Quartier de la Goutte-d'Or

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Page d'aide sur les redirections Pour le roman de Michel Tournier, voir La Goutte d'Or (roman).
Goutte d'Or
La rue de Chartres, avec en arrière-plan le Sacré-Coeur.
La rue de Chartres, avec en arrière-plan le Sacré-Coeur.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Arrondissement municipal 18e
Démographie
Population 28 524 hab.
Densité 26 169 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 53′ 14″ N 2° 21′ 12″ E / 48.887222, 2.353333 ()48° 53′ 14″ Nord 2° 21′ 12″ Est / 48.887222, 2.353333 ()  
Superficie 109 ha = 1,09 km2
Transport
Métro (M)(2)(4)(12)
Bus 31, 60, 302
Localisation

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Goutte d'Or

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Goutte d'Or

Le quartier de la Goutte-d'Or est le 71e quartier administratif de Paris situé dans le 18e arrondissement, à l'est de la butte Montmartre. Il était rattaché avant 1860 à l'ancienne commune de La Chapelle.

Localisation et accessibilité[modifier | modifier le code]

Le quartier administratif Goutte-d'Or s'étend sur une superficie de 109 hectares[1], délimitée par:

Le quartier est traversé du nord au sud par les voies ferrées de la gare du Nord.

Historiquement, et dans le langage courant, "la Goutte d'Or" fait généralement référence au Sud-ouest du quartier administratif, autour de la rue de la Goutte-d'Or, entre le Boulevard Barbès et les voies ferrées. Cette définition plus étroite correspond approximativement à la zone urbaine sensible de la Goutte d'Or.


Il est très bien desservi par les transports en commun. En effet, plusieurs stations du métro se trouvent dans le quartier où à proximité immédiate : sur la ligne 2, les stations La Chapelle et Barbès-Rochechouart ; sur la ligne 4, les stations Barbès-Rochechouart, Château Rouge et Marcadet - Poissonniers ; et sur la ligne 12, les stations Marcadet - Poissonniers, Marx Dormoy et Porte de la Chapelle. Quartier proche de la gare du Nord (10 à 15 minutes à pied en longeant l'hôpital Lariboisière ou par l'accès souterrain reliant la gare du Nord à la station de métro La Chapelle), il est aussi directement relié aux stations des lignes B, D et E du RER, ainsi que les lignes du Transilien Paris-Nord: lignes H et K et aux grandes lignes TGV, Thalys et Eurostar. Enfin, sa proximité avec les portes de Clignancourt, des Poissonniers et de la Chapelle permet de rejoindre rapidement le boulevard périphérique parisien[2].

Du fait de sa situation sur le flanc Est de la butte Montmartre, le quartier présente de nombreuses rues légèrement pentues. Il est aussi connu pour son sous-sol où subsistent encore de nombreuses carrières souterraines de gypse. Dans ses rues étroites, la circulation automobile est peu dense et contraste fortement avec le trafic élevé des boulevards qui l'entourent.

Un quartier populaire parisien[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le quartier de la Goutte d'Or, dont le nom viendrait de la couleur du vin blanc que ses vignes produisaient, appartenait à la commune de La Chapelle jusqu'au rattachement partiel de cette dernière à Paris par la loi du 16 juin 1859. C'est un des derniers bastions populaires de la capitale, mais en gentrification progressive. Il a été chanté par Aristide Bruant dans sa chanson À la goutt' d'Or ainsi que par François Hadji Lazaro dans une chanson du même nom. Dans L'Assommoir, Émile Zola situe l'action au cœur de la Goutte-d'Or, et en fait un espace fermé dont il semble impossible de s'échapper — l'alcoolisme sert alors de toile de fond — en insistant sur la détresse et la misère des habitants de ce quartier au XIXe siècle. Alain Bashung, qui habitait la Villa Poissonnière, a, de son vivant, beaucoup œuvré pour les associations du quartier.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 1999, d'après l'Insee, ce quartier comptait 28 524 habitants[1]. C'est toujours l'un des plus cosmopolites et multi-ethniques de la capitale, la proportion de la population étrangère (n'ayant pas la nationalité française), en baisse depuis les années 1980, étant aux alentours de 30 % (contre à peu près 17,5 % pour toute la ville de Paris).

