Règle de Cauchy

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En mathématiques et en topologie, la règle de Cauchy, qui doit son nom au mathématicien français Augustin Cauchy, est un critère de convergence pour une série à termes réels, ou complexes, ou plus généralement à termes dans un espace de Banach.

Cette règle est parfois confondue avec le « critère de Cauchy », ce dernier stipulant que, dans un espace métrique, toute suite convergente est une suite de Cauchy.

Sommaire

[modifier] Énoncé

La règle de Cauchy généralise simplement la règle de D'Alembert en décrivant que pour une série de terme général (x_n) dans un espace de Banach (c'est-à-dire un espace vectoriel normé complet), si la limite suivante existe

p=\lim_{n \to +\infty}\sqrt[n] {\left\|x_n\right\|},

alors la série satisfait les propriétés suivantes :

  • si p<1, la série est absolument convergente[1].
  • si p>1, la série est grossièrement divergente[2].
  • si p=1 ou si la limite n’existe pas, il y a indécidabilité à défaut d’informations supplémentaires.

[modifier] Autres résultats

[modifier] Généralisation

Le même énoncé reste vrai si, dans la définition de p, la limite est remplacée par la limite supérieure.

[modifier] Cas particuliers

La règle s’applique pour des séries dans ℝ (où la norme est la valeur absolue) ou dans ℂ (où la norme est le module), car ces deux espaces sont de Banach. Il en va de même dans ℝn ou dans ℂn munis de n’importe quelle norme.

[modifier] Indécidabilité

[modifier] Avec p = 1

La série harmonique qui diverge et la série harmonique alternée qui converge vers \ln (2) sont deux exemples pour lesquels p = 1[3].

On montre encore que les réciproques des deux premières propriétés sont fausses :

  • La série de Dirichlet de terme général x_n = n^{-2} est absolument convergente vers \zeta(2) (fonction zêta de Riemann) alors qu’elle satisfait p = 1.
  • La série de terme général x_n = (-1)^n diverge grossièrement alors qu’elle satisfait p = 1.

Dans les exemples précédents, p est aussi égal à 1 s’il est défini par la limite supérieure.

[modifier] Avec p indéfini

Si p est défini par la limite :

En partant d’une série convergente pour laquelle p < 1 (ou divergente pour laquelle p > 1), il suffit d’insérer des valeurs nulles (par exemple à intervalles réguliers) pour que la limite p n’existe plus, sans modifier pour autant la convergence de la série. Ce procédé induit des exemples pour p indéfini.

Si p est défini par la limite supérieure :

p existe toujours si la suite (x_n) est bornée. Dans le cas contraire, la série ne saurait converger.

[modifier] Preuve

Démontrons la règle générale, pour p défini par la limite supérieure.

  • Si p < 1, il existe un entier m et un réel r<1 tels que \scriptstyle\|x_n\|^{1/n} < r dès que n > m. Ainsi, la suite (x_n) est majorée par la suite géométrique de raison r et la série est absolument convergente.
  • Si p >1, il existe une infinité de valeurs n telles que \scriptstyle\|x_n\|^{1/n}\ge1, donc telles que \scriptstyle\|x_n\|\ge1. Par conséquent, la suite (x_n) ne converge pas vers 0, ce qui implique que la série ne saurait être convergente.

[modifier] Notes

  1. Et la suite (x_n) tend vers 0.
  2. Car la suite (x_n) ne tend pas vers 0.
  3. On vérifie en effet que \ln (1/n)^{1/n} tend vers 0.

[modifier] Voir aussi

Règle de Raabe-Duhamel

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