Référendum de Nauru de 2010

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Le référendum de Nauru de 2010 est un référendum qui s'est déroulé le 27 février 2010 à Nauru, une petite République insulaire d'Océanie. Ce référendum rejeté par les deux-tiers des voix portait sur des révisions de la constitution afin de garantir une meilleure stabilité politique.

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis l'indépendance de Nauru en 1968, le pays connait une grande instabilité politique avec de fréquents changements de Président[1]. Afin de remédier au problème institutionnel à l'origine de cette instabilité, le fonds pour la démocratie des Nations unies encourage Nauru à engager une réforme de sa constitution[1]. Quarante débats publics suivis par 700 personnes sont organisés à partir d'octobre 2006[1]. Ces rencontres s'inscrivent dans une démarche d'éducation civique de la population en général avec une attention particulière auprès des femmes, peu présentes dans la vie politique de l'île[1].

Contenu[modifier | modifier le code]

Le référendum concerne 34 amendements de la constitution[2] dont

Une majorité aux deux-tiers est requise pour valider la consultation[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le référendum est organisé le 27 février 2010[3] dans quatorze bureaux de votes répartis dans toute l'île[2].

Résultats[modifier | modifier le code]

Le bâtiment du gouvernement (à gauche) et du Parlement (à droite) de Nauru dans le district de Yaren.

Le référendum est rejeté par 2 939 voix contre 1 450 soit 66,96 % des voix.

Votes Pourcentage
Oui 1 450 33,04 %
Non 2 939 66,96 %
Total 4 389 100,0 %

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le référendum suscite l'espoir d'une « vie politique plus stable » de la part d'une certaine partie de la classe politique comme le ministre de la justice, des sports et de la santé Matthew Batsiua[3]. Après le rejet du référendum, une grande déception est ressentie par le Président Marcus Stephen ou l'ancien ministre Kieren Keke[4]. Exprimant cette même déception, Matthew Batsiua déclara quelques mois plus tard :

« Si le référendum avait obtenu le soutien nécessaire, les droits et les libertés garantis aux Nauruans par la Constitution auraient pu constituer un exemple auquel toutes les nations du monde pourraient aspirer. Ca aurait été la première Constitution au monde à protéger les droits des personnes handicapées, et la seconde dans la région, après celle de Papouasie-Nouvelle-Guinée, à disposer pour la protection des droits environnementaux. Elle aurait prohibé la peine de mort, garanti les droits des enfants, reconnu le droit de recevoir l’éducation et la santé. Elle aurait inscrit le droit de recevoir un congé de maternité, et introduit un droit d’accès à l’information, entre autres choses. »

Il suggéra que les électeurs n'avaient pas tant rejeté les droits qui leur étaient proposés, qu'été déboussolé par le nombre et la complexité des amendements qui leur étaient soumis. Il ajouta que le gouvernement avait entrepris une consultation des citoyens pour comprendre les raisons du rejet[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « News from the Field: Constitution Renewal Raises Awareness in Nauru »,‎ 8 août 2008 (consulté le 16 décembre 2010)
  2. a, b, c, d, e, f et g (en) « Nauruans vote against proposed Constitutional Amendments », Radio New Zealand International,‎ 28 février 2010 (lire en ligne)
  3. a, b, c et d (en) « Nauru Government confident that public will back constitutional reforms », Radio New Zealand International,‎ 8 février 2010 (lire en ligne)
  4. (en) « Nauru leaders disappointed with referendum rebuff », Radio New Zealand International,‎ 1er mars 2010 (lire en ligne)
  5. (en) [rtsp://webcast.un.org/ondemand/conferences/unhrc/upr/10th/hrc110124am1-eng.rm?start=00:04:37&end=00:23:22 Discours Mathew Batsiua] au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, 24 janvier 2010