Règle des trois clics

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La règle des trois clics (en anglais three-click rule) est, en conception web, un principe informel d'ergonomie selon lequel l'internaute doit pouvoir accéder à n'importe quelle information présente sur un site web en suivant au plus trois hyperliens (trois clics de souris) depuis la page principale[1]. Elle est basée sur l'idée que le visiteur devient frustré s'il n'obtient pas rapidement l'information qu'il recherche, et risque de quitter le site pour aller la trouver sur un autre ; ou qu'il risque d'être distrait par autre chose ou d'oublier l'information qu'il cherchait sur le chemin qui le mène à elle, du fait du peu de mémoire à court terme[2].

Arguments en faveur de la règle des trois clics[modifier | modifier le code]

Selon Jeffrey Zeldman, concepteur de site web, la règle des trois clics aurait pour fondement l'utilisation que les gens font du Web, et la suivre permettrait de créer des sites structurés de manière logique et intuitive, tout en reconnaissant qu'il ne s'agit que d'une recommandation et que rien n'oblige à la suivre[3].

De même, Business Link[4], un site du gouvernement britannique qui s'adresse aux entreprises, ainsi que le Département américain de la Santé et des Services sociaux dans son guide d'utilisabilité[5], recommandent de la suivre.

Selon une étude de Zaphiris et Mtei[6] la recherche est d'autant plus longue, et les utilisateurs d'autant plus mécontents, que le nombre de clics nécessaires pour atteindre l'information souhaitée est élevé.

En outre, respecter la règle des trois clics faciliterait le travail des robots d'indexation, et favoriserait donc un meilleur référencement par les moteurs de recherche externes[7].

Critique de la règle des trois clics[modifier | modifier le code]

Le caractère absolu de la recommandation est toutefois contesté. En effet, selon une étude de Joshua Porter[8], les visiteurs ne quittent pas un site même si plus de trois clics sont nécessaires pour arriver à l'information désirée, et ils ne sont pas moins satisfaits pour autant ; en fait, le plus important ne serait pas le nombre de clics, mais le fait que l'information soit trouvée ou non.

De plus, suivre cette règle équivaut à diminuer la profondeur de la hiérarchie du site, ce qui implique d'augmenter le nombre de liens disponibles sur chaque page[9]. Or, selon certains, cette augmentation du nombre d'options de navigation sur chaque page serait de nature à déconcerter les visiteurs, qui risqueraient alors de se tromper dans leur choix, et donc d'être également frustrés[10]. En particulier, une telle organisation rendrait, selon Brazier et Jennings, les pages plus difficiles à appréhender pour des visiteurs déficients visuels utilisant un lecteur d'écran, et constituerait une perte de temps pour eux[11].

Ainsi, une étude de Larson et Czerwinski[12] montrerait qu'une structure trop profonde (qui implique donc des clics plus nombreux) serait certes néfaste à l'efficacité des recherches, mais qu'une structure trop peu profonde est tout aussi néfaste, et que la bonne solution serait un compromis entre la profondeur de la structure et le nombre d'options de navigation proposées à chaque étape.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Tip 31: The 3 Click Rule of website design », sur le site d'Hobo. Consulté le 1er février 2007.
  2. (en) David J. Ritter, LabVIEW GUI : Essential Techniques, McGraw-Hill,‎ 2001, 562 p. (ISBN 0-07-136493-5), p. 145–146.
  3. (en) Jeffrey Zeldman, Taking Your Talent to the Web : A Guide for the Transitioning Designer, New Riders,‎ mai 2001, 426 p. (ISBN 0-7357-1073-2, lire en ligne), p. 98
    « Like all so-called “laws” of web design, the Three-Click Rule is a suggestion, not an ironclad rule. It is, though, a suggestion based on the way people use the Web, and, particularly for informational and product sites, you will find that it works more often than not. If nothing else, the rule can help you create sites with intuitive, logical hierarchical structures—and that ain't bad. »
  4. (en) « Best practice in web design », sur le site Business Link.
  5. (en) Research Based Web Design & Usability Guidelines, § 16:2 : « Put Critical Information Near the Top of the Website », sur le site usability.gov, U.S. Department of Health & Human Services.
  6. (en) Panayiotis Zaphiris et Lianaeli Mtei, « Depth vs Breadth in the Arrangement of Web Links », Université du Maryland.
  7. (en) Larisa Thomason, « Design Tip: Should You Break The “Three-Click” Rule? », dans Webmaster Tips (la newsletter de Keynote NetMechanic), vol. 6, juillet 2003.
  8. (en) Joshua Porter, « Testing the Three-Click rule », sur le site User Interface Engineering, 16 avril 2003. Consulté le 1er février 2007.
  9. (en) Glenda Browne et Jonathan Jermey, Website Indexing : Enhancing Access to Information Within Websites, Adélaïde, Auslib Press,‎ 2004, 148 p. (ISBN 1-875145-56-7), p. 63-64.
  10. (fr) Fred Cavazza, « En finir avec la règle des 3 clics », 28 novembre 2003.
  11. (en) Helen Brazier et Simon Jennings, « Accessible website design », Library Technology, vol. 4, no 1,‎ 1999 (ISSN 1362-1122).
  12. (en) [PDF] Kevin Larson et Mary Czerwinski, « Web Page Design: Implications of Memory, Structure and Scent for Information Retrieval », dans Michael E. Atwood (dir.), Clare-Marie Karat (dir.), Arnold Lund (dir.), Joëlle Coutaz (dir.) et John Karat (dir.), CHI '98: Proceedings of the SIGCHI conference on Human factors in computing systems, April 18–23, 1998, Los Angeles, ACM Press / Addison-Wesley Publishing Co.,‎ 1998 (ISBN 0-89791-975-0 et 0-201-30987-4), p. 25–32, reproduit sur le site de Microsoft.

Voir aussi[modifier | modifier le code]