Quid

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Wiktionnaire Cet article a pour sujet l'ouvrage encyclopédique en langue française. Pour une définition du mot « quid », voir l’article quid du Wiktionnaire.

Le Quid[1] était un ouvrage encyclopédique en un seul volume à parution annuelle, de 1963 à 2007, qui avait l'ambition de rassembler sous une forme très condensée, souvent en style télégraphique et avec maintes abréviations, le maximum d'informations chiffrées sur les faits les plus variés. Il était divisé en plusieurs grandes rubriques (personnalités, médecine, arts, États et territoires, vie quotidienne, sports, etc.) qui n'étaient généralement pas disposées dans le même ordre d'une année sur l'autre. Il a été créé par Dominique Frémy en 1963. Les auteurs étaient Dominique et Michèle Frémy. Son premier slogan était : « Tout sur tout... et un peu plus que tout » puis a été remplacé par « Tout sur tout... tout de suite ».

Historique[modifier | modifier le code]

La première édition, parue chez Plon au premier trimestre 1963 à 20 000 exemplaires, avait la taille d'un livre de poche de 632 pages[2], sans aucune illustration. Outre une table des matières succincte, il comportait un index de dix pages. L'auteur le présentait comme un ouvrage « complet, actuel, pratique et facile à consulter ». Il annonçait une réédition annuelle. L'édition suivante, parue au troisième trimestre 1964, d'un format à peine plus grand, atteignait 824 pages et se présentait sous une reliure cartonnée.

Il a d'abord été édité aux éditions Plon (1963 à 1974) puis aux éditions Robert Laffont (1975 à 2007). L'encyclopédie a régulièrement grossi pour atteindre le volume d'un gros dictionnaire : plus de 2 200 pages pour l'édition 2007. Les dernières éditions sont cosignées par Michèle Frémy, l'épouse de Dominique Frémy. L'encyclopédie a eu pour partenaires RTL (de 1970 à 2003 et en 2006), Europe 1 (en 2004, 2005 et 2007), LCI (en 2006) et I-Télé (en 2007).

Collection de Quid.

Il comprenait :

  • 2 500 000 informations (revues par un réseau de 11 000 spécialistes du monde entier)[3] ;
  • 37 millions de caractères d'imprimerie (l'équivalent de 100 livres de poche) ;
  • 100 000 informations nouvelles[réf. nécessaire] ;
  • 200 000 exemplaires vendus par an.

Face à la concurrence d'Internet, les ventes baissent les dernières années[4]. Le contrat qui liait les Éditions Robert Laffont à l'auteur et à la Société des Encyclopédies QUID étant arrivé à échéance, l'édition 2008 ne paraîtra pas en librairie[5]. En 2007, Dominique Frémy a annoncé que le Quid ne serait plus édité sur papier, victime de la disponibilité gratuite des informations sur Internet. La dernière édition est donc celle de 2007.

Internet[modifier | modifier le code]

Sous la direction de Fabrice Frémy, fils du créateur, Quid avait créé un site Web dont l'accès était en grande partie réservé aux détenteurs de l'édition papier jusqu'en octobre 1997.

La version en ligne, communément nommée Quid.fr, a ensuite été disponible en ligne gratuitement. Elle comprenait :

  • Villes et villages de France (issu du fonds Brigitte et Michel de La Torre) : les 36 860 communes de France en fiches détaillées (surtout sur les grandes communes). Pour chaque commune, une fiche retraçait son histoire, indiquait ses principales données naturelles et humaines, répertoriait ses principaux monuments et curiosités (civils, militaires et religieux), les traits saillants de sa vie locale, ses ressources et productions... ;
  • Atlas du monde : plus de 6 000 cartes, fonds de cartes, fiches et illustrations sur 208 États et territoires du monde (pays, régions, villes, sites historiques et naturels. Les vues satellites et le plan de 50 000 sites ;
  • Dossiers quotidiens d'actualité.

En 2007, le site recevait chaque mois environ 1 million de visiteurs uniques mais restait déficitaire. Il est inaccessible depuis mars 2010.