Sociologie[modifier | modifier le code]

La Goutte-d'Or est célèbre pour ses ambiances typiques particulières. Au sortir du métro Château Rouge, « l'exotisme » du marché Dejean attire de nombreux Parisiens et touristes à la recherche de produits frais exotiques et autres épices, venus pour la plupart d'Afrique. Cependant certaines « nuisances » subsistent: station de métro continuellement saturée, camions de livraison bloquant les rues étroites, mono-activité, problèmes sanitaires, vente à la sauvette et de produits de contrefaçon ont fait naître un rejet de certain des habitants du quartier pour ce dernier. Pour répondre à cela, la mairie du 18e promeut un projet de marché des cinq continents porte d'Aubervilliers[3].

Le quartier est aussi réputé pour le marché Barbès, en dessous du métro aérien. À peu près au centre du quartier, du boulevard Barbès à la rue Marx-Dormoy, la rue Doudeauville est certainement la plus commerçante et la plus animée jusque tard le soir. Enfin, de nombreux festivals et repas sont organisés afin de réunir la population très hétéroclite et tenter de maintenir une cohésion sociale fragilisée par une insécurité sporadique : petite délinquance, vol à la sauvette, nuisances sonores, trafic de drogue, contrebande de cigarette, toxicomanie, prostitution. Le quartier est d'ailleurs classé en Zone Urbaine Sensible (ZUS)[4].

Face à la vétusté des logements, un vaste plan de réhabilitation du quartier a débuté en 1983 avec la destruction de plus de 100 immeubles à ce jour, pour plus de 800 logements (et non immeubles) sociaux bâtis à ce jour. Ce qui fait du quartier, la plus forte concentration en logements sociaux de l'arrondissement et contraste fortement avec le quartier voisin de la Butte Montmartre dont l'offre en H.L.M. est nettement plus réduite. Le tissu urbain présente donc une forte hétérogénéité d'architecture qui mêle immeubles en pierre de taille haussmannienne, en pierre de Paris, de style « art déco » et ensembles H.L.M. Le mouvement de rénovation/réhabilitation, déjà bien avancé, est toujours en cours[5].

Le quartier est aussi connu pour son trafic de drogue, notamment du crack mais aussi pour celui du trafic de cigarettes de contrebandes plus particulièrement au métro Barbès-Rochechouart[6]. Cependant, depuis 2009, un reflux semble s'être opéré, sous l'impulsion des actions décidées par le Ministère de l'Intérieur, pour lutter contre les trafics dans Paris et son agglomération[7]. Autour du Square Léon, le récent déploiement de la vidéo-surveillance semble faire refluer (déplacer?) le problème.

C'est après la visite en 1991 d'Alain Juppé et Jacques Chirac dans ce quartier que ce dernier déclama sa célèbre phrase sur Le bruit et l'odeur.

Le quartier faisait encore récemment régulièrement la une de l'actualité en raison de la saturation des deux mosquées qui attiraient de nombreux fidèles du quartier et de banlieue parisienne. Cette affluence de plus en plus grande avait été renforcée par l'arrivée des fidèles de l'ancienne mosquée de la rue de Tanger dans le 19e arrondissement, fermée depuis plusieurs années. Devant cette saturation des salles de prières, les fidèles avaient fait le choix de prier dans l'espace public (ce qui est illégal), avec la tolérance de la Mairie du 18e[8]. Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, ordonna que cesse cette situation. Une conciliation fut trouvée avec l'ouverture d'une nouvelle mosquée près de la Porte de Clignancourt afin de « dé-saturer » celles du quartier de la Goutte d'Or et de mettre fin aux prières dans la rue. Un projet de la mairie de Paris en cours de réalisation doit permettre l'agrandissement des deux mosquées via l'ICI (Institut des Cultures d'Islam) sur deux sites, rue Stéphenson et rue Polonceau[9].

Un autre des problèmes du quartier est la prostitution de très jeunes femmes d'origines africaines. Elles sont tenues par des proxénètes à qui elles doivent rembourser le prix de leur passage en France ou qui promettent des représailles sur leurs familles restées en Afrique si elles n'obéissent pas[10].

