Quatrième maison d'Orléans

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne une des maisons capétiennes d’Orléans, dans laquelle les aînés sont des prétendants au trône de France. Pour les autres branches d’Orléans éteintes et antérieures, voir maison d’Orléans.

Maison d’Orléans

Description de cette image, également commentée ci-après

Armoiries de la « maison royale de France » reprise par les chefs de la maison d’Orléans depuis 1883.

Pays France
Lignée Maison de Bourbon
Titres Roi des Français
Premiers princes du sang
Ducs d’Orléans
Princes impériaux du Brésil
Chef actuel Henri d’Orléans, « comte de Paris »
Fondation 1640
Philippe de France, duc d’Orléans
Déposition
Abdication de Louis-Philippe Ier, roi des Français
Branches Rameau d’Orléans-Bragance
Rameau d’Orléans-Galliera

La quatrième maison capétienne d’Orléans — désignée simplement sous la forme de « maison d’Orléans » — est l’une des branches cadettes de la maison capétienne de Bourbon dont le fondateur, Philippe de France (1640-1701), duc d’Orléans donne à la dynastie le nom de son apanage.

Fils cadet de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, frère de Louis XIV, le prince Philippe de France reçoit dès sa naissance le duché d’Anjou en apanage avant d’être possessionné supplémentairement du duché d’Orléans en 1661, à la suite du décès de Gaston de France (1608-1660). Contrairement à ce dernier, fils de Henri IV qui avait lui-même reçu le duché d’Orléans en apanage, Philippe pérennise quant à lui sa dynastie en donnant naissance à six enfants issus de deux lits différents : celui de Henriette d’Angleterre (de 1661 à sa mort en 1670) et celui de Charlotte-Élisabeth de Bavière, Princesse Palatine (après 1671).

Seul l’un de ses trois fils, Philippe, titré duc de Chartres, atteignit l’âge adulte — les autres étant décédés en bas-âge — et hérita ainsi de l’apanage à la mort de son père, le . Illustre dans la postérité par sa qualité de « Régent » de Louis XV, Philippe d’Orléans est aussi l’aïeul direct du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850), et donc du prétendant orléaniste actuel au trône de France Henri d’Orléans, « comte de Paris ».

Depuis le décès du prétendant légitimiste Henri d’Artois, en 1883, un mouvement orléaniste-légitimiste s’est formé ; pour eux, la maison d’Orléans se confond avec la « maison royale de France ».

Origines[modifier | modifier le code]

L’apanage d’Orléans[modifier | modifier le code]

Avant même que Philippe de France (1640-1701) ne le trouve en apanage, le duché d’Orléans était d’une grande puissance territoriale, doublé d’une immense richesse. En effet, les ducs d’Orléans qui se succédèrent au titre, sans nécessairement de liaison filiale directe, se transmettaient aussi les acquis fonciers et les fortunes personnelles si bien que le duché devint le plus riche de France tout au long du XVIIIe siècle.

Après être passé entre les mains des princes apanagistes de la maison de Valois-Orléans-Angoulême (dont celles des futurs rois Henri II, Charles IX et Henri III), le fief d’Orléans est attribué à des Bourbons, une fois que Henri IV ait accédé au trône. C’est d’abord le deuxième fils de Henri IV et de Marie de Médicis, Monsieur d'Orléans dit Nicolas, né en avril 1607, qui le reçoit en apanage. Mais ce dernier ayant trouvé la mort en bas âge d’une crise d’épilepsie, son frère Gaston de France retrouvera en plus du sien son apanage en 1626.

Né le , Gaston de France est le troisième fils de Henri IV et de Marie de Médicis, frère cadet du futur roi Louis XIII. D’abord titré duc d’Anjou, il prend, à la suite de la mort de son frère, le titre de « Monsieur » — un titre donné au plus âgé des frères du roi — annonçant une place royale en cas de non-postérité du roi, d’où l’importance non négligeable qu’il prend au cours des années. Conspirateur avéré, Gaston marque sa singularité vis-à-vis de la Couronne de France en s’opposant à de nombreuses occasions soit au roi soit à Anne d’Autriche, sa belle-sœur, ou bien encore au cardinal Mazarin ; ceci donnant à l’apanage une triste renommée de conspiration que ses successeurs payeront eux-mêmes de leur nom — « Orléans » — sans avoir de lien direct avec Gaston de France.