Quid spécialisés[modifier | modifier le code]

  • Grand Quid illustré, en 18 volumes
  • Quid de mai 68
  • Quid de Proust
  • Quid de Maupassant
  • Quid d'Alexandre Dumas
  • Quid de la tour Eiffel
  • Quid des Présidents de la République
  • Quid : le multimédia (supplément couleur du Quid 1996)
  • Quid Monde : CD-Rom sur les États du monde dans Quid 1997

Controverses[modifier | modifier le code]

La société des encyclopédies Quid et Robert Laffont ont été condamnés le 6 juillet 2005 par le tribunal de grande instance de Paris, puis relaxés le 7 mars 2007 par la Cour d'appel de Paris, en raison de sa présentation du génocide arménien de 1915 dans ses éditions 2002, 2003 et 2004, en présentant les positions turques et arméniennes sur l'événement[6].

En 2001 et 2002 déjà, le Quid avait été poursuivi pour avoir mentionné sans commentaire, dans l'article sur Auschwitz, une « évaluation » du négationniste Robert Faurisson qui sous-estime le nombre de victimes du camp d'extermination, d'un facteur 10 par rapport au nombre communément admis par la majorité des historiens[7]. La promesse faite par les éditeurs du Quid de retirer ce chiffre de l'édition 2003 n'a pas été tenue[8]. Ce chiffre a finalement été retiré à partir de l'édition 2004[9]. Il était présent depuis 1997. Il clôturait un passage de l'article « Auschwitz » énumérant une liste d'évaluations du nombre de victimes. Cette liste est en fait intégralement recopiée d'un tract négationniste de Faurisson paru en 1995 et visant à discréditer les témoignages et les études sur Auschwitz[10],[11]. Pour Gilles Karmasyn, « l'examen attentif du contenu de l'encart du Quid sur les révisionnistes révèle une complaisance et surtout un silence, ou plutôt un camouflage systématique sur tous les éléments négatifs du « révisionnisme » (notamment ses aspects antisémites et frauduleux) qui confirment le diagnostic de l'infiltration du Quid par un sympathisant négationniste »[12].

Les éditions des années 70 - 80 du Quid renfermaient un très grand nombre d'inexactitudes géographiques qui se répétaient d'édition en édition, faute sans doute d'intervention de lecteurs. Ainsi, le pic Aneto, avec une altitude de 3 404 m, était signalé comme le second plus haut sommet français alors qu'il se situe à 7 km au sud de la frontière franco-espagnole ! De même, 4 ou 5 erreurs concernaient le nom des pays bordant les grands lacs est-africains. Les statistiques citées n'avaient souvent aucune valeur comparative entre les pays listés car elles ne tenaient compte ni des surfaces des pays (densité du réseau ferroviaire, par exemple), ni du nombre d'habitants des pays (production agricole, par exemple).

Quid Magazine[modifier | modifier le code]

En mars 2011, les éditions Robert Laffont lancent Quid Magazine, un bimestriel « no 1 pour tout savoir », mais qui ne connaîtra qu'un numéro.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot quid signifie quoi en latin.
  2. Dominique Frémy, Avertissement, Quid 1963, Librairie Plon
  3. « Décès de Dominique Frémy, créateur du Quid », site de Livres-Hebdo, 2 octobre 2008.
  4. Les ventes ont été divisées par trois en sept ans : Bertrand Fraysse, « Wikipédia ringardise les encyclopédies », Challenges, 29 novembre 2007.
  5. « La fin du Quid en librairie », La Croix, 4 décembre 2007.
  6. « Le Quid n'a pas nié le génocide arménien », TF1 News, 7 mars 2007.
  7. « Le Quid attaqué pour avoir cité la thèse négationniste de M. Faurisson », Le Monde, 19 décembre 2001 ; « Négationnisme : accord avec l'encyclopédie Quid et les éditions Robert Laffont, attaquées pour avoir mentionné les comptes de Robert Faurisson », Le Monde, lundi, 24 décembre 2001 ; Emmanuelle Reju, « Le “Quid” épinglé par la justice », La Croix, jeudi, 31 octobre 2002.
  8. « Victimes d'Auschwitz : rejet de la demande de retrait de la vente du Quid 2003 », AFP Infos Françaises, 6 novembre 2002.
  9. « Quid 2004, le scandale continue », PHDN, 2003.
  10. « Stéphane Lilti, avocat : « L’odieuse référence à Faurisson dans le Quid… » », sur .crif.org, Conseil Représentatif des Institutions juives de France,‎ 19 novembre 2002
  11. « Un sympathisant négationniste infiltré au Quid », PHDN, 2003.
  12. GillesKarmasyn, « Le Quid sur les négationnistes : complaisance et camouflages », sur Pratique de l’histoire et dévoiements négationnistes,‎ 22 janvier 2003