc sortir ses propres véhicules au moment où il rencontre des problèmes avec le marché financier et ses employés.

À l'issue de la Première Guerre mondiale Renault subit une concurrence nouvelle, lors de la création de Citroën, un nouveau constructeur automobile qui investit massivement et qui devient le 1er constructeur français, devant Peugeot et Renault.

Renault doit également former un réseau de distribution et en 1920, la compagnie s’associe avec Gustave Gueudet, un entrepreneur du nord de la France, pour fonder les premiers concessionnaires. La gamme des modèles Renault s'étend désormais des petites automobiles aux poids lourds.

Renault ne se limite pas à la France et vend dans plusieurs pays. Le marché anglais est particulièrement intéressant, car il ouvre la porte aux colonies de ce pays. Un grand nombre de véhicules modifiés avec des suspensions surélevées, de plus puissants systèmes de refroidissement et des carrosseries spéciales partent par bateau vers les quatre coins de l’Empire britannique.

De cette période, les Grand Luxe se distinguent avec leur empattement de 3,68 mètres et de six à huit cylindres pouvant leur faire atteindre 150 km/h. La suspension est améliorée pour permettre ces vitesses et on utilise l’aluminium dans le moteur, les freins, la transmission, et plusieurs parties de la carrosserie. Toutes les Grand Luxe à partir de 1923 sont considérées comme des classiques et leurs carrosseries sont signées par des ateliers célèbres dont Kellner, Labourdette et J. Rothschild et Fils.

En sport, la marque remporte le rallye de Monte-Carlo en 1925 (sur Renault 40CV), puis 10 ans plus tard sur Renault Nervasport (1935).

Louis Renault, proche des Croix de Feu du colonel de la Rocque puis de la Cagoule, prône l’« entente » franco-allemande et combat systématiquement l’effort de guerre qui l’avait tant enrichi durant la première guerre mondiale. Selon lui desormais "on ne peut plus gagner d’argent qu’en fabriquant des véhicules de tourisme"[14]. Il s’entretient avec Hitler le 21 février 1935 à la Chancellerie du Reich, et déclare : «  Une guerre économique entre la France et l’Allemagne n’aurait d’avantages que pour l’Angleterre et l’Amérique », puis le rencontre à nouveau en 1938 et en février 1939[15]. Selon le Journal officiel du 17 janvier 1945, « les livraisons fournies par la Société Renault à l’armée française s’étaient montrées notoirement insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre »[16],[17].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant le second conflit mondial, la France est occupée par l'armée Allemande et les usines Renault collaborent activement à l'effort de guerre Allemand. La réparation des chars Allemands et la conversion de chars Francais pour la Wehrmacht commence en août 1940. Après Libération, Louis Renault soutiendra la thèse d'une réquisition allemande. Cette réquisition est cependant issue des propositions qu'il leur formula dès juillet 1940.

Outre la réparation des tanks Allemands, les usines Renault produisent dès 1941 des camions et des tanks pour la Wehrmacht. Au printemps 1941, les informateurs des services de renseignements gaullistes décrivent des usines tournant à plein régime, et demandent leur bombardement pour paralyser l’appareil de guerre Allemand. Ils y recensent Renault comme entreprises « travaillant pour les Allemands » et produisant voitures de tourisme, camions et tanks[18].

Les livraisons sont freinées par les bombardements de l'aviation alliée sur les usines du Mans et de Billancourt. Après le bombardement du 3 mars 1942, le Gauleiter Sauckel exprime « son admiration pour l’effort exceptionnel fourni par l'entreprise Renault ». Le coût des bombardements industriels est remboursé par Vichy au titre des frais d’occupation[19]. Pour surmonter les effets des bombardements, Renault entame la construction d'usines souterraines dans des carrières aménagées à Carrières-sous-Bois (entre Maisons-Laffitte et Saint-Germain).

De 1944 à 1968[modifier | modifier le code]

À la Libération en 1944, Louis Renault est arrêté comme collaborateur et meurt en prison avant son procès. Une autopsie révèle que sa nuque a été brisée[20], laissant supposer un meurtre. Ses usines sont saisies par le gouvernement provisoire et nationalisées le 15 janvier 1945 sous le nom de Régie Nationale des Usines Renault[16],[17]. Pierre Lefaucheux qui était jusqu’ici l'administrateur provisoire, devient le premier directeur général.

La 4 CV Renault présentée en 1946

La petite 4CV à moteur arrière relance la Régie dès 1946. Elle tira son épingle du jeu, mais seulement en France, face aux Fiat 600 italiennes, Coccinelle allemandes et Morris Minor anglaises. Renault en produit plus d’un demi million jusqu'à sa retraite en 1961 alors que ses concurrentes ont toutes dépassé les 2 millions d'exemplaires.

En 1951, un modèle haut de gamme, la Frégate, est lancé sur le marché. Après quelques problèmes techniques dus à une mise sur le marché trop rapide, la Frégate devient une automobile sûre, dotée d'une excellente tenue de route et d'un excellent freinage. Elle est déclinée en plusieurs versions (affaire, amiral, grand pavois) et carrosseries (berline, cabriolet et break). Elle tire sa révérence en 1960 fortement concurrencée depuis 1955 par la Citroën DS.

À partir de 1961, la Renault 4 à traction avant, couramment appelée 4L est une petite voiture populaire de grande diffusion de conception simple et pratique. En France, la Renault 4 fut en tête des ventes dès 1962.

En 1962 suit la Renault 8, grande sœur de la 4CV avec son moteur à l’arrière, qui aura un certain succès en rallye avec la Renault 8 - Gordini.

En 1965 sort la Renault 10, une « grosse » Renault 8, assez délicate à conduire.

