Référendum sur l'indépendance de l'Écosse

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Précédent 1997 Drapeau : Écosse
Référendum écossais de 2014
18 septembre 2014
Type d’élection  Référendum sur l'indépendance de l'Écosse
Démographie électorale
Inscrits  4 100 000
Oui
  
0 %
Non
  
0 %
Le Premier ministre écossais Alex Salmond et la vice-Première ministre Nicola Sturgeon, 14 août 2007.

Un référendum sur l'indépendance de l'Écosse se tiendra le 18 septembre 2014, conformément à l'accord d'Édimbourg (en) signé le 15 octobre 2012 par le Premier ministre britannique David Cameron et le Premier ministre écossais Alex Salmond[1]. La question posée aux Écossais sera « Should Scotland be an independent country? », c'est-à-dire en français « L'Écosse devrait-elle être un pays indépendant ? ».

Historique[modifier | modifier le code]

Alex Salmond, actuel Premier ministre d'Écosse, a annoncé sa volonté de tenir un référendum sur l'indépendance de l'Écosse le 18 septembre 2014[2]. Le projet avait été introduit initialement en 2009, mais en septembre 2010 le Parti national écossais (PNE) a retiré son plan et exclu tout référendum avant les élections de 2011[3]. En mai 2011, le parti remporte une majorité absolue lors des élections parlementaires écossaises, obtenant 69 sièges sur 129. Le dimanche 15 janvier 2012, le Premier ministre écossais et le ministre britannique chargé de l'Écosse, Michael Moore, s'accordent pour se rencontrer et discuter de l'organisation du référendum[4],[5].

C'est le troisième référendum sur le statut de l'Écosse au sein du Royaume-Uni, après ceux du 1er mars 1979 et du 11 septembre 1997.

Statut actuel de l'Écosse[modifier | modifier le code]

Emplacement de l'Écosse, en rouge, par rapport aux trois autres nations constitutives du Royaume-Uni, en beige clair.

L'Écosse est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Ceci résulte de l'Acte d'Union de 1707, par lequel les royaumes d'Angleterre et d'Écosse avaient volontairement fusionné en une monarchie conjointe (un siècle plus tôt, le roi des Écossais, Jacques VI, avait hérité de la Couronne anglaise, donnant lieu à une fusion personnelle des Couronnes, mais préservant deux royaumes souverains et distincts.) Une des principales raisons pour lesquelles cette union a eu lieu fut la faillite de l'Ecosse à cause de ses colonies, de laquelle découla la nécessaire aide anglaise. On comprend donc pourquoi cette union peut être percue, notamment par les protagonistes de la "Yes Campaign", comme un accident.

Mais les Écossais sont donc des citoyens britanniques, au même titre que leurs compatriotes anglais, gallois ou nord-irlandais. Ils élisent ainsi des représentants à la Chambre des Communes du Parlement britannique, qui siège à Londres. Le gouvernement britannique peut donc être composé de représentants de chacune de ces quatre nations ; Tony Blair, puis Gordon Brown, Premiers ministres du Royaume-Uni de 1997 à 2010, sont écossais[a 1].

Néanmoins, depuis 1998, l'Écosse jouit d'une grande autonomie, étant dotée de son propre gouvernement et d'un parlement, qui ne peuvent toutefois contrevenir aux principes de la souveraineté britannique. Il existe en outre un mouvement nationaliste écossais, qui trouve son expression politique notamment à travers le Parti national écossais depuis les années 1930.

Référendum sur l'indépendance[modifier | modifier le code]

  • Proposition 1 : « Le Parlement écossais doit avoir ses pouvoirs et ses responsabilités étendues comme [décrit ci-dessus][6]. »
  • Proposition 2 : « Le gouvernement écossais propose que, en plus de l'extension des pouvoirs et des responsabilités du Parlement écossais énoncées dans la proposition 1, les pouvoirs du Parlement devraient également être étendus afin de permettre à l'indépendance de se réaliser[6]. »

Droit de vote lors du référendum[modifier | modifier le code]

Les personnes suivantes seront habilitées à voter lors de la consultation :

Les personnes âgées de 16 ou 17 ans seront par ailleurs autorisées à voter si elles sont enregistrées sur la liste électorale à la date du scrutin[7],[8].

Commission sur le référendum[modifier | modifier le code]

Le gouvernement écossais se propose de mettre en place une Commission afin de superviser le référendum, dont les membres seraient désignés et élus par le Parlement écossais. Les règles sur la façon de mener le sondage et les campagnes pour le référendum seraient établies sur la législation britannique en vigueur[6].

