Quartiers asiatiques de Paris

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Quartiers asiatiques de Paris
Les Olympiades, cœur du quartier asiatique
Chinois 巴黎唐人街
Traduction littérale Chinatown de Paris
Les tours des Olympiades.

48° 49′ 20″ N 2° 21′ 55″ E / 48.8222, 2.36528Paris possède plusieurs quartiers asiatiques. Le plus grand est le triangle de Choisy, situé dans le 13e arrondissement de Paris entre les avenues de Choisy, d'Ivry et le boulevard Masséna, ainsi que sur la dalle des Olympiades et dans les rues environnantes. Y vivent principalement des populations d’origine chinoise, vietnamienne, cambodgienne, laotienne, qui tiennent la plupart des commerces du quartier. La majorité de ces populations habitent les tours de la porte de Choisy, de la porte d'Ivry et des Olympiades. Parmi ces habitants, on compte également des Chinois venus de Polynésie française et de Guyane française mais également diverses ethnies vietnamiennes, sino-vietnamiennes, sino-indonésiennes provenant de Nouvelle-Calédonie.

Les trois autres quartiers asiatiques de Paris sont situés, l'un à Belleville, un autre dans le 3e arrondissement au voisinage de la rue au Maire, pour les communautés chinoises et sud-est asiatiques, et le dernier autour des rues Sainte-Anne et des Petits-Champs pour les japonais et coréens. D'autres ethnies sont établies en grande banlieue, à Marne-la-Vallée.

Description[modifier | modifier le code]

Triangle de Choisy[modifier | modifier le code]

Le mélange des cultures dans le quartier asiatique.
La célébration du Nouvel An devant un supermarché asiatique.

Le quartier asiatique du 13e arrondissement occupe surtout le triangle formé par l'avenue de Choisy, l'avenue d'Ivry et le boulevard Masséna, ainsi que les rues environnantes et la vaste dalle des Olympiades. Dans ce périmètre, la présence asiatique est particulièrement visible à cause du quasi-monopole des Chinois sur les commerces : restaurants, boutiques de bibelots, coiffeurs et magasins d'alimentation dont les deux grands supermarchés Tang Frères (propriété d’un Chinois laotien) et Paristore. Contrairement aux apparences, le quartier n'est pas habité majoritairement par des Asiatiques, mais il sert de lieu de rendez-vous à l'ensemble des communautés de culture chinoise et indo-chinoise d'Île-de-France. On y trouve ainsi le siège de plusieurs institutions telles que l’Association des Résidents en France d’origine indo-chinoise.
Le jour du Nouvel An chinois a lieu une grande parade qui traverse les rues animées par les danses des lions et des dragons.

Le quartier asiatique du 13e ne présente pas une architecture pittoresque comme le Chinatown de Londres ou de San Francisco, et les toits en forme de pagode du centre commercial des Olympiades n'ont pas de rapport avec la présence des Asiatiques car cet ensemble a été construit avant leur arrivée.

Belleville[modifier | modifier le code]

D’autres quartiers parisiens, tels que le quartier de Belleville (principalement une partie du boulevard et la rue de Belleville), concentrent également une population asiatique d’origine chinoise venue de l’ancienne Indochine française.

Quartier de la rue au Maire[modifier | modifier le code]

Un autre quartier chinois, plus ancien mais moins visible, occupe le 3e arrondissement (rue au Maire et rue Volta, plus résidentielles et offrant quelques lieux de cuisine chinoise authentique, rue du Temple et rue des Gravilliers, plus commerciales). Sociologiquement séparé des autres quartiers asiatiques de Paris, ce quartier est habité de personnes originaires de Chine, souvent de la région de Wenzhou, qui travaillent généralement dans le commerce en gros de maroquinerie et de bijouterie fantaisie, et dans les industries textiles ou d'import-export du quartier.

Quartier de la rue Sainte-Anne[modifier | modifier le code]

Enfin, un quartier japonais, puis coréen, qui offre de nombreuses boutiques et restaurants spécialisés, s'est développé à partir des années 1990 aux alentours du croisement des rues Sainte-Anne et des Petits-Champs, à cheval sur les 1er et 2e arrondissements, à partir de l'Office national du tourisme japonais et de Japan Airlines situés 4 rue de Ventadour.