À partir de 1965, à la suite du succès de la R4, Renault abandonne le moteur arrière pour passer à la traction avant et au hayon arrière. Celui-ci est aussi adopté pour la première fois sur une grande voiture avec la R16.

Renault 16 TX

La grève de 1968 et ses conséquences[modifier | modifier le code]

Cette grève historique est la suite logique d'une montée des luttes sans précédent en 1967.

La grève de 1968 commence le 15 mai aux usines Cléon puis le 16 mai à Billancourt. Renault est alors occupé par ses ouvriers dont de nombreux immigrés OS. La lutte dépasse le cadre strictement économique : on parle de « gouvernement populaire » et d'« autogestion ».

À Billancourt, malgré des tentatives de débordement par des militants d'extrême gauche, la CGT parvient à mener la grève pendant un mois (33 jours, 34 nuits) en évitant les multiples provocations et dans la « dignité » avec, comme premier secrétaire du syndicat, Aimé Halbeher âgé alors de 32 ans. Les militants CGT qui animent cette grève sont pour la plupart des ouvriers qualifiés issus de l'école d'apprentissage de la Régie Renault d'après guerre et politiquement proches ou membres du PCF.

Le 17 juin, à Billancourt comme dans les autres usines du groupe, à l'appel de la CGT et de la CFDT, les ouvriers votent majoritairement la reprise du travail[21].

Les acquis sociaux et les droits syndicaux conquis en 1968 et dans les années qui suivirent sont importants et resteront une référence pour le mouvement social. La force de ce mouvement, avec les grands meetings de l'île Seguin réunissant des milliers de travailleurs, attirera pendant quelques années des groupes d'extrême gauche espérant y trouver un terrain propice pour développer leurs idées et leurs actions.

Années 1970-1980[modifier | modifier le code]

Les militants maoïstes de la Gauche Prolétarienne s'installent aux usines de Flins et Billancourt et le début des années 1970 voit l'agitation continuer. Les affrontements entre la Gauche Prolétarienne et les vigiles de Renault se multiplient. En 1972, un militant maoïste, Pierre Overney, est tué par un des vigiles de l'entreprise, Jean-Antoine Tramoni. Le vigile sera jugé en 1973 et abattu par les NAPAP, réseau maoïste clandestin de la Gauche prolétarienne, le 23 mars 1977[22].

Dans les années 1980, un groupe issu de la Gauche Prolétarienne participe à la création d'Action Directe, qui assassinera le 17 novembre 1986 le président de Renault, Georges Besse, à la fois parce qu'il avait procédé à d'importants licenciements lors du désastre financier du début des années 1980 et en tant que représailles pour l'assassinat de Pierre Overney.

La privatisation[modifier | modifier le code]

En 1986, Raymond Lévy, après la mort de Georges Besse, assume la direction de Renault et prépare sa privatisation.

En 1990, la régie Renault change de statut et devient une société anonyme à capitaux d'État par l'adoption de la loi du 4 juillet 1990 avec des restrictions du contrôle étranger. Volvo acquiert une participation de 20 % après de tumultueux échanges. Le 17 novembre[23] 1994, Renault est effectivement mis en bourse et à cette occasion, Volvo cède 12 % du capital et l'État diminue sa part de 80 % à 53 %. Il faudra attendre juillet 1996 pour voir Renault effectivement passer dans le secteur privé à la suite d'une cession par le gouvernement de 6 % du capital au noyau dur des actionnaires, essentiellement des banques et groupes d'assurance français, par le biais d'une vente de gré à gré.

Consolidation de l'industrie[modifier | modifier le code]

Le secteur automobile entame dans les années 1990 un mouvement de concentration. Rachats de marques, fusions : les groupes se mondialisent et cherchent à étendre leur gamme, gage d'une rentabilité plus constante. Renault a déjà une bonne assise en Europe et en Amérique latine mais l'Asie, qui commence à peine à dévoiler son important potentiel de croissance, reste son point faible. Renault et Nissan scellent un accord, socle d'une coopération profonde mêlant échange de participation et collaboration industrielle. En mars 1999, naît officiellement l'Alliance Renault-Nissan.

L'Adam, association de défense des actionnaires minoritaires, présidée par Colette Neuville, est alors intervenue pour critiquer les modalités de la fusion entre le constructeur français et Nissan, trop favorables au japonais selon elle[24].

Expansion des années 2000[modifier | modifier le code]

Renault Mégane R.S. III

Dans sa conquête des pays en fort développement économique, Renault a également investi dans Avtoframos et dans le coréen Samsung Motors qui donnera naissance à Renault Samsung Motors. Pour accroître sa présence dans les marchés émergents considérés comme porteurs, Renault envisage la construction d’usines en Iran, en Colombie et au Maroc. En 2004, la filiale de Renault en Roumanie, Dacia, présente sa « berline à 5 000 euros », la Logan, que le groupe voudrait produire à un million d'exemplaires par an à l'horizon 2010. Cette même voiture est commercialisée en France à 7 600 euros. En novembre 2004, le PDG de Renault a annoncé son intention de faire de l'implantation du groupe en Corée du Sud un point d'appui pour son expansion en Asie, notamment en Chine[25].

Un concessionnaire Renault à Colmar

Début juillet 2006, des discussions pour envisager une nouvelle alliance entre Renault-Nissan et General Motors sont engagées mais le projet est rapidement abandonné.

Le 8 décembre 2007 a été annoncé un accord entre Renault et le constructeur russe Lada-AvtoVAZ visant à la prise de participation de Renault à hauteur de 25 % + 1 action (via une holding commune avec l'actionnaire russe actuel, Rosoboronexport). Renault, au travers de ce partenariat, s'est engagé :

  • à accélérer la croissance d’AvtoVAZ et de renouveler et élargir sa gamme de véhicules ;
  • à développer Lada dans le respect de son identité, l'objectif étant de renforcer sa position sur le marché russe ;
  • à échanger son expertise et savoir-faire technique.