Conséquences potentielles[modifier | modifier le code]

La constitution étant une affaire réservée à l’organe législatif suprême au Royaume-Uni, le Parlement du Royaume-Uni (ayant son siège au palais de Westminster à Londres), l’Écosse ne peut pas (de jure) déclarer son indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni[9]. Le référendum proposé est donc un « référendum consultatif sur l’extension des pouvoirs du Parlement écossais », dont le résultat « n’aura aucun effet juridique sur le Royaume-Uni », bien que le gouvernement écossais prévoie de tenir des négociations avec le Royaume-Uni en cas de majorité de voix pour l’indépendance, « suivant l’expression du peuple écossais »[6].

À la suite de l'annonce, en janvier 2012, du référendum, le Premier ministre du pays de Galles, Carwyn Jones, et le Premier ministre d'Irlande du Nord, Peter Robinson, exprimèrent tous deux leur souhait que l'Écosse demeure membre du Royaume-Uni, tout en reconnaissant que cette décision appartenait aux Écossais. Carwyn Jones suggéra en outre que si le Royaume-Uni était amputé de l'une de ses quatre nations, les trois restantes auraient à repenser la nature de leur relation :

« On ne peut pas simplement retirer l'Écosse et s'attendre à ce que le Royaume-Uni continue comme avant. On aurait, par exemple, un Parlement à Londres avec environ 550 députés, dont 510 viendraient d'Angleterre[a 2]. Il serait nécessaire de repenser de manière fondamentale la nature de la relation entre les trois nations restantes du Royaume-Uni pour nous assurer que ce Royaume-Uni constitue un corps stable où chacun se sent représenté de manière équitable[10]. »

Opinion publique[modifier | modifier le code]

En décembre 2011, selon un sondage, seuls 38 % des Écossais affirmaient qu'ils voteraient en faveur de l'indépendance, tandis que 57 % déclaraient qu'ils voteraient contre[11].

En janvier 2012, un autre sondage indiquait que 40 % des Écossais se disaient favorables à l'indépendance, alors que 43 % étaient contre, les autres ne se prononçant pas (le même sondage révélait que 43 % des Anglais souhaitaient voir une Écosse indépendante, et que seuls 32 % des Anglais étaient contre)[12]. D'après un autre sondage, toutefois, seuls 32 % des Écossais étaient prêts à voter en faveur de l'indépendance[13].

Une semaine avant la signature de l'accord d'Édimbourg, le 8 octobre 2012, un sondage mené par TNS-BMRB pour The Herald rapportait que seuls 28% de la population était en faveur de l'indépendance[14].

En raison notamment du ton employé par le Gouvernement pour convaincre les électeurs de voter « non » au référendum, mal perçu par les écossais, le « oui » a par la suite progressé, les intentions de vote en faveur de l'indépendance atteignant près de 40 % en avril 2013[15]. De plus, la part d'indécis est de plus en plus susceptible de faire pencher la balance du côté du « oui » le 18 septembre 2014[16].

Graphique[modifier | modifier le code]

Scottish independence polls graphic.svg

Résultats[modifier | modifier le code]

