Quand la chair succombe (film, 1962)

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Quand la chair succombe (Senilità) est un film franco-italien réalisé par Mauro Bolognini sorti en 1962. Il est adapté du roman, homonyme en italien, de l'écrivain natif de Trieste, Italo Svevo.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Emilio Brentani, modeste employé de bureau, âgé d'une quarantaine d'années, rêve de devenir écrivain. Il vit avec sa sœur, une vieille fille privée d'amour et n'a qu'un seul ami, le sculpteur Stefano… Celui-ci lui fait rencontrer Angiolina, dont la beauté le bouleverse. Bien qu'amoureux d'elle, Emilio, par peur et par égoïsme tout à la fois, n'ose pourtant rien entreprendre. Angiolina, de son côté, joue la comédie, ment et dissimule qu'elle est une prostituée… De fait, Emilio finira ses jours seul, sans bonheur mais sans souffrance…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

« Bolognini est un des plus grands plasticiens du cinéma », affirme Jacques Lourcelles. Senilita (tristement nommé en France, Quand la chair succombe) ne contredira pas ce point de vue. « Tout son film, d'ailleurs, se présente comme un exercice de calligraphie raffinée qui allie la subtilité de la mise en scène à un soin exceptionnel de reconstitution de l'atmosphère d'une époque. »[1]

Bolognini effectue, toutefois, un glissement dans le temps : publié à la fin du XIXe siècle, le film transpose le roman de Svevo dans les années 1920. Le réalisateur explique : « Le livre a été publié en 1898, cependant son édition définitive, très différente de la première, date de 1927. Le succès ne vint pas tout de suite, Svevo ne fut reconnu que dans les années vingt. [...] Par ailleurs, il était plus facile de reconstituer la ville pour le tournage : retrouver la Trieste du XIXe siècle aurait été très dur. Le choix des années vingt fut à la fois technique et littéraire. »[2]

Bolognini portraiture aussi bien des villes (en l'occurrence Trieste, ville d'Italo Svevo) que des individus et souvent les premières sont plus inoubliables que les seconds, écrit Jacques Lourcelles. « Il montre simultanément l'amère beauté et la cruauté des lieux où les personnages sont prisonniers (...), victimes, entre autres, de la pétrification de la société. »[3]

Freddy Buache cite, à ce propos, le poète local Umberto Saba qui écrivait : « Trieste a une ombrageuse grâce. Si elle plaît, c'est comme un garçon âpre et vorace, aux yeux d'azur, aux mains trop grandes pour offrir une fleur, elle est comme un amour avec de la jalousie... », et dont on décèle dans le film un lointain écho[4].

« Betsy Blair, parfaite dans le rôle d'Amalia Brentani qui rappelle ses emplois dans Marty ou Calle Mayor nous offre ici une nouvelle preuve de son talent de grande comédienne. Enjouée et canaille, Claudia Cardinale, dont l'allure rappelle Louise Brooks, est excellente », ajoute F. Buache. En revanche, le personnage d'Emilio, interprété par Anthony Franciosa, suscita des réserves. Bolognini plaide, néanmoins, que l'acteur américain « ressemblait au personnage du livre : il ne fallait pas que ce soit un homme vieux physiquement, il fallait un homme jeune parce que la sénilité est intérieure. Visuellement, Franciosa était fort et donc l'image devait dépasser cette force apparente. [...] peut-être n'a t-il pas été vraiment convaincant. Il était compliqué pour lui de rendre cette sensibilité tordue, névrotique, qui est celle du protagoniste. »[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Freddy Buache : Le cinéma italien 1945-1990, Éditions L'Âge d'Homme.
  2. Entretien avec Jean A. Gili, Rome décembre 1976 in : Le cinéma italien, UGE 10/18, Paris, 1978.
  3. J. Lourcelles : Dictionnaire du cinéma - Les films, Robert Laffont, 1992.
  4. F. Buache : op. cité.
  5. Entretien avec Jean A. Gili : op. cité.