Histoire[modifier | modifier le code]

Initialement, la plus ancienne communauté chinoise est celle du quartier des Arts-et-Métiers, rue Volta et rue au Maire, qui vit une première famille s'installer dans le quartier dans les années 1900. Essentiellement dans les métiers de la maroquinerie, les activités artisanales ont subsisté jusque dans les années 1990, remplacées ensuite par des activités commerciales.

Les Chinois combattants du côté allié pendant la Première Guerre mondiale et qui restent en France après le conflit s'installent dans le 3e arrondissement[1].

Un petit quartier chinois s'est aussi constitué autour de la gare de Lyon à la fin de la Première Guerre mondiale. La raison en est que c'est par cette gare que les travailleurs chinois ramenés de Chine pour suppléer aux bras manquants de la grande guerre (usine, travaux agricoles, ouvrages militaire comme les tranchées, etc.) devaient être rapatriés via Marseille et que certains ne voulant pas retourner en Chine se sont établis dans ce quartier.

Dans les années 1920, quelques étudiants chinois se sont installés dans le 13e arrondissement, où ils ont créé avec Zhou Enlai la section française du Parti communiste chinois.

Toutefois les premières vagues d'immigration asiatique massive ont commencé au milieu des années 1970, avec les réfugiés fuyant la situation politique en Asie du Sud-Est (guerre au Viêt Nam et Laos, guerre civile au Cambodge). En particulier, les communautés chinoises de ces pays, persécutées, ont grossi les rangs des réfugiés et sont à l'origine de la création de ce « Chinatown ». Originaires du sud de la Chine, leurs dialectes, le teochew et le cantonais, sont encore les plus utilisés dans le quartier. Ils ont choisi le 13e arrondissement en raison de l'abondance de logements disponibles : les tours venaient d'être construites dans le cadre de l'opération Italie 13, mais elles n'avaient pas rencontré le succès escompté auprès du public visé, les jeunes cadres parisiens. De ce fait, les tours étaient vides d'occupants. Par la suite, d'autres vagues de réfugiés ou d'immigrés ont créé dans le quartier des communautés cambodgiennes, laotiennes, thaïlandaises. Des Chinois nés en Chine sont aussi arrivés ces dernières années. Le quartier est souvent considéré comme une étape transitoire lors de l'arrivée en France. Les personnes arrivées dans les premières vagues d'immigration sont, dans beaucoup de cas, parties vivre dans d'autres quartiers ou en banlieue.

L'immigration asiatique a dû faire face au début à une certaine méfiance de la part des habitants du quartier, mais les nouveaux venus ont été assez largement acceptés. Ils apportaient des commerces et de la vitalité au quartier. En occupant les tours du quartier Choisy-Ivry, ils ont sauvé de l'échec une opération immobilière qui n'avait pas réussi à séduire les cadres parisiens.

Particularités[modifier | modifier le code]

  • Une pagode bouddhiste gérée par l'amicale des Teochew en France est située sur la dalle des Olympiades, derrière la tour Anvers juste à côté de la galerie commerciale Oslo (entrée Nord).
Temple bouddhique sur la dalle des Olympiades.
  • Un second temple bouddhiste, géré par l'Association des résidents en France d'origine indochinoise est situé rue du Disque (rue couverte liée au parking souterrain) sur la gauche de la rue souterraine dont la sortie débouche sur l'avenue d'Ivry. Le temple est dédié à la divinité Bodhisattva Guanyin[2].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Le film Augustin, roi du kung-fu d'Anne Fontaine, sorti en 1999, se déroule en majeure partie dans le quartier asiatique de Paris, où Augustin, le « héros » du film, décide de s'installer pour assouvir sa passion pour le kung-fu.
  • Dans le film Les Anges gardiens, quelques courtes séquences ont été prises près du centre commercial les Olympiades.
  • Dans le film Stella, quelques images prises dans la galerie marchande.
  • L'action du film Tirez la langue, mademoiselle se déroule dans le quartier chinois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandra Michot, «On a testé… la balade à Belleville,version chinoise », in Le Figaro, lundi 10 juin 2013, p. 17.
  2. Antoine Esbelin et Pierre Schneidermann, « À la découverte de Chinatown en famille », Le 13 du mois, no 14,‎ 2012, p. 56-57 (résumé)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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