Régalec

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Le régalec, roi des harengs ou ruban de mer (Regalecus glesne) est une espèce de poisson pélagique de la famille des régalécidés.

Sa taille maximale n'est pas connue, il mesure en moyenne 5 m, ce qui en fait le plus long des poissons osseux[1],[2] Il a une répartition cosmopolite, à l'exception des pôles.

On ne sait que peu de choses sur son comportement, l'essentiel des observations ayant été faites sur des spécimens échoués ou agonisants. Mais récemment, des rencontres de hasard avec des robots sous-marins téléguidés ont permis d'ouvrir de nouvelles pistes d'observations.

Étymologie et dénomination[modifier | modifier le code]

Son nom vernaculaire « régalec » est issu de son nom scientifique Regalecus, lui même dérivé du latin « regalis », signifiant « royal » en français. Son surnom de « roi des harengs » vient du fait que les pêcheurs l'observaient à proximité des bancs de harengs dont il se nourrit et ses rayons antérieurs de sa nageoire dorsale rappelant une couronne.

Description[modifier | modifier le code]

Regalecus glesne
Régalec juvénile.

Le régalec mesure communément 5 m de long, mais il peut atteindre une longueur record de 11 m pour un poids de 272 kg, ce qui en fait le plus long poisson osseux du monde. Toutefois, un spécimen non-confirmé allant jusqu'à 17 m pour un poids de plus de 200 kg aurait été observé[3],[4].

Il est caractérisé par sa nageoire dorsale rouge et brillante dont les premiers rayons partiellement libres sont très longs et ressemblent à des antennes. De plus, ses nageoires ventrales sont constituées d'une paire de longs rayons rouges non segmentés placés à la base de la partie antérieure de la tête.

La queue de ce poisson n'a jamais été observée intégralement sur des spécimens échoués pour la simple raison que le régalec pratique l'autotomie. De même que les lézards, il pourrait pratiquer l'autotomie dite "évasive" qui lui permettrait d'échapper aux prédateurs. Cependant, il faut noter que le régalec n'a aucun prédateur connu à ce jour. Plus vraisemblablement, lorsqu'il atteindrait une taille trop importante, l'autotomie permettrait au régalec de réduire sa longueur pour se mouvoir plus facilement.

Habitat et répartition géographique[modifier | modifier le code]

Le régalec a une répartition cosmopolite, à l'exception des océans Arctique et Antarctique. C'est un poisson pélagique, il vit entre la surface et une profondeur encore indéterminée. La plupart des observations en ont été faites en surface ou en zone mésopélagique (jusqu'à 1 000 m de profondeur).

Écologie[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le régalec se nourrit de poissons et de céphalopodes, mais aussi de noctiluques.

Comportement[modifier | modifier le code]

Cette photographie d'un immense régalec capturé en Californie par les Marines a beaucoup circulé en Asie du sud-est à la fin des années 90 dans le cadre d'une propagande anti-américaine visant à faire croire que les militaires avaient tué le Nâga sacré, divinité protectrice du Mékong .

Le régalec fraye de juillet à décembre. Les œufs mesurent 2,5 mm de diamètre. Les œufs et les alevins font partie du plancton, vivant près de la surface au cours de cette saison. Les juvéniles ont un aspect très différent des adultes. Une fois adulte, c'est un poisson solitaire.

C'est un animal plutôt paisible malgré des traits effrayants : yeux protubérants, nageoire dorsale rouge et brillante. Il nage ou se tient immobile aussi bien à l'horizontale qu'à la verticale, le corps souvent droit où seule sa nageoire dorsale ondule.

Les régalecs agonisants ou échoués ont été le plus souvent retrouvés dans des golfes ou des rades : ils y seraient arrivés portés par les courants et se seraient épuisés à rechercher une issue.

Cet animal n'a été filmé ou photographié dans son milieu naturel que de rares fois. En 2007, un régalec a été observé furtivement à 765 m de profondeur dans le golfe du Mexique. Il a également été filmé par un ROV le 10 juillet 2008 puis le 16 février 2009[5]. En 2010, dans le cadre du "serpent project", l’équipe de Mark Benfield du Département d’Océanographie et des Sciences du Littoral de la Louisiana State University a filmé par deux fois un régalec à proximité d'une plate-forme pétrolière dans le Golfe du Mexique : une fois par l’équipage d’un submersible à 496 m de profondeur, l’autre par un robot sous-marin téléguidé à 829 m[6]. Un spécimen vivant a pu être filmé par des touristes sur une plage du Mexique en avril 2014[7].

Légende[modifier | modifier le code]

Gravure d'un régalec échoué sur une plage des Bermudes en 1860.

Les marins ont longtemps pris le régalec pour une sorte de serpent marin. Son aspect étonnant, sa rareté et ses couleurs ont suscité chez les marins et pêcheurs des histoires et des superstitions. On le prenait par exemple pour un roi qui guidait les harengs et les saumons lors de leurs migrations[8].

À Taïwan, il a le surnom de « poisson séisme » (地震魚 dizhenyu) car les rares fois où les pêcheurs en ont découvert, c'était peu après un tremblement de terre dont l'épicentre se situait en mer. L'interprétation populaire est que les poissons remontent vers la surface dérangés par les secousses, mais la relation possible entre ces deux évènements n'a pas encore fait l'objet de recherche scientifique[9].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vidéos et article sur l'« oarfish » nom anglais du régalec sur le site www.futura-sciences.com
  2. QA International Collectif, Atlas des océans, Montréal, Québec Amérique jeunesse, 2004
  3. Amphibia-Nature: Le régalec
  4. Maurice Burton, Burton, Robert, International Wildlife Encyclopedia, New York, Marshall Cavendish,‎ 2002, 1767–1768 p. (ISBN 0-7614-7279-7, lire en ligne)
  5. Documentaire de Charles-Antoine de Rouvre et Jérome Scemla, réalisé en 2010 (diffusé sur Planète Thalassa le 18 juin 2011).
  6. cf. Futura Sciences 14 février 2010
  7. un Régalec filmé par des touristes en début Avril 2014
  8. Le Monde animal en 13 volumes éd. par B. Grzimek, t. V : Poissons 2 Amphibiens, chapitre I par Werner Ladiges, p. 23, Ed. Stauffacher, Zurich, 1974 (ISBN 3287002066)
  9. Taiwan fish database, Academia Sinica