Question kurde en Turquie

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Conflit Turquie-PKK
Rebelle du PKK dans les montagnes du Kurdistan irakien, décembre 2008.
Rebelle du PKK dans les montagnes du Kurdistan irakien, décembre 2008.
Informations générales
Date depuis août 1984
Lieu Turquie, Kurdistan irakien
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de la Turquie Turquie :
Forces armées turques
Armée de l'air turque
Jandarma
Principaux groupes insurgés :
Flag of Kurdistan Workers Party (PKK).svg Parti des travailleurs du Kurdistan
Drapeau du Parti pour une vie libre au Kurdistan - PJAK.png Parti pour une vie libre au Kurdistan (actif également en Iran)
Pertes
6 653 soldats tués
13 327 blessés
29 639 rebelles tués
14 000 capturés

La question de la présence kurde en Turquie, née principalement à la fin de la Première Guerre mondiale et de la chute de l'Empire ottoman, anime la vie géopolitique du pays depuis la naissance de la République turque en 1923.

Arrière-plan[modifier | modifier le code]

Zones revendiquées par les Kurdes.

Les Kurdes représentent une importante minorité en Turquie, 20 % de la population, mais le kémalisme menace depuis la création de l'État turc l'identité kurde notamment par le déni total de son existence, l'interdiction de la langue kurde ou les répressions permanentes par l'armée turque.

En 1978, Abdullah Öcalan fonde le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), union du nationalisme séparatiste kurde et du marxisme-léninisme. Voulant passer à l'action armée, ses membres subissent la répression qui suit le coup d'État du 12 septembre 1980.

Historique du conflit[modifier | modifier le code]

L'insurrection du PKK débute véritablement en août 1984 dans la Région de l'Anatolie du sud-est. L'état d'urgence s'étend au fur et à mesure à l'ensemble de la région et à quelques provinces voisines[1].

Durant la décennie 1990, le gouvernement turc reconnaît finalement l'identité kurde, promet un investissement économique dans la région et offre aux Kurdes la possibilité de s'organiser politiquement légalement, tout en menant des opérations offensives contre le PKK, jusque dans son sanctuaire irakien. L'organisation étend son action en Europe et vise directement les touristes (deuxième ressource du pays). Ses demandes de pourparlers sont toutes rejetées, l'armée menant une stratégie contre-insurrectionnelle tant dans le Kurdistan turc qu'irakien[2].

Le 15 février 1999, Abdullah Öcalan est capturé à Nairobi. Un an plus tard, le PKK annonce un cessez-le-feu[3]. Toutefois, ce dernier annonce mettre fin à son cessez-le-feu le 1er juin 2004[4]. Le gouvernement turc estime que les membres de l'organisation seraient de l'ordre de 3 000 à 4 000 rebelles (en 2004), opérant principalement dans le nord de l'Irak.

Depuis 2004, l'armée de l'air turque mène des bombardements contre les bases du PKK en Irak en réponse aux attentats perpétrés sur le sol turc. Elle affirme ainsi avoir tué près de 100 rebelles en août 2011 lors de raids transfrontaliers[5]. En 2012, la situation n'est toujours pas stabilisée.

Le 21 mars 2013, le chef du PKK, Abdullah Öcalan appelle à la signature d'un cessez-le-feu historique avec la Turquie[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 1309
  2. Jean-Marc Balencie, Arnaud de La Grange, op. cit. pp. 1310-1311.
  3. Jean-Marc Balencie, Arnaud de La Grange, op. cit. p. 1322.
  4. PKK Changes Battlefield Tactics to Force Turkey into Negotiations, The Jamestown Foundation, 24 octobre 2007
  5. Turkey says 90-100 Kurd rebels killed in north Iraq raids, Reuters, 23 août 2011
  6. (fr) Turquie: cessez-le-feu historique annoncé par le chef emprisonné du PKK, RFI.fr, 21 mars 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Aliza Marcus: Blood and Belief: The PKK and the Kurdish Fight for Independence. New York 2007. (ISBN 978-0-8147-5711-6).
  • (en) Henri J. Barkey, Graham E. Fuller: Turkey’s Kurdish Question. Lanham 1998. (ISBN 978-0-8476-8553-0).
  • (en) Ferhad Ibrahim: The Kurdish Conflict in Turkey. Obstacles and Chances for Peace and Democracy. Münster 2000. (ISBN 978-0-312-23629-8).