En outre, l'outil industriel basé à Togliatti d'une capacité d'un million de véhicules par an devrait servir à produire des Logan. La Russie devient ainsi le premier marché de Renault en nombre de véhicules, les ventes du groupe Avtovaz (720 000 unités en 2006) étant, selon l'accord, consolidées dans celles du groupe Renault.

Acteur international[modifier | modifier le code]

Renault Twizy en rechargement à Münster, Allemagne.

L'internationalisation de la société Renault dans les années 2000 se caractérise par l'implantation de la marque dans de nouveaux marchés, mais également par une large délocalisation des moyens de production. Entre 2005 et 2010, la production en France baisse de plus de moitié, ce qui a pour conséquence qu'en 2010 la part des voitures particulières fabriquée par la société dans ce pays est inférieure à 20 %. Ainsi, la même année, les deux tiers des véhicules Renault immatriculés en France sont produits dans des usines étrangères[26].

En 2010, Renault est classé 10e constructeur automobile mondial (en nombre total de véhicules produits), selon l'OICA 2010[27].

En 2011, la marque Renault reste la plus vendue en France[28].

En 2013, le groupe voit ses ventes augmenter de 3,1% grâce notamment à l'augmentation des ventes de ses voitures Low Cost Dacia[29].

Les difficultés[modifier | modifier le code]

Alors que Renault semble être une entreprise prospère, qui a réussi ses accords avec Nissan, des difficultés apparaissent à partir des années 2000 dues à plusieurs raisons :

  • tout d'abord, on trouve une saturation du marché automobile en Europe, alors que Renault réalise la grande majorité de ses ventes sur le vieux continent ;
  • une gamme vieillissante, avec un manque dans le renouvellement de ses modèles. En effet, en 2005, elle ne sortira que la Clio III, qui fut cependant un vrai succès, mais aucun modèle en 2006 ;
  • trois de ses modèles conçus en vue d'un élargissement de la gamme furent un échec commercial :
    • La première est l'Avantime, un coupé monospace haut de gamme - encore appelé coupé-space par la presse - commercialisé au début des années 2000 avec plus d'un an de retard ;
    • La seconde est la Vel Satis en 2002, une berline luxueuse trop décalée pour ce marché,
    • enfin la Modus en 2004, un micro monospace citadin parfois accusé de cannibalisme avec la Clio qui est en dessous de ses objectifs sans toutefois être un échec de l'ampleur des deux précédents.

Résultat, ses ventes ne cessent de chuter partout en Europe de plus de 8 % en moyenne par an sur les trois dernières années. Renault ne fait que perdre des parts de marché sur le continent passant de 11,1 % des ventes automobiles en 2003 à 7,2 % en 2007 soit une baisse de près de 4 points en moins de quatre ans[30].

En effet, la Twingo II marque une étape stratégique pour le constructeur. Elle est le premier maillon du plan Renault contrat 2009 de son nouveau patron, Carlos Ghosn, qui prévoit de vendre 800 000 véhicules de plus en 2009 qu'en 2005. La petite citadine est commercialisée le 15 juin 2007, accompagnée d'une grande campagne de publicité. Malgré un look banal par rapport à la précédente au look original, Carlos Ghosn mise sur un succès européen, et non seulement français comme sur le modèle précédent. Sa rentabilité, sur le papier, est meilleure, ce qui ne peut être que bon pour la marque au losange, mais les chiffres de vente de la Twingo II ne cadrent pas avec les prévisions et les objectifs. La concurrence de la nouvelle Fiat 500 est très féroce. En quatre mois Renault a enregistré 100 000 commandes, et Fiat 80 000.

À Francfort en septembre 2007, sur le stand Renault, on découvre la nouvelle Laguna III. Alors que le modèle précédent s'était fait remarquer par un manque de fiabilité et des pannes à répétition et avait sérieusement terni l'image de marque Renault, Carlos Ghosn promet une fiabilité exemplaire pour ce nouvel opus. Mais comme la Twingo, la presse critique son manque d'originalité et son manque de progrès technique par rapport à la version précédente. Cela s'explique par le fait que Renault, pour pouvoir redémarrer sans trop de soucis, a décidé d'éviter l'originalité qui ne l'a pas récompensé autrefois lorsqu'elle était sans fondement. Par ailleurs, Renault modernise son logo, dessiné en 1972 par l'artiste peintre hongrois Victor Vasarely, afin de se donner une meilleure image.

En 2007, deux nouveaux modèles de Renault voient le jour. En 2008, Renault dévoile plusieurs nouveautés. En effet, la Modus a été restylée et rallongée (Grand Modus) en janvier, pour essayer de doper ses ventes, qui n'avaient pas atteint les objectifs de la marque. On trouve aussi, le même mois, la sortie de la Laguna III Break et la Clio Estate, qui bénéficie déjà de commentaires très élogieux dans la presse automobile, et qui vient concurrencer directement la Peugeot 207 SW, précurseur dans cette gamme de véhicules. Ainsi, pas moins de trois nouveaux modèles sortent durant un même mois, ce qui est assez rare. En juin 2008, le 4×4 Koleos sera commercialisé.

Aussi, les chiffres de ventes de 2007 montrent une amélioration avec une meilleure part de marché en France par rapport à 2006, mais les efforts restent toujours importants pour redonner à la marque une image de succès et de fiabilité.

À la mi-mars 2008, l'usine de Sandouville (Seine-Maritime) est en chômage technique à la suite des mauvais résultats enregistrés par la Laguna III. La direction justifie ces résultats par le fardeau des défauts de qualité de son aînée et le malus sur les émissions de CO2, mais la presse spécialisée parle plutôt d'un design peu innovant et d'un style vieillissant.