Mariage de Gaston de France et de Marie de Bourbon à Estampe.

En 1626, après une conspiration de Chalais manquée, Gaston accepte à regret d’épouser la richissime Marie de Montpensier que lui impose Richelieu et le roi son frère. Le , lors de son mariage avec la duchesse de Montpensier il reçoit, les apanages d’Orléans et de Chartres, augmentés du comté de Blois. Issue de la seconde maison de Bourbon-Montpensier, la duchesse apporte à son époux une dot exceptionnelle. De leur mariage naîtra Anne-Marie-Louise d’Orléans, mais la duchesse de Montpensier mourut en couches, laissant sa fortune non à Gaston mais à sa fille, bientôt appelée « Grande Mademoiselle ». N’ayant pas donné naissance à des enfants, Anne-Marie-Louise d’Orléans transmettra en partie la fortune des Montpensier aux Orléans.

L’héritage de Philippe de France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Biens de la maison d'Orléans.

Deuxième fils d’Anne d’Autriche et de Louis XIII, Philippe naît à Saint-Germain le , deux ans après le dauphin Louis-Dieudonné (futur Louis XIV). Apanagé — comme la tradition le veut — du duché d’Anjou à sa naissance, Philippe est l’héritier présomptif du trône, de la mort de son père () en passant du sacre de son frère () jusqu’à la naissance du « Grand Dauphin » ; soit une période de près de dix-huit années allant de 1643 à 1661.

Seul frère de Louis XIV, Philippe de France est appelé jusqu’en 1660 « Petit Monsieur » pour le distinguer du « Grand Monsieur », son oncle Gaston de France, duc d’Orléans. Lorsque ce dernier meurt, Philippe récupère l’apanage fort riche et bien possessionné de son oncle qui fait de lui l’un des personnages les plus riches du royaume. Il récupère entre autres les duchés d’Orléans et de Chartres, qui lui assurent de vivre à la hauteur de son rang, mais son frère lui refusera toutefois le comté de Blois (et donc le château de Chambord) et le Languedoc qui auraient aussi dû lui échoir à la mort de son oncle Gaston. Philippe recevra en plus une importante rente du roi et tirera aussi plus tard des revenus de la construction du canal d’Orléans.

Parmi ses titres, on note :

Monsieur, frère unique du roi, Fils de France, duc d’Anjou (de sa naissance jusqu'en 1668) puis duc d’Orléans[1], duc de Chartres[1], de Valois[1], de Nemours[2] et de Montpensier[3], de Châtellerault[3], de Saint-Fargeau [3] et de Beaupréau[3], pair de France[4].
Prince de Joinville[3], comte de Dourdan et de Romorantin[2], comte de Mortain[3], comte de Bar-sur-Seine[3], vicomte d’Auge et de Domfront[3], marquis de Coucy et de Folembray[2], marquis de Mézières[3], baron de Beaujolais[3], seigneur de Montargis[1], chevalier de l’ordre du Saint-Esprit[5].

Chronologie et généalogie des chefs de la maison d’Orléans[modifier | modifier le code]

Frise chronologique[modifier | modifier le code]

Liste des prétendants au trône de France depuis 1792 Monarchie de Juillet Premier prince du sang Henri d'Orléans (1933) Henri d'Orléans (1908-1999) Jean d'Orléans (1874-1940) Philippe d'Orléans (1869-1926) Philippe d'Orléans (1838-1894) Ferdinand-Philippe d'Orléans Louis-Philippe Ier Louis Philippe d'Orléans (1747-1793) Louis Philippe d'Orléans (1725-1785) Louis d'Orléans (1703-1752) Philippe d'Orléans (1674-1723) Philippe d'Orléans (1640-1701) Fils de France

Généalogie[modifier | modifier le code]

Couronne dorée : roi de France et de Navarre ou roi des Français.
Couronne argentée : prétendant orléaniste au trône de France.
Gras : chefs de la maison d’Orléans.
«  » : titre de courtoisie.

