Rébellions de 1837

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Le Haut et le Bas-Canada en 1791

Les Rébellions de 1837-1838 sont deux soulèvements armés ayant eu lieu dans les colonies britanniques du Bas-Canada et du Haut-Canada en 1837 et 1838. Ces soulèvements, qui se sont déroulés sur fond de crises économique et agricole, ont été provoqués par le refus, de la part des autorités britanniques coloniales, d'accorder les réformes politiques réclamées par les Assemblées législatives, notamment l'établissement d'un gouvernement responsable. Dans le Bas-Canada, ce conflit se doublait de l'antagonisme existant entre la majorité canadienne-française et la minorité britannique.

Événements[modifier | modifier le code]

Les rébellions eurent lieu dans les colonies du Haut-Canada et Bas-Canada, c'est-à-dire dans la partie sud des provinces canadiennes actuelles de l'Ontario et du Québec. La rébellion au Bas-Canada débuta en premier, en novembre 1837, et était menée par Wolfred et Robert Nelson et Louis-Joseph Papineau. Cette rébellion aurait inspiré la rébellion, beaucoup plus courte, au Haut-Canada menée par William Lyon Mackenzie en décembre.

Dans les deux cas, le nombre des insurgés était beaucoup moins important que celui des troupes britanniques et des miliciens loyaux au régime, leur armement très limité et leur connaissance des tactiques militaires très sommaire. Les quelques batailles ont donc été plutôt à sens unique. Les rebelles ont en général été encerclés rapidement et ont dû se rendre après quelques heures.

Bas-Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rébellion des Patriotes.

La Rébellion du Bas-Canada (appelée aussi Rébellion des Patriotes) fut un conflit plus large et soutenu par les rebelles Canadiens-français et Canadiens-anglais contre le gouvernement colonial britannique et l'oligarchie marchande. Elle est l'aboutissement d'un conflit politique larvé qui existe depuis le début du XIXe siècle entre la population civile et l'occupant militaire colonial.

Haut-Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rébellion du Haut-Canada.
  • La Rébellion du Haut-Canada est un soulèvement avorté au Haut-Canada contre la clique au pouvoir dans la colonie, connue sous le nom du Family Compact.

Conséquences a long terme[modifier | modifier le code]

John George Lambton, futur comte de Durham, est envoyé aux Canada en 1838 dans le but de faire enquête sur les causes des rébellions de 1837-38. Il est nommé Gouverneur général du Canada et chargé des pouvoirs spéciaux de haut-commissaire de l'Amérique du Nord britannique. Son rapport sur les affaires de l'Amérique du Nord britannique, plus connu sous le nom de Rapport Durham, recommande que le Haut-Canada et le Bas-Canada soient réunis en une seule province qui deviendra majoritairement britannique.

Il recommande également l'accélération de l'immigration britannique au Canada afin de marginaliser la population canadienne-française, la forçant ainsi à choisir la voie de l'assimilation linguistique et culturelle. Finalement, il suggère le retrait des libertés accordées aux Canadiens français par l'Acte de Québec et l'Acte constitutionnel afin d'éliminer la possibilité de rébellions futures.

Même si les deux rébellions furent finalement écrasées, les réformistes les plus modérés, comme les partenaires politiques Robert Baldwin et Louis-Hippolyte La Fontaine, acquirent une plus grande crédibilité en tant que voie alternative aux radicaux. En 1848, ils ont réussi à convaincre le gouverneur britannique d'accorder le gouvernement responsable au Canada-Uni, une conséquence indirecte des rébellions atteint malgré la défaite.

Débat historique sur les Rébellions[modifier | modifier le code]

Les historiens canadiens ne s'entendent pas encore pour dire à quel point les mouvements de réforme au Haut-Canada et au Bas-Canada étaient liés. L'opinion jadis populaire, celle exprimée par Lord Durham, était que les deux mouvements étaient uniques et séparés, coïncidant simplement dans le temps. De ce point de vue découlait l'interprétation habituelle que la Rébellion des Patriotes au Bas-Canada reposait essentiellement sur des motifs ethniques et culturels, suggérant qu'il s'agissait d'un conflit entre nationalistes canadiens-français et l'élite anglaise, tandis que la rébellion au Haut-Canada serait un conflit entre les idéologies républicaines et monarchistes. De plus en plus, toutefois, cette interprétation est mise en doute par les historiens tels que John Ralston Saul. Saul suggère que les rébellions faisaient toutes deux parties du même mouvement répandu pour la réforme démocratique et républicaine ; il attire l'attention sur la très grande correspondance entre les chefs des rébellions, ainsi que l'importance de certains anglophones dans la rébellion au Bas-Canada, comme les frères Wolfred Nelson et Robert Nelson. Les historiens canadiens-français considèrent souvent les rébellions comme faisant partie du premier mouvement international de décolonisation, qui incluait également les États-Unis d'Amérique, Haïti, le Mexique, le Brésil, et plusieurs autres colonies de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale au début du XIXe siècle, ainsi que des mouvements d'indépendance en Belgique et en Grèce.

Film[modifier | modifier le code]

Michel Brault a réalisé en 1999 un film sur la rébellion de 1838 intitulé Quand je serai parti, vous vivrez encore.

Le film 15 février 1839, sorti en 2001, réalisé par Pierre Falardeau, dépeint les derniers jours des Patriotes qui furent pendus le 15 février 1839.

Les Mac-Paps dans la Guerre d'Espagne[modifier | modifier le code]

En 1937, exactement cent ans après la Rébellion, William Lyon Mackenzie et Louis-Joseph Papineau donnèrent leur nom au Bataillon Mackenzie-Papineau, ou les Mac-Paps, un bataillon de soldats canadiens qui ont combattu pour la cause républicaine en Espagne durant la Guerre d'Espagne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]