Date Agence de sondage Pour indépendance (%) Contre l'ndépendance (%) Indécis (%) Source
janvier 2012 Ipsos MORI 39 50 11 [17]
8 février 2012 YouGov 30 54 16 [18]
juin 2012 Ipsos MORI 35 55 10 [19]
19 août 2012 YouGov 27 60 13 [20]
8 octobre 2012 TNS BMRB 28 53 19 [21]
15 octobre 2012 Ipsos MORI 28 52 19 [22]
21 octobre 2012 Panelbase 37 45 18 [23]
26 octobre 2012 YouGov 29 55 14 [24]
janvier 2013 Angus Reid 32 50 16 [25]
14 janvier 2013 TNS BMRB 28 48 24 [26]
27 janvier 2013 Panelbase 34 47 19 [27]
1er février 2013 Angus Reid 32 47 20 [28]
13 février 2013 Ipsos MORI 34 55 11 [29]
13 mars 2013 TNS BMRB 33 52 15 [30]
24 mars 2013 Panelbase 36 46 18 [31]
8 avril 2013 TNS BMRB 30 51 19 [32]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tony Blair était toutefois député d'une circonscription anglaise, Sedgefield, tandis que Gordon Brown représente une circonscription écossaise, Kirkcaldy et Cowdenbeath.
  2. Actuellement, il y a 650 sièges à la Chambre des Communes, dont 59 pour des députés écossais. Si ces derniers disparaissaient, il y aurait par défaut 591 députés – 533 anglais, 40 gallois et 18 nord-irlandais. Il est toutefois prévu de réduire le nombre de députés, ce qui explique les chiffres avancés par Carwyn Jones.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Vive l'Écosse libre ? : Référendum le 18 septembre 2014. », bimensuelle, FR, Regards sur la politique,‎ 1er février 2014 (lire en ligne)
  2. http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-ecosse.-Le-referendum-d-independance-fixe-en-2014_6346-2175551-fils-tous_filDMA.Htm
  3. (en) « Scottish independence plan 'an election issue’ », News, UK, BBC,‎ 6 septembre 2010 (lire en ligne).
  4. « Référendum en Écosse : Londres et Édimbourg discuteront », Cyber presse, CA, AFP,‎ 15 janvier 2012 (lire en ligne).
  5. (fr) « Écosse : Scot un jour, Scot toujours », Willy Clauzel et Laure Curien, Le Journal International, 10 juin 2013
  6. a, b, c et d (en) « Scotland's Future: Draft Referendum (Scotland) Bill Consultation Paper »,‎ 25 février 2010.
  7. (en) « Draft Referendum (Scotland) Bill Consultation »,‎ 25 février 2010.
  8. (en) « 16-year-olds likely to get the vote on Union split », The Times Scotland,‎ 17 septembre 2011 (lire en ligne).
  9. (en) « Q&A: Independence referendum »,‎ 3 septembre 2009.
  10. (en) « Scottish independence: Wales and Northern Ireland make unity plea », The Guardian, Royaume-Uni,‎ 13 janvier 2012 (lire en ligne).
  11. (en) « Scottish Independence Support ‘Creeping Up', According To Latest Opinion Poll », Huffington post, Press Association,‎ 13 décembre 2011 (lire en ligne).
  12. (en) « Britain divided over Scottish independence », The Telegraph,‎ 14 janvier 2012 (lire en ligne).
  13. (en) « Cameron is gambling with Scottish independence », The Guardian,‎ 9 janvier 2012 (lire en ligne).
  14. « Flandre, Écosse, Catalogne... Vont-elles prendre leur indépendance ? », Info, France TV,‎ 2012 (lire en ligne).
  15. http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/04/12/en-ecosse-le-oui-a-l-independance-progresse_4400268_3214.html
  16. http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/05/07/les-independantistes-ecossais-gagnent-du-terrain_4412782_3214.html
  17. (en) « Poll | Four in ten Scots back independence », Ipsos MORI (consulté le 11 octobre 2012)
  18. (en) « Scottish Unionists Push One Question Referendum – Global Agenda – News », Israel National News,‎ 8 février 2012 (consulté le 11 octobre 2012)
  19. (en) « Poll | Support for independence falls back while First Minister’s approval rating also dips », Ipsos MORI (consulté le 11 octobre 2012)
  20. (en) Andy McSmith, « Salmond to select timing of Scottish referendum », The Independent,‎ 20 août 2012 (consulté le 20 août 2012)
  21. (en) Robbie Dinwoodie, « Independence blow as support for Union soars », The Herald, Herald & Times Group,‎ 8 octobre 2012 (consulté le 9 octobre 2012)
  22. (en) « Scottish Public Attitudes & Opinion Monitor – Wave 13 », IPSOS Mori,‎ 15 octobre 2012 (consulté le 19 octobre 2012)
  23. (en) « Tory win 'influences Scottish vote' », Belfast Telegraph, INM,‎ 21 octobre 2012 (consulté le 21 octobre 2012)
  24. (en) Steve Bargeton, « Courier poll a blow to SNP's independence hopes », The Courier, DC Thomson,‎ 26 octobre 2012 (consulté le 26 octobre 2012)
  25. (en) « Half of People in Scotland Would Vote to Remain in United Kingdom », ARPO (consulté le 6 janvier 2013)
  26. (en) « Referendum For An Independent Scotland Poll », TNS BMRB,‎ 14 January 2013 (consulté le 14 January 2013)
  27. (en) « Third of Scots back UK split » (consulté le 28 janvier 2013)
  28. (en) « New Question Has Little Effect on Scottish Referendum Vote » (consulté le 3 février 2013)
  29. (en) « Support for independence bounces back »,‎ 13 February 2013 (consulté le 13 February 2013)
  30. (en) « TNS BMRB - Nuclear Weapons and Scottish Independence Poll »
  31. (en) Jason Allardyce, « Independence referendum: he says Yes, she says No », The Sunday Times, News International,‎ 24 mars 2013 (consulté le 24 mars 2013)
  32. (en) « SNP push fails to attract support for a Yes vote »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]