Titulature dynastique[modifier | modifier le code]

La dynastie[modifier | modifier le code]

Les princes du sang[modifier | modifier le code]

Philippe Ier d’Orléans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Philippe d’Orléans (1640-1701).

Fils du roi Louis XIII, et de l’archiduchesse Anne d’Autriche, Philippe est d’abord titré duc d’Anjou (de 1640 à 1661), puis duc d’Orléans en 1661, à la suite de la mort de son oncle Gaston d’Orléans. Philippe Ier épouse, le , sa cousine Henriette-Anne d’Angleterre, avec qui il a trois enfants. En secondes noces, il épouse, le , Élisabeth-Charlotte de Palatinat, qui lui donne trois autres enfants.

Philippe II d’Orléans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Philippe d’Orléans (1674-1723).

Fils de Philippe Ier, duc d’Orléans, et de Charlotte-Élisabeth de Palatinat, Princesse Palatine, le duc de Chartres devient à la mort de son père, le , le duc Philippe II d’Orléans (1674-1723). Philippe II épouse une fille naturelle de Louis XIV, Françoise-Marie de Bourbon, le , qui donne huit enfants à la nouvelle dynastie (un seul meurt en bas-âge).

Louis Ier d’Orléans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Louis d’Orléans (1703-1752).

Fils de Philippe II, duc d’Orléans, régent du royaume, et de Françoise-Marie de Bourbon, Mademoiselle de Blois, le duc de Chartres devient à la mort de son père, le , le duc Louis Ier d’Orléans (1703-1752). Louis Ier épouse, le , Auguste de Bade-Bade (issue de la branche bernardine de la maison de Bade), avec qui il a deux enfants.

Louis-Philippe Ier d’Orléans[modifier | modifier le code]

Fils de Louis Ier, duc d’Orléans, et d’Auguste de Bade-Bade, le duc de Chartres devient à la mort de son père, le , le duc Louis-Philippe Ier d’Orléans (1725-1785). Louis-Philippe Ier (alors duc de Chartres) épouse, le , Louise-Henriette de Conti (de la maison de Bourbon-Conti), qui lui donne trois enfants.

Louis-Philippe II d’Orléans[modifier | modifier le code]

Fils de Louis-Philippe Ier, duc d’Orléans, et de Louise-Henriette de Conti, le duc de Montpensier devient à la mort de son grand-père (1752) duc de Chartres, puis, à celle de son père, le , le duc Louis-Philippe II d’Orléans (1747-1793). Louis-Philippe II (alors duc de Chartres) épouse, le , Marie-Adélaïde de Bourbon (descendante des Bourbon-Penthièvre, rameau illégitime de la maison de Bourbon), qui lui donne six enfants.

Louis-Philippe III d’Orléans, l’instauration de la monarchie de Juillet et sa chute[modifier | modifier le code]

Louis-Philippe Ier de France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Louis-Philippe Ier de France.

Fils de Louis-Philippe II, duc d’Orléans, et de Marie-Adélaïde de Bourbon, le duc de Valois devient à la mort de son grand-père (1785) duc de Chartres, puis, à celle de son père, le , le duc Louis-Philippe III d’Orléans (1773-1850). Après la chute de Charles X, le duc devient le second roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier. Le roi (alors duc d’Orléans) épouse, le , Marie-Amélie de Naples et de Sicile (de la maison de Bourbon-Siciles), avec qui il a dix enfants.

Ferdinand-Philippe d’Orléans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ferdinand-Philippe d’Orléans.

Fils de Louis-Philippe Ier, duc d’Orléans, roi des Français, et de Marie-Amélie de Naples et de Siciles, le duc de Chartres devient à l’accession au trône de son père, le , le duc Ferdinand-Philippe d’Orléans (1810-1842). Ferdinand-Philippe épouse, le , Hélène de Mecklembourg-Schwerin (issue de la maison de Mecklembourg-Schwerin), avec qui il a deux enfants.