Bref, en cette année 2008, la situation devient plus compliquée que prévu pour Carlos Ghosn. La Twingo II et la Laguna III, au design trop timide mais avec une fiabilité qui n'a pas fait défaut, se vendent mal. Par ailleurs, le Koleos arrive dans un marché saturé et surtout en déclin depuis la mise en place d'un malus. En 2009, la courbe des ventes a cessé de baisser et a montré des signes positifs. En effet, la marque au losange a remplacé la Mégane (fin 2008) et le Scénic (juin 2009). Ces deux modèles, de la gamme Mégane, représentent la plus grande partie des ventes de Renault.

En 2009 toujours, Renault a restylé la famille Clio (break, berline) et a annoncé la fin de la production de la Vel Satis qui malgré d'indéniables qualités ne rencontra pas un grand succès commercial, sans doute à cause de son style "décalé".

De nouveaux développements[modifier | modifier le code]

En avril 2010, un échange de 3,1 % des capitaux est effectué entre Renault-Nissan et Daimler (Mercedes-Benz) à la suite d'un accord de coopération.

Le projet à long terme est le véhicule électrique annoncé pour 2011 en France avec une gamme cohérente.

En 2013, Renault-Nissan et Russian Technologies finalisent l'accord de partenariat conclu avec Lada-AvtoVAZ, initié en 2007, en créant un joint-venture.

Renault Captur photographié à Montélimar, France.

Début 2013 Renault commence la production d'un petit crossover le Renault Captur.

Un accord est signé avec Dongfeng Motor Corporation le 16 décembre 2013 pour créer une coentreprise qui sera active en 2016 et produira des voitures en Chine[31]. L'accord en question a été validé le 5 décembre 2013 par les autorités chinoises. La coentreprise créée est basée à Wuhan, et sa capacité de production est estimée à 150 000 véhicules par an.

En 2014 en Inde, Renault a dévoilé un nouveau Concept Car "Kwid Concept" visant à être commercialisé sur le marché indien à un prix de 5300 euros[32].

C'est également en Inde que Renault prévoit de produire le Lodgy de la gamme Dacia, en sus de la production marocaine[33].

Divers partenariats[modifier | modifier le code]

  • 1994 - 2003 : Sanjiang pour la construction du Renault Trafic I

Organisation[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Organisation du groupe Renault[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, l'entreprise Renault fait partie de Groupe Renault, qui regroupe également diverses filiales telles que DIAC, Dacia, Renault Sport. Renault détient 80 % de la branche automobile du coréen Samsung, à partir duquel elle a fondé la filiale Renault Samsung Motors (RSM).

Le groupe Renault-Nissan a été créé au début des années 2000 afin de faire face à des géants comme General Motors ou Toyota. Cette alliance a permis aux deux marques de garder leurs identités propres tout en proposant des véhicules basés sur les mêmes plates-formes, comme la Clio III et la Nissan Micra.

Renault figure au onzième rang mondial des plus grands groupes automobiles selon le classement OICA 2008.

L'actuel PDG de Renault est Carlos Ghosn. Le directeur général est Carlos Tavares de juillet 2011 à août 2013[34]

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

Renault mène des projets de recherche en interne et au travers de contrats de recherche menés en partenariat avec des organismes (laboratoires, établissements…) publics ou privés. Ces principaux axes de recherche sont :

  • Le design
  • Le confort (acoustique, qualité de l'air, ergonomie, vision)
  • La sécurité (prévention, correction, protection)
  • Les nouveaux moyens de propulsion
  • Le recyclage
  • La diminution des émissions de CO2

Dans ce cadre, le groupe Renault a signé le Pacte PME, le 1er décembre 2004, au travers de GIE Regienov pour faciliter ses collaborations avec le monde des PME Innovantes.

Innovations technologiques[modifier | modifier le code]

Renault a été extrêmement actif dans le développement de nouvelles technologies au début de l'automobile, beaucoup moins depuis son passage au statut de régie nationale. Un aperçu des innovations Renault est proposé ci-dessous:

  • 1898 : Boîte de vitesses à prise directe[35]
  • 1899 : Voiture à conduite intérieure[35]
  • 1902 : Louis Renault dépose un brevet sur le principe de suralimentation par ventilateur ou compresseur, qu'il utilise en compétition, mais qui n'est pas encore défini comme un turbocompresseur[36]
  • 1904 : La bougie démontable[37]
  • 1905 : Le démarreur à air comprimé actionnable de la place du conducteur[37]
  • 1917 : Premier char de combat léger[35] FT-17
  • 1922 : Les servofreins (sur Renault 40CV)[38]
  • 1925 : Premiers locotracteurs à moteur essence et Diesel,
  • 1932 : Autorail VH, construction en série d'un automoteur ferroviaire à moteur Diesel,
  • 1956  : Record de vitesse des voitures de moins de 1 000 kg - 308 km/h[39]. Le 4 septembre 1956, Renault bouleverse la discipline en établissant un record de vitesse avec l'Étoile Filante ; équipé d'une turbine Turbomeca développant 270 ch à 28 000 tr/min, il atteint, aux mains du français Jean Hebert, 308 km/h, avec 5 kilomètres parcourus en 58 secondes.
  • 1983 : Le synthétiseur de parole (Renault 11 Electronic)[40]
  • 1997 : Le système anti-encastrement [Quoi ?][37]
  • 2001 : La carte « mains libres » (Renault Laguna II)[41]

Comité exécutif au 1er juillet 2014[modifier | modifier le code]

Le comité exécutif est composé de dix membres :