Un quartier qui s'embourgeoise[modifier | modifier le code]

Pourtant, depuis les années 2000, comme de nombreux secteurs populaires du nord et de l'est de Paris, le quartier de la Goutte-d'Or s'embourgeoise peu à peu. Certains secteurs ont connu ces dernières années un embourgeoisement assez important et beaucoup plus marqué : la place de l'Assommoir, la Villa Poissonnière, le pourtour de l'église et du square Saint Bernard, les rues Polonceau et Saint Luc qui longent les parties Sud et Est du square Léon ainsi que certains immeubles du Boulevard Barbès, de la Rue de La Goutte d'Or et de la Rue Doudeauville. Dans son ensemble, le quartier est ainsi l'objet d'une hausse continue des prix de l'immobilier (+ 144 % sur la période 2002-2007), la demande étant largement supérieure à l'offre[11]. Le quartier se transforme sous l'effet de nombreux ravalements de façades d'immeubles de style haussmannien notamment autour de l'église Saint-Bernard, d'une réhabilitation des logements à marche forcée, d'un réaménagement du boulevard Barbès d'une requalification de la rue Doudeauville, etc. Le quartier prend peu à peu une ambiance villageoise de plus en plus appréciée, d'autant plus que les prix de l'immobilier restent très attractifs pour un quartier parisien aussi animé et bien desservi par les transports.

De nouveaux équipements ont été inaugurés dans le quartier, qui participent à ces changements. Au 64 de la rue Doudeauville se trouve une annexe de la célèbre maison de ventes aux enchères, Drouot. Le Centre musical Fleury Goutte d'Or-Barbara, équipement culturel et public financé par la Mairie de Paris, a ouvert ses portes en février 2008. Il accueille des artistes-musiciens en voie de professionnalisation ainsi que de nombreuses associations du quartier développant des activités autour des musiques actuelles. D'autres projets culturels sont en cours comme le futur Institut des cultures d'Islam (ICI)[12], rue Polonceau, dont les aménagements culturels et cultuels prévus ne sont pas sans rappeler la Grande Mosquée de Paris dans le 5e arrondissement. On peut aussi citer la réouverture programmée du Louxor-Palais du cinéma (néanmoins situé dans le 10e arrondissement, de l'autre côté du boulevard de la Chapelle), racheté par la Mairie de Paris pour rénovation, face au métro Barbès-Rochechouart. Au printemps 2012, le quartier voit l'aménagement d'un nouvel espace vert, le square Alain-Bashung, au niveau du 16 de la rue de Jessaint[13]. La rue des Gardes (surnommée « Rue de la Mode ») a vu l'installation de plusieurs boutiques de créateurs sous la direction de la Mairie de Paris[14].

Liste des places et rues du quartier[modifier | modifier le code]

Liste des associations du quartier[modifier | modifier le code]

  • Association pour le développement de la culture et des loisirs des jeunes de la Chapelle (ADCLJC) : Éducateurs de rue
  • Accueil goutte d'or : Centre social du quartier[15]
  • Les enfants de la goutte d'or : propose une très large gamme d'activités aux enfants du quartier[16]
  • EGO : aide à destination des consommateurs de drogue[17]
  • Goutte d'ordinateur : aide à l'utilisation des outils numériques[18]
  • l'association salle Saint Bruno : Lieu à la disposition des associations du quartier[19].
  • Accueil Laghouat : aide à l'accès aux droits, cours de français et accompagnement à la scolarité[20].
  • URACA Unité de Réflexion et d’Action des Communautés Africaines[21]
  • La compagnie GABI Sourire : Activité Théâtral pour grands et petits[22].
  • L'écho râleur : choral[23].
  • L'institut des Cultures d'Islam : découverte de la diversité des cultures musulmanes actuelles [24],[25].
  • Paris Macadam - Les Arcavals : lutte contre les discriminations à travers la culture
  • Le centre Barbara Fleury : un équipement public unique à Paris, consacré aux musiques actuelles[26].
  • Atelier Musical des 3 tambours : pratiques musicales individuelles et collectives[27].

Éducation[modifier | modifier le code]

L'ensemble de la goutte d'or est placé en RAR (Réseau Ambition Réussite) autour du collège Clemenceau. Cela permet de déployer plus de moyen et de limiter le nombre d'élève à moins de 25 par classe[28].

La Bibliothèque de la Goutte-d'Or

Le Quartier de la Goutte-d'Or a :

  • quatre écoles maternelles,
  • quatre écoles élémentaires,
  • deux écoles polyvalentes, et un collège[29].


