Quatuor à cordes de Webern

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Le quatuor à cordes, op. 28 d'Anton Webern est composé pour le groupe classique de deux violons, un alto et un violoncelle. C'est le dernier morceau de musique de chambre que Webern a composé (ses deux dernières œuvres sont deux cantates op. 29/30 et les Variations pour orchestre op. 30.

Webern a écrit trois autres partitions pour la formation de quatuor à cordes, outre son Op. 28 : son quatuor de 1905, ses 5 mouvements op. 5 (1909), et ses 6 bagatelles op. 9 (1911-1913).

Cette œuvre est d'abord prévue en novembre 1936[1], elle est créée le à Pittsfield (Massachusetts) par le Quatuor Kolish en réponse à une commande d'Elizabeth Sprague Coolidge.

Elle se compose de trois mouvements :

  1. Mässig (modérément) – un mouvement sous forme de variation.
  2. Gemächlich (tranquillement) – de forme ternaire (ABA), les parties extrêmes sont un canon de quatre parties, dont toutes les notes ont la même longueur (mises à part les fluctuations de tempo).
  3. Sehr fliessend (très fluide) – un mouvement plus libre contenant plusieurs changements de texture et d'humeur. Dans une lettre à Erwin Stein, Webern décrit la partie centrale de ce mouvement comme une fugue.

Ce quatuor a un langage atonal, et est écrit, comme toutes les œuvres de la maturité de Webern, utilisant la technique dodécaphonique. La série utilisée dans cette partition est (si bémol, la, do, si, ré dièse, mi, do dièse, ré, sol bémol, fa, la bémol, sol). Elle correspond au motif BACH (traduit en notation anglaise ou allemande : (Bb, A, C, B: Bb, A, C, B, D#, E, C#, D, Gb, F, Ab, G).

Les quatre premières notes de la série sont le motif BACH lui-même, suivi par son inversion, puis par sa transposition en sixième mineur. Une propriété particulière de cette série est que son inversion est équivalente à sa permutation rétrograde.

Quand Webern envoya la partition à Coolidge, il l'accompagna d'une lettre pour spécifier que son œuvre était "purement lyrique" et la compare aux sonates pour piano à deux et trois mouvements de Ludwig van Beethoven.

La partition fut publiée en 1939 par Boosey & Hawkes, et fut la dernière pièce éditée du vivant du musicien. Elle a été réédité en 1955 par Universal Edition.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François-René Tranchefort, Guide de la Musique de Chambre, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique »,‎ 1998 (1re éd. 1989), 995 p. (ISBN 2-213-02403-0), p. 941
  • Walter Willson Cobbett (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Alain Pâris), Dictionnaire encyclopédique de la musique de chambre : K-Z [« Cobbett's Cyclopedic Survey of Chamber Music »], t. 2, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1999 (1re éd. 1963), 1627 p. (ISBN 2-221-07848-9), p. 1583


Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]