  • Carlos Ghosn (président directeur général)
  • Gaspar Gascon Abelan (directeur Engineering, Qualité et Informatique Groupe)
  • Thierry Bolloré (directeur délégué à la Compétitivité)
  • José-Vicente de los Mozos Obispo (directeur des Fabrications et de la Logistique Groupe)
  • Marie-Françoise Damesin (directeur des Ressources Humaines Groupe)
  • Philippe Klein (directeur Plan, Produit, Programmes Groupe)
  • Stefan Mueller (directeur des Opérations de la région Europe)
  • Mouna Sepehri (directeur Délégué à la Présidence de Renault)
  • Jérôme Stoll (directeur Délégué à la Performance et Directeur Commercial Groupe)
  • Dominique Thormann (directeur Financier Groupe, Président-Directeur Général de RCI Banque)

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Le conseil d'administration (au 14 avril 2009) est composé de dix-huit membres :


Le conseil d'administration (au 21 mars 2013) est composé de dix-neuf membres :

Comité de direction au 1er juillet 2014[modifier | modifier le code]

Le comité de direction est composé des membres suivants :

  • Carlos Ghosn (Président-Directeur Général)[42]
  • Bruno Ancelin (Directeur Général en Russie et Directeur des Opérations de la Région Eurasie)[43]
  • Denis Barbier (Leader de la région Amériques)[44]
  • Thierry Bolloré (Directeur Délégué à la Compétitivité)[45]
  • Gaspar Gascon Abelan (Directeur Engineering, Qualité et Informatique Groupe)
  • Philippe Buros, depuis le 10 juillet 2014 (Directeur Commercial France)[46]
  • Marie-Francoise Damesin (Directeur des Ressources Humaines Groupe)[47]
  • Jacques Daniel (Directeur du projet de Joint Venture Chine)[48]
  • Clotilde Delbos (Group Controller)
  • Christian Deleplace (Expert « fellow »)[49]
  • Philippe Klein (Directeur Produit, Programmes et DVU)[50]
  • Jean-Christophe Kugler (Leader du Comité de Management de la Région Euromed)[51]
  • Thomas Lane (Directeur du Produit)[52]
  • Nadine Leclair (Directeur Engineering Projets)[53]
  • Jose-Vicente de Los Mozos Obispo (Directeur des Fabrications et de la Logistique Groupe)[54]
  • Christian Mardrus (Managing Director de la Direction Déléguée à la Présidence de l’Alliance)[55]
  • Stefan Mueller (Directeur des Opérations de la région Europe)[56]
  • Gilles Normand (Directeur des Opérations pour la région Asie-Pacifique)[57]
  • Jacques Prost (Directeur Général au Maroc)[58]
  • Mouna Sepehri (Directeur Délégué à la Présidence de Renault)[59]
  • Jérôme Stoll (Directeur Délégué à la Performance et Directeur Commercial Groupe)[60]
  • Dominique Thormann (Directeur Financier Groupe, Président-Directeur Général de RCI Banque)[61]
  • Laurens van den Acker (Directeur du Design Industriel)[62]
  • Christian Vandenhende (Directeur des Achats et Président de RNPO)[63]
  • Michael van der Sande (Directeur du Marketing)[64]
  • Nicolas Wertans (Directeur des ventes monde)

Filiales[modifier | modifier le code]

Nom Spécialités
Renault S.A.S. Automobile
Renault Sport Sports automobile
RCI Banque et Diac C'est la filiale financière de Renault. Elle met à disposition des clients de Renault, Nissan, Dacia, Infiniti et Renault Samsung Motors différentes solutions de financement pour les acquisitions de leurs véhicules.
Renault Eurodrive Renault Eurodrive assure la location de voitures et hors taxe aux touristes non résidents de l'Union européenne et aux ressortissants de l'Union européenne n'y résidant pas. Les véhicules sont entièrement loués à prix réduit dans toute l'Europe.
Sovab Sovab (SOciété des Véhicules Automobiles de Batilly) est une usine du Groupe Renault située sur la commune de Batilly. Elle fabrique des véhicules utilitaires en cooperation avec la filiale européenne de General Motors, Opel: Renault Master (= Opel/Vauxhall Movano et Nissan NV400) et Renault Mascott.Les autres utilitaires des marques Renault, Opel/Vauxhall et Nissan (Renault Trafic, Opel Vivaro, Nissan Primastar) sont fabriqués dans l'usine de Vauxhall à Luton, en Grande-Bretagne.
Fonderie de Bretagne La Fonderie de Bretagne, ex-SBFM (Société Bretonne de Fonderie et de Mécanique), est redevenue une filiale du groupe Renault en octobre 2009. Située à Caudan (Morbihan), elle fabrique des pièces de fonderie pour plusieurs constructeurs automobiles.
MCA MCA (Maubeuge Construction Automobile) est l'usine de production de Kangoo. Elle a produit dans le passé la Fuego, la R19, l'Express.
SODICAM2 SODICAM2 est la force de vente de la division Pièces & Accessoires de Renault en France
Renault Med usine Renault-DACIA installée au port Tanger Med au Maroc, détenue à 52 % par Renault-Nissan
RRG Renault Retail Group (RRG) est le groupe de distribution de Renault, Nissan, Dacia.
Renault Tech Renault Tech, anciennement SOMAC, conçoit, produit et commercialise des transformations de véhicules. Pour personnes à mobilité réduite notamment.
Renault Consulting Renault Consulting, anciennement Institut Renault, propose conseil et formation aux entreprises dans les domaines d'excellence opérationnelle de Renault.

Renault iDVU[modifier | modifier le code]

La filiale iDVU (ingénierie des véhicules utilitaires) était jusqu'en juillet 2008 le bureau d'études de la Division Véhicules Utilitaires. Le siège de l'activité de cette filiale était situé à Villiers-Saint-Frédéric, dans le département français des Yvelines. Elle était chargée du développement des trois gammes suivantes :

Depuis juillet 2008, la filiale ingénierie Véhicules Utilitaires n'existe plus. L'ingénierie est intégrée à Renault S.A.S. : les différents métiers de conception de l'ex-iDVU sont ventilés dans les directions métiers de l'ingénierie de Renault S.A.S. Les projets véhicules utilitaires, toujours menés sur le site de Villiers St-Frédéric, dépendent de la division véhicules utilitaires de Renault S.A.S. et s'appuient désormais sur l'ingénierie de Renault S.A.S.