Les prétendants au trône depuis 1850[modifier | modifier le code]

Philippe d’Orléans (1838-1894)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Philippe d’Orléans (1838-1894).

Fils de Ferdinand-Philippe d’Orléans, duc d’Orléans et prince royal de France, et de la duchesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, Philippe d’Orléans (1838-1894), comte de Paris, devient à la mort de son père, le , prince royal. À la mort de Louis-Philippe Ier, les orléanistes l’appellent « Louis-Philippe II » ; en 1883, Philippe assume la succession du comte de Chambord, devenant le prétendant « Philippe VII ». Philippe épouse, le , sa cousine germaine Marie-Isabelle d’Orléans, avec qui il a huit enfants.

Philippe d’Orléans (1869-1926)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Philippe d’Orléans (1869-1926).

Fils de Philippe d’Orléans, comte de Paris et prince royal de France, et de Marie-Isabelle d’Orléans, Philippe d’Orléans (1869-1926), devient à la mort de son père, le , « Philippe VIII ». Philippe épouse, le , Marie-Dorothée d’Autriche (1867-1932), avec qui il n’a pas d’enfants.

Sans postérité, le successeur du « duc d’Orléans » est un fils de Robert d’Orléans (1840-1910), duc de Chartres, frère cadet de son père Philippe d’Orléans (1838-1894), comte de Paris — tous deux fils de Ferdinand-Philippe : en l’occurrence Jean d’Orléans (1874-1940), « duc de Guise », par ailleurs beau-frère de Philippe par mariage avec Isabelle d’Orléans.

Jean d’Orléans (1874-1940)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jean d’Orléans (1874-1940).

Fils de Robert d’Orléans (1840-1910), duc de Chartres, et d’Isabelle d’Orléans, Jean d’Orléans (1874-1940), « duc de Guise », devient à la mort de son cousin, le , l’aîné de la maison ; les orléanistes le considère comme le roi « Jean III ». Jean épouse, le , sa cousine Isabelle d’Orléans, avec qui il a quatre enfants.

Henri d’Orléans (1908-1999)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Henri d’Orléans (1908-1999).

Fils de Jean d’Orléans (1874-1940), « duc de Guise », et d’Isabelle d’Orléans, Henri d’Orléans (1908-1999), devient à la mort de son père, le , l’aîné de la maison ; il est appelé « Henri VI ». Henri épouse, le , sa cousine Isabelle d’Orléans-Bragance, avec qui il a onze enfants.

Henri d’Orléans (1933)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Henri d’Orléans (1933).

Fils de Henri d’Orléans (1908-1999), « comte de Paris », et de Isabelle d’Orléans-Bragance, Henri d’Orléans (1933), « comte de Clermont » devient à la mort de son père, le , « comte de Paris et duc de France ». Henri (alors « comte de Clermont ») épouse, le , Marie-Thérèse de Wurtemberg (1934), avec qui il a cinq enfants.

En secondes noces, Henri épouse civilement, le , puis religieusement, le , Micaela Cousiño (1938), union sans postérité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d En 1661 reviennent à Philippe les apanages de Gaston d’Orléans mort en 1660.
  2. a, b et c En 1672, Louis XIV ajoute à l’apanage le duché de Nemours, les comtés de Dourdan et de Romorantin, les marquisats de Coucy et de Folembray.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j En 1693 La Grande Mademoiselle meurt et une partie de ses titres reviennent à Monsieur.
  4. web.genealogie
  5. Liste des chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit
Précédée par Maison d’Orléans
Branche cadette de la maison de Bourbon
Suivie par
Grand Royal Coat of Arms of France.svg
Maison de Bourbon
Branche aînée directe
18151830
Maison régnante de France
Coat of Arms of the July Monarchy (1830-31).svg
Monarchie de Juillet
18301848
Coat of Arms Second French Empire (1852–1870)-2.svg
Maison Bonaparte
18521870