Référendum de 2007 sur la destitution du président de Roumanie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le 20 avril 2007, le président de Roumanie Traian Băsescu est « suspendu » de ses fonctions par 322 députés, 108 contre et 10 abstentions, accusé d'avoir violé la Constitution et outrepassé ses fonctions.

Le 19 mai suivant a eu lieu un référendum lors duquel le président a été soutenu par 74,48 % des suffrages exprimés. Traian Băsescu a eu plus de voix « non » (contre la démission) que lors de son élection au second tour. La question posée était « Êtes vous d'accord avec le limogeage du président de la Roumanie, monsieur Traian Băsescu ? » Le jour du référendum, six députés parmi les 322 ont quitté leur parti respectifs pour soutenir le président, malgré leur vote initial.

Le coût officiel estimé du référendum s'élève à 60 millions de lei, environ 18 millions d'euros[1], environ un euro par personne ayant le droit de vote.

Pour symboliser la faillite des autres partis politiques hostiles au président, a été créée l'allée 322, monument qui comporte autant de pals que de députés qui ont voté contre le président.

Déclenchement de la crise[modifier | modifier le code]

La raison principale du vote des 322 parlementaires est l'abandon par tous les autres partis politiques (sauf le Parti démocrate) du soutien au président. Notamment le Parti national libéral qui s'est allié à l'opposition socialiste pour destituer le président. Ce dernier est accusé d'avoir violé la Constitution et outrepassé ses fonctions.

Le président a été accusé par l'opposition de « dix-neuf cas de violations de la Constitution », d'une « attitude partisane » et d'« abandon de son rôle de médiateur politique », en raison de son « refus injustifié de nommer des ministres proposés par le Premier ministre » ou encore pour « avoir favorisé certains agents économiques ».

L'opinion de ses défenseurs est que Traian Băsescu s'est attaqué aux grands oligarques, qu'il a ouvert une partie des archives de l'ancienne police secrète (la Securitate), et qu'il s'est montré très critique envers le premier ministre libéral Călin Popescu-Tăriceanu en l'accusant de corruption au service de réseaux de type mafieux. Il se serait attaqué régulièrement à la presse à partir de l'été 2006, en l'accusant de soutenir ces réseaux qui tenteraient de discréditer les institutions démocratiques dans l'opinion publique. Il se serait opposé au retrait immédiat des 1000 soldats roumains d'Irak en 2006 (volonté du premier ministre), invoquant une possible chute de la crédibilité de la Roumanie sur la scène étrangère en cas de non tenue de ses engagements.

Mauvaise organisation à l'étranger[modifier | modifier le code]

La fin de la queue à l'ambassade roumaine à Paris, le soir moins d'une heure avant la fermeture des bureaux de vote.

Même si à Paris plusieurs milliers des personnes ont pu voter à l'ambassade après une queue d'une heure et demie l'après-midi, en Espagne et en Italie le nombre de points de vote était largement insuffisant. Sur les presque 900 000 personnes susceptibles de voter qui habitent en Espagne, seuls environ 180 000 bulletins de vote ont été distribués et seulement quelques milliers de personnes ont pu voter. A Rome, la file d'attente était de deux kilomètres le soir à l'ambassade[2]. Les points de vote mobiles qui avaient été utilisés lors des élections précédentes en Espagne et en Italie n'étaient pas en fonction pour ce référendum.

En Espagne, les personnes qui n'ont pas pu voter ont protesté et ont cassé la porte d'entrée de l'ambassade. La police espagnole a été appelée à l'aide et les manifestants sont restés en face de l'ambassade jusqu'au moment où les résultats, largement favorables au président, ont été annoncés. À ce moment ils se sont dispersés pour fêter l'événement (source : Antena3 et Realitatea TV).

En République de Moldavie, la queue était de plusieurs heures en période de canicule. Les électeurs se sont révoltés contre la mauvaise organisation, mais se sont forcés de faire la queue pour montrer qu'ils veulent faire valoir leur nationalité roumaine nouvellement acquise et soutenir le président. Celui-ci est bien connu pour avoir fait remonter la cause de la Bessarabie dans les instances internationales. À l'ambassade roumaine de Chisinau, les gens ont commencé à scander des slogans « On veut voter ! », « On veut voter ! » (roumain : « Vrem sa votam ! », « Vrem sa votam ! ») lorsque les officiels de l'ambassade ont fait une pause de plus d'une heure à midi pour manger[2].

Seuls sont accusés les partis au pouvoir pour la mauvaise organisation du référendum : « Cette coalition, formée des 322 et du gouvernement, a fait tous les abus possibles en ce qui concerne [...] l'organisation du référendum » a déclaré Horia-Roman Patapievici dans une interview à Evenimentul Zilei. Dans un point de vote important à Madrid, le représentant du parti PNL ne s'est pas présenté, réduisant le personnel officiel de surveillance à six personnes.

Résultats[modifier | modifier le code]

Suffrages %
Participation 8 135 272 44,45 %
Non 6 059 315 74,48 %
Oui 2 013 099 24,75 %
Nuls 62 858 0,77 %
Source : Commission électorale roumaine

Pour que le président soit destitué, il aurait fallu plus de 50 % (9 millions) des électeurs ayant le droit de vote et ayant voté « oui ». Or, seulement environ 10 % (2 013 099) ont voté « oui ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://www.news24.ro/articol-11298-Referendumul_ne_costa_60_milioane_RON.htm cout du référendum selon News24
  2. a et b http://www.expres.ro/article.php?artid=305668 la mauvaise organisation selon Evenimentul Zilei

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]