Filiales cédées[modifier | modifier le code]

Nom Spécialités Date de vente
Renault Bus Autobus Après avoir fusionné avec la branche européenne d'Iveco Bus dans Irisbus,

Renault a cédé à Fiat-Iveco toutes ses participations en 2001.

Renault Agriculture Tracteurs Vendue à Claas en 2005.
Renault Trucks,
anciennement RVI
Camions Vendue à AB Volvo en 2001.
Renault Automation Cette filiale a été créée en 1982 par le regroupement de l'ensemble des sociétés du groupe actives dans le domaine des biens d'équipements (Acma Robotique, SEIV, SOFERMO, SERI, RMO).

Elle a développé et déployé pour des usines, des chaînes d'assemblage, incluant des robots.
Les usines équipées étaient la propriété de Renault mais aussi celles de Peugeot, Citroën et de constructeurs automobiles étrangers. Ses robots sont reconnaissables à leur couleur dominante jaune.

Renault a vendu cette société, en 1999, à Comau S.p.A., filiale spécialisée du groupe Fiat et leader mondial dans ce domaine.

Participations 2013 (En % des actions émises)[modifier | modifier le code]

Nom[65] Parts[66]
Renault SAS 100 %
RCI Banque[67] 100 %
Dacia 99,40 %
Renault Samsung Motors 80,10 %
Nissan Motor[68] 43,40 %
Lada-AvtoVAZ 25,00 % plus une action[68]
Daimler (entreprise) 1,50 %

Compétition et sport automobile[modifier | modifier le code]

Renault possède un palmarès conséquent aussi bien en rallyes (Alpine, Renault Sport) qu'en Formule 1 avec l'écurie Renault F1 Team, et les moteurs Renault construit par l'organisation Renault Sport F1. Les moteurs de F1 Renault sont parmi les plus performants, c'est pour cela que plusieurs équipes de F1 s'associent avec Renault pour bénéficier de leur moteur. Sebastian Vettel fut champion du monde de F1 à plusieurs reprises grâce à un moteur Renault.

Rallyes[modifier | modifier le code]

Une version spéciale de la Clio RS porte le nom de Jean Ragnotti, un pilote qui a fait ses preuves et sa carrière au sein de Renault. Il a notamment remporté le rallye de Monte Carlo en 1981 au volant d'une Renault 5 Turbo et le Rallye du Tour de Corse en 1985 au volant d'une Renault Maxi 5 Turbo.

Formule 1[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Renault Sport et Renault F1 Team.

Après plus de 75 ans de succès glanés sur tous les fronts de la compétition[69], en 1975, Renault s'engage en Formule 1, en choisissant un moteur V6 de 1 500 cm3 suralimenté par un turbocompresseur pour défier les spécialistes de la F1 et leurs moteurs V8 ou V12 atmosphériques de 3 000 cm³. Tout le monde est sceptique, notamment les ingénieurs de Porsche, et pourtant Renault signe quinze victoires entre 1979 et 1983 et impose le turbo en Formule 1.

Bien que le titre échappe de peu à Alain Prost en 1983, de deux points, et que les Lotus Renault remportent cinq Grands Prix au cours des saisons 85 et 86, des difficultés économiques conduisent l'entreprise à suspendre ses activités en Formule 1 à la fin de l'année 1986.

Bernard Dudot, responsable des moteurs, obtient l'autorisation de maintenir une cellule de veille technique qui aboutira à l'élaboration d'un moteur V10 à angle fermé (67°) de 3 500 cm³.

En 1988, Renault Sport signe un accord de partenariat avec Williams pour la fourniture de son moteur V10, cette association Williams-Renault s’avérera couronné de multiples championnats, pilotes et constructeurs, étant donné la supériorité de la combinaison des moteurs Renault et des châssis Williams dessinés entre autres par Adrian Newey.

En 2005, Renault met fin à la suprématie italienne en Formule 1 en remportant à la fois le titre pilotes (avec l'espagnol Fernando Alonso) et le titre constructeurs pour le championnat du monde de Formule 1.

En 2006, Renault remporte, de nouveau, les deux titres du championnat du monde de formule 1.

Après quatre années en demi-teinte, Renault remporte les championnats de Formule 1 2010, 2011, 2012 et 2013 avec l'écurie autrichienne Red Bull Racing et son pilote Sebastian Vettel.

Modèles Renault[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Véhicules Renault.

Les sites du constructeur[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Reste du monde[modifier | modifier le code]

En gras les sites d'assemblages.

En jaune : pays dans lequel Renault a des usines
Édifice Renault à Madrid (Espagne).
Europe 
Asie 
Amérique du Sud 
Afrique 
Futures implantations 
  • Inde : Renault a annoncé la création d'un centre de recherches pour étudier un futur véhicule au prix de vente de 3 000 euros.
  • Algérie : Renault a annoncé la création d'une unité de montage de voitures à Oran, devant assembler la nouvelle Renault Symbol.

Identite visuelle[modifier | modifier le code]

Données chiffrées[modifier | modifier le code]

Chiffres d'affaires du groupe Renault (en millions d'euros) :

Endettement financier net de la branche automobile (en milliards d'euros) :

Répartition géographique du chiffre d'affaires (en %) :

  • 1992 : 47,6 (France) 52,4 (Étranger)

...

  • 2001 : 39,2 (France) 60,8 (Étranger)
  • 2002 : 38,3 (France) 61,7 (Étranger)
  • 2003 : 35,5 (France) 64,5 (Étranger)
  • 2004 : 34,7 (France) 65,3 (Étranger)
  • ...
  • 2010 : 32,6 (France) 67,4 (Étranger)

Production mondiale du groupe Renault (en unités) :

  • 1992 : 2 041 849

...

  • 2001 : 2 375 084
  • 2002 : 2 343 954
  • 2003 : 2 385 087
  • 2004 : 2 471 654

Incluant Dacia et Renault Samsung Motors

Ventes mondiales du groupe Renault (en unités) :

  • 2001 : 2 413 038
  • 2002 : 2 404 977
  • 2003 : 2 388 958
  • 2004 : 2 489 401
  • 2005 : 2 553 000
  • 2006 : 2 433 604
  • 2009 : 2 309 188 Incluant Dacia et Renault Samsung Motors
  • 2010 : 2 625 796
  • 2011 : 2 722 062 dont 194 300 au Brésil (de marque Renault) et 24 275 en Chine (importés)

Effectifs du groupe Renault :

...

En 2002, la baisse des effectifs correspond principalement à la déconsolidation d'Irisbus (- 3 810 personnes) et à la réduction des effectifs chez Dacia (- 4 663 personnes).

Fiabilité[modifier | modifier le code]

Les véhicules de la marque Renault ne furent pas les plus fiables et ce fut en particulier leur talon d'Achille lors de leur expérience en Amérique du Nord[71]. En 2006, en France, le constructeur était classé à la 20e place[72] sur 29 dans le classement des constructeurs effectué selon le nombre des contre-visites nécessaires lors des contrôles techniques. Il est derrière PSA mais devant Opel et Volkswagen.

En 2006, Renault a progressé de deux places dans l'enquête de satisfaction effectuée en France par le cabinet JD Power et publiée par L'Automobile Magazine[73].,[74] En 2008, la firme se situe légèrement au-dessus de la moyenne, elle occupe toujours la 9e place entre les marques Citroën et Peugeot. Ces sondages sont effectués auprès d'automobilistes utilisant leur véhicule depuis environ deux ans, la qualité et la fiabilité représentent 38 % de la note[75].

En 2012, la fiabilité est bonne. Au classement réputé de l'ADAC pour l'année 2011 (publié en 2012), Renault place ses véhicules dans le Top 10 de chaque catégorie où il est classé. La Twingo II est même 2e de la catégorie "mini-citadines", derrière la Ford Ka. En "petites voitures", les Sandero et Clio III sont respectivement 4e et 8e et en "voitures moyennes", les Scénic III et Mégane III sont respectivement 7e et 9e[76]. De son côté, l'UFC Que Choisir classe la marque low-cost de Renault, Dacia, en 1re position, la Sandero et la Twingo II dominant la catégorie des citadines dans le classement des modèles[77].

Controverses[modifier | modifier le code]

  • Au printemps 2011, Renault licencie trois de ses cadres en les accusant d'espionnage industriel au profit d'une filière internationale organisée, sur son projet de voiture électrique. Une lettre anonyme serait à la base des accusations portées par le constructeur. La DCRI se saisit de l'affaire, mais les accusations apparaissent rapidement peu fondées, avec notamment la découverte d'un enregistrement où les dirigeants semblent bien embarrassés de ce "faux scandale". L'entreprise a proposé aux cadres licenciés une réintégration, mais ceux-ci ont déposé plainte[78]. À la suite de cette affaire, Patrick Pélata démissionne de son poste de directeur général.
  • Ces dernières années, plusieurs suicides ont eu lieu dans différents sites de l'entreprise, notamment au Technocentre[79].

Répartition du capital[modifier | modifier le code]

Nom
Parts[80]
31 décembre 2005 30 avril 2010
Public 62,72 % 58,25 %
État français 15,01 % 15,01 %
Nissan Finance 15 % 15 %
Norges Bank 4,57 %
Daimler 3,1 %
Salariés 3,6 % 3,09 %
Autodétention 3,35 % 0,98 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dates-clés, sur le site officiel Renault
  2. L'alliance Renault-Nissan, sur le site renault.com, consulté le 26 avril 2013
  3. Renault change sa signature Les Échos du 15 septembre 2009
  4. Chiffres-clés
  5. Renault: The Capital Group détient 5% du capital, sur le site lexpress.fr
  6. Renault, sur le site boursier.com
  7. Renault SA, sur le site google.com
  8. [PDF] Renault : Rapport annuel 2011, sur le site renault.com
  9. Avec Lada, l'Alliance Renault-Nissan vise 10 % du marché mondial, Le Point, 12 décembre 2012
  10. 4e groupe automobile mondial http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/01/29/97002-20140129FILWWW00295-renault-nissan-a-vendu-83-millions-de-vehicules.php
  11. Renault.com
  12. Renault renoue avec la croissance, Le Monde, 21 janvier 2014
  13. a, b et c « Histoire de Renault », Groupe Renault
  14. Gilbert Hatry, Louis Renault, patron absolu, Paris, Éditions JCM, 1990, p. 352 ; l’hagiographie de Chadeau l’admettait, Louis Renault, passim, surtout chapitre 5, sur 1936-1938
  15. Patrick Fridenson, « Première rencontre entre Louis Renault et Hitler », Renault-Histoire, juin 1999, pp. 8-18
  16. a et b Les héritiers des collabos se réveillent : c’est un signe des temps, Robert Créange, Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes, non daté
  17. a et b Appel pour la fidélité à l’œuvre de la Libération, Pierre Pranchère et Marc Lacroix, Association Esprit de Résistance, 6 décembre 2011
  18. Note de X, place Maubert, Paris, 1er avril 1941, Londres 1939-1945, 300, Situation et opinion en France, dossier général, juin 1940-juillet 1941, MAE.
  19. Rapport final du Wi V/2, AJ 40, 820, AN. Frais d’occupation et clearing, Industriels.
  20. Alain Decaux, La tragédie de Louis Renault, INA, 16 juillet 1986
  21. archives CGT Renault (RNUR) ; mai 1968 Renault Billancourt - Michel Certano
  22. « Les fantômes de la Gauche Prolétarienne revisités », sur rue89.com
  23. http://www.renault.com/RCW_Binaries/guide-actionnaire/fr/l_action_renault/caracteristiques.html
  24. La fusion Renault-Nissan vue par une actionnaire française Renault-Nissan : l'Adam conteste le montage capitalistique devant le CMF, sur le site archives.lesechos.fr
  25. Agence France-Presse, « Expansion en Chine de Renault », sur Korea-is-one.org
  26. Renault produit désormais moins de 20% de ses voitures en France, Alain-Gabriel Verdevoye, latribune.fr, 18 février 2011
  27. [PDF](en) World motor vehicule production, sur le site oica.net
  28. Ventes mondiales en 2011 Sur le site renault.com
  29. Augmentation des ventes de Renault http://www.lefigaro.fr/societes/2014/01/21/20005-20140121ARTFIG00335-dacia-tire-les-ventes-de-renault.php
  30. Chiffres OICA
  31. [1], Le Monde, 16 décembre 2013
  32. Lancement d'un nouveau Concept Car http://www.lefigaro.fr/societes/2014/02/06/20005-20140206ARTFIG00019-en-inde-renault-lancera-une-voiture-ultra-low-cost-pour-confirmer-sa-percee.php
  33. Article du 05/02/2014, Latribune.fr
  34. « Comité Exécutif Groupe », sur renault.com, Site officiel de Renault
  35. a, b et c Modèles Renault, sur le site histomobile.com
  36. Martin (Joseph) & Wauters (Pierre), Installations thermiques motrices, Chapitre 5, les moteurs à combustion interne, p. 189., Presses Universitaires de Louvain, 2009. (ISBN 978-2-87463-161-0)
  37. a, b et c Saga Renault, sur le site prodimarques.com
  38. Renault 40CV des records - deuxième paragraphe par Gilles Bonnafous sur Motorlegend.com
  39. Records de vitesse
  40. Sur le vague Renault - Chapitre L'option "Electronic", sur le site autosrenault.canalblog.com
  41. [PDF] La carte mains libres Sur le site renault.com
  42. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/carlos-ghosn.aspx
  43. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/bruno-ancelin.aspx
  44. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/denis-barbier.aspx
  45. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/thierry-bollore.aspx
  46. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/bernard-cambier.aspx
  47. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/marie-francoise-damesin.aspx
  48. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/jacques-daniel.aspx
  49. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/christian-deleplace.aspx
  50. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/philippe-klein.aspx
  51. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/jean-christophe-kugler.aspx
  52. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/thomas-lane.aspx
  53. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/nadine-leclair.aspx
  54. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/jose-vicente-de-los-mozos-obispo.aspx
  55. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/christian-mardrus.aspx
  56. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/stefan-mueller.aspx
  57. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/gilles-normand.aspx
  58. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/jacques-prost.aspx
  59. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/Pages/mouna-sepehri.aspx
  60. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/pages/jerome-stoll.aspx
  61. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/pages/dominique-thormann.aspx
  62. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/pages/laurens-van-den-acker.aspx
  63. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/pages/christian-vandenhende.aspx
  64. http://www.renault.com/fr/groupe/management-et-gouvernance/comite-de-direction/pages/michael-van-der-sande.aspx
  65. Structure simplifiée du groupe Renault - Renault actu N°61
  66. [PDF] Comptes consolidés 2011, sur le site renault.com
  67. Renault Crédit International Banque
  68. a et b Entreprise associée
  69. Chapitre Formule 1 Sur le site lecomparateurauto
  70. Le RTR est l’un des 5 centres d’ingénierie du groupe (France, Brésil, Corée et Inde) principalement axé sur le programme Logan. « Investissement low-cost pour la production de la Sandero », Autoactu.com (site payant),‎ 6 juin 2008 (consulté le 7 juin 2008)
  71. (en) « Endgame: Renault and Jeep », AMX Files
  72. Source « Constructeurs, fiabilité et coût d'entretien », Entretien-auto.com,‎ 2006
  73. « Les voitures françaises gagnent du crédit dans l'Hexagone », Les Échos, 22 juin 2005
  74. « Qualité des véhicules : Renault et Citroën en progrès sur le marché français », Les Échos, 22 juin 2006
  75. Indice de satisfaction de la clientèle française sur le site de JD Power, 12 juin 2008
  76. La tribune Auto : L’ADAC publie son classement fiabilité des véhicules pour l’année 2011
  77. Dacia, marque la plus fiable en 2011
  78. Espionnage: l’enregistrement qui accable Renault sur le site de France Info, 29 mars 2011
  79. Suicide d'un salarié de Renault: la «faute inexcusable» reconnue en appel sur le site de Libération, 19 mai 2011
  80. Répartition du capital sur Boursorama

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boulogne Jean, La vie de Louis Renault, Éditions du Moulin d'Argent, 1931
  • Cuq Benjamin, Le livre noir de Renault, 2013
  • Dingli Laurent, Louis Renault, Flammarion, 2000
  • Fridenson Patrick, Histoire des usines Renault, Seuil, 2001
  • Hatry Gilbert, Louis Renault, Patron absolu, Éditions Lafourcade, 1981
  • Loubet Jean-Louis, Renaut Histoire d'une entreprise, Etai, 2000
  • Picard Fernand, L'épopée de Renault, Albin Michel, 1976
  • Saint-Loup, Renault de Billancourt, Amiot-Dumont, 1955
  • Toussaint Didier, Renault ou l'inconscient d'une entreprise, L'Harmattan, 2004

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]