Les écoles maternelles sont :

  • l'École Maternelle de la Goutte d'Or[30],
  • l'École maternelle Marcadet,
  • l'École Maternelle Richomme,
  • l'École Maternelle Saint-Luc[31].

Les écoles élémentaires sont :

  • l'École élémentaire Pierre Budin[32],
  • l'École élémentaire Cavé[33],
  • 'École élémentaire d'Oran[34], et
  • l'École élémentaire Richomme[35].

Les écoles polyvalentes sont :

  • l'École polyvalente de la Goutte d'Or et
  • l'École polyvalente Émile Duployé[36],[37].

Le quartier a le Collège Georges Clemenceau[38].

Le quartier a la Bibliothèque de la Goutte-d'Or[39].

Inspirations[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Hélène Bacqué et Yankel Fijalkow, « En attendant la gentrification : Discours et politiques a la Goutte-d'Or (1982-2000) », Sociétés contemporaines, Presses de Sciences Po, no 63 « Gentrification : discours et politiques »,‎ hiver 2006, p. 63–84 (ISBN 2-7246-3060-2, ISSN 1150-1944 et 1950-6899)
  • Maurice Goldring, La Goutte-d'or, quartier de France : La mixité au quotidien, Paris, Autrement, coll. « Frontières »,‎ mai 2006, 186 p. (ISBN 2-7467-0831-0)
  • Jean-Luc Pouliquen, À la Goutte-d'Or, Paris 18e : Chroniques pour un quartier, Paris, Aidda,‎ 1997, 191 p. (ISBN 2-907226-12-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Paris 1954-1999. Données statistiques. Population, logement, emploi. 18e arrondissement », Atelier parisien d'urbanisme, septembre 2005, p. 33.
  2. plan des metros parisiens
  3. Autres projets de la mairie du 18e.
  4. Atlas des Zones Urbaines Sensibles, SIG du Secrétariat Général du CIV.
  5. Etat des lieux de la rénovation de la Goutte-d'Or en mai 2009.
  6. France Soir "Barbès, le plus grand tabac de France" du 01/07/201
  7. Vaste offensive anti-drogue dans le Grand Paris, Le Figaro du 28/12/2009.
  8. article du Monde sur les prières dans la rue à la Goutte-d'Or
  9. l'institut des cultures d'islam : projet de la mairie de Paris.
  10. Article du Parisien sur la prostitution à la Goutte-d'Or.
  11. Keren Lentschner, « L'immobilier s'assagit timidement en France », Le Figaro,‎ 14 octobre 2007 (lire en ligne).
  12. Institut des cultures d’Islam: culturel ou cultuel ? RFI.FR, 6 décembre 2013
  13. Un square "Alain Bashung" dans le XVIIIe, Métro France du 20/09/2011
  14. article sur la rue des gardes
  15. site de "Accueil goutte d'or"
  16. site des enfants de la goutte d'or
  17. site de EGO
  18. site de la goutte d'ordinateur
  19. association salle Saint Bruno
  20. site de l'association Accueil Laghouat
  21. [www.uraca.org site de l'URACA]
  22. GABI sourire au centre Barbara Fleury
  23. site de l'echo raleur
  24. Le site de l'Institut des Cultures d'Islam
  25. Institut des cultures d’Islam: culturel ou cultuel ? RFI.FR, 6 décembre 2013
  26. le site du centre Barbara Fleury
  27. le site de l'association des 3 tambours
  28. Site de l'inspection de la goutte d'or
  29. "Présentation du rep-08 Goutte d’or." Centre Académique de Ressources pour l'Éducation Prioritaire. Consulté le 15 juin 2010.
  30. "École Maternelle de la Goutte d’Or." Ville de Paris. Consulté le 21 mai 2010.
  31. "Écoles maternelles." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  32. "École élémentaire Pierre Budin." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  33. "École élémentaire Cavé." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  34. "École élémentaire d'Oran." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  35. "École élémentaire Richomme." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  36. "École polyvalente de la Goutte d'Or." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  37. "École polyvalente Émile Duployé." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  38. "Collège Georges Clemenceau." Ville de Paris. Consulté le 15 juin 2010.
  39. "Bibliothèque Goutte d'Or." Ville de Paris. Consulté le 22 février 2010.