Querelles de famille

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Querelles de famille
Image illustrative de l'article Querelles de famille
Le phonographe qui se répand dans les familles est un des objets cibles de Duhamel dans le roman.

Auteur Georges Duhamel
Genre Essai
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Mercure de France
Date de parution 1932
Nombre de pages 247

Querelles de famille est un essai de Georges Duhamel publié en 1932 au Mercure de France et dédié à Roger Martin du Gard.

Résumé[modifier | modifier le code]

Georges Duhamel, le narrateur, critique, sur un ton caustique et volontairement ultra-conservateur[1], les évolutions technologiques de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle et les prémices de la société de consommation[2]. Le bruit omniprésent et obsédant pour lui, notamment celui du phonographe, le conduit à faire la promotion d'un parc national du silence. La « crasse » qui selon lui entoure les villes, due pour l'essentiel à ce qu'il nomme la « société du fer blanc » l'indispose. Les inventeurs, qui ne cessent de créer des objets futiles, sont appelés, par moratoire de cinq ans, à ne plus faire proposer de nouveaux brevets. L'Église semble être pour Duhamel la prochaine cible des progrès techniques, craignant l'entrée du phonographe dans les lieux de cultes pour l'exécution des chants et musiques sacrés, voire ultimement en remplacement des homélies du prête. L'homme dans cette société de progrès technologiques incontrôlés perd ses repères, devient boulimique de la dernière invention et fini hypocondriaque vis-à-vis de celle-ci, guettant fébrilement son moindre dérèglement et consultant à la moindre panne. À travers plusieurs personnages devenus littéralement esclaves des appareils ménagers, allant de la pompe électrique à la voiture ou à la « téhésef », Duhamel attaque violemment la société française de l'entre-deux guerres sur un mode passéiste. In fine, il s'adresse au Président de la République pour lui soumettre deux mesures à même, selon lui, de contrer l'avancée consumériste dans la population. D'une part, il propose la création d'un Ministère de la publicité, chargé de vérifier scientifiquement la valeur des slogans des marques de façon à valider les assertions « mesurables et non mesurables » des entreprises pour vendre leurs produits. D'autre part, il demande la création d'un Ministère du bruit chargé de légiférer sur des plages horaires d'utilisation des appareils musicogènes et des radios[3], d'étudier l'impact du bruit sur la santé, de proposer des procédés industriels de neutralisation des bruits et enfin de créer, son grand rêve, ce parc national du silence.

Analyse[modifier | modifier le code]

Cet essai est dans la droite suite de Scènes de la vie future racontant son voyage aux États-Unis en 1929-1930 et les excès de la société de consommation qu'il découvre là-bas.

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Duhamel est un écrivain qui de par ses ouvrages et ses prises de position est pourtant classé à gauche, surtout avant 1945.
  2. Article Georges Duhamel dans l'Encyclopædia Universalis, édition 1968, vol.5, p.833-835.
  3. Duhamel évoluera au cours de sa vie sur son appréciation des disques. Dès 1938, il modère sa position à leur sujet et finira par en écouter avec plaisir à la fin de sa vie (in Correspondance François Mauriac - Georges Duhamel (1919-1966), Jean-Jacques Hueber, éditions Klincksieck, 1997, (ISBN 2-252-03131-X), p.82). Musicien averti, organisant concerts et lectures en compagnie de grands exécutants, il est probable que les évolutions technologiques opérées entre les années 1920 et 1960, conduisant à une bien meilleure qualité des reproductions, ne soient pas étrangères à ce